01 mai 07

L’avènement


Portrait équestre d'avènement d'Henri III vers 1574-1575Portrait équestre du roi Henri III, probablement réalisé à son avènement vers 1574.

Après plusieurs mois d'absence, Henri III est de retour en France. Il a traversé les Alpes et a rejoint la cour venue à sa rencontre. Ce tableau de petite taille se rapporte probablement à cette période.

Le mur en ruine évoque sans doute l'état de misère dans lequel se trouve le royaume, après plusieurs années de guerre civile. Le roi apparaît devant le mur comme celui qui va le redresser. A l'avènement d'Henri III, la France se trouve être encore en plein conflit ; le roi a pardonné à son frère François et à son beau-frère le roi de Navarre qui avaient comploté contre lui durant son absence, mais les protestants continuent de résister dans de nombreuses régions.

Pour abattre ses ennemis, Henri III opta d'emblée pour une politique de fermeté. Il tenta de soumettre les protestants du Languedoc et du Dauphiné en lançant une grande offensive militaire. Mais ce fut un échec ; il n'y avait pas assez d'argent dans les caisses de l'Etat pour soutenir l'effort de guerre. Dès le commencement, son règne s'annonçait difficile.

 Henri IIILa datation que je propose pour ce portrait repose sur le costume et la physionomie du roi. La toque est placée haute sur la tête et les godrons de la fraise sont évasés sur les extrémités comme sur le dernier portrait officiel de Charles IX. Henri III porte ainsi un costume qui appartient davantage à la mode de cour de son prédécesseur.

La physionomie juvénile du roi renforce la datation proposée. Son visage est exactement le même que celui des portraits du début du règne (voir article suivant). La richesse du collet constellé de perles, est le signe d'un moment important. En ce milieu des années 1570, il n'y a que l'avènement du roi qui puisse lui donner l'occasion de se faire représenter ainsi.

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

Henri III par Dupré (XVIIe)Médaille réalisée par Duprè d'après une oeuvre de Germain Pilon réalisée pour l'avènement d'Henri III sur le trône de France

Ce portrait fait apparaître le changement de mode qui s'opère au tout début du règne d'Henri III. La toque disparaît derrière la tête, la plume qui l'orne est déplacée au centre dans l'axe du visage et la fraise s'élargit.

Dans l'histoire du costume, ce portrait montre la transition entre deux modes, celle de la cour de Charles IX et celle de son successeur Henri III.

Source : Collection Zeurg 

 

Article modifié en octobre 2012

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Henri III vers 1575-1578 (Kunsthistorisches museum)Portrait représentant Henri III au début de son règne, d'après Jean Decourt1

Le roi porte encore ce collier chargé de perles, à trois rangs, si caractéristique des années 1570, mais selon la mode du temps, la toque disparaît à l'arrière de la tête, derrière une coiffure relevée en hauteur au-dessus du front. L'ancienne mode de la longue moustache effilée n'est plus de mise, le roi porte un léger bouc et une barbe de trois jours.

Au niveau du costume, il porte par-dessus le pourpoint (ici invisible), un collet clair, simple et uni, dépourvu de galons d'or (voir ici, le portrait de François d'Anjou qui est revêtu du même costume).

Le portrait présente des points communs avec plusieurs autres portraits du roi ; parmi eux, les portraits du roi présents sur la tapisserie des Valois qui se trouvent aujourd'hui à Florence (voir ci-dessous).

Sur une petite peinture (ci-dessous à droite), le roi est représenté en pied, en compagnie de sa mère, de son épouse Louise, et de leurs prédécesseurs, Charles et Elisabeth ; un portrait de groupe intéressant qui apporte un complément visuel sur la façon dont le roi est habillé.

Henri III PiasaHenri III Lyon

Catherine, ses deux fils rois et brusSource : (Vienne, Kunsthistorisches museum) Piasa2 ; Pierre-Gilles Girault et Mathieu Mercier (dir.), Fêtes & Crimes à la Renaissance. La cour d'Henri III, Somogy éditions d'art, 2010, p. 83 ; The Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg project

 
 

 

 

 

eu de la quitaine

Portrait d'Henri III sur l'une des tapisseries des Valois, aujourd'hui conservées au musée des Offices, à Florence

Source : Akh-images et  Scala archives (Florence, musée des Offices)

Le roi est revêtu d'un costume à l'antique (la cuirasse et les bottines des empereurs romains). Tel un nouveau César, le pied à l'étrier, Henri III s'apprête à parader devant ses sujets. Peut-être va t-il participer au jeu de la quintaine, représenté sur le fond de la tapisserie.

Le portrait utilisé pour le visage du roi est celui fixé par le peintre Jean Decourt au début du règne (voir les portraits ci-dessus). Outre les traits du visage, on y retrouve les mêmes formes et agencements de la fraise et de la coiffure.

Avec ses jambes musclées et sa pause martiale, le roi dégage une image virile qui tranche avec les portraits fraisés et les représentations austères que laissera plus tard le peintre François Quesnel. Contrairement à ses deux frères aînés, tous les deux passionnés par la chasse, Henri III n'était pas un sportif. A la vie en pleine nature, le roi préférait la vie de cour et la vie urbaine.

Le jeu de la quintaine, tapisserie des Valois, musée des OfficesEn revanche, le costume romain porté  par le roi accrédite le goût des Valois pour le travestissement ; comme le faisait son père Henri II, Henri III entretient une cour festive, où alternent carnavals, mascarades, et bals masqués.

