Henri III vers 1575-1578 (Kunsthistorisches museum)Portrait représentant Henri III au début de son règne, d'après Jean Decourt1

Le roi porte encore ce collier chargé de perles, à trois rangs, si caractéristique des années 1570, mais selon la mode du temps, la toque disparaît à l'arrière de la tête, derrière une coiffure relevée en hauteur au-dessus du front. L'ancienne mode de la longue moustache effilée n'est plus de mise, le roi porte un léger bouc et une barbe de trois jours.

Au niveau du costume, il porte par-dessus le pourpoint (ici invisible), un collet clair, simple et uni, dépourvu de galons d'or (voir ici, le portrait de François d'Anjou qui est revêtu du même costume).

Le portrait présente des points communs avec plusieurs autres portraits du roi ; parmi eux, les portraits du roi présents sur la tapisserie des Valois qui se trouvent aujourd'hui à Florence (voir ci-dessous).

Sur une petite peinture (ci-dessous à droite), le roi est représenté en pied, en compagnie de sa mère, de son épouse Louise, et de leurs prédécesseurs, Charles et Elisabeth ; un portrait de groupe intéressant qui apporte un complément visuel sur la façon dont le roi est habillé.

Henri III PiasaHenri III Lyon

Catherine, ses deux fils rois et brusSource : (Vienne, Kunsthistorisches museum) Piasa2 ; Pierre-Gilles Girault et Mathieu Mercier (dir.), Fêtes & Crimes à la Renaissance. La cour d'Henri III, Somogy éditions d'art, 2010, p. 83 ; The Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg project

 
 

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Portrait d'Henri III sur l'une des tapisseries des Valois, aujourd'hui conservées au musée des Offices, à Florence

Source : Akh-images et  Scala archives (Florence, musée des Offices)

Le roi est revêtu d'un costume à l'antique (la cuirasse et les bottines des empereurs romains). Tel un nouveau César, le pied à l'étrier, Henri III s'apprête à parader devant ses sujets. Peut-être va t-il participer au jeu de la quintaine, représenté sur le fond de la tapisserie.

Le portrait utilisé pour le visage du roi est celui fixé par le peintre Jean Decourt au début du règne (voir les portraits ci-dessus). Outre les traits du visage, on y retrouve les mêmes formes et agencements de la fraise et de la coiffure.

Avec ses jambes musclées et sa pause martiale, le roi dégage une image virile qui tranche avec les portraits fraisés et les représentations austères que laissera plus tard le peintre François Quesnel. Contrairement à ses deux frères aînés, tous les deux passionnés par la chasse, Henri III n'était pas un sportif. A la vie en pleine nature, le roi préférait la vie de cour et la vie urbaine.

Le jeu de la quintaine, tapisserie des Valois, musée des OfficesEn revanche, le costume romain porté  par le roi accrédite le goût des Valois pour le travestissement ; comme le faisait son père Henri II, Henri III entretient une cour festive, où alternent carnavals, mascarades, et bals masqués.

A ce titre, les huit pièces de la tapisserie des Valois aujourd'hui conservées à Florence, constituent un témoignage exceptionnel de la vie sous Henri III. Probablement commandée à l'intention de Catherine de Médicis, elles illustrent la diversité des jeux à la cour et la magnificence inculquée par la reine-mère à ses enfants dans la tradition du néo-platonisme médicéen : faire danser et jouer la noblesse de France pour lui faire oublier les querelles religieuses, impressionner les sujets pour revivifier leur confiance au roi, purifier les esprits par le Beau pour nettoyer les traumatismes et les horreurs de la guerre.

 

Henri III et Louise de Lorraine-Vaudémont, extrait de la tapisserie des ValoisPortrait du roi et de la reine Louise de Lorraine sur l'une des tapisseries des Valois, conservées au musée des Offices, à Florence

Source : F.Yates, op.cit. et Scala archives (Florence, musée des Offices)

Le roi et la reine sont représentés sur un fond représentant le spectacle nautique qui avait eu lieu à Fontainebleau en 1564.

Le portrait du roi reprend avec moins de détail, le visage peint par Jean Decourt (voir ci-dessus).

Les joutes nautiques de Fontainebleau dans la tapisserie des Valois (musée des Offices)

 

 

 

 

 

 

 

 


Notes

1. Sur l'origine de ce portrait, voir Pierre-Gilles Girault et Mathieu Mercier (dir.), Fêtes & Crimes à la Renaissance. La cour d'Henri III, Somogy éditions d'art, 2010, p. 83.

 2. Le portrait est présenté sur le site comme étant le portrait présumé d'un gentilhomme d'Henri IV, mais je ne m'avance pas beaucoup en proposant l'identification à Henri III, vu la ressemblance avec le portrait du Kunsthistorischesmuseum, que ce soit au niveau du costume et de la physionomie.

 

Article modifié en octobre 2016