28 juin 07

Les portraits de Charles IX (1550-1574)

 

Charles IXRoi de France à l'âge de 10 ans, Charles IX a eu le malheur de devenir le souverain d'un royaume en déliquescence, pris en otage et mis en ruine par les factieux et les fanatiques. Les guerres de religion étaient inévitables et le pauvre enfant n'y pouvait rien, pas plus qu'il ne pouvait empêcher les atrocités commises durant la nuit du 24 août 1572 et les jours suivants.

Dans le sujet qui nous concerne, le fait que Charles IX soit devenu roi très jeune est une chance, car il existe de lui des portraits à toutes les étapes de sa vie. Cette galerie de portraits permet de le voir évoluer, grandir, prendre de la barbe et vieillir prématurément.

Galerie de portraits de Charles IX

 

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01 juil. 07

Le duc d'Orléans


Charles-Maximilien, musée CondéCharles-Maximilien, musée des OfficesPortraits de Charles-Maximilien réalisés vers 1551 et 1552

Charles-Maximilien est le troisième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis.

Ce sont les inscriptions sur les dessins qui permettent d'identifier les portraits. Il peut s'agir d'une erreur mais on dit que c'est Catherine de Médicis elle-même ou l'un de ses secrétaires qui annotaient les dessins. La reine les commandait pour s'assurer de la bonne santé de ses enfants (pour plus de détail, voir A. Zvereva, Les Clouet de Catherine de Médicis, Somogy, 2002).

Source : Moreau-Nélaton, Le portrait ... (Florence, musée des Offices)  ; Rmn (Chantilly, musée Condé)

Le petit prince au chat, musée CondéIl existe à Chantilly un tableau qui offre une image similaire au dessin de Chantilly. Le portrait n'est pas identifié, mais on pense qu'il s'agit aussi du petit prince Charles.

Comme sur le précèdent portrait, l'enfant porte sur la tête le béguin et la toque, et autour du cou un collier. Mais tandis que sur le dessin, il tient dans ses mains des fleurs et une raquette, évocation du jeu de paume qui faisait fureur à l'époque, sur la peinture, l'enfant joue avec un petit chat.

Source : Base Rmn (Chantilly, musée Condé)

   

Charles IX, British museumPortrait de Charles-Maximilien

Ce portrait n'est guère plus tardif que les précédents. On retrouve le petit prince avec la toque et le béguin. Il porte un col blanc rabattu sur un col de fourrure.

Il en existe une copie de seconde main à la BnF.

Source : (Londres, British museum)

Charles-Maximilien, BnFPortrait de Charles-Maximilien

C'est un dessin beaucoup plus tardif puisque le jeune prince ne porte plus son béguin. Il a quitté sa petite enfance.

Source : (Paris, BnF)

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L'enfant roi (1560)

 


Portraits du roi Charles IX, peint et dessiné à son avènement par François Clouet en 1561, aujourd'hui respectivement conservés au Kunsthistorisches museum et à la Bibliothèque nationale de France

Charles IX par François Clouet (BnF)Charles IX, Kunsthistorisches museumSource des images : (Vienne, Kunsthistorisches museum) ;  (Paris, Bibliothèque nationale de France)

Le petit duc d'Orléans succède à son frère François comme roi de France le 5 décembre 1560. Il n'a que 10 ans seulement et pourtant il est maintenant l'un des plus grands princes de la Chrétienté. 

Son avènement est évidemment l'occasion pour Catherine de Médicis de faire tirer un nouveau portrait au jeune prince, par François Clouet.

Le roi étant mineur, le gouvernement est confié à un conseil de régence. Il est dominé par la reine-mère Catherine de Médicis, personnalité politique en vogue depuis qu'elle a pris la tête du parti de la tolérance. La reine-mère entend maintenir le royaume en paix et multiplie les tractations pour raccommoder un pays en train de se déchirer pour des querelles politico-religieuses.

