01 févr. 21

Autres représentations d'Henri III


Messe de la Ligue_RouenL'Office solennel à l'avènement d'Henri III dit La Messe de la Ligue, peint vers 1574 par Herman Van Der Mast, et conservé au musée des beaux-arts de Rouen

Source de l'image : Plateforme Ouverte au Patrimoine (localisation : Rouen, musée des Beaux-arts)

L'oeuvre n'a pas encore dévoilé sa véritable identité. On ignore encore le contexte de sa production qui permettrait de comprendre le message politique donnée à cette représentation allégorique exceptionnelle.

La peinture réunit une scène religieuse (le Christ sortant du tombeau) et une réunion internationale regroupant de façon fictive de grands princes catholiques. Le contexte est celui de la Contre-Réforme ; l'enjeu est d'affirmer l'unité des catholiques autour d'un article de foi fondamental : la présence réelle (de Dieu) dans le pain consacré. La peinture est clairement un manifeste religieux et politique contre les protestants qui rejettent cette croyance.

La scène de l'apparition du Christ ressuscité pendant l'office eucharistique est une iconographie assez répandue à la Renaissance. Elle est connue sous le thème de Messe de Saint Grégoire. La scène associe la représentation d'une messe à une vision miraculeuse du Christ sortant du tombeau.

Autour de l'autel sont représentés des hommes illustres de cette époque. Il ne s'agit pas de représenter un évènement particulier, car les personnalités représentées n'ont jamais été réunies ensemble. L'image se veut symbolique.

Messe de la LigueA droite, sont représentés plusieurs personnages de la cour de France. Certains portraits n'ont pas trouvé leur identité, mais d'autres sont facilement reconnaissables, comme le roi Henri III et son frère le duc d'Alençon. Le roi est revêtu de son manteau de sacre fleur-de-lysé et bordé d'hermine.

Devant lui, habillé en imperator à l'antique, se tient l'empereur Maximilien ; lui seul a la préséance sur le roi de France (comment ne pouvait-on pas y penser ?) 1. Derrière, sont réprésentées des personnalités qui ne peuvent être que des seigneurs de la très haute noblesse. Certains sont facilement identifiables comme le duc de Guise.

L'identité des autres personnalités peuvent être déduites par l'ordre de préséance et confirmées par les portraits. Le barbu à coté du roi, est probablement le duc de Montpensier. En tant que prince du sang, Montpensier est un chef catholique des plus importants à la cour. Il est notamment connu pour son intransigeance ; l'on sait aujourd'hui qu'il fut l'un des ordonnateurs du massacre de la Saint-Barthélémy ; sa présence parmi ces hauts seigneurs catholiques serait des plus pertinentes.

Plus haut, se trouvent probablement le prince de Mantoue, Louis de Gonzague, duc de Nevers, principal conseiller du roi 2, et à côté de lui, probablement, le duc de Mayenne, le frère cadet du duc de Guise, qui avait déjà manifesté son soutien à l'Église en allant combattre les Ottomans. Les autres personnalités sont nécessairement des princes, sinon des grands du royaume. Très étonnant, est la figure placée dans l'ombre entre le roi et Alençon. Il pourrait s'agir du roi de Navarre (catholique jusqu'en 1576), dont on aurait voulu minimiser l'importance du fait de son ancienne appartenance religieuse.

Pendant un temps, le tableau avait été titré Messe de la Ligue, mais ce mouvement politique aussi connu sous le nom de Sainte-Union, n'existait pas encore à cette date. L'oeuvre montre pourtant que très tôt les élites catholiques s'étaient s'associés pour organiser leur défense. La cour d'Henri III est ici inscrite dans ce projet. On y associe de grands seigneurs français avec des princes européens catholiques comme l'empereur (pourtant très libéral sur le plan religieux) ou encore, sur le coté gauche, le pape Grégoire XIII. L'oeuvre réprésente donc bien une ligue, c'est-à-dire une association d'hommes. Les intentions personnelles du commanditaire restent à découvrir.

