01 juin 07

L'ordre du Saint Esprit

 


Henri III présidant la cérémonie de l'ordre du Saint-EspritHenri III présidant la cérémonie de l'ordre du Saint-Esprit fondé par le roi en 1578

L'enluminure représente la première cérémonie de l'ordre. Elle illustre la réception de Louis de Gonzague, duc de Nevers (l'une des grandes figures du règne d'Henri III).

 

Sur la droite, on observe la présence du cardinal de Bourbon (futur Charles X), le cardinal de Guise (futur martyr de la Ligue). Le haut dignitaire qui tient le livre est Hurault de Cheverny, futur chancelier.

D'après la RMN, la miniature date de 1587 (ce qui ne serait pas étonnant vu la position du chapeau royal).

Source : ? (Chantilly, musée Condé)

Le trésor de l'ordre se trouve aujourd'hui au musée du Louvre. Il contient des exemplaires de colliers de l'ordre, des manteaux et la masse d'arme, tels qu'ils sont quasiment représentés sur cette enluminure.

 

 

Henri IIIL'enluminure représente également le roi dans la tenue de l'ordre, mais la qualité n'est pas à la hauteur de la précédente. Les proportions du personnage ne sont pas très respectées.

Contrairement à la précédente enluminure, ce portrait est contemporain à la fondation de l'ordre en 1578 (ce qui se voit avec l'emplacement du chapeau caché derrière les cheveux).

Source : ? (Paris, BnF)

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02 juin 07

Les portraits de Marguerite de Valois (1553-1615) 

Marguerite de ValoisPlus connue sous le nom de la reine Margot, Marguerite de Valois s'est rendue célèbre pour son glamour, son esprit éclairé et son destin hors du commun.

Princesse adulée, femme courtisée et chef de file de la mode, Marguerite fut durant les années 1570 l'un des plus beaux ornements de la cour de France. Les poètes et les écrivains ont beaucoup loué et chanté sa beauté au point que la réputation de ses charmes perdure encore aujourd'hui.

Toutefois, l'étude de ses portraits remet partiellement en question cette image romantique. Marguerite ressemblait beaucoup à sa mère Catherine de Médicis, connue pour sa disgrâce physique, et -canon de l'époque - Marguerite était d'une assez bonne chair qui ne fit que s'accentuer avec l'âge.

Galerie de portraits de Marguerite

 

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Marguerite enfant


Marguerite de Valois (Chantilly)Marguerite de Valois, BnFPortrait de Marguerite de Valois enfant

Source : (Paris, BnF) ; Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

 

 

 

 

 

 

Marguerite de Valois en 1561 (Chantilly)Portrait de Marguerite en 1561, vers l'âge de 8 ans 

La peinture procède du dessin fait par François Clouet (ci-dessus). Le dessin a été commandé au peintre au moment de l'avènement du petit roi Charles IX.

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait de la famille royale (vers 1564)Marguerite apparaît sur un tableau représentant la famille royale. Elle se tient debout, derrière ses deux frères aînés, le roi Charles IX et le futur Henri III. Elle tient sa ceinture dans la main et sa robe ouverte sur le devant, traîne à terre.

Marguerite suit le roi sur les routes de France. On a dans ses mémoires, un récit fort touchant des festivités qui eurent lieu sur une île à la frontière franco-espagnole, lors de l'entrevue Bayonne en 1565. 

Source : L. Dimier, Histoire de la peinture de portrait en France au XVIe siècle, G. Van Oest, 1924





Marguerite adolescente (Bnf)Portrait de Marguerite adolescente, réalisé vers 1565-1570 

Source : (Paris, BnF)

 

Voir également le portrait de la BnF que je propose d'identifier à Marguerite.

 

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Le mariage de Marguerite


Marguerite de Valois vers 1570-1572 (BnF)Portrait de Marguerite de Valois réalisé par François Clouet vers 1570-1572 et conservé à la BnF.

Il s'agit d'un portrait réalisé quelques temps avant son mariage. A l'approche de ses 18 ans, la main de Marguerite fait l'objet de spéculations dans les cours d'Europe. Le choix de l'époux appartient à la reine Catherine qui est à la fois sa mère et la chef du gouvernement. Marguerite est une fille de France ; son mariage doit nécessairement servir les intérêts du royaume. 