Charles_bridgeCharles IX, The Metropolitan museum of artCharles IX, musée CondéPour diffuser l'image du roi, un très grand nombre de portraits ont été peints. Le plus beau conservé aujourd'hui est celui du Kunsthistorisches museum à Vienne. Ce portrait va servir de modèle à un très grand nombre de copies de plus ou moins bonne qualité. Il n'est pas impossible que certaines d'entre elles soient du XVIIe siècle. En voici quelques unes, ci-contre qui sont aujourd'hui dispersées dans les collections du monde entier. Celle conservée en miniature par la Royal Collection (ci-dessous à droite) a appartenu au roi Charles d'Angleterre. Déjà à l'époque, elle avait été identifiée à tort à François II :

Charles IX, The Royal collectionCharles IX, musée des Beaux-arts d'AngersSource des images : Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé) ; (New York, The Metropolitan museum of art) Gettyimages (Versailles, musée du château) ; (Angers, musée des Beaux-arts)(Royaume-Uni, Royal Collection)

 

 

Charles IXPortrait de Charles IX dont la récente apparition sur le marché de l'art permet de remettre en cause l'identité d'un tableau conservé par le musée Condé traditionnellement identifié à François II.

Le tableau a été vendu chez Christie's en 2009. Il a pour modèle l'oeuvre de François Clouet. Il se différencie du beau portrait peint de Vienne par la couleur de son fond bleu, le cadrage qui est plus large au niveau du buste, et un rendu du détail moins important. Néanmoins, l'enfant roi reste particulièrement reconnaissable.

Ce n'est pas le cas du portrait conservé à Chantilly (ci-dessous à gauche). La carnation est si faiblement rendu qu'on ne reconnaît pas d'emblée les traits de Charles IX. Cette faiblesse explique pourquoi pendant longtemps on y a vu à tort, les traits de François II. Avec le portrait de Christie's, celui de Chantilly prend désormais une tout autre signification ; la similitude de la pose, du costume et du costume, en fait une copie.

Charles IX, Chantilly, musée CondéPortrait de Charles IX, autrefois identifié à François II (Chantilly, musée Condé)Par la couleur du fond, un autre portrait de Chantilly peut se rattacher à cette famille de portrait (portrait ci-contre à droite).  Il représente Charles IX dans un cadrage élargi à la taille, la main au côté. La faible rendu de la carnation le rapproche de l'autre portrait de Chantilly.

A travers ces exemples, il est intéressant de voir combien les collections privées peuvent être enrichissantes pour comprendre les collections publiques et par la même occasion l'iconographie, l'art et les études historiques en général.

Source des images : Christie's (Vente du 29 janvier 2009 à New York) ; Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé) ; Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé)
 

Charles IX, Christie'sPortrait de Charles IX peint à son avènement  par François Clouet et récemment vendu aux enchères chez Christie's

Source de l'image : Christie's (Vente du 8 décembre 2016 à Londres)

Ce portrait diffère de celui du Kunsthistorisches museum par l'absence de fourrure au niveau du col et des épaulettes. Son apparition dans une vente aux enchères permet de renouveler l'historique des portraits de Charles IX, en mettant à jour une nouvelle généalogie. Car ce tableau présente des points communs avec un portrait présent à  la Pinacothèque Tosio Martinengo de Brescia et un autre qui a été récemment vendu aux enchères chez Artcurial (voir ci-dessous).

Le jeune garçon semble plus mature, comme pour donner plus de crédibilité à sa présence royale. Est-ce que la date de "1561" inscrite dans le coin supérieur droit est une mention du peintre, ou bien est-ce un ajout postérieur ?

Le portrait aurait pu être peint à l'issue de la première guerre de religion. Un évènement marquant pour le royaume et son roi aurait pu servir de prétexte à dresser et diffuser un portrait réactualisé de Charles IX : celui de la déclaration officielle de sa majorité, un évènement arrangé par Catherine de Médicis pour assoir la légitimité du pouvoir royal et imposer la paix du roi, après une année de guerre fraticide dévastatrice.

Charles IX, Sotheby'sCharles_IX, ArtcurialCharles IX

Charles IX

Source des images de gauche à droite : Wikimedia Common (Metz, musée de la Cour d'or) ; (Brescia, Musei Civici di Arte e Storia - Pinacoteca Tosio Martinengo) ; Artcurial (Vente du 21 mars 2018) ; Sotheby's (Vente du 28 janvier 2005 à New York) 

 

1_famille_royalePortrait du roi et de sa famille vers 1564.

