Le duc d'Orléans

Portraits de Charles-Maximilien réalisés vers 1551 et 1552
Charles-Maximilien est le troisième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis.
Ce sont les inscriptions sur les dessins qui permettent d'identifier les portraits. Il peut s'agir d'une erreur mais on dit que c'est Catherine de Médicis elle-même ou l'un de ses secrétaires qui annotaient les dessins. La reine les commandait pour s'assurer de la bonne santé de ses enfants (pour plus de détail, voir A. Zvereva, Les Clouet de Catherine de Médicis, Somogy, 2002).
Source : Moreau-Nélaton, Le portrait ... (Florence, musée des Offices) ; Rmn (Chantilly, musée Condé)
Il existe à Chantilly un tableau qui offre une image similaire au dessin de Chantilly. Le portrait n'est pas identifié, mais on pense qu'il s'agit aussi du petit prince Charles.
Comme sur le précèdent portrait, l'enfant porte sur la tête le béguin et la toque, et autour du cou un collier. Mais tandis que sur le dessin, il tient dans ses mains des fleurs et une raquette, évocation du jeu de paume qui faisait fureur à l'époque, sur la peinture, l'enfant joue avec un petit chat.
Source : Base Rmn (Chantilly, musée Condé)
Portrait de Charles-Maximilien
Ce portrait n'est guère plus tardif que les précédents. On retrouve le petit prince avec la toque et le béguin. Il porte un col blanc rabattu sur un col de fourrure.
Il en existe une copie de seconde main à la BnF.
Source : (Londres, British museum)
Portrait de Charles-Maximilien
C'est un dessin beaucoup plus tardif puisque le jeune prince ne porte plus son béguin. Il a quitté sa petite enfance.
L'enfant roi (1560)
Portrait officiel du roi Charles IX à son avènement en 1560.
Le petit duc d'Orléans succède à son frère François comme roi de France le 5 décembre 1560. Il n'a que 10 ans seulement et pourtant il est maintenant l'un des plus grands princes de la Chrétienté.
Son avènement est évidemment l'occasion pour François Clouet de lui tirer un nouveau portrait (ci-contre).
Le roi étant mineur, le gouvernement est confié à un conseil de régence. Il est dominé par la reine-mère Catherine de Médicis, personnalité politique en vogue depuis qu'elle a pris la tête du parti de la tolérance. La reine-mère entend maintenir le royaume en paix et multiplie les tractations pour raccommoder un pays en train de se déchirer pour des querelles politico-religieuses.
Source : (Paris, BnF)
Pour diffuser l'image du roi, un très grand nombre de portraits ont été peints. Le plus beau conservé aujourd'hui est celui du Kunsthistorisches museum à Vienne (ci-contre). Il reprend avec plus de détails le dessin aujourd'hui conservé à la BnF (ci-dessous).
Source : (Vienne, Kunsthistorisches museum)
Ce portrait va servir de modèle à un très grand nombre de copies de plus ou moins bonne qualité. Il n'est pas impossible que certaines d'entre elles soient du XVIIe siècle. En voici quelques unes qui sont aujourd'hui dispersées dans le monde entier :

Source : (New York, The Metropolitan museum of art)
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)


