Henri IIIHenri III par Rabel

Voici deux petites gravures intéressantes pour appréhender l'image d'Henri III. Les deux portraits découlent d'un même modèle. Ils représentent le roi vers 1580. Celui de gauche est daté, celui de droite ne doit guère être plus tardif.

L'image présentée est celle d'un roi qui a échangé la fraise contre un petit col blanc. C'est une iconographie de transition. La plupart des portraits suivants représenteront désormais le roi de cette manière. A l'époque des guerres de religion, le col blanc est signe de simplicité et de gravité. Tandis que les courtisans se pavanent en portant la fraise, les religieux, les hommes de science, les hommes de lettres et les officiers portent le col blanc.

Comme le rappellent les historiens de l'art ce type de portrait est une image officielle, c'est-à-dire que c'est l'image que le roi veut qu'on ait de lui, celle d'un roi administrateur, d'un chef d'état.

Source : (Paris, BnF)  et J. Boucher, La cour d'Henri III, Rennes, Ouest France, 1986

Voir également « Thomas de Leu et le portrait français de la fin du XVIe siècle»,, in Gazette de beaux-arts, octobre 1961 et Alexandra Zvereva, « Il n’y a rien qui touche guères le cœur des simples personnes que les effigies de leurs princes et seigneurs ” : la genèse du portrait de Henri III », in Isabelle de Conihout, Jean-François Maillard et Guy Poirier (dir.), Henri III mécène des arts, des sciences et des lettres, Paris, PUPS, 2006, pp. 56-65.

 

Henri III (Offices de Florence)Miniature du roi peinte vers 1580

Ce portrait peut être rapproché des gravures précédentes. Leur ressemblance permet de penser qu'ils découlent certainement d'un même modèle.

La présence du collier de l'ordre du Saint Esprit confirme une datation postérieure à 1578.

Par ailleurs, la mode veut qu'au fur et à mesure des années, les pointes du col s'écartent de plus en plus. Le col s'élargit au point que dans le courant des années 1600, il s'étend au-dessus des épaules. Ce n'est pas le cas dans ce portrait où les rabats du col sont très étroits.
 

Source : Polo museale florentino (Florence, musée des Offices)