Le roi est représenté au centre de sa fratrie, sa mère, la reine le tenant dans ses bras. Le tableau a été réalisé dans le contexte des guerres de religion. La première guerre vient de s'achever (1563), le roi a été déclaré majeur mais Catherine de Médicis continue de gouverner en son nom (voir le commentaire du tableau dans la partie Catherine de Médicis).

Du point de vue, du costume, ce tableau est également très intéressant. Le costume du roi n'est guère différent des précèdents, sauf que la fraise déborde du col. Ce tableau est riche a bien des égards. D'une part, il est rare d'avoir des portraits en pied. C'est un genre qui est apparu tardivement en France. Deuxièmement, c'est un portrait de groupe, ce qui constitue une véritable exception. C'est d'ailleurs à ma connaissance, le seul portrait de groupe de la famille royale qui existe pour les derniers Valois

Source (L. Dimier, Histoire de la peinture de portrait en France au XVIe siècle, G. Van Oest, 1924)

 

Charles_IX_1563_BnFPortrait de Charles IX vers 1563

Source : Gallica (Paris, Bibliothèque nationale de France)

Le portrait représente Charles IX vers 1563 à l'issue de la première guerre de religion. Il a l'originalité de montrer le roi sous un autre angle, celui moins courant du coté de la tête dominé par les plumes de la toque.

Plusieurs portraits semblent se rattacher à cette période de paix. Un portrait vendu chez Sotheby's en 2002 (troisième image ci-dessous) présente des traits proches de ceux de Charles IX, mais le catalogue l'identifie de façon présumée à son frère, Henri d'Anjou ; les deux frères présentent pourtant une physionomie bien distincte. L'identité du modèle est confirmée par une variante conservée aux Etats-Unis, représentant Charles IX (ci-dessous à droite) ; le costume et les traits du modèle sont les mêmes mais l'artiste a vieilli le roi par l'ajout de poils de barbe.

Le lien entre ces peintures est le dessin de 1563 n'est pas évident. Peut-être s'agit d'un tableau réalisé d'après le portrait tiré par François Clouet en 1566 et retouché par l'artiste  trois ans plus tard (voir le dessin du musée de l'Ermitage dans l'article suivant).

Charles IX musée de BirmignhamCharles_IX_SothebysB_Charles IX (collection privée)Charles_IX DresdeSource des images : Bildindex (Dresde, Staatliche Kunstsammlungen) ; Sotheby's (Vente du 18 novembre 2002 à Paris) ; Wikimedia Commons (Birmingham, Museum of Art) ; 1st Art Gallery (collection privée)

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Portrait de Charles IX aujourd'hui conservé à la fondation Bemberg à Toulouse et son pendant dessiné par François Clouet entre 1566 et 1569, conservé au musée de l'Ermitage

Charles ErmitageCharles IX, Fondation Bemberg

L'historique de ce très beau dessin a été reconstitué par l'historienne Alexandra Zvereva1 ; le portrait a été dessiné une première fois par François Clouet en 1566, puis, trois ans plus tard, l'artiste a profondément retouché son oeuvre pour vieillir les traits de l'adolescent ; il a également modifié le costume pour mettre le portrait à la mode de l'époque, rendant la toque emplumée plus bouffante.

Le tableau peint, conservé à Toulouse, fait apparaître les mains du personnage, derrière un rebord peint en trompe-l'oeil. Il s'agit de  mettre en scène le prince et rendre le portrait plus vivant. C'est une schéma de représentation traditionnel déjà expérimenté dans le grand portrait de François Ier du Louvre.

Charles IX, Ashmolean museumCharles IX, BnFCharles IX, musée CondéIl existe de ce portrait plusieurs reprises et répliques d'atelier dont les plus connus sont ceux qui le représentent en pied.

Source des images : (Saint-Petersbourg, musée de l'Ermitage) ; Agence photographique de la Rmn (Toulouse, Fondation Bemberg) ; Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé) ; (Paris, Bibliothèque nationale de France) ; (Oxford, Ashmolean museum)

 

Charles IX, Kunsthistorisches museumPortrait en pied de Charles IX peint par François Clouet en 1569 et aujourd'hui conservé au Kunsthistorisches museum

Source de l'image : (Vienne, Kunsthistorisches museum)

Le tableau a été peint dans le cadre des négociations de mariage avec l'empereur Maximilien à qui il a été envoyé.

