Fille du comte de Vaudémont, la reine Louise appartient à une famille princière étrangère, la maison ducale de Lorraine (bien que sous influence française, la Lorraine est à l'époque un pays indépendant). Alors que son rang modeste ne la prédisposait pas à devenir reine de France, c'est elle que le jeune roi Henri III choisit pour partager son trône. Plutôt que de faire un mariage qui soit avantageux pour le royaume, le roi a préféré prendre une épouse sur la bonne impression qu'il a eu d'elle lors de leur rencontre à la cour de Nancy ; ce mariage basé sur les sentiments est exceptionnel dans l'histoire moderne de la couronne de France !

La reine Louise de Lorraine-Vaudémont par Jean Rabel, BnFPortrait de la reine Louise dessiné vers 1575 et aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale de France

Autrefois attribué à Jean Rabel1, ce dessin est le premier portrait de la reine Louise. Il a été réalisé à l'occasion de son avènement comme épouse du roi de France ; la reine a 22 ans. Ses noces ont eu lieu le 15 février 1575 ; deux jours plus tôt, le roi avait été sacré à Reims.

Louise est revêtue du costume caractéristique de la cour de France, c'est l'époque du décolleté et de l'épanouissement des collerettes godronnées. La reine porte la coiffure en raquette selon le goût des années 1570.

C'est le plus beau des dessins qui existe de la reine aujourd'hui.

Source : (Paris, BnF)

 

  

 

Louise de Lorraine, BnFLe dessin suivant est de qualité légèrement inférieure. La coiffe le fait dater du début du règne d'Henri III.

Source : (Paris, BnF)

Louise de Lorraine, BnFIl existe enfin un troisième dessin de la reine Louise, sur lequel toutefois on peut émettre quelques réserves quant à l'identification donnée. C'est un portrait dont l'identification reste à confirmer.

Source : (Paris, BnF)

 

 

 

 

Louise de Lorraine

Portrait de Louise de Lorraine conservé à Houston aux Etats-Unis

C'est l'un des plus beaux portraits peints de la reine Louise. Il reprend le deuxième dessin vu précédemment, mais ce qui est exceptionnel, c'est que le cadre est élargi laissant apparaître la robe de la reine dans toute sa somptuosité.

Le reine porte un costume qui marque le point de départ de la mode de la cour d'Henri III : coiffure en raquette, forme arrondie des godrons, épaulettes massives garnies de noeuds de papillon, forme volumineuse des manches et de la robe (mais dans une proportion encore mesurée à l'égard de la mode les années suivantes).

Source : Googleartproject (Houston, museum of Fine Arts)

 

 

 

Louise de lorraine (muzeum Czartoryskich)

Louise de Lorraine (ancienne collection particulière de Pologne)Portraits de Louise de Lorraine conservés dans des collections polonaises

Le portrait de gauche a disparu pendant la seconde guerre mondiale. L'image est tirée d'une photographie prise avant la guerre.  Par le costume, elle rappelle fortement le portrait conservé au musée de Houston (ci-dessus).

Le portrait de droite diffère par le costume. La reine porte un voile en conque et des manches en gigot parsemé de crevés.

Source : Wikimedia commons (Catalogue of paintings removed from Poland by the German occupation authorities during the years 1939-1945. 1, Foreign paintings, Ministry of Culture and Art, Warsaw 1950) ; (Cracovie, muzeum Czartoryskich)

 


Notes

1. L'attribution à Jean Rabel a récemment été remise en cause par Marianne Grivel. Voir Marianne GRIVEL, « "Au sieur Rabel, parangon de la pourtraicture”. Nouvelles recherches sur les peintres-graveurs français de la fin du XVIe siècle : l’exemple de Jean Rabel », in H. Zerner et M. Bayard (dir.), Renaissance en France, renaissance française ?, Paris, 2009, p. 248-249.

Article modifié en septembre 2012