Le dauphin François (1518-1536)
Le dauphin François est le premier fils de François Ier. Fils adoré du roi et héritier du trône de France, il existe de nombreux portraits de lui malgré sa mort prématurée. Il meurt en 1536 à l'âge de 18 ans.

Portrait du dauphin François représenté vers 5-6 ans environ par Jean Clouet
Source : (Anvers, Koninklijk museum)
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
Il existe dans les collections de la reine d'Angleterre un portrait plus âgé du dauphin. L'artiste a repris les traits du modèle précédent mais a changé le costume. A l'âge de 6-7 ans environ, comme la plupart des enfants de son âge, le dauphin abandonne la robe et le béguin pour s'habiller comme un garçon.
Source : (Royaume-Uni, The Royal collection)
Sur une miniature du musée Condé, le prince est représenté en compagnie de son père et de ses deux petits frères, mais ses traits ne sont pas individualisés.
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

Portrait du dauphin François à l'âge adulte
Source : Base Joconde (Chantilly, musée Condé)
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
Un portrait présumé du dauphin (ci-contre) existe dans le "recueil d'Arras", un recueil dont l'intérêt est qu'il contient une grand nombre de copies de portraits disparus. C'est le cas de ce portrait de François probablement fait à partir d'un dessin de Clouet aujourd'hui perdu. Si l'identification est juste, on notera la ressemblance frappante du prince avec son frère cadet Henri.
Source : A. Châtelet, J. Paviot, Visages d'antan : le recueil d'Arras, Lathuile, édition du Gui, 2007
Le profil de Chantilly a été repris dans le livre d'heures de Catherine de Médicis. Le dauphin François est représenté au centre de la miniature.
Le même profil a inspiré un portrait beaucoup plus tardif de la seconde moitié du XVIe siècle représentant le dauphin à cheval. Il est également à l'origine de l'image stéréotypée du prince dans la gravure au XVIIe siècle.
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
Portraits du dauphin François d'après Corneille de Lyon vers 1536
![]()
![]()
![]()
![]()
Il devait exister plusieurs portraits du prince peints par Corneille de Lyon ou par son atelier. Dans son catalogue raisonné, Anne Dubois de Groër considère que le tableau du musée de Boston (en haut à droite) est celui qui présente le portrait le plus vraisemblable, celui de Chantilly ayant été fortement retouché1 (en haut à gauche). Quant à celui de Brooklyn (ci-dessous), elle considère qu'il n'est pas du peintre2.

![]()
![]()
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé) et Corbis (Boston, Isabella Stewart Gardner museum)
Source : (New York, The Brooklyn museum) et Sothebys (avril 2008)
Notes
1. Anne Dubois de Groër, Corneille La Haye, dit Corneille de Lyon, Arthéna, 1997, p. 136.
2. ibid, p. 237.
Charles de France (1522-1545)
Charles était le troisième fils du roi François Ier. C'est sur lui que le roi reporta son amour à la mort de son aîné François. Dans les années 1540, une rivalité importante devait opposer le prince Charles à son frère aîné Henri. Mais Charles mourut prématurément en 1545 à l'âge de 23 ans. Deux ans plus tard, Henri II montait sur le trône.

Portrait de Charles de France à l'âge de 1 ou 2 ans environ
Charles est le troisième fils de François Ier. Il meurt en 1545 à l'âge de 23 ans.
La peinture est la reproduction exacte du dessin réalisé par Clouet.
Source: Rmn (Chantilly, musée Condé)
Source : Rmn (Orléans, musée des Beaux-arts)