La reine-mère avait eu le projet de marier sa fille au prince du Portugal ou au roi d'Espagne, mais à défaut de pouvoir le faire, elle proposa de l'unir au jeune prince du sang, Henri de Bourbon, fils de la reine de Navarre. Cette alliance avait déjà été proposée quinze ans plus tôt, lorsque le couple de Navarre était venu à la cour de France pour présenter leur fils âgé de trois ans.

Le mariage de Marguerite de Valois, moment important dans la vie d'une princesse, est à l'origine de plusieurs portraits dont voici quelques exemples.

Marguerite de Valois (Dresde)

Le dessin de Clouet a fait l'objet d'une peinture dont il existe une très jolie copie à Dresde (ci-contre). Le tableau reprend les détails du crayon avec beaucoup de précision. Vu le style, il pourrait s'agir d'une oeuvre du XVIIIe ou du XIXe siècle.

Dans le catalogue imprimé de la Gemäldegalerie Alte Meister où il est conservé, il est identifié comme représentant Catherine de Médicis1. Ce n'est pas la première fois que la mère et la fille sont confondues ; Marguerite ressemblait beaucoup à sa mère.

La princesse Marguerite était réputée pour être d'une grande beauté ; c'était surtout une jeune femme très glamour qui faisait un très grand usage d'artifices pour paraître belle. On la voit par exemple sur le portrait les cheveux frisés.

Source : (Paris, BnF) ; (Dresde, Gemäldegalerie Alte Meister)

 

Marguerite de Valois vers 1572 (Chantilly)Portrait de Marguerite de Valois vers 1572

C'est un tableau probablement peint à l'époque du mariage de la princesse. Comme toute femme issue de la noblesse, son teint est blanc comme la neige. Portant un léger décolleté, signe du renouveau de la mode, Marguerite affiche son appartenance à la cour de France. 

Quand sa future belle-mère, Jeanne d'Albret, la rencontra pour la première fois, celle-ci fut heurtée par son apparence. La très puritaine reine de Navarre avait passé les dix dernières années de son règne à chasser de sa cour les superfluités de la vie mondaine. Elle avait fait appliquer dans son pays une morale calviniste très stricte et son intransigeance l'avait brouillé avec d'autres protestants plus modérés.

Au printemps 1572, elle débarqua à la cour de France, remplie de préventions. Son espoir était que Marguerite fusse récupérable. Ce fut une déception. Non seulement, sa future bru avait l'intention de rester catholique, mais en plus, elle était complètement soumise aux vanités de la cour.

Dès lors, les négociations pour le mariage furent pour Jeanne d'Albret très pénibles. C'est avec beaucoup d'amertume qu'elle signa le 11 avril, les clauses du contrat de mariage unissant son fils à Marguerite. Elle craignait non sans raison que sous l'influence de la cour des Valois, son fils abandonna l'éducation calviniste qu'elle lui avait transmise. Ce qui ne manqua pas d'arriver.

L'existence du puritanisme protestant est une donnée essentielle à connaître pour appréhender l'image de dépravée véhiculée sur le compte de Marguerite par l'historiographie orientée du XVIIIe et XIXe siècles. Les écrivains et les scénaristes du XXe et XXIe siècles en sont encore très dépendants.

Marguerite de Valois (Versailles)Marguerite de Valois

Les deux portraits suivants sont à peu près de la même époque. Le premier reprend les traits du portrait précédent mais le costume est différent. Marguerite est représentée avec un voile en forme de conque, caractéristique de la mode de cette époque. Pour quelle occasion, Marguerite est-elle habillée ainsi ?

Le deuxième portrait n'est qu'une copie de qualité inférieure du portrait du dessus. Le traitement du costume offre moins de détails et la coiffure est négligée.

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

Source : Rmn (Versailles, musée du Château)

Source : Bridgeman art (collection privée)

 


 

Note

1.  C'est sous cette identification qu'il est catalogué dans Marx Harald, Gemäldegalerie Alte Meister Dresden, Vol 2, illustriertes Bestandsverzeichnis, W. König, 2005.

