01 août 07

Le portrait à problème


Portrait de Henri II et de Catherine de Médicis (Anet)Voici un portrait assez comique du roi Henri II et de Catherine de Médicis, se trouvant au château d'Anet. L'artiste a représenté le couple royal dans un costume qui ne correspond pas forcément à l'époque des personnages. On remarquera ainsi la collerette de la reine (années 1560-70) et surtout les chaussures du roi (17e siècle). 

L'erreur la plus frappante de ce portrait -et de surcroît la plus drôle-, c'est l'espèce de couche-culotte que porte le roi en guise de haut-de-chausse. C'est un vêtement qui n'existe pas au XVIe siècle et l'importance de cette erreur montre qu'il s'agit peut-être là d'un artiste du XIXe siècle, ayant mal interprété les portraits du XVIe.

La couche-culotte reprise dans une histoire du costumeLe problème de ce tableau c'est qu'il a probablement inspiré d'autres représentations. On retrouve notamment l'espèce de couche-culotte dans une image de L'histoire du costume, (1861-1880), image de gauche

On retrouve également sur d'autres images de Catherine de Médicis, le costume qu'elle porte sur le tableau d'Anet. Il s'agit d'une marlotte (type de manteau ouvert et composé de maheutres), mais existe-il un portrait du XVIe siècle qui représente Catherine de Médicis d'une manière semblable ? Devant l'incertitude, c'est une image à remettre en question.

Catherine de Médicis 1Catherine de Médicis 2Cette remise en question du portrait d'Anet montre à quel point il faut être vigilant à l'égard de l'iconographie du XIXe. En recopiant un portrait douteux, les dessinateurs ont véhiculé une image fausse d'Henri II et de Catherine de Médicis et surtout une grave erreur dans l'histoire du costume, malheureusement reproduite par des artistes contemporains qui prennent comme source des ouvrages désuets du XIXe siècle.

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15 août 07

Les reines de France

Les reines de FranceAu XVIe siècle, la famille royale des Valois compte huit reines de France. Certaines d'entre elles ont vécu un destin hors du commun et sont entrées dans la postérité, d'autres, en revanche, ont été très discrètes.

C'est le cas d'Elisabeth d'Autriche (épouse de Charles IX) et de Louise de Lorraine (épouse d'Henri III), deux reines de France réservées et intègres, dont la vie et l'iconographie restent peu connues du grand public.

La plus distinguée des reines de France de ce siècle, Catherine de Medicis, n'est pas présentée dans cette catégorie. Cette femme a joué un rôle si important dans la monarchie et l'histoire du royaume, qu'elle méritait, par l'abondance de ses portraits, d'avoir une catégorie particulière.

Galerie des reines de France

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Marie Stuart


Malgré la très courte période durant laquelle Marie Stuart fut reine de France (1 an et quelques mois), elle a été - et demeure encore aujourd'hui - la reine de France du XVIe siècle la plus populaire. Vu le grand nombre de sites qui lui sont consacrés outre-manche et au delà (un exemple ici), je n'entends pas reconstituer une galerie iconographique exhaustive. Je m'attacherai à rassembler ici les principaux portraits, en particulier ceux de la période française, Marie étant plus connue pour sa couronne d'Ecosse que pour sa couronne de France.

Voir aussi l'article qui lui a consacré Alexandra Zvereva dans Marie Stuart, un destin français, sorti à l'occasion de l'exposition organisée par la Réunion des musées nationaux en 2008 au château Ecouen et dans lequel l'auteur aborde en détail l'iconographie de Marie Stuart dans sa période française.

Marie Stuart YalePortrait de Marie Stuart dessiné par François Clouet vers 1549 et aujourd'hui conservé à l'université de Yale aux Etats-Unis.

Source : (New haven, The Yale University Art gallery)

Il s'agit d'un très beau portrait de la reine réalisé après son arrivée à la cour de France en 1548. Elle a cinq ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie StuartPortrait de Marie Stuart par François Clouet

Très tôt promise au dauphin François, Marie grandit au côté des enfants de France, sous la bienveillance de sa famille maternelle les Guise.

Sur ce dessin d'une belle qualité, rehaussé de couleur, la petite reine est représentée telle qu'elle était sous le règne d'Henri II.

Elle porte un french hood en coiffe, un petit col plissé en godrons (qui annonce les fraises), une guimpe et des revers de manches très larges comme on en porte depuis le début du siècle.

 

 

 

 

 

Marie Stuart, ChristiesMarie Stuart, musée CondéIl existe au musée Condé un dessin plus ancien qu'A. Zvereva attribue à Lemannier (pour le visage uniquement).

Un petit portrait vendu récemment chez Christies semble se rapprocher de ce modèle (encore que le costume semble légèrement plus tardif).

Source : Base Joconde (Chantilly, musée Condé)

Source : Christies

 

 

 

 

 

Marie StuartPortrait de Marie Stuart

Source : Henri Malo, Les Clouet de Chantilly, Paris, Laurens, 1932 et Plateforme ouverte du patrimoine (Chantilly, musée Condé) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie Stuart, BnFPortrait de Marie Stuart étant jeune

(Paris, Bibliothèque nationale de France)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie Stuart, The royal collectionPortrait de Marie Stuart tenant son alliance dans les mains, peint à l'aquarelle par François Clouet vers 1558 et aujourd'hui conservé dans les collections de la Couronne britanique

Source de l'image : (Royaume-Uni, The Royal Collection)

La reine d'Ecosse est représentée à l'âge de seize ans. L'oeuvre est le témoignage de son mariage avec le dauphin François, qui a eu lieu le 24 avril 1558 à Notre-Dame de Paris. Malgré la guerre en cours, il est suivi par de nombreuses festivités.