 

Henri III_LouvreHenri III à genoux en prière au pied de la Croix.

Source : Agence photographique de la Rmn (Paris, musée du Louvre) ; Jean Guiffrey, La peinture au musée du Louvre: Ecole Française, Paris, illustration, 1923 (Paris, musée du Louvre)

C'est un tableau du musée du Louvre qui avait disparu pendant la Seconde guerre mondiale. En 2014, il est réapparu dans une vente aux enchères. Lorsque j'avais présenté cette oeuvre en 2007, je n'avais mis en illustration que la photographie en noir et blanc publiée dans un catalogue du musée daté de 1923 (image ci-dessous à droite). Depuis, le tableau a réintégré les collections du Louvre.

Henri III était un homme très pieux, surtout dans les dernières années de sa vie. Sa foi très profonde l'amenait parfois à s'isoler du monde et à se retirer dans des couvents. Pendant plusieurs jours, la cour n'avait plus de nouvelles de lui.

Henri III au pied du calvaire, musée du LouvreHenri III considérait que les malheurs qui s'abattaient sur son royaume était causés par ses péchés. De la même manière que Jésus est mort sur la croix pour le salut du monde, il considérait qu'il devait offrir ses souffrances à Dieu pour le salut de ses sujets. Les ossements humains, placés sur le tableau au pied de la croix (mememto mori) rappellent l'évanescence du monde physique et l'égalité de l'homme devant la mort. Henri III, agenouillé, revêtu de son manteau d'hermine semé de fleur de lys, s'humilie devant Dieu.

On remarquera que les deux seules représentations du roi en habit de sacre - connues à ce jour en peinture -, le sont alors qu'il est agenouillé devant le Christ (celle-ci et la précédente).

Le roi Henri III a laissé le souvenir d'un homme excentrique, ayant une très haute opinion de lui-même ; soucieux des protocoles, il a sacralisé son quotidien en obligeant les courtisans à le saluer - à distance respectable - comme le vrai représentant de Dieu sur terre. Mais ces peintures rappellent qu'il est aussi un homme de religion, qui s'efforce par pénitence de se rabaisser.

Procession_&_habit_des_penitents_[Il n'existe pas de représentation du roi en bure de moine, mais assurément c'est un vêtement qu'il prisait. La seule image existante est celle de la procession des pénitents blancs (ci-contre). Caché sous une cagoule, le roi participe à la marche avec ses proches.

Assurément, Henri III est un homme de contraste et c'est sans doute ce qui a laissé ses contemporains assez dubitatifs.

Source de l'image : Gallica (Bibliothèque nationale de France)

 

 

 

 


Henri_III_présidant_la_première_cérémonie_de_l'ordre_du_Saint_EspritLa Création de l'ordre du Saint-Esprit, peinte en enluminure par Guillaume Richardière d'après une oeuvre d'Antoine Caron.

Source : Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé)

L'image illustre la première cérémonie de l'ordre du Saint-Esprit fondé par Henri III en 1578. La scène représente la réception de l'un de ses membres les plus éminents : Louis de Gonzague, duc de Nevers.

Nevers est l'ancien mentor du roi, et son principal conseiller politique ; même si avec le temps, le duc a perdu de son influence, il reste le pilier du règne. C'est un prince italien, élevé au sein de la famille royale, comme compagnon d'enfance des petits princes Valois. Marié à Henriette de Clèves, héritière du prestigieux duché de Nevers, Louis de Gonzague est l'un des plus Grands à la cour, même si le duc de Montpensier, prince du sang, lui a violemment disputé ce statut, par une altercation et une querelle que le roi a eu peine à calmer. 

L'oeuvre est une enluminure peinte sur l'évangéliaire de l'ordre. Elle a été faite d'après une peinture d'Antoine Caron, exposée en son temps à Paris au couvent des Augustins. Ce couvent était le siège de l'ordre, le lieu où le roi réunissait ses chevaliers. Comme d'autres tableaux présents aux Augustins, l'oeuvre originale a été détruite par la Ligue parisienne après l'assassinat du duc de Guise en 1588 3.