Il s'agit d'un très grand et beau tableau, de taille grandeur nature. Il présente une grande richesse dans les détails du costume. On remarquera ici la grosseur des hauts-de-chausses qui atteignent leur taille maximale dans la seconde moitié des années 1560.

Le visage n'a pas le même traitement que le costume. Il s'agit probablement de deux peintres différents qui y ont travaillé. Il était fréquent pour un artiste de faire réaliser son tableau par plusieurs de ses élèves (Biblio. E.Jollet).

Charles IX, musée CondéCharles IX, musée du LouvreIl existe deux répliques du grand tableau de Vienne. Leur qualité inférieure s'explique par leur petite taille. Ces deux tableaux ne dépassent pas les 30 cm.

Source des images : Agence photographique de la Rmn (Paris, musée du Louvre) , Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

Charles IX, musée CondéPortrait de Charles IX peint dans l'atelier de François Clouet vers 1570 et aujourd'hui conservé au musée Condé de Chantilly

Source de l'image : Agence photographique de la RMN (Chantilly, musée Condé)

Le portrait a toujours pour modèle le dessin de l'Ermitage, mais se distingue par des modifications au niveau de la pilosité et du costume.

Le jeune roi arbore une petite moustache et des poils de barbe qui contribuent à rendre son visage d'adolescent plus mûr. Le costume a également évolué ; il est plus sobre que le précédent, mais le changement à souligner se situe dans la fraise et le chapeau qui ont légèrement pris du volume (fraise plus haute, et bonnet plus bouffant), montrant une mise à jour du portrait en fonction de la mode du moment. C'est également le premier portrait où Charles IX porte une boucle d'oreille

Le vieillissement du roi correspond à la volonté du jeune roi de paraître plus mature. Pour l'historienne Alexandra Zvereva, ce portrait a été réalisé parce que les précédents, peints dans le courant de l'année 1569, avaient laissé le roi insatisfait. Souverain d'un royaume où son autorité est sans cesse bafouée, Charles IX était soucieux de donner de lui une image plus virile.

Le conflit fratricide de la troisième guerre de religion oblige la couronne, à donner une image d'elle, qui soit fidèle à l'esprit de justice et de fermeté qu'elle entend incarner. Pour le jeune roi, c'est peut-être aussi une manière de répondre à son frère, Henri d'Anjou, elevé au rang de héros militaire après ses victoires sur les protestants à Jarnac et à Moncontour (1569). Prédisposé à la jalousie, Charles IX, cherchait à renforcer sa crédibilité face à la gloire de son frère.

Charles IX, Tajan, 2005Un portrait vendu chez Tajan en 2005 semble se rattacher à ce modèle-ci sur le plan physionomique, car le roi y porte la barbe et les traits y sont plus accentués. En revanche, le reste de la composition reprend plutôt le dessin de l'Ermitage et le tableau de Toulouse : la pose des mains sur le rebord (alors qu'elles étaient absentes du précédent portrait), la fraise est ouverte sur le devant, et le roi ne porte pas de boucles d'oreille. Le tableau aurait pu être une variante du portrait de Toulouse, mais c'est comme si le visage avait été modifié pendant que le peintre peignait son tableau. Peut-être la peinture était-elle en cours d'éxecution, lorsque le roi a exigé de son peintre d'être représenté plus viril.

Le portrait de Tajan viendrait donc chronologiquement se placer entre le tableau de Toulouse et celui de Chantilly. 

Source de l'image : Tajan (Vente du 21 juin 2005 à Paris)

Charles IX, British museumCharles , IX, musée d'AgenPortrait de Charles IX conservé au musée des beaux-arts d'Agen

Le portrait d'Agen propose une toute autre combinaison (image ci-contre à gauche). C'est celui d'un jeune homme barbu, habillé d'une fraise haute, dans un style qui le rattache davantage à la mode des années 1570.