Pour la France, cette alliance est l'occasion d'étendre son influence sur l'Ecosse et de contrecarrer l'alliance de l'Angleterre et de l'Espagne. En épousant Marie Tudor, Philippe II d'Espagne avait construit autour de la France une aire d'influrence très menaçante. C'est pour contrer cette menace que le roi Henri II eut le projet d'unir la France et l'Ecosse, ... territorialement.

A l'issue du mariage, Henri II prit des mesures allant dans ce sens. Les Ecossais possédaient désormais "l'identité française", et l'on faisait signer à l'enfant qu'était Marie Stuart un document qui stipulait que l'Ecosse serait fusionnée avec la France quelque soit la situation, avec ou sans enfants. L'alliance que tient donc Marie Stuart dans ses mains sur ce tableau est aussi le symbole de cette intégration.

Marie Stuart, Victoria-Albert museumFrançois II et Marie Stuart, livre d'heures de Catherine de Médicis, BnFLa miniature de la collection royale reprend les traits du dessin de la BnF.

Il en existe plusieurs reprises dont une dans le livre d'heures de Catherine de Médicis qui représente Marie avec son époux François (ci-contre à droite). L'oeuvre a été peinte quinze ans après le mariage, quand François était déjà mort depuis longtemps.

 

 

Marie Stuart, BeauregardMarie Stuart, Philip MouldSource des images ; (Londres, Victoria and Albert museum) ; (Paris, Bibliothèque nationale de France) ; Philip Mould and Co ; (château de Beauregard)

 

 

 

Clouet_Marie_StuartPortrait de Marie Stuart vendu aux enchères en 2018

La peinture reprend en modèle l'aquarelle de la Royal Collection.

Le costume est beaucoup plus riche et la coiffe plus moderne. Du point de vue iconographique, l'oeuvre est donc probablement postérieure. Peut-être s'agit-il du portrait de Marie après son accession au trône de France en 1559. Il s'agirait alors de l'unique portrait connu de la reine Marie en tant que reine de France.

Source de l'image : Artnet (im Kinsky, vente du 23 octobre 2018 à Vienne)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Portrait de Marie Stuart en deuil blanc dessiné au crayon par François Clouet en 1559 et sa version en peinture aujourd'hui conservée à Breamore House, au Royaume-Uni

Source des images : (Paris, Bibliothèque nationale de France) ; Bridgeman Images (Breamore House, Hampshire)

Marie Stuart, BnFMarie Stuart, Breamore HouseMarie Stuart, Wallace collectionLe portraitiste a représenté la reine voilée. L'image est assez connue car il existe encore aujourd'hui plusieurs portraits peints réalisés à partir de ce dessin.

A la mort de son époux, le 5 décembre 1560, la jeune reine de France n'a que 17 ans. Le portrait de la reine voilée aurait pu être réalisé à cette occasion, mais peut-être aussi à la mort de sa mère ou de son beau-père décédés précédemment. L'historienne Alexandra Zvereva en a précisé la genèse. Voir l'article dans Alexandra Zvereva, « La beauté triomphante de la reine endeuillée : les portraits de Marie Stuart », in T. Crépin-Leblond (dir.), Marie Stuart. Un destin français, Paris, RMN, 2008, pp. 73-87

Ce portrait a été de nombreuses fois recopié, y compris au XIXe siècle, mais beaucoup d'entre elles sont des copies assez fades. La plus belle est sans aucun doute celle de la Wallace collection à Londres (ci-contre à gauche).


 Marie Stuart, Royal CollectionMarie Stuart, SNG  Pescheteau-Badin, 2014Marie Stuart, musée CarnavaletMarie Stuart, Blois

 

 

 

 

 Marie Stuart, NPG

SourcMarie Stuart, BnFe des images : (Londres, The Wallace collection) ; (Royaume-Uni, The Royal Collection) ; (Edimbourg, Scottish National Gallery)1 ;  La Gazette Drouot (Pescheteau-Badin, Vente du 6 juin 2014 à Paris) ; (Paris, musée Carnavalet) ;  Agence nationale de la RMN (Blois, musée du château) ; (Londes, National Portrait Gallery) ; Gallica (Paris, Biblothèque nationale de France)

 

 

 

 

Marie Stuart, NPGPortrait de Marie Stuart, reine d'Ecosse conservé à la National Portrait Gallery de Londres

Source des images : (Londres, National Portrait Gallery)

Marie Stuart débarque en Écosse le 19 août 1561. Elle découvre un pays qu'elle ne connait pas et qui lui est étranger. Elle y règne sous la contrainte des conjonctures politiques et religieuses du moment, jusqu'à ce qu'en 1567, elle soit démise de sa couronne au profit de son fils.

Ce portrait serait l'un des rares - sinon le seul - qui nous soit parvenu de Marie Stuart de cette période. C'est d'autant plus étonnant que cette période fut pourtant majeure dans sa vie.

Le portrait a longtemps été vu comme une oeuvre posthume. Mais la reine est représentée avec un costume des années 1560. La taille des godrons de la collerette et l'âge apparent du modèle, plus mûr que dans le modèle clouetien, font pencher la datation de ce portrait à la période écossaise de sa vie. Les couleurs noire et blanche de l'habit seraient également une marque du deuil 2 ; cela laisser supposer que le portrait a été tiré entre la mort de son premier époux et son second mariage, soit entre 1561 et 1565.