Sur le tableau sont représentés d'autres personnages importants du règne. Sur la droite, on observe la figure dominante du cardinal de Bourbon, prince du sang (le futur Charles X de la Ligue), le cardinal de Guise (le futur "martyr" de la Ligue). Le haut dignitaire qui tient le livre est Hurault de Cheverny, garde des sceaux et futur chancelier.

Malgré les destructions de la Ligue, le trésor de l'ordre a été en partie préservé. Il se trouve aujourd'hui exposé au musée du Louvre. Il contient des exemplaires de colliers de l'ordre, des manteaux et la masse d'arme, tels qu'ils sont quasiment représentés sur cette enluminure.

Livre_armorial_des_escriptz_BnFParmi le oeuvres laissées par l'Ordre, se trouve également le livre des armorials 4, conservés à la Bibliothèque nationale de France. L'ouvrage contient tous les blasons des chevaliers de l'ordre, ainsi qu'une représentation du roi dans la tenue de l'ordre (image ci-contre).  La qualité n'est pas à la hauteur de la précédente. Les proportions du personnage ne sont pas très respectées.

Livre_armorial_des_escriptz_13r_BnFContrairement à la précédente enluminure, ce portrait est contemporain à la fondation de l'ordre en 1578 ; ce qui se voit avec l'emplacement du chapeau caché derrière les cheveux). Dix ans plus tard, le peintre Jean Rabel a peint le roi avec le même costume. La peinture a été détruite, mais l'image a été gravée par Thomas de Leu (première estampe à gauche ci-dessous). Le roi porte une toque qui recouvre l'ensemble de la coiffure.

On trouve également dans l'armorial une représentation de la cérémonie au couvent de Augustins (ci-contre).

Source des images : Gallica (Bibliothèque nationale de France) ; Gallica (Bibliothèque nationale de France) ; Gallica ; Gallica ; Gallica

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Le bal de noce du duc de Joyeuse Le mariage de Joyeuse, 1581 (Versailles)Le Bal donné pour le mariage du duc Anne de Joyeuse et de Marguerite de Lorraine-Vaudémont, attribué à Hiéronymous Francken

Source de l'image : Agence photographique de la Rmn (Versailles, château) ; (Paris, musée du Louvre)

Henri III et Catherine de Médicis, extrait du bal de noce du duc de JoyeuseSous le règne d'Henri III, la cour de France reste la première cour d'Europe. La vie au Louvre n'est qu'une succession de bals, de fêtes et de mascarades. Plusieurs fois par semaine, le roi danse en compagnie des dames galantes, de ses amis et des Grands, ducs, barons et de nombreux gentilshommes.

Le mariage du favori du roi, Anne de Joyeuse avec la soeur de la reine, Marguerite, est célébré le 18 septembre 1581, avec un faste qui n'a pas d'équivalent dans le XVIe siècle français.

Sur cet extrait du tableau du Louvre, on aperçoit assis sous un dais, le roi Henri III, à côté de Catherine de Médicis, et de Louise de Lorraine, et derrière eux, le duc de Guise, le duc de Mayenne et un troisième personnage qui serait le duc d'Aumale.

Bal3

Les deux mariés Anne de Joyeuse et Marguerite de Lorraine sont représentés au centre du tableau. Les autres personnages sont soient des membres de la famille de la mariée (à gauche), soient des figures de fantaisie (à droite).

L'oeuvre existe en deux exemplaires, l'une est conservée au château de Versailles, l'autre au musée du Louvre.




 

 

Bal à la cour d'Henri IIII (Louvre) Henri III et Catherine de Médicis (extrait) Le Bal à la cour d'Henri III, attribué à Hiéronymus Francken et conservé au musée du Louvre

Source de l'image : Agence photographique de la Rmn (Paris, musée du Louvre)

Cette représentation de la cour d'Henri III n'est pas sans similitude avec les tableaux précédents. On y retrouve les mêmes figures de fantaisies (la dame assise représentée de dos), mais le roi est désormais représenté debout et les musiciens sont placés sur une estrade dans le fond.