Source : Scalarchives (Versailles, musée du château)
Source : (Royaume-Uni, The royal collection)
Source : Base Joconde (Angers, musée des Beaux-arts)
Source (Brescia, Pinacoteca Civica)
Source : The Bridgeman Art Libray (collection privée)
Portrait de Charles IX dont la récente apparition sur le marché de l'art permet de remettre en cause l'identité d'un tableau de Chantilly traditionnellement identifié à François II.
Le tableau (à droite) a pour modèle l'oeuvre de François Clouet. Il se différencie du portrait de Vienne (ci-dessus dans l'article précédent) par la couleur du fond, le cadrage qui est plus large et des détails moins importants. Néanmoins, l'enfant roi reste particulièrement reconnaissable.
Ce n'est pas le cas du portrait conservé à Chantilly (ci-dessous à gauche) où la carnation est si faiblement rendu qu'on ne reconnaît pas d'emblée les traits de Charles IX. Cette insuffisance du portrait de Chantilly explique pourquoi pendant longtemps on y a vu les traits de François II ; à tort.
Voir l'article consacré à ce tableau que j'ai retiré de la galerie de François II, depuis.
Par la couleur bleu du fond, un autre portrait de Chantilly peut se rattacher à cette production (portrait ci-contre à droite). Il représente Charles IX dans un cadrage élargi à la taille, la main au côté. La faiblesse de la carnation le rapproche de l'autre portrait de Chantilly.
A travers ces exemples, il est intéressant de voir combien les collections privées peuvent être enrichissantes pour comprendre les collections "publiques" et par la même occasion l'iconographie, l'art et les études historiques en général.
Source : Rmn et Rmn (Chantilly, musée Condé)
Portrait du roi et de sa famille vers 1564.
Le roi est représenté au centre de sa fratrie, sa mère, la reine le tenant dans ses bras. Le tableau a été réalisé dans le contexte des guerres de religion. La première guerre vient de s'achever (1563), le roi a été déclaré majeur mais Catherine de Médicis continue de gouverner en son nom (voir le commentaire du tableau dans la partie Catherine de Médicis).
Du point de vue, du costume, ce tableau est également très intéressant. Le costume du roi n'est guère différent des précèdents, sauf que la fraise déborde du col. Ce tableau est riche a bien des égards. D'une part, il est rare d'avoir des portraits en pied. C'est un genre qui est apparu tardivement en France. Deuxièmement, c'est un portrait de groupe, ce qui constitue une véritable exception. C'est d'ailleurs à ma connaissance, le seul portrait de groupe de la famille royale qui existe pour les derniers Valois.
Source (L. Dimier, Histoire de la peinture de portrait en France au XVIe siècle, G. Van Oest, 1924)
L'étape de Moulins
Portrait de Charles IX sur un très beau dessin réalisé par François Clouet et conservé aujourd'hui au musée de l'Ermitage en Russie
Ce portrait est daté de 1566, ce qui correspond assez bien au costume et à l'âge du modèle (16 ans). Charles IX porte une toque emplumée, une fraise et le collier de l'ordre de Saint-Michel.
En 1566, le roi est à Moulins, terminus du grand voyage. Il va y rester pendant plusieurs mois, le temps pour son conseil de procéder à plusieurs réformes. Le royaume continue d'être en paix.
A la même époque la Flandre est en proie à la crise religieuse, et les violences iconoclastes vont attiser de nouveau les passions et relancer une nouvelle guerre de religion.
Source : (Saint Petersbourg, musée de l'Ermitage)
La BnF possède une réplique du dessin de Clouet. Le cadrage est resserré sur le visage et le roi porte des petits poils de barbe plus développés.
Le dessin de l'Ermitage va servir à diffuser une nouvelle série de portraits officiels :
La fondation Bemberg à Toulouse a la chance de posséder le portrait peint du dessin conservé à Saint-Petersbourg.
Pour mettre en scène le personnage et rendre le tableau plus vivant, le peintre a fait apparaître les mains du personnage, derrière un rebord peint en trompe-l'oeil. C'est une tradition de représentation qui prend ses sources dans le grand portrait de François Ier du Louvre.
Source : (Toulouse, Fondation Bemberg)
Il existe au musée Condé une variante de moins bonne qualité (la carnation est moins bien rendue). On remarquera aussi que ni le collier, ni les motif du costume ne sont identiques aux deux tableaux.
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
A plusieurs reprises, le portrait du roi adolescent a été réalisé en pied. Trois tableaux nous sont parvenus. Le plus beau et le plus important est celui conservé à Vienne au Kunsthistorisches Museum (ci-contre). De taille grandeur nature, ce tableau présente une grande richesse dans les détails du costume. On remarquera ici la grosseur des hauts-de-chausses qui atteignent leur taille maximale dans la seconde moitié des années 1560.
La mauvaise qualité de la reproduction photographique a l'avantage de nous permettre de distinguer les différentes interventions faites sur le tableau. Le visage n'a pas le même traitement que le costume. Il s'agit probablement de deux peintres différents qui y ont travaillé. Il était fréquent pour un artiste de faire réaliser son tableau par plusieurs de ses élèves (Biblio. E.Jollet).
Source : Wikimedia (Vienne, Kunsthistorisches museum)

Il existe deux répliques du grand tableau de Vienne. Leur qualité inférieure s'explique par leur petite taille. Ces deux tableaux ne dépassent pas les 30 cm.
Source : Rmn (Paris, musée du Louvre)
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
Portrait de Charles IX vers 1570
C'est un portrait qui a toujours pour modèle le dessin de l'Ermitage. La différence se situe dans les poils de la barbe et de la moustache beaucoup plus développés. Le costume a également changé. Il est certes plus simple (petit collier et pourpoint blanc assez sobre en comparaison des portraits précédents), mais le changment se situe surtout dans la fraise et le chapeau qui ont pris du volume.
Ce portrait doit probablement dater de la troisième guerre de religion. A l'occasion des victoires de Jarnac et de Moncontour (1569) ? à l'occasion de la paix de Saint-Germain-en-Laye (1570) ? à l'occasion de son mariage ?
Source: Rmn (Chantilly, musée Condé)
La paix de Saint Germain (1570)

Portraits de Charles IX, réalisé vers 1570
L'année 1570 ouvre une ère de paix pour le royaume. Avec l'édit de Saint-Germain-en-Laye, Charles IX met fin à trois années de guerre civile. Il se réconcilie avec ses sujets protestants et le royaume retrouve un semblant de tranquillité. C'est le moment choisi par le roi pour se marier avec Elisabeth d'Autriche, la fille de l'empereur Maximilien.
En mars 1571, Charles IX et son épouse font leur royale entrée à Paris. Comme le veut l'esprit des Valois, la cérémonie se déroule avec beaucoup de pompe. Peut-être le dessin a t-il été conçu pour l'occasion ? Dans tous les cas, il a été réalisé à l'époque de la paix.
Source : (Paris, Bnf) ; (Paris, BnF)
On remarquera le vieillissement prématuré du jeune roi qui a davantage l'aspect d'un homme de 30 ans que d'un homme de 20 ans. Les ambassadeurs qui ont laissé des descriptions du roi s'étonnent de voir ses paupières s'alourdir. Le roi s'épuise à la chasse où il passe la plupart de son temps.
Le nouveau portrait du roi va servir de modèle à une très importante série de portraits dont voici des exemples. Le plus beau est celui aujourd'hui exposé au musée de la Légion d'honneur à Paris (autrefois au Louvre) et qui serait le pendant d'un portrait de la reine Elisabeth (très mauvaise reproduction à droite).
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé) ; (Vienne, Kunsthistorisches museum), Florence, palais Pitti, Millon et associés (collection privée), site de Pascale Olivaux (Château de Beauregard), (Vienne, Kunsthistorisches museum) ; Source : site russe (Vienne, Kunsthistorisches museum) ; Christies
Source : Rmn (Versailles, musée national)