Une pN_Marie Stuart_Uffizi_v2etite miniature conservée aujourd'hui à la galerie des Offices de Florence est l'exacte reprise de ce tableau (image ci-contre à gauche). Elle appartient à un ensemble de petits portraits représentant la famille royale des Valois. L'oeuvre n'est pas non plus datée, mais sa ressemblance avec le tableau de Londres laisse supposer l'existence d'un prototype commun aujourd'hui disparu. Selon toute probabilité, ce portrait a existé dans un plus grand format, selon un cadrage qui la représentait en pied.

Marie Stuart, GaignieresUn dessin de la collection Gaignières actuellement conservé à la Bibliothèque nationale de France  en conserve le témoignage visuel (image ci-contre). Il s'agit un dessin aquarellé fait aux XVIIe siècle par le collectionneur Roger de Gaignières (un siècle après le portrait original). Le dessin aurait été fait d'après un portrait un pied que Gaignières possédait. La peinture a disparu, mais peut-être existe t-elle encore dans une collection privée 3.

Source des images : Florence, Galerie des Offices ; (Paris, Bibliothèque nationale de France)

 

 

Lord Darnley et Marie, National Trust CollectionsPortrait de Henry Stuart, Lord Darnley, et de Marie Stuart peint vers 1565

Source de l'image : National Trust Collections (Hardwick Hall, Derbyshire

Le 29 juillet 1565, Marie épouse son cousin Henry Stuart. Le tableau où les deux époux sont représentés côte à côte, est le témoignage commémoratif de cette union. La reine est habillée dans un habit contemporain des portraits précédents. La toque et les formes de la collerette sont en tout point, identiques.

L'union de Marie avec son cousin Henry procède autant des sentiments que de la politique. Elle permet à la reine française de conforter son intégration à la cour écossaise. Entrainée par la passion des sentiments et les luttes de pouvoir internes, elle se termina de façon violente lorsque lord Darnley fut assassiné le 9 février 1567. Cet évènement tragique sert de prélude à la chute de Marie Stuart.

 

Maria_Stuart_RijksmuseumPortrait en miniature de Marie Stuart conservée au Rijksmuseum

Source de l'image : (Amsterdam, Rijksmuseum)

L'oeuvre est datée du XVIIe siècle, mais la reine est représentée coiffée et habillée selon la mode des années 1570. L'image fait la transition entre les deux grandes séries de portraits connus de la reine en Ecosse, celle vue précédemment, peinte vers 1565 et le portrait Sheffield peint vers 1577.

 

 

P_Mary_Queen_of_Scots_after_Nicholas_Hilliard_NPGv2Portrait de Marie Stuart, reine d'Ecosse déchue, peint vers 1577/1578 et aujourd'hui conservé à la National Portrait Gallery

Source de l'image : (Londres, National Portrait Gallery)

La reine est représentée à l'âge de 35 ans, alors qu'elle est retenue prisonnière par sa cousine Elisabeth Ière. Pendant 14 ans, de 1570 à 1584, Marie Stuart est assignée au château de Sheffield (dans le Yorkshire).

Le portrait a été peint vers 1577. C'est le dernier portrait officiel de la reine avant son exécution en 1587. Considérée dans le milieu catholique européen comme une reine martyre, Marie Stuart a fait l'objet d'une importante récupération politique après sa mort. Son image a été diffusée en grand nombre sous forme de gravures mais aussi de peintures. Et c'est ce portrait qui est abondamment repris. Aujourd'hui, il en existe plusieurs copies.

Marie Stuart Liria PalaceLa reine est habillée dans une robe noire et austère, un chaperon et un voile transparent qui signalent son statut de veuve. Elle porte une colllerette dont les formes sont celles de la mode des années 1570. Sur le ventre et à la ceinture, elle porte un crucifix et un chapelet, qui signalent son appartenance à la religion catholique, objet de persécution dans l'Angleterre d'Elisabeth Ière. 

L'auteur du portrait, ainsi que l'identification du portrait original font encore l'objet de discussion.


1191862Marie Stuart, NPG

 

P_Hilliard_Marie_Stuart_Victoria_and_albert museumv2

P_Hilliard_Marie_Stuart_RC_v2

On peut encore lire dans des articles récents que l'auteur du portrait serait le miniaturiste Nicholas Hilliard, mais de cette attribution, rien n'est moins sûr. Le peintre a laissé deux miniatures identiques à ce modèle, et nombre de personnes y voient la source des peintures précédentes 4. Pourtant, comme pour les autres miniatures de Hilliard, le visage de la reine Marie est idéalisé et n'est pas particulièrement ressemblant. Le même problème se posait pour les portraits peints par Hilliard en 1577 du roi Henri III et de sa soeur Marguerite de Valois. L'article du Burlington Magazine consacré à Henri III en 2019, y voyait l'origine des portraits en fraise du début du règne, en lieu et place de Decourt. Mais, ici encore, la comparaison entre les différents portraits de Marie Stuart ne fait pas de doute ; les miniatures de Hilliard ne peuvent pas être la source des tableaux peints. Le contour oblong du visage que traverse un long nez fin n'est pas traduit avec fidélité.