Sa confrontration avec les portraits précédents le range à part, et produit un effet bien plus perturbant, une sorte de décalage anachronique tendant au paradoxe. Dans le portrait d'Agen, malgré sa barbe fournie, le roi apparaît beaucoup plus jeune que le portrait de Chantilly ; en revanche, son habit, est d'un style plus tardif et donc plus moderne. En somme, les têtes ne sont pas avec les bons costume. Comment le comprendre ?

Charles IX, LiefrinckLa clé de compréhension se trouve peut-être dans un dessin de Hans Liefrinck (ci-dessus à droite). Le portrait d'Agen s'en rapproche par le costume, la naïveté juvénile du visage et enfin, par la forme de la moustache (qui est recourbée vers la bouche au lieu d'être tendue vers la joue comme sur les portraits issus du modèle clouetiens). 

Liefrinck est un artiste et un éditeur flamand qui a fait imprimer plusieurs portraits de rois de France. Celui qu'il propose pour Charles IX n'est que la reprise du modèle imposé par Clouet, mais avec une caractéristique propre à Liefrinck qui est de conférer à ses portraits un air ingénu.Le portrait de Liefrinck a fait l'objet de plusieurs gravures dont l'une la représente en pied.

Le comble est que Charles IX présente un visage juvénile, alors qu'en France, sa volonté était désormais de paraître plus mature.

Source des images : Facebook du musée d'Agen (Agen, Musée des Beaux-arts) ; (Londres, British Museum) ; (Londres, British museum) ou (Vienne, Österreichische Nationalbibliothek) ou Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé)

 


1. Alexandra ZVEREVA, Portraits dessinés de la cour des Valois. Les Clouet de Catherine de Médicis, Arthena, Paris, 2011, p. .

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La paix de Saint Germain (1570)


Charles IX, BnFCharles IX, dessin attribué à Clouet, BnfPortraits de Charles IX, réalisé vers 1570

L'année 1570 ouvre une ère de paix pour le royaume. Avec l'édit de Saint-Germain-en-Laye, Charles IX met fin à trois années de guerre civile. Il se réconcilie avec ses sujets protestants et le royaume retrouve un semblant de tranquillité. C'est le moment choisi par le roi pour se marier avec Elisabeth d'Autriche, la fille de l'empereur Maximilien.

En mars 1571, Charles IX et son épouse font leur royale entrée à Paris. Comme le veut l'esprit des Valois, la cérémonie se déroule avec beaucoup de pompe. Peut-être le dessin a t-il été conçu pour l'occasion ? Dans tous les cas, il a été réalisé à l'époque de la paix.

Source : (Paris, Bnf) ; (Paris, BnF)

On remarquera le vieillissement prématuré du jeune roi qui a davantage l'aspect d'un homme de 30 ans que d'un homme de 20 ans. Les ambassadeurs qui ont laissé des descriptions du roi s'étonnent de voir ses paupières s'alourdir. Le roi s'épuise à la chasse où il passe la plupart de son temps.

 

charlesix_dujardincharlrs IX_ffLe portrait a fait l'objet d'un très belle miniature peinte apr François Clouet aujourd'hui conservée au Kunsthistorisches museum de Vienne. Il est conservé dans un médaillon de Dujardin.

Un autre de ces portraits est exposé au musée de la Légion d'honneur à Paris (probable dépôt du musée du Louvre) et qui serait le pendant d'un portrait de la reine Elisabeth (en mauvaise reproduction à droite).

Ce nouveau portrait du roi va marquer l'iconographie post-mortem de Charles IX et servir de modèle à une très importante série de portraits.

Source des images : Photographie personnelle (Paris, musée de la Légion d'honneur et des ordres de chevalerie), Bridgeman Images (Vienne, Kunsthistorisches museum)

Charles IX, Kunsthistorisches museumCharles IX, palais PittiCharles IX, Christie's (vente de 2005)Charles IX, musée Condé

 

 

 

 

 

 Charles IX, collection privéeCharles IX, collection privéeCharles IX, Kunsthistorisches museumecole_francaise_du_xvieme_siecleCharles IX, collection privée

 

 

 

  

Charles IX, collection privéeCharles IX, Château de BeauregardSource des images (1ère ligne)  : Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé) ; Christie's (vente du 22 juin 2005 à Paris) ; (Florence, palais Pitti) ; (Vienne, Kunsthistorisches museum) ;

Source des images (2ème ligne)  : Christie's ; Millon et associés (Collection privée) ; (Vienne, Kunsthistorisches museum) ; Christie's (vente du 31 mars 2011, Paris) ; Artnet (Collection privée)

Source des images (3ème ligne)  : site particulier (Château de Beauregard) ; Artnet (Collection privée).