Le tableau était autrefois identifié sous le nom de Bal du duc d'Alençon, mais ce dernier est absent du tableau. A cette date, le frère du roi est auprès de sa soupirante anglaise, la reine d'Angleterre. La soeur du roi, Marguerite de Valois est également absente du tableau ; elle se trouve alors à Nérac, à la cour de Navarre.

Le roi, représenté debout à gauche au premier plan, est revêtu du costume en vogue à l'époque dont la panse qui transforme le bas du pourpoint en pointe et le boulevart porté sur les hanches.

Pour la datation de la scène, on peut remarquer que le duc de Mayenne, situé derrière le roi, porte le collier de l'ordre du Saint Esprit. Le tableau est donc postérieur à 1582, date d'entrée de Mayenne dans l'ordre. On retrouve au premier plan les personnalités observées sur le tableau des noces du duc de Joyeuse, vu précédemment. Derrière le roi, se tient le duc de Mayenne, Christine de Lorraine, nièce du roi, Catherine de Médicis, sa mère et sur le côté, le duc de Guise. Il est possible que le tableau ait été peint par le même artiste, le peintre flamand Hieronymous Francken.

Il existe d'autres tableaux de ce type. La représentation picturale des bals de la cour est une scène de genre qui se développe sous le règne d'Henri III. Mais contrairement au Bal des noces du duc de Joyeuse et au Bal à la cour des Valois, les personnages représentés dans les autres tableaux existant sont anonymes.

Bal à la cour des Valois (Rennes, musée des Beaux-arts) Bal à la cour des Valois (Blois)Source des images : Agence photographique de la Rmn (Rennes, musée des Beaux-arts) ; Bridgeman art library (Blois, musée des Beaux-arts)

 

 

 

 

  


Le 23 et 24 décembre 1588, le roi fit assassiner au château de Blois, deux des principaux chefs de la Ligue : le duc Henri de Guise et son frère le cardinal Louis de Lorraine. Cet évènement majeur du règne provoqua l'édition d'un très grand nombre d'imprimés hostiles au roi. Parmi eux, se trouvent des gravures qui racontent le récit de ces évènements historiques. Les plus belles sont celles contenues dans le recueil du chroniqueur Pierre de L'Estoile Les belles Figures et Drolleries de la Ligue (mis en ligne par la BnF dans Gallica). En voici quelques unes :

 

Les_belles_Figures_et_Drolleries_Etats_Generaux_2L'assemblée des États généraux à Blois, sous l'autorité du " perfide Henry de Vallois "

Le roi siège sur son trône, encadré par les deux princes lorrains. Les deux Guise sont mis en avant au détriment des autres princes et officiers de la Couronne. Sur les 4 secrétaires d'État, seuls d'eux entre eux sont représentés attablés.

Henri III est placé au-dessus de tous. Il est mis en évidence à cause de sa nature sacrée que rappelle la présence du sceptre et du manteau royal. Habillés d'un manteau bordé d'hermine (mais sans leur couronne ducale), les deux princes lorrains sont représentés comme des pairs de France, et donc comme les garants de la royauté.

Malgré qu'il soit revêtu d'une personnalité sacrée, Henri III est désignée comme le traitre. Le reste de la gravure montre l'assassinat des princes catholiques. Elle dénonce le viol fait par le roi des voeux prononcés au moment de son sacre ; il devient parjure. Le message de la gravure amorce les appels de la Ligue à destituer le roi, voire à le faire assassiner.

Les_belles_Figures_et_Drolleries_Etats_Generaux_2v2Au fond de l'image, les deux princes sont représentés de dos, agenouillés devant l'autel. Ils recoivent d'un prêtre l'hostie consacrée signe de leur adhésion à la foi catholique, mais également de leur participation au sacrifice du Christ, préfiguration de leur propre sacrifice.