Mary_Stuart_James_Blair-CastleLe portrait Sheffield a été maintes fois repris, et encore longtemps après la mort de la reine, au XIXe siècle. Sur ce portrait ci-joint, le modèle est repris en 1583 pour la représenter avec son jeune fils, le roi Jacques VI, alors agé de seize ans. Depuis son accession au trône, le jeune prince n'avait jamais revu sa mère, devenue paria du nouveau régime écossais et de sa classe politique.


Gourdelle_Marie_Stuart_NPGDavid_Marie_Stuart_BNF_GallicaSource des images :  Fondation Casa de Alba (Madrid, Palais de Liria) ; (Edimbourg, Scottish National Portrait Gallery) ; National Trust Collections (Derbyshire, Hardwick Hall) ;  (Londres, Victoria and Albert museum) ; (Royaume-Uni, The Royal Collection) ; Wikimedia (Royaume-Uni, Blair Castle)

P_Marie_Sturat_BnFMarie_Stuart_NPG

Source des estampes : (Londres, National Portrait Gallery) ; Gallica (Paris, Bibliothèque nationale de France) ; Gallica (Paris, Bibliothèque nationale de France) ; (Londres, National Portrait Gallery)

 

 

 

R_Marie_Stuart_Leu_BnfPortrait de Marie Stuart par Thomas de Leu

Source des images : Gallica (Paris, Bibliothèque nationale de France)

Le maître graveur français a produit une image très différente du portrait Sheffield. La reine est ici habillée selon la mode française des années 1580. Elle porte une collerette ouverte dont la forme froncée s'apparente à celles qui se voît sur certains portraits de la reine Louise.

L'image proposée par Thomas de Leu est novatrice, car il n'existe pas de portrait connu de Marie Stuart après celui de Sheffield. A partir de quelle image Thomas de Leu a-t-il produit son dessin ? A t-il eu accès à un portrait, inédit à ce jour, tiré peu de temps avant le décès de la reine ? Ou a-t-il recomposé par lui-même un portrait après sa mort ?

 

Wierix_Marie_Stuart_GallicaLe maître flamand Jerôme Wierix a édité un portrait de la reine d'Ecosse selon le même modèle (image ci-contre) . Le portrait placé dans un cadre ovale est accompagné de figures allégoriques et de deux scènes d'histoire représentant l'exécution de la reine. Il procède de la campagne de communication qui assure la publicité de cet évènement considéré comme historique dans le milieu catholique.

L'existence de plusieurs copies (images ci-dessous) montrent le succès de cette iconographie dans l'Europe catholique. Après la mort de Marie Stuart, c'est ce portrait qui a du être principalement diffusé. Il a du trouver un accueil très favorable dans la France ligueuse des années 1587-1594.

Marie_Stuart_NPG2R_Maes_Pierre_Marie_Stuart_BnFSource des images : (Paris, Bibliothèque nationale de France) ; (Londres, National Portrait Gallery) ; (Paris, Bibliothèque nationale de France)

 

 

 

 


 

Notes

1. Le portrait serait du XIXe siècle.

2. Alexandra Zvereva, « La beauté triomphante de la reine endeuillée : les portraits de Marie Stuart », dans Thierry Crépin-Leblond (dir.), Marie Stuart. Le destin français d'une reine d'Écosse, Paris, RMN, 2008, p. 84.

3.

4. Notamment, Antonia Fraser, " Mary Queen of Scots" , Delta, 1993 et plus récemment par David A.H.B. Taylor, " Why are there so few portraits of Mary, Queen of Scots? ", dans Apollo The International Art Magazine, 15 novembre 2017 (consulté le 04/01/2021).

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Élisabeth d'Autriche (1554-1592)


Généalogie de la famille d'Elisabeth d'AutricheFille de l'empereur Maximilien II d'Autriche, Elisabeth appartient à la famille des Habsbourg de la branche autrichienne. Elle est née d'une union consanguine puisque ses parents sont cousins germains. Sa mère Marie de Habsbourg est la fille de l'empereur Charles Quint, tandis que son père en est le neveu.

Elisabeth aurait pu elle-même établir une union consanguine si elle avait épousé son oncle Philippe II d'Espagne mais celui-ci avait exigé d'épouser sa soeur aînée, l'archiduchesse Anne. Catherine de Médicis sollicitait également pour son fils la main de l'archiduchesse Anne, mais Philippe II avait fait valoir auprès de son impérial cousin que ses droits étaient bien supérieurs à ceux du roi de France. Charles IX se contenta donc de la cadette.

 

Elisabeth d'Autriche

Portrait d'Elisabeth d'Autriche (image ci-contre)

Le portrait représente Elisabeth dans une mode qui est peut-être autrichienne ; la coiffure en ratepenade est carrée au lieu d'être arrondie ; sa mère Marie porte le même type de coiffure sur le portrait qui est conservée d'elle à la BnF (la comparaison des dessins est d'ailleurs intéressante pour saisir la ressemblance qui existe entre la mère et sa fille).

Le dessin est peut-être un portrait réalisé avant la venue d'Elisabeth en France. Il serait donc antérieur au fameux portrait réalisé par François Clouet en 1571.  

L'inscription située au bas du dessin est inexacte, comme souvent dans le cas d'une inscription postérieure à l'oeuvre ; elle présente le modèle comme étant Elisabeth de France, reine d'Espagne.

Le mariage entre le roi de France et la fille cadette de l'empereur se fait le 26 novembre 1570, à Mézières (dans les Ardennes). Lui, a 20 ans, elle en a 16. Ils font leur joyeuse entrée à Paris en mars 1571. 