 

Article modifié en août 2015

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Henri de Navarre et Marguerite de Valois dans le livre d'heures de Catherine de Médicis, BnFPortraits de Henri de Navarre et de Marguerite de Valois, roi et reine de Navarre représentés vers 1572 sur une miniature du livre d'heures de Catherine de Médicis.

Leur mariage a été célébré sur le parvis de Notre-Dame de Paris, le 18 août 1572. Après plusieurs jours de fêtes, il fut terni par le bain de sang de la Saint-Barthélemy. Comme beaucoup de ses coreligionnaires, Navarre fut contraint de revenir au catholicisme.

Cet épisode dramatique marque pour la princesse le point de départ d'une vie conjugale très mouvementée. Marguerite était une femme du monde, portée sur l'entretien des moeurs raffinées de l'aristocratie. Son époux Henri était plus désinvolte. Volage, ingrat et parfois indécent, il pouvait se montrer à l'égard de son épouse autant rustre que serviable. Après avoir accepté et supporté les indélicatesses de son mari pendant dix ans, Marguerite devait prendre le parti en 1583 de « l'abandonner » .

Marguerite, extrait du livre d'heuresLes deux époux sont représentés en prière, les mains jointes, revêtus du manteau royal et d'une couronne. 

Marguerite porte un resplendissant décolleté, mis en valeur par une collerette ouverte, départ d'une mode qui va se développer pendant plusieurs décennies. En coiffure, elle porte une perruque blonde confectionnée selon la légende à partir des cheveux de ses valets. Sur la miniature, la princesse paraît beaucoup plus âgée qu'elle n'était en 1572 (ou 1574 date limite de la réalisation des miniatures du livre d'heures de Catherine de Médicis). Son portrait laisse déjà transparaître l'embonpoint qui l'accompagnera sa vie durant.

Source : (Paris, Bnf)

 

 

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 margotPortrait de Marguerite vers 1575

Ce joli dessin de la BnF, rehaussé de couleur, est certainement l'un des plus beaux portraits de la reine de Navarre. Il est l'un de ceux qui retranscrivent le mieux la beauté si bien décrite par ses contemporains (Brantôme par exemple).

Marguerite était une princesse passionnée par la mode et l'entretien de son apparence. Sur le portrait, on la voit avec un teint blanc rehaussé de rouge sur les joues. A l'époque médiévale de l'amour courtois, le rouge et le blanc constituaient une association de couleur très appréciée de l'aristocratie. On la retrouvait notamment dans les romans. Protectrice des lettres et héritière d'un mode de vie aristocratique, Marguerite contribuait à renouveler et à perpétuer les traditions chevaleresques.

Ce dessin a du servir à l'élaboration d'un portrait peint. Malheureusement, celui-ci ne nous est pas parvenu. Il subsiste aujourd'hui deux copies qui prouvent qu'il a existé :

Marguerite de Valois (Blois)

Marguerite de Valois (Puy-en-Velay)Ces deux copies sont malheureusement d'une qualité plutôt médiocre (par rapport au dessin). Aucun des deux n'a su retranscrire avec fidélité le physique si particulier de la reine de Navarre.

Le premier est au Puy-en-Velay, au musée Crozatier (source: 1st-Art-Gallery), le second est à Blois (source : Région Centre).

(je propose sur un autre blog un essai de reconstitution de la robe de Marguerite : ici)

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Sous le règne d'Henri III


Marguerite de Valois par HilliardPortrait de Marguerite de Valois, réalisé par Nicholas Hilliard en 1577

Si cette miniature est d'une qualité remarquable, le portrait du visage, en lui-même, surprend beaucoup. Marguerite paraît empâtée, ce qu'elle était peut-être, mais ici, son embonpoint paraît exagéré. De plus, on ne reconnaît pas d'emblée les traits physiques de la princesse. Le principal élément qui permet de confirmer l'identité du portrait est l'énorme perruque blonde que la reine de Navarre portait usuellement.