 

 

 

Les_belles_Figures_et_Drolleries_Etats_Generaux_Anne_Este_3Henri III montre à la duchesse de Nemours, les cadavres de ses fils assassinés.

La gravure met en scène Anne d'Este, la mère des deux princes assassinés.

Anne est une grande dame de la cour et un membre de la famille royale. Par sa mère, elle est en effet la petite-fille du roi Louis XII. Henri III est son cousin germain.

Anne est surtout connue pour être l'épouse et la mère des ducs de Guise. Elle est la veuve éplorée de François de Guise, chef charismatique des catholiques, assassiné par un protestant pendant la première guerre de religion. L'auteur de la gravure utilise son image de victime pour apitoyer son public. La tragédie est d'autant plus importante pour Anne que le meurtre se déroule dans le château de son grand-père. Avant qu'il ne devienne château royal, le château de Blois était la demeure personnelle de Louis d'Orléans.

Les_belles_Figures_et_Drolleries_Etats_Generaux_Anne_Este_2Sur l'image, le roi lève la main pour signifier sa mise en arrestation. Anne sera effectivement assignée à résidence après l'assassinat de ses fils 5. Incarcérée dans un premier temps à Amboise, elle sera finalement relâchée deux mois plus tard. Elle rejoindra alors Paris, où avec les autres membres de sa famille elle animera la résistance contre le roi.

Dans le fond, à droite, les gardes emmènent les autres chefs de la Ligue. A gauche, les gardes préparent le feu de cheminée pour brûler les corps.

 

Les_belles_Figures_et_Drolleries_Etats_Generaux_Chefs_ligueurs_3Le roi montre les cadavres aux chefs de la Ligue

La gravure met en scène trois des principaux chefs de la Ligue arrêtés par le roi.

Le cardinal Charles de Bourbon est le premier prince du sang catholique. Dans l'ordre de succession, il est l'héritier du roi imposé par la Ligue (par l'exclusion des princes protestants). A la mort d'Henri III, Charles de Bourbon, quoique toujours sequestré, sera reconnu roi par les ligueurs sous le nom de Charles X.

L'archevêque de Lyon, Pierre d'Epinac est l'une des têtes pensantes de la Ligue. C'est de sa main qu'a été rédigé le programme d'action politique retrouvé sur le corps du duc de Guise après son assassinat 6.

Le prince de Joinville est le fils du balafré et donc, après l'assassinat de son père, il est le nouveau duc de Guise.

Les_belles_Figures_et_Drolleries_Etats_Generaux_Chefs_ligueurs_2Comme dans la gravure précédente, le roi est montré en train de présenter les cadavres, ici décapités, des deux lorrains. Sa cruauté est inspirée par le duc d'Epernon, représenté en diable tenant un soufflet.

C'est une image fictive. A aucun moment, le roi n'a eu de contacts avec ceux qu'il a fait arrêté le jour de son coup de Majesté, ni participé à une quelconque exhibition macabre.

 

 

Le roi Henri _3_drolleries29ordonne de brûler les restes du duc de Guise et du cardinal de Lorraine

L'exécution des deux princes lorrains a suscité une immense émotion dans le royaume. Considérés comme martyrs de la foi catholique, ils ont aussitôt fait l'objet d'une vénération popluaire.

Si le roi ordonne de brûler leurs corps, c'est pour éviter que la Ligue ne les récupère pour en faire des reliques.

L'image est une mise en scène dramatique qui ne correspond pas à la réalité. Henri III n'a pas assisté à leur macabre mise en pièce. Or ici, le roi assiste en personne et en grande dignité, au dépeçage des corps et à leur destruction. Bien que le roi ne soit pas représenté de façon caricaturale, l'image contribue à sa diabolisation. Cette décision de faire brûler les corps est aussi sacrilège que le meurtre en lui-même, car la crémation est contraire à la foi chrétienne.