Elisabeth d'Autriche (Aguttes)Elisabeth d'AutricheElisabeth d'autricheSource : L. Dimier, Histoire de la peinture de portrait en France au XVIe siècle, G. Van Oest, 1924 (localisation actuelle ?) ; alaintruong.com (collection privée) ; artvalue.com (collection privée) ; alaintruong.com (collection privée)

 

Charles IX et Elisabeth d'Autriche dans le livre d'heures de Catherine de Médicis, BnFPortrait de Charles IX et d'Elisabeth d'Autriche dans le livre d'heures de Catherine de Médicis

Le portrait de la reine Elisabeth dans la miniature reprend le modèle du portrait précédent. La reine porte le même costume (on retrouve sur sa poitrine la même croix en sautoir)

Charles IX et Elisabeth eurent une fille, Marie-Elisabeth, née le 27 octobre 1572.

Source : (Paris, BnF)

 

 

 

Elisabrth_AutrichejpgPortrait en pied de la reine Elisabeth d'Autriche, édité par l'imprimeur anversois Hans Liefrinck

La reine de France est représentée dans cette estampe d'origine flamande dans un costume de la cour impériale. 

Source de l'image : (Londres, British museum) ; (Amsterdamn, Rijksmuseum)

 

 

 

 

 

Elisabeth d'Autriche (1554-1592), Paris BnFPortrait d'Élisabeth dessiné par François Clouet vers 1571

Source de l'image : (Paris, Bibliothèque nationale de France)

François Clouet a réalisé le portrait de la reine vers 1571-1572. Plusieurs peintures en ont été tirées. Celle que possède aujourd'hui le Louvre est la plus connue (ci-dessous à droite).

Le portrait de Clouet présente une vision plus idéalisée que les portraits de l'article précédent. Les historiens de l'art (voir E. Jollet) ont montré que malgré le réalisme des détails, l'artiste avait tendance à représenter un visage enjolivé des personnages qu'il portraiturait.

Elisabeth_Louvre_v1Elisabeth d'Autriche, musée Condé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elisabeth d'Autriche, Versailles Source des images : Agence photographique de la RMN (Chantilly, musée Condé) ; Agence photographique de la RMN (Paris, musée du Louvre) ; C. Constans, Musée national du château de Versailles, 3 vol., Paris, RMN, 1986  (Versailles, musée du château)

 

 

 

 

 

Elisabeth_of_Austria_Queen_of_France_by_Jooris_van_der_Straaten__1570s_wikimediaPortrait en pied d'Elisabeth d'Autriche peint par Jooris van der Straaten en 1573.

Il s'agit d'un très beau portrait d'apparat où la reine porte à la place des épaulettes de larges revers de manche en fourrure comme les dames en portaient du temps du roi François Ier, vêtement qui n'était plus à la mode sous Charles IX, hormis chez les vieilles dames ou comme vêtement d'apparat dans les cérémonies officielles.

Elisabeth von Österreich

Elisabeth_AustriaSource des images : Wikimedia (Madrid, monastère Descalzas) ; Kleio.org (localisation inconnue) : (Londres, British museum)


 

 

 

 

 

 

Elisabeth d'Autriche, musée du LouvrePortrait de la reine Elisabeth conservé au musée du Louvre

Source de l'image : Agence photographique de la Rmn (Paris, musée du Louvre) oir la notice du musée du Louvre

Ce tableau serait le pendant d'un portrait du roi Charles présentant la même ambiance avec un fond et un costume assez sombre. Les deux portraits sont aujourd'hui séparés ; celui de la reine appartient au Louvre (sans être présenté au public) alors que celui de Charles IX est exposé au musée de la Légion d'honneur à Paris.

Elisabeth porte toujours la coiffe à la ratopenado, typique de l'époque, mais nouveauté par rapport au modèle des portraits précédents, elle porte une toque, agrémentée de plumes et de pièces d'orfèvrerie.

Le tableau représente la reine à l'époque du massacre de la Saint-Bartélemy. Selon le témoignage de Brantôme, Elisabeth était une catholique fervente, assez discrète et empreinte d'une grande douceur. Face aux violences perprétées contre les huguenots durant la fameuse semaine sanglante, elle n'avait pu qu'exprimer un sentiment d'horreur.

Elisabeth d'Autriche, ChicagoIl existe une réplique quasi similaire (ci-contre). La coiffe change seulement.

Source de l'image : (Chicago, The art institute)

 

 

 

 

 

 

Elisabeth d'Autriche, château de NelahozevesUn très joli portrait en pied représente la reine vers 1573 environ (on peut le dater à l'observation des formes de la fraise et de la coiffure). La reine porte une robe noire à crevé, avec un voile de gaze disposé en conque et descendant le long du buste et de la robe. Dans sa main gauche, elle tient un mouchoir.

Source : royaltyguide (Château de Nelahozeves, République tchèque)

Elisabeth d'Autriche, musée des OfficesLa figure du tableau a été repris dans la miniature des Offices.

Source : ? (Florence, musée des Offices)

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Article modifié en octobre 2012, avril 2018

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Elisabeth d'Autriche (BnF)Portrait au crayon de la reine Elisabeth représentée en veuve

Le 30 mai 1574, le roi Charles IX meurt d'une pleurésie. Après seulement trois années de mariage, Elisabeth devient veuve. Elle n'a que 19 ans.

Le portrait réalisé à l'occasion de cet évènement la représente en tenue de deuil noir.

