La troisième couronne
Henri III en prière au pied de la croix
La devise du roi, Manet ultima caelo (= la dernière m'attend au ciel), est une référence aux deux couronnes qu'il a porté au cours de sa vie, celle du royaume de Pologne et celle du royaume de France. La troisième couronne, la plus importante pour Henri III, est celle qu'il recevra à sa mort auprès des instances célestes.
Henri III était un homme très pieux, surtout dans les dernières années de sa vie. Sa foi très profonde, l'amenait à s'isoler du monde pour méditer. Il se retirait alors dans des couvents et pendant plusieurs jours, la cour n'avait plus de nouvelles de lui.
Henri III considérait que les malheurs qui s'abattait sur son royaume était de sa faute. De la même manière que Jésus est mort sur la croix pour le salut du monde, il considérait qu'il devait sacrifier ses souffrances pour le salut de son pays. Les ossements humains, placés sur le tableau au pied de la croix (mememto mori) rappellent l'égalité de l'homme devant la mort. Henri III, agenouillé, revêtu de son manteau d'hermine semé de fleur de lys, s'humilie devant Dieu.
Source : Guiffrey, La peinture au musée du Louvre: Ecole Française, Paris, illustration, 1923 (Paris, musée du Louvre)
Henri III représenté dans La messe de la Ligue
Il s'agit de l'extrait d'un tableau rempli de problématiques que j'espère bientôt développer plus en détail ici.
Source : ? (Rouen, musée des Beaux-arts)
La résurrection du Christ d'Antoine Caron
Antoine Caron est un peintre maniériste connu pour ses peintures allégoriques. Dans cette toile datée de 1594, des historiens voient dans le visage du Christ, le portrait d'Henri III. Cette interprétation a fait l'objet d'un article intéressant dans la Gazette des Beaux-arts.
L'oeuvre est à replacer dans le contexte des victoires d'Henri IV. Après les années terribles qui ont suivi l'assassinat d'Henri III, la monarchie reprend progressivement le contrôle de la situation. La Ligue est écrasée par les forces royales et ce tournant constitue une sorte de résurrection pour la trône de France. En peignant le portrait d'Henri III dans le visage du Christ réssuscité, Antoine Caron aurait voulu lancer un dernier hommage à celui qui avait été si misérablement assassiné.
Source : Base Joconde (Beauvais, musée départemental de l'Oise)
Erreurs en série sur François d'Alençon
Il existe un certain nombre de faux portraits de François d'Alençon, c'est-à-dire des portraits qui représentent une autre personne que lui, mais identifiée à lui par erreur. C'est le cas de ceux-là.
Le premier portrait représente un homme portant un costume du milieu des années 1560. Non seulement, il possède des traits physiques très éloignés de ceux d'Alençon mais en plus à cette date le prince n'est encore qu'un enfant.
Même remarque pour les deux autres qui m'ont l'air d'être deux personnages identiques, mais les costumes qu'ils portent, n'appartiennent pas à l'époque de François d'Alençon.
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
Ce portrait-ci est l'oeuvre de Corneille de Lyon. Il représente un homme du règne de François Ier ou d'Henri II. En aucun cas, il ne peut s'agir de François d'Alençon. Outre le costume d'une autre époque, les traits du visage sont très éloignés de ceux du prince.
Cet autre portrait est également sensé représenter François d'Alençon. Le costume correspond parfaitement au modèle, mais les traits du visage sont-ils ceux de François ? Personnellement, j'en doute.
A confirmer.
Peut-être faut-il rapprocher ce tableau des portraits allemands car le collier qu'on aperçoit, est le genre de collier porté outre-Rhin.
Claude de France (1499-1524)
Fille aînée du roi Louis XII et d'Anne de Bretagne, Claude de France, née en 1499, assure la continuité dynastique de la monarchie en épousant très jeune son cousin, François d'Angoulême, qui devient en 1515, le roi François Ier. Elle est la mère de sept enfants, qu'elle met au monde en l'espace d'une dizaine d'année et meurt en 1524, à l'âge de 25 ans seulement. Sa mort précoce explique la rareté infinie de ses portraits.
Représentation enluminée de Claude de France, enfant, dans son livre d'heures
La scène la représente sur un prie-Dieu, encadrée de saint Claude, sainte Anne et de la vierge Marie enfant.
Le livre d'heures de Claude de France a été réalisé entre 1505 et 1510. Il s'agit d'un cadeau d'Anne de Bretagne à sa fille unique. Pour Elizabeth L'Estrange, il marque le souci d'une mère soucieuse de transmettre à sa fille les valeurs religieuses que sont les siennes.
Le même ouvrage contient une autre enluminure mettant en scène Claude de France, mais quasi semblable à la première.
(biblio : Elizabeth L'Estrange, "Le mécénat d'Anne de Bretagne", dans Patronnes et mécènes en France à la Renaissance, Publications de l'Université de Saint-Etienne, 2007 p. 192-193)
Source : (Cambridge, The Fitzwilliam museum)
Claude de France dans une scène de dédicace d'un livre sur la mort de sa mère Anne de Bretagne
Anne de Bretagne meurt en 1514. Claude est donc représentée vers l'âge de treize ans environ (elle devait devenir reine de France l'année suivante).
C'est une scène un peu particulière car je ne pense pas qu'il soit courant qu'une fille aussi jeune soit le personnage central d'une scène de dédicace. L'image illustre au moins l'importance de son rang. Claude était à la fois une fille de France et à la fois la duchesse de Bretagne.
On retrouve également Claude dans les chroniques de Louis XII. La scène représente ses fiançailles avec son cousin François, le 21 mai 1506. De part et d'autre des fiancés, se tiennent leurs mères respectives, Anne de Bretagne et Louise de Savoie. Les visages ne sont pas individualisés, pas plus que la taille des personnages.
Source : (Paris, BnF) (Biblio: Anne-Marie, François Ier imaginaire, symbolique et politique à l'aube de la Renaissance française, Paris, Macula, 1987, p. 53-56)
Les portraits de Claude de France sont quasi inexistants. Pour ma part, je ne connais que celui-ci qui soit intéressant (et pourtant, il ne s'agit encore que d'une copie).
Est-ce le seul portrait de la reine qui ait été tiré ?
Source : Rmn (Paris, musée du Louvre)




Il en existe de nombreuses copies.
Source : CNAM ; Ashmolean museum ; Ashmolean museum ; Rmn (musée du Louvre) ; Rmn (musée du Louvre)
Le dessin du Louvre semble avoir été le modèle de référence, puisqu'on le retrouve quelques décennies plus tard, recopié dans une des miniatures du livre d'heures de Catherine de Médicis. La reine Claude est représentée au centre, entourée de ses trois filles et de sa petite soeur cadette, Renée (en bas à droite).
Le dessin du Louvre semble avoir été également repris dans une petite miniature peinte dans les années 1570.
Source : ? (Florence, musée des Offices)
Article modifié en octobre 2012