L'intérêt du portrait réside également dans le regard altier du modèle. A travers sa superbe, il fait apparaître le caractère orgueilleux et trempé de la reine. C'est ce tempérament supérieur ne souffrant pas les humiliations qui devait la mettre si souvent à mal avec le roi son frère. Les historiens ont souvent des difficultés pour expliquer la haine qui opposait Henri III à sa soeur. Le roi ne pouvait tout simplement pas souffrir la présence d'une majesté concurrente à la sienne. Il ne pouvait y avoir deux soleils à la cour.

On soulignera la richesse du costume si typique des années 1577-1580, où l'on voit apparaître sur les épaulettes, le buste et la robe, un ensemble très surchargé de noeuds, de pompons et même de petites fleurs (élément de comparaison avec le portrait d'une dame de la cour de France en 1577, BnF)

Source : Berger collection (Denver, Art Museum)

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Marguerite de ValoisPortrait de Marguerite de Valois (?)

Les éléments d'identification qui accompagnent ce portrait sur le site où il est publié sont erronés. Aucun doute ne semble permis sur l'identité du modèle. Il s'agirait bien de Marguerite de Valois.

La question est maintenant de connaître sa localisation, son auteur et sa date. Le costume renvoie au règne d'Henri III, vers 1575-1580, mais il pourrait aussi s'agir d'une reproduction du XVIIe siècle.

Le bonnet rouge est le même que celui du dessin de la BnF. La peinture serait-elle une reprise ?!

Source : Hamm Institute

 

 

 G19) Marguerite de Valois par Rabel (Bn d'Autriche)Gravure éditée par Jean Rabel

Le portrait de la reine est idéalisé, mais l'image est intéressante pour le costume.

Source  : Osterreichische Nationalbibliothek   

 

 

 

 

 

 

Marguerite par Gaultier et GourdelleGravure de Léonard Gaultier et éditée par Pierre Gourdelle

Source  : (Paris, BnF)

 

 

 

 

 

 

 

Marguerite de ValoisMalgré sa mauvaise qualité, la reproduction de droite présente l'intérêt de montrer Marguerite de profil. Il s'agit d'une médaille sur laquelle la reine est représentée entourée d'un décor allégorique.

Source : Pierre Chevallier, Henri III roi shakespearien, Paris, Fayard, 1985

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Marguerite sur la tapisserie des Valois


Marguerite, Charles III et Henri III de Navarre, extrait de la tapisserie des ValoisPortrait de Marguerite de Valois sur l'une des tapisseries des Valois conservées à la galerie des Offices de Florence

La reine de Navarre est représentée accompagnée de son mari, Henri de Navarre (placé en face d'elle), et de son beau-frère, Charles III duc de Lorraine (placé derrière elle), très reconnaissable à ses grandes moustaches.

Les huit tapisseries des Valois aujourd'hui conservées à Florence sont encore pleines de mystères. On présume qu'elles ont été réalisées à la fin des années 1570, mais on ignore l'identité de leur commanditaire. Les personnages sont représentés sur un fond qui n'a rien à voir directement avec eux. Sur cette tapisserie seraient représentées les festivités nautiques de l'entrevue de Bayonne (1565). La scène a pour modèle le dessin qu'en avait fait l'artiste Antoine Caron à l'époque.

Les joutes nautiques de Bayonne, tapisserie des Valois (Florence)Les personnages du premier plan appartiennent, quant à eux, à la fin des années 1570, probablement après l'année 1578, date de réconciliation de Marguerite et de son époux après une séparation qui avait duré deux ans. A la cour de France, le roi et la reine de Navarre s'étaient brouillés.

Source : Frances Yates, The Valois tapestries, 1959 (Florence, musée des Offices)  

 

Marguerite de Valois, extrait de la tapisserie des ValoisOn retrouve Marguerite de Valois sur deux autres tapisseries de la même série.

Sur la tapisserie de L'attaque de l'éléphant (image ci-contre), la princesse est représentée en pied dans un grand décolleté, la main au côté, le visage souriant. Sa ressemblance avec Catherine de Médicis est ici particulièrement saisissante.