Son père Maximilien espérait que le nouveau roi Henri III allait la prendre comme épouse. Il lui en fit directement la demande lorsque ce dernier traversa l'Autriche et passa par Vienne durant l'été 1574, mais le nouveau roi de France refusa l'offre.

Elisabeth, devenue reine douairière, demeura en France pendant un an et demi, puis retourna dans son pays natal, laissant sa fille à la cour de France.

Source de l'image : (Paris, Bibliothèque nationale de France)

 

 

Elisabeth par Thomas de LeuElisabeth d 'AutricheLe dessin a été transposé en peinture, mais celle-ci est perdue. Il en reste des copies (représentée en noir et blanc ci-contre à droite) qui reprend le dessin en agrandissant le cadre et en omettant le voile de la reine.

Le dessin a également servi de modèle à une gravure de Thomas de Leu (ci-contre à gauche).

Source : Kleio.org ; (The Fitzwilliam museum)

 

Elisabeth (Cleveland art museum)Dessin du musée de Cleveland

Le dessin n'est pas identifié sur le site du musée, mais le visage est assez reconnaissable.

Le costume est plus étonnant. A l'observation des formes de la fraise, on peut dater le portrait des années 1580, soit bien après après le départ de la reine de la cour de France. Peut-être s'agit-il d'une réplique rhabillée à la mode du temps.

Elisabeth_GranthommeSource (Cleveland, Museum of Art), Base Joconde (Pau, musée national du château)

 

 

 

 

 

Elisabeth d'Autriche (Kunsthistorisches museum)Portrait du Kunsthistorisches museum

Elisabeth est représentée dans le courant des années 1580, chez elle, en Autriche. La reine de France ne s'est jamais remariée et a conservé son deuil toute sa vie.

Elle meurt à 37 ans à Vienne dans un couvent qu'elle avait fondé et dans lequel elle s'était retirée.

Source : (Vienne, Kunsthistorisches museum)

 

 

 

 

 

 

 

1592_Elisabeth, Königin von Frankreich_Alte Pinakothek, MünchenPortrait de la Alte Pinakothek de Munich

 

Source de l'image : Sammlung

 

 

 

 

 

Article modifié le 12/04/2013

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Louise de Lorraine-Vaudémont (1553-1601)


Fille du comte de Vaudémont, la reine Louise appartient à une famille princière étrangère, la maison ducale de Lorraine (bien que sous influence française, la Lorraine est à l'époque un pays indépendant). Alors que son rang modeste ne la prédisposait pas à devenir reine de France, c'est elle que le jeune roi Henri III choisit pour partager son trône. Plutôt que de faire un mariage qui soit avantageux pour le royaume, le roi a préféré prendre une épouse qui soit à son goût. Louise lui avait laissé une bonne impression lorsqu'il la rencontra à la cour de Nancy à l'automne 1573 ; ce mariage basé sur les sentiments est exceptionnel dans l'histoire moderne de la couronne de France !

La reine Louise de Lorraine-Vaudémont par Jean Rabel, BnFPortrait de la reine Louise dessiné vers 1575 et aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale de France

Source : Gallica (Paris, Bibliothèque nationale de France)

Autrefois attribué à Jean Rabel1, ce dessin est le premier portrait de la reine Louise. Il a probablement été réalisé à l'occasion de son avènement comme épouse du roi de France ; la reine a 22 ans. Ses noces ont lieu le 15 février 1575 ; deux jours plus tôt, le roi était sacré à Reims.

Louise est revêtue du costume caractéristique de la cour de France, c'est l'époque du décolleté et de l'épanouissement des collerettes godronnées. La reine porte la coiffure en raquette selon le goût des années 1570.

C'est le plus beau des dessins qui existe de la reine aujourd'hui. Mais il en existe deux autres dans les collections de la Bnf :

  

 

Louise de Lorraine, BnFCe deuxième dessin présente la reine habillée d'une collerette plus ouverte et plus moderne (les godrons sont étalés en longueur à l'horizontale comme un éventail) ; pour cette raison, il est probablement postérieur au crayon précédent.

Toutefois, la qualité n'est pas du même niveau que le premier; les traits ne sont pas aussi bien tirés.

Louise de Lorraine, BnFLe troisième crayon représente la reine revêtue d'une collerette fermée autour du cou dans un style qui est celui du milieu des années 1570. La coiffure annonce en revanche l'élévation capillaire des années 1580. L'identification à la reine Louise reste à confirmer, car les portraits peints qui existent aujourd'hui dans diverses collections semblent prendre exclusivement le second dessin comme modèle.

Source des images : Gallica (Paris, Bibliothèque nationale de France) ; Gallica (Paris, Bibliothèque nationale de France)

 

Louise de Lorraine

Portrait de Louise de Lorraine conservé à Houston aux Etats-Unis

C'est l'un des plus beaux portraits peints de la reine Louise. Il semble reprendre le deuxième dessin vu précédemment, bien que l'orientation des godrons de la collerette est celle du premier dessin. 

Ce qui est exceptionnel dans ce tableau c'est le cadre élargi à la robe, laissant apparaître les détails luxueux de ses broderies.

Le reine porte un costume qui marque le point de départ de la mode de la cour d'Henri III : coiffure en raquette, forme arrondie des godrons, épaulettes massives garnies de noeuds de papillon, forme volumineuse des manches et de la robe (mais dans une proportion encore mesurée à l'égard de la mode les années suivantes).

L'histoire de ce portrait reste à faire.

