margotPortrait de Marguerite vers 1575

Ce joli dessin de la BnF, rehaussé de couleur, est certainement l'un des plus beaux portraits de la reine de Navarre. Il est l'un de ceux qui retranscrivent le mieux la beauté si bien décrite par ses contemporains (Brantôme par exemple).

Marguerite était une princesse passionnée par la mode et l'entretien de son apparence. Sur le portrait, on la voit avec un teint blanc rehaussé de rouge sur les joues. A l'époque médiévale de l'amour courtois, le rouge et le blanc constituaient une association de couleur très appréciée de l'aristocratie. On la retrouvait notamment dans les romans. Protectrice des lettres et héritière d'un mode de vie aristocratique, Marguerite contribuait à renouveler et à perpétuer les traditions chevaleresques.

Ce dessin a du servir à l'élaboration d'un portrait peint. Malheureusement, celui-ci ne nous est pas parvenu. Il subsiste aujourd'hui deux copies qui prouvent qu'il a existé :

Marguerite de Valois (Blois)

Marguerite de Valois (Puy-en-Velay)Ces deux copies sont malheureusement d'une qualité plutôt médiocre (par rapport au dessin). Aucun des deux n'a su retranscrire avec fidélité le physique si particulier de la reine de Navarre.

Le premier est au Puy-en-Velay, au musée Crozatier (source: 1st-Art-Gallery), le second est à Blois (source : Région Centre).

(je propose sur un autre blog un essai de reconstitution de la robe de Marguerite : ici)

Marguerite de Valois par HilliardPortrait de Marguerite de Valois, réalisé par Nicholas Hilliard en 1577

Si cette miniature est d'une qualité remarquable, le portrait du visage, en lui-même, surprend beaucoup. Marguerite paraît empâtée, ce qu'elle était peut-être, mais ici, son embonpoint paraît exagéré. De plus, on ne reconnaît pas d'emblée les traits physiques de la princesse. Le principal élément qui permet de confirmer l'identité du portrait est l'énorme perruque blonde que la reine de Navarre portait usuellement.

L'intérêt du portrait réside également dans le regard altier du modèle. A travers sa superbe, il fait apparaître le caractère orgueilleux et trempé de la reine. C'est ce tempérament supérieur ne souffrant pas les humiliations qui devait la mettre si souvent à mal avec le roi son frère. Les historiens ont souvent des difficultés pour expliquer la haine qui opposait Henri III à sa soeur. Le roi ne pouvait tout simplement pas souffrir la présence d'une majesté concurrente à la sienne. Il ne pouvait y avoir deux soleils à la cour.

On soulignera la richesse du costume si typique des années 1577-1580, où l'on voit apparaître sur les épaulettes, le buste et la robe, un ensemble très surchargé de noeuds, de pompons et même de petites fleurs (élément de comparaison avec le portrait d'une dame de la cour de France en 1577, BnF)

Source : Berger collection (Denver, Art Museum)

 

Marguerite de ValoisPortrait de Marguerite de Valois (?)

Les éléments d'identification qui accompagnent ce portrait sur le site où il est publié sont erronés. Aucun doute ne semble permis sur l'identité du modèle. Il s'agirait bien de Marguerite de Valois.

La question est maintenant de connaître sa localisation, son auteur et sa date. Le costume renvoie au règne d'Henri III, vers 1575-1580, mais il pourrait aussi s'agir d'une reproduction du XVIIe siècle.

Le bonnet rouge est le même que celui du dessin de la BnF. La peinture serait-elle une reprise ?!

Source : Hamm Institute

 

 

 G19) Marguerite de Valois par Rabel (Bn d'Autriche)Gravure éditée par Jean Rabel

Le portrait de la reine est idéalisé, mais l'image est intéressante pour le costume.

Source  : Osterreichische Nationalbibliothek   

 

 

 

 

 

 

Marguerite par Gaultier et GourdelleGravure de Léonard Gaultier et éditée par Pierre Gourdelle

Source  : (Paris, BnF)

 

 

 

 

 

 

 

Marguerite de ValoisMalgré sa mauvaise qualité, la reproduction de droite présente l'intérêt de montrer Marguerite de profil. Il s'agit d'une médaille sur laquelle la reine est représentée entourée d'un décor allégorique.

Source : Pierre Chevallier, Henri III roi shakespearien, Paris, Fayard, 1985