Marguerite, Charles III et Henri III de Navarre, extrait de la tapisserie des ValoisPortrait de Marguerite de Valois sur l'une des tapisseries des Valois conservées à la galerie des Offices de Florence

La reine de Navarre est représentée accompagnée de son mari, Henri de Navarre (placé en face d'elle), et de son beau-frère, Charles III duc de Lorraine (placé derrière elle), très reconnaissable à ses grandes moustaches.

Les huit tapisseries des Valois aujourd'hui conservées à Florence sont encore pleines de mystères. On présume qu'elles ont été réalisées à la fin des années 1570, mais on ignore l'identité de leur commanditaire. Les personnages sont représentés sur un fond qui n'a rien à voir directement avec eux. Sur cette tapisserie seraient représentées les festivités nautiques de l'entrevue de Bayonne (1565). La scène a pour modèle le dessin qu'en avait fait l'artiste Antoine Caron à l'époque.

Les joutes nautiques de Bayonne, tapisserie des Valois (Florence)Les personnages du premier plan appartiennent, quant à eux, à la fin des années 1570, probablement après l'année 1578, date de réconciliation de Marguerite et de son époux après une séparation qui avait duré deux ans. A la cour de France, le roi et la reine de Navarre s'étaient brouillés.

Source : Frances Yates, The Valois tapestries, 1959 (Florence, musée des Offices)  

 

Marguerite de Valois, extrait de la tapisserie des ValoisOn retrouve Marguerite de Valois sur deux autres tapisseries de la même série.

Sur la tapisserie de L'attaque de l'éléphant (image ci-contre), la princesse est représentée en pied dans un grand décolleté, la main au côté, le visage souriant. Sa ressemblance avec Catherine de Médicis est ici particulièrement saisissante.

Le costume qu'elle porte appartient encore aux années 1570. La collerette s'ouvre largement au-dessus des épaules (ce qui est moderne pour la mode de l'époque), mais le reste de la robe est assez simple. Marguerite ne porte pas encore de vertugadin en bourrelet, ni de manches ballonnées comme on en porte sous le règne d'Henri III.

Marguerite et François d'Anjou

Marguerite apparaît à côté de son frère François avec qui elle nouait une véritable amitié. Face aux intrigues de la cour, elle servait sa cause auprès du roi contre qui François s'était plusieurs fois rebellé.

A cause de son alliance avec son frère cadet, Marguerite dut subir à de nombreuses reprises la colère d'Henri III. A la suite de la fuite de François en 1575, le roi fit enfermer sa soeur au palais du Louvre. Marguerite vécut récluse pendant plusieurs semaines dans sa chambre sans pouvoir en sortir.

Marguerite soutient son petit frère au point d'entreprendre un grand voyage aux Pays-Bas, pays dont François est appelé à devenir le souverain. Marguerite a laissé dans ses mémoires le récit passionnant de cette aventure, où elle manqua à plusieurs reprises d'être enlevée.

Pour le commentaire de cette tapisserie voir l'article dans la partie François d'Alençon.   

Source : F. Yates, op.cit. (Florence, musée des Offices)

 

 

 

Le roi et la royne de Navarre, la reine-mère, extrait de la tapisserie des ValoisSur la tapisserie du Tournoi (image ci-contre), la reine de Navarre est représentée cachée derrière sa mère et son mari. On la reconnaît à sa perruque blonde et à sa bouille qui la rend si semblable à sa mère. 

L'image que renvoie cette représentation, c'est qu'entre les deux grands personnages historiques qui l'encadrent, Marguerite apparaît comme prisonnière, une représentation qui n'est pas sans rappeler une certaine réalité matrimoniale et politique.

De par la nature de son mariage, Marguerite avait un rôle politique d'une grande importance à jouer, celui de garder le roi de Navarre dans le giron de la monarchie. Dans le contexte des troubles politiques de l'époque, Marguerite était le pont d'alliance établi entre Henri de Navarre, prince du sang et trublion potentiel d'une part et la reine-mère, garante des intérêts de la couronne d'autre part. C'est bien pour maintenir le prince Henri sous sa tutelle que Catherine de Médicis ramena physiquement Marguerite auprès de lui en 1578.

Seulement la mauvaise foi de Navarre (qui se comprend par le comportement des Valois pendant le massacre de la Saint-Barthélemy) et les aléas des conjonctures politiques devaient porter préjudice à cette alliance. Des deux côtés, Marguerite allait être prise à partie. 

Après plusieurs années, lasse d'être le bouc émissaire, elle finit par abandonner son mari et par tremper dans la trahison. Après des aventures dignes d'un roman, elle fut emprisonnée par son frère, déshéritée par sa mère et au final démariée par son mari.

Pour le commentaire de cette tapisserie voir également l'article dans la partie Catherine de Médicis.

Source : Frances Yates, The Valois tapestries, 1959 (Florence, musée des Offices)