Source de l'image : Googleartproject (Houston, museum of Fine Arts) 

Decourt_entourage_Louise_de_Lorraine_Christies_mai_2020Louise, Gemahlin des Heinrich III_kunstLouise de Lorraine Pologne

Le portrait de gauche a disparu pendant la Seconde Guerre mondiale. L'image est tirée d'une photographie prise avant le conflit. Il rappelle le portrait du musée de Houston, mais il s'en distingue fortement par la collerette qui est beaucoup plus moderne. Son modèle semble être le deuxième dessin de la BnF.
Il s'en trouve une copie de moins bonne qualité dans les collections impériales des Habsbourg (image du milieu) ; elle est tirée d'une galerie de portraits. Un portrait en pied a récemment été mis eux enchères par Christie's.

Louise de lorraine (muzeum Czartoryskich)Le portrait suivant offre une toute autre version. Le costume est complètement différent. La reine porte une robe rouge avec des manches en gigot parsemé de crevés. Sa collerette est recouverte d'un grand voile en conque.

Source des images : (Vienne, Kunsthistorischesmuseum) ;  Wikimedia commons (Catalogue of paintings removed from Poland by the German occupation authorities during the years 1939-1945. 1, Foreign paintings, Ministry of Culture and Art, Warsaw 1950) ; (Christie's, vente online du 13-29 mai) ; (Cracovie, muzeum Czartoryskich) ; (Vienne, Kunsthistorischesmuseum) ; Artnet (collection privée)

 

 

 

 

PHenri III et Louise de Lorraine, extrait de la tapisserie des Valois 1ortrait de la reine Louise sur la tapisserie des Valois.

Louise est représentée en pied, avec son époux et tenant dans sa main un éventail. Son portrait est la reprise du dessin de la BnF (voir l'article précédent).

Cette représentation du roi et de la reine, seuls sur le premier plan de la tapisserie, est une image quasiment unique. Elle nous offre l'image d'un couple royal uni  et nous renvoie à cette réalité exceptionnelle dans la longue tradition des mariages arrangés : le roi et la reine se vouaient une amitié sincère. Et pourtant, pour Louise, l'union avec Henri III ne fut pas tous les jours, heureuse.

 

 

 

Henri III et Louise de Lorraine, extrait de la tapisserie des Valois 2Après une fausse couche survenue quelques mois après son mariage, la reine perdit vite l'espoir de mettre au monde un héritier mâle. Ce fut le drame de sa vie. Craignant la séparation, et s'estimant être l'unique responsable de l'infécondité de son couple, elle était sujette à des crises d'abattement que nous pouvons qualifier de dépression.

Après les premiers mois d'amour passionnel, Louise dut également supporter les infidélités de son mari. Mais en dépit de  ses passades, le roi eut un comportement surprenant sinon exemplaire (à comparaison de ses successeurs). Cherchant toujours à ménager l'amour-propre de son épouse, il refusa toujours de se donner une maîtresse officielle et implorait le pardon de la reine lorsque celle-ci était mise au courant de ses écarts. Le roi l'emmenait régulièrement danser dans les bals et visiter les foires pour la sortir de ses torpeurs. Il la réconfortait à chacune de ses périodes mélancoliques et l'entretenait dans son intimité comme aucun autre roi n'avait coutume de le faire.

La tapisserie des Valois, les joutes nautiques de Fontainebleau

Après plusieurs années de remise en question, le couple royal paraissa plus lié que jamais face à l'adversité et aux conséquences politiques de leur stérilité. Profondément dévôt, il se réfugia dans les  secours de la religion et leur union prenait l'apparence d'un sacrifice christique.

Source : Scalarchives et Frances Yates, The Valois tapestries, 1959 (Florence, musée des Offices)

 

Louise de Lorraine et sa soeur Marguerite, extrait de la tapisserie des ValoisLouise apparaît également sur les tapisseries des Valois, au côté de sa soeur Marguerite. Les deux soeurs se tiennent la main, mais Marguerite est représentée de dos.

Les deux femmes sont représentées à droite de la tapisserie où apparaissent également Catherine de Médicis, Marguerite de Valois et son époux le roi de Navarre.

La tapisserie des Valois, le tournoi Source : Scalarchives et exposition Caterina e Maria de' Medici ; donne al potere 2008-2009(Florence, musée des Offices)

 

 

 

 

Louise_de_Lorraine_Louvre_v2Portrait de Louise de Lorraine conservé au musée du Louvre et probablement réalisé au début des années 1580

Source : (Paris, musée du Louvre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Louise de Lorraine par Jean RabelPortrait de Louise de Lorraine réalisé et édité par Jean Rabel en 1583

Source : (Cambridge, The Fitzwillliam museum)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

Louise de Lorraine 1581 par Leonard GaultierLouise de Lorraine 17eLe portrait de Rabel existe sous des variantes différentes. Il avait été gravé par Léonard Gaultier deux ans plus tôt, en 1581 (ci-contre à gauche).

Source : (Paris, BnF) ; (Paris, BnF)

 

 

 


Notes

1. L'attribution à Jean Rabel a récemment été remise en cause par Marianne Grivel. Voir Marianne GRIVEL, « "Au sieur Rabel, parangon de la pourtraicture”. Nouvelles recherches sur les peintres-graveurs français de la fin du XVIe siècle : l’exemple de Jean Rabel », in H. Zerner et M. Bayard (dir.), Renaissance en France, renaissance française ?, Paris, 2009, p. 248-249.