Henri _3_drolleries89Henri III est entouré d'un courtisan et d'un homme de loi, censés représenter les "mauvais" conseillers. L'entourage du roi est autant dénoncé que celui-ci.

A travers lui, sont visés les intrigants parvenus et arrivistes, mais aussi les politiques, ces hommes de raison prêts à accepter que l'État fasse des compromis avec l'ennemi pour favoriser la paix et le bien du royaume.

 

 

 

 


 

Portraits gravés du roi en armure

Gallica (Paris, Bibliothèque nationale de France) ; Gallica ; Gallica ; Gallica

 


Autres portraits peints (XVIe-XVIIe siècles, voire XIXe)

Quesnel_Portrait_of_Henri_Valois Portrait d'Henri III attribué à Quesnel et conservé au musée national de Varsovie (source de l'image : Wikimedia commons)

 

 

 

Henri III (Bussy-Rabutin)Portrait d'Henri III peint au XVIIe siècle et conservé dans la galerie de portraits du château de Bussy-Rabutin (source de l'image : Regards)

Le roi porte le lambda en pendant d'oreille, preuve en est que l'anecdote de ce bijou était connue au Grand Siècle.

 

 

 

 

Henr-III_metmuseumPortrait d'Henri III conservé au Metropolitan museum of art de New York et attribué à un peintre français de la fin du XVIe siècle.

La disposition de la coiffure et la forme de la fraise appartiennent à la mode vestimentaire des dames. Le contexte de production de cette image n'est pas précisé.

 

 

 

 G_Henri_III_Frick_collectionPortrait d'Henri III vendu par Christie's le 18 novembre 1927 (source de l'information : Frick Digital Collections)

 

 

Coutau-Bégarie_2019Portrait d'Henri III vendu le 24 mai 2019 par Coutau-Bégarie (source de l'image : Gazette Drouot)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Représentations non "pourtraict"  d'Henri III

 

Le Roy de FranceReprésentation du "roi de France" dans la série Habits de France de la Collection Gaignières, vers 1581-1586

Source de l'image : Collecta (Paris, Bibliothèque nationale de France)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AnjouReprésentation d'Henri III  dans le Terrier de la seigneurie de Besse-en-Chandesse, conservé au musée Condé, vers 1574-1579

Source de l'image : Booksopenedition.org ; ou Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

 

 

 

 

 

traite_charite_chretienneReprésentation d'Henri III  dans le Traité de la Charité chrétienne, conservé à la fondation des princes Czartoryski à Cracovie

Source de l'image : Henri III mécène: des arts, des sciences et des lettres, p. 45.

 

 

 

 

 

 


 

 

Les portraits d'Henri III en diaporama dans une vidéo postée sur You tube :

 


 

 

Ensemble d'articles initialement publiés en mai 2007

Notes

1. Il a été proposé d'identifier cette figure au cardinal de Granvelle (Fêtes et Crimes à la Renaissance..., 2010, p. 111).

2. Il pourrait encore s'agit du duc Charles III de Lorraine ou du duc Jacques de Savoie-Nemours (mais ces derniers sont plus agés et le duc de Lorraine, en tant que souverain ne pouvait être relégué au dernier plan). 

3. Frédéric HUEBER, Antoine Caron, peintre de ville, peintre de cour (1521-1599), Presses universitaires François Rabelais, 2018, p. 279

4. Livre armorial des escriptz et blasons des armes des chevalliers commandeurs de l'Ordre et milice du Sainct-Esprit, institué... le dernier jour de décembre 1578, par Martin COURTIGIER, sieur de la Fontaine, hérault d'armes de Sa Majesté

5. Nicolas Le Roux, Un régicide au nom de Dieu : l'assassinat d'Henri III, 1er août 1589, Paris, Gallimard, coll. « Les journées qui ont fait la France », 2006, p. 174.

6. Nicolas Le Roux, Un régicide au nom de Dieu : l'assassinat d'Henri III, 1er août 1589, Paris, Gallimard, coll. « Les journées qui ont fait la France », 2006, p. 158.

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