Le costume qu'elle porte appartient encore aux années 1570. La collerette s'ouvre largement au-dessus des épaules (ce qui est moderne pour la mode de l'époque), mais le reste de la robe est assez simple. Marguerite ne porte pas encore de vertugadin en bourrelet, ni de manches ballonnées comme on en porte sous le règne d'Henri III.

Marguerite et François d'Anjou

Marguerite apparaît à côté de son frère François avec qui elle nouait une véritable amitié. Face aux intrigues de la cour, elle servait sa cause auprès du roi contre qui François s'était plusieurs fois rebellé.

A cause de son alliance avec son frère cadet, Marguerite dut subir à de nombreuses reprises la colère d'Henri III. A la suite de la fuite de François en 1575, le roi fit enfermer sa soeur au palais du Louvre. Marguerite vécut récluse pendant plusieurs semaines dans sa chambre sans pouvoir en sortir.

Marguerite soutient son petit frère au point d'entreprendre un grand voyage aux Pays-Bas, pays dont François est appelé à devenir le souverain. Marguerite a laissé dans ses mémoires le récit passionnant de cette aventure, où elle manqua à plusieurs reprises d'être enlevée.

Pour le commentaire de cette tapisserie voir l'article dans la partie François d'Alençon.   

Source : F. Yates, op.cit. (Florence, musée des Offices)

 

 

 

Le roi et la royne de Navarre, la reine-mère, extrait de la tapisserie des ValoisSur la tapisserie du Tournoi (image ci-contre), la reine de Navarre est représentée cachée derrière sa mère et son mari. On la reconnaît à sa perruque blonde et à sa bouille qui la rend si semblable à sa mère. 

L'image que renvoie cette représentation, c'est qu'entre les deux grands personnages historiques qui l'encadrent, Marguerite apparaît comme prisonnière, une représentation qui n'est pas sans rappeler une certaine réalité matrimoniale et politique.

De par la nature de son mariage, Marguerite avait un rôle politique d'une grande importance à jouer, celui de garder le roi de Navarre dans le giron de la monarchie. Dans le contexte des troubles politiques de l'époque, Marguerite était le pont d'alliance établi entre Henri de Navarre, prince du sang et trublion potentiel d'une part et la reine-mère, garante des intérêts de la couronne d'autre part. C'est bien pour maintenir le prince Henri sous sa tutelle que Catherine de Médicis ramena physiquement Marguerite auprès de lui en 1578.

Seulement la mauvaise foi de Navarre (qui se comprend par le comportement des Valois pendant le massacre de la Saint-Barthélemy) et les aléas des conjonctures politiques devaient porter préjudice à cette alliance. Des deux côtés, Marguerite allait être prise à partie. 

Après plusieurs années, lasse d'être le bouc émissaire, elle finit par abandonner son mari et par tremper dans la trahison. Après des aventures dignes d'un roman, elle fut emprisonnée par son frère, déshéritée par sa mère et au final démariée par son mari.

Pour le commentaire de cette tapisserie voir également l'article dans la partie Catherine de Médicis.

Source : Frances Yates, The Valois tapestries, 1959 (Florence, musée des Offices) 

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La chute et l'exil


Marguerite de Valois (musée de Fécamp)Marguerite de ValoisLes portraits de Marguerite se font plus rares dans les deux dernières décennies du XVIe siècle, et pour cause, la reine de Navarre entre brutalement dans une période d'oubli.

Après s'être dressée contre le roi son frère et le roi son mari, elle fut consignée au château d'Usson où elle demeura de 1586 à 1605, abandonnée de tous.

A l'observation de la coiffure, le portrait ci-contre daterait de la fin des années 1580 (c'est le type de coiffure que Gabrielle d'Estrées porte dans les années 1590). Serait-ce le dernier portrait de la reine avant son exclusion de la cour, ou bien est-ce plutôt celui qui annonce son retour ?

Source : Mutualart.com (vendu chez Sotheby's en 2010 à Londres) ; la plaque d'émail n'est pas identifiée sur le site commercial. C'est par rapprochement avec le dessin du musée des Arts et de l'Enfance de Fécamp qu'on peut l'identifier à Marguerite.

Source : Base Joconde (Fécamp, musée des Arts et de l'Enfance)

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