 Article modifié en septembre 2012, mars 2020 

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Louise de Lorraine (BnF)Portrait de la reine Louise peint en miniature dans le livre d'heures de Catherine de Médicis qui est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale de France

Où sont passés les portraits peints de Louise de Lorraine ? Si beaucoup d'entre eux ont disparus, il existe heureusement des copies qui permettent de se faire une idée des originaux perdus. 

Le premier est une miniature peinte dans le livre d'heures de Catherine de Médicis, le second est une copie assez médiocre du XIXe siècle.

Existe t-il un dessin original ? Les deux copies permettent de s'en faire une idée. Louise de Lorraine porte une robe sans décolleté et des grappes de perles qui tombent au-dessus des oreilles. La fraise qu'elle porte semble rapprocher le tableau des années 1570, mais la coiffure, très moderne, annonce les années 1580.

Louise_EuLa très mauvaise copie du XIXe est une commande passée par le roi Louis-Philippe pour la décoration de son château d'Eu. Le portrait de la reine Louise disparu existait donc probablement à cette date, à moins que la copie n'ait été réalisée à partir d'une autre copie. Cela expliquerait la médiocrité du tableau. 

Source : (Paris, BnF) ; Base Joconde (Eu, musée Louis-Philippe)

 

 

Louise de Lorraine, FlorencePortrait de la reine Louise peint en miniature et conservé à la galerie des Offices de Florence

Source des images : Florence, musée des Offices

Il s'agit d'une très belle image de la reine avec une grande collerette à godrons plats, ouverte devant la gorge. L'image représente la reine dans les années 1580.

Louise de Lorraine millon et associé avril 2007Louise de Lorraine, copie du XIXe siècle, VersaillesPlusieurs images proches de la miniature montrent qu'il existe un modèle aujourd'hui perdu. La première est une peinture tardive du XIXe siècle, aujourd'hui entreposée dans les réserves du château de Versailles. La seconde est une copie d'époque comme on en trouve dans les collections privées et les galeries de portraits. 

Source des images : C. Constans, Musée national du château de Versailles, 3 vol, Paris, RMN, 1986  (Versailles, musée du château) ; Millon et associés (collection privée)

Louise de Lorraine par Léonard Gaultier (Louvre)Louise de Lorraine par Leonard Gaultier (BnF)L'image se retrouve sous forme d'estampe. Le graveur Léonard Gaultier en a réalisées plusieurs qui ont été éditées en pleine époque de la Ligue ; les deux gravures présentées ci-contre sont datées de 1588, année où la reine se retrouva prisonnière de la rebellion parisienne.

L'image de gauche se retrouve dans plusieurs collections institutionnelles (Osterreischiche Nationalbibliothek ; Bibliothèque nationale de France ; centre de recherche du château de Versailles).

Louise de Lorraine en médaillon (BnF)Source  des images : (Paris, BnF) ; Agence photographique de la Rmn (Paris, musée du Louvre) ; (Paris, BnF)

 

 

 

 

 

 

 

 

Louise de Lorraine-Vaudémont, Kusnthistorisches museumPortrait en pied de la reine Louise

Il s'agit d'un très beau tableau, malheureusement très abîmé. L'oeuvre n'est peut-être pas un original, mais reste très intéressante pour la recherche iconographique.

La reine est habillée selon la mode des années 1580. Elle porte sous sa robe un vertugadin et ses manches ont triplé de volume.

Source : (Vienne, Kunsthistorisches museum)

 

 

 

 

 


 

Louise de Lorraine apparaît dans les deux tableaux qui représentent la cour des Valois.

Henri III, Catherine de Médicis et Louise de Lorraine, extrait du Bal des noces du duc de JoyeuseDLes noces du duc de Joyeuseans le Bal de noces du duc de Joyeuse, elle est assise sur la gauche de la reine-mère. Sa soeur Marguerite de Lorraine-Vaudémont est représentée au centre du tableau avec son époux.

Source : Marilena Ferrari (Paris, musée du Louvre)

 

 Bal à la cour d'Henri IIILouise de Lorraine dansant, détail du Bal à la cour d'Henri IIIDans le Bal à la cour des Valois, Louise serait représentée en train de danser une ronde avec des membres de la cour.

Elle se tiendrait face au spectateur, le visage tourné vers lui. Comme le veut la mode dans les années 1580, elle porte une robe rouge à vertugadin (c'est-à-dire une robe qui est artificiellement arrondie en volume) et à corps piqué (qui lui donne une taille de guêpe). La collerette est largement ouverte sur la poitrine et les manches sont à crevés et ballonnées.

Le personnage qu'elle tient par la main droite serait le duc de Joyeuse, son beau-frère.

Source : Marilena Ferrari (Paris, musée du Louvre)

 


 

 

Louise de Lorraine (the Royal Collection)Portrait de la reine douairière Louise de Lorraine gravé par Léonard Gaultier

Source de l'image : The Royal Collection (Royaume-Uni)

Il s'agit de la dernière image de la reine Louise. Elle est représentée avec une coiffe de veuvage.

C'est une estampe qui se retrouve dans beaucoup de collections publiques (Centre de recherche du château de Versailles , The Royal Collection, Bibliothèque nationale de France, Osterreischiche Nationalbibliothek).

Elle a été reprise par Thomas De Leu mais avec beaucoup moins de précision (The Royal collection, The Fitzwilliam museum, Bibliothèque nationale de FranceOsterreischiche Nationalbibliothek)


 

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