 

Charles IX Versailles Portrait de Charles IX, réalisé vers 1570, conservé dans les collection du château de Versailles

Source de l'image : Agence photographique de la Rmn (Versailles, musée national)

 

 

 

 

 

 

 

Charles IX et Elisabeth d'Autriche dans le livre d'heures de Catherine de Médicis, BnFPortrait de Charles IX et d'Elisabeth d'Autriche dans le livre d'heures de Catherine de Médicis

Le roi et la reine portent la couronne royale. La coiffure d'Elisabeth et les yeux cernés de Charles sont les marques d'un portrait réalisé en fin de règne, vers 1572-1574.

En dépit de ses 22 ans, le roi paraît vieux et usé, ce qu'il est à force de courir le gibier.

Source : (Paris, BnF)

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Autres portraits


Le 26 août 1572 par VasariFresque de la sala regia au Vatican, peinte par Giorgo Vasari et représentant Charles IX devant son parlement brandissant l'épée de la victoire.

L'évènement majeur du règne de Charles IX est évidemment le massacre de la Saint Barthélemy qui s'était répandu contre la volonté royale dans plusieurs villes de France et durant plusieurs semaines. Il fallut bien expliquer pourquoi le gouvernement avait décidé d'exécuter les chefs huguenots et c'est pour cette raison que le roi se déplaça au parlement le 26 août 1572.

Pour l'Eglise romaine, cet évènement est considéré comme une victoire sur l'hérésie et le pape commanda la même année à Vasari une fresque qui en garderait la mémoire.

Sur l'une des fresques (ci-contre), on voit le roi accompagné à sa droite, du duc d'Anjou et du duc d'Alençon, ses frères (autre image).

Source : I.Cloulas, Catherine de Médicis : La passion du pouvoir, Paris, Tallendier, 1999, p.90 

 

Charles IX en dieu MarsAllegorie de Charles IX en dieu Mars

Il s'agit d'une plaque en émail réalisé en 1573, par Léonard Limousin. Le thème de Mars, dieu de la guerre, est un thème prisé par la monarchie depuis la troisième guerre de religion. Le roi entend donner une image de lui plus viril, marquant là sa détermination à combattre les rebelles ennemis, ici les Huguenots (Henri IV reprendra le même thème face à la Ligue).  

Les évènements de 1572 marque le début d'un renforcement du pouvoir royal. Décidé à ne plus se laisser dicter sa conduite par les partis, Charles IX s'investit désormais personnellement dans son gouvernement. Ce durcissement de la position royale débouchera sur le complot des "Malcontents".

Source : (Los Angeles, J. Paul Getty Museum)

 

 

 

 

 


Charles_IX_en_1573_par_LimosinPortrait de Charles IX, réalisé par Léonard Limousin en 1573

La main gauche posée sur un casque de guerre, Charles IX est encore représenté sous les traits d'un chef de guerre.

C'est une très belle représentation du roi, en pied, à la fin de son règne.

Source : ViewImages

 




B15__Charles_IX__private_collection_B14__Charles_IXLes deux portraits suivants reprennent le modèle du portrait en pied peint par Clouet, la main droite posée sur la chaise. Vu l'exécution et les costumes, il pourrait s'agir de copies, surtout le deuxième où Charles IX porte un haut-de-chausse bien moderne pour son époque. Peut-être, le tableau a t-il été peint au début du règne d'Henri III, ou au XIXe siècle; la tête est comme "collée" sur le costume. 

Source (Paris, musée Carnavalet)

Source (collection privée)

 

Portrait__questre_de_Charles_IXPortrait équestre de Charles IX

Source : Base joconde (Chantilly, musée Condé)

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