Portrait de Charles par Jean Clouet
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
Source : Base Joconde (Chantilly, musée Condé)
Portrait de Charles par Corneille de Lyon
Le portrait de Corneille a été repris dans le livre d'heures de Catherine de Médicis. (concernant cette image, voir aussi la catégorie des erreurs).
Source : Corneille de Lyon (Florence, galerie des Offices)
Portrait d'un prince par Corneille de Lyon (Charles d'Orléans ?)
Il s'agit d'un portrait qui représente l'un des trois fils du roi François. Dans le catalogue raisonné de Corneille de Lyon, Anne Dubois de Groër l'identifie au dauphin François au lieu de l'identifier au prince Henri comme cela a été fait par le passé1. Mais la base Rmn ne l'identifie à aucun des deux fils aînés du roi. Elle l'identifie au plus jeune, le prince Charles (peut-être sur la base d'informations du musée Bonnat qui conserve le tableau).
Pour ma part, je ne peux que constater la ressemblance physique entre le portrait du musée Bonnat et celui du musée des Offices (voir plus haut).
La gravure d'une médaille du XVIe siècle identifiée au prince Charles (Carolus Angol Dux) et reprenant le portrait du musée Bonnat nous pousse à favoriser cette hypothèse2.
Dans les années 1540, le prince Charles était appelé à jouer un rôle militaire et politique d'importance, ce qui devait le mettre en rivalité profonde avec son frère aîné le dauphin Henri.
Source : Rmn (Bayonne, musée Bonnat)
Estampes représentant Charles d'Orléans
Source : (Amsterdam, Rijksmuseum)
Source : (Amsterdam, Rijksmuseum)
Notes
1. Anne Dubois de Groër, Corneille La Haye, dit Corneille de Lyon, Arthéna, 1997, p. 135. L'argument que nous donne l'auteur au sujet du tempérament inexpressif du visage nous semble peu sérieux. On y lit en effet que le portrait du tableau correspondrait davantage au caractère taciturne de François et d'Henri qu'à celui de l'enjoué Charles. C'est donner beaucoup trop d'importance à l'essence réflectrice de la peinture d'une part et aux images d'Epinal d'autre part. A ce propos, dans sa récente biographie d'Henri II, Didier Lefur nous invite à nous méfier de l'historiographie traditionnelle qui présente le futur Henri II comme un triste sir.
2. Anne Dubois de Groër en fait mention aussi à la même page.
Marguerite d'Angoulême (1492-1549)
Portrait de Marguerite d'Angoulême
Marguerite était la grande soeur du roi François Ier. Elle était aussi son amie, sa confidente, son âme soeur. Bien qu'elle était, jeune femme, d'une grande timidité, elle fut une personnalité très importante de la vie culturelle et politique de la cour de son frère. Ils formaient un couple et malgré leurs divergences de vue croissantes, lui n'a jamais cessé de l'aimer et elle de le vénérer.
La médaille réalisée en 1504 la représente de profil. La jeune fille portraiturée avec précision n'a pas encore treize ans. C'est un bronze à mettre en rapport avec celui qui a été fait de sa mère, la jeune Louise de Savoie et avec celui de son frère.
Source : (Paris, BnF) Pour l'iconographie de Marguerite, voir Cécile Scailliérez, François Ier par Clouet, Rmn, Paris, 1996, p. 84-96
Portrait de Marguerite vers 1526
Il s'agit d'un portrait qui représente la princesse, veuve de son premier mari, le duc d'Alençon. Elle l'avait épousé à 19 ans en 1509. Charles d'Alençon était un prince de sang, dernier survivant de la branche des Valois-Alençon. Il était l'héritier de la couronne de France (jusqu'à la naissance du dauphin en 1518). Il était présent lors de la désastreuse bataille de Pavie mais ne fut pas fait prisonnier. Il mourut quelques semaines plus tard le 11 avril 1525. A cette époque, en l'absence du roi prisonnier et de sa mère malade, Marguerite était responsable du royaume de France. Elle chercha à libérer son frère mais son ambassade auprès de l'empereur avec qui on pensa qu'elle se remarierait fut un échec.
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
Portrait de Marguerite vers 1527
Il s'agit d'un portrait qui fait peut-être pendant au célèbre et monumental portrait de François Ier peint par les Clouet vers 1527. Son identification à Marguerite n'a pas toujours fait l'unanimité, car c'est un portrait particulier. Marguerite est notamment habillée à la mode italienne. Ce n'est pas courant dans l'art du portrait en France.
Si la datation - qui reste approximative - est bonne, le portrait représente Marguerite l'année de son mariage avec Henri d'Albret, roi de Navarre, un jeune homme qui a dix ans de moins qu'elle.
Source : Wikimedia (Liverpool, Walker art museum)

Portrait de Marguerite (ou Jeanne d'Albret ?)
Le portrait a aussi été identifié à Jeanne d'Albret, la fille de Marguerite née en 1528. Mais le physique semble plus proche de la mère, notamment dans la forme du visage que Jeanne avait plus allongée. Le portrait a été repris par Dumonstier

Portrait de Marguerite par Clouet
Il s'agit du dernier portrait de la reine de Navarre. Repris et recopié à de nombreuses reprises, il est devenu au XVIe siècle son portrait officiel.
Source : Rmn et Rmn (Chantilly, musée Condé)
Il représente Marguerite dans les années 1540. Son sombre costume peut faire penser qu'elle est en deuil de son frère François (mort en 1547). Mais Marguerite avait très tôt adopté une vie quasi monastique. Elle vivait dans le recueillement, après s'être séparée d'un époux bien trop jeune pour elle.
On retrouve le portrait dans le livre d'heures de Catherine de Médicis. Le miroir qu'elle tient est une allusion à l'une de ses oeuvres, Le miroir de l'âme pécheresse. Marguerite était une femme de lettre. Les poèmes et les nouvelles qu'elle écrivait sont le reflet de ses réflexions sur l'existence humaine et la société.
Son rang lui permettait de protéger les intellectuels. Ceci explique les nombreuses représentations de la reine dans les ouvrages imprimés ou enluminés de son vivant.
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
Source : (Philip Moult Ltd) ; Source : (Paris, BnF)

Certains de ses ouvrages la représente alors qu'elle n'est seulement que duchesse d'Alençon (1509-1525). Mais sur les enluminures, son visage n'est pas toujours individualisé.
Source : (Paris, BnF) (Paris, BnF)
Plusieurs ouvrages des années 1540 montrent la reine de Navarre dans le même costume sombre et austère que celui porté dans les dessins de Chantilly.