A ce titre, les huit pièces de la tapisserie des Valois aujourd'hui conservées à Florence, constituent un témoignage exceptionnel de la vie sous Henri III. Probablement commandée à l'intention de Catherine de Médicis, elles illustrent la diversité des jeux à la cour et la magnificence inculquée par la reine-mère à ses enfants dans la tradition du néo-platonisme médicéen : faire danser et jouer la noblesse de France pour lui faire oublier les querelles religieuses, impressionner les sujets pour revivifier leur confiance au roi, purifier les esprits par le Beau pour nettoyer les traumatismes et les horreurs de la guerre.

 

Henri III et Louise de Lorraine-Vaudémont, extrait de la tapisserie des ValoisPortrait du roi et de la reine Louise de Lorraine sur l'une des tapisseries des Valois, conservées au musée des Offices, à Florence

Source : F.Yates, op.cit. et Scala archives (Florence, musée des Offices)

Le roi et la reine sont représentés sur un fond représentant le spectacle nautique qui avait eu lieu à Fontainebleau en 1564.

Le portrait du roi reprend avec moins de détail, le visage peint par Jean Decourt (voir ci-dessus).

Les joutes nautiques de Fontainebleau dans la tapisserie des Valois (musée des Offices)

 

 

 

 

 

 

 

 


Notes

1. Sur l'origine de ce portrait, voir Pierre-Gilles Girault et Mathieu Mercier (dir.), Fêtes & Crimes à la Renaissance. La cour d'Henri III, Somogy éditions d'art, 2010, p. 83.

 2. Le portrait est présenté sur le site comme étant le portrait présumé d'un gentilhomme d'Henri IV, mais je ne m'avance pas beaucoup en proposant l'identification à Henri III, vu la ressemblance avec le portrait du Kunsthistorischesmuseum, que ce soit au niveau du costume et de la physionomie.

 

Article modifié en octobre 2016

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La grande fraise


Henri III vers 1578, musée des OfficesMiniature du roi Henri III réalisée vers 1578 et conservée au palais Pitti de Florence.

Ce très beau portrait représente le roi à une époque où le raffinement de la mode atteint son paroxysme : les cheveux sont relevés au-dessus du front après avoir été ondoyés et frisés ; la toque, placée à l'arrière de la tête, est agrémentée de plumes et d'aigrettes ; les oreilles sont décorés des pendants de perle et le visage est posé sur une grande fraise, présenté aux courtisans comme sur un plateau de fruits.

Cette image du roi fraisé a depuis toujours alimenté sa légende, celle d'un roi maniéré, indolent et débauché régnant sur une cour violente et dégénérée ; associer les excès de la mode à cette image était pourtant une erreur, car la mode d'Henri III était la même que celle de la cour d'Angleterre. Les courtisans d'Elisabeth Ière étaient habillés de la même façon.

Henri III d'après Jean RabelPar ailleurs, il faut rappeler que les excentricités de la cour d'Henri III n'ont rien à envier aux tendances extravagantes de la cour de Louis XIII (avec ses pourpoints fleuris et ses grands cols de dentelle) et de celle de Louis XIV (avec ses grappes de rubans et ses grandes perruques bouclées).

Cette image négative d'Henri III et de sa cour tire son origine des moqueries du peuple peu habitué à de tels caprices vestimentaires. Les pamphlets et libelles écrits contre le roi jouèrent un grand rôle dans son impopularité. Ils explosèrent en grand nombre à la fin de son règne et contribuèrent à sa chute.

La miniature des Offices peut être mise en relation avec une estampe gravée d'après Jean Rabel (image à droite)

Source : ? (Florence, palais Pitti) et (Paris, BnF)

Henri III (Varsovie)

Henri III

Il existe d'autres portraits d'Henri III avec ce type de fraise, mais la plupart sont postérieurs à la miniature. On le devine à la façon dont le chapeau est placé sur la tête et aux traits plus marqués de la physionomie royale.

Par ailleurs, la présence du cordon de l'ordre du Saint Esprit sur les portraits permet de les dater après 1578, année de création de cette institution. C'est le cas, du premier portrait à gauche, mais non celui à droite qui reprend le costume peint par Jean Decourt avec le grand collier de perles.

Source : Wikimédia (Varsovie, musée Narodowe) la petite abeille est le logo de la Bridgeman Art Library

Source : E. Bourassin, Pour comprendre le siècle de la Renaissance, Paris, Tallandier, 1990

 

Henri IIIHenri III, New YorkHenri III a souvent dérouté ses contemporains pour ses excentricités. En bon carnavaleux, il n’avait pas peur dans les bals costumés de se déguiser en femme. Voici deux portraits singuliers. Le premier à gauche (d'origine inconnu) le représente avec un très grand collier de perle et des boutons de pourpoint en joaillerie. Le deuxième encore plus extravagant le représente avec une collerette ouverte comme en portent les femmes.

Des portraits du XVIe siècle ?

Source : ... (?)

Source : (New York, The Metropolitan Museum of art) 

 

Henri III par François Quesnel (Hampel)Portrait du roi Henri III peint par François Quesnel et réapparu récemment dans une vente aux enchères.

Source de l'image : Wikimedia commons (Hampel, vente du 11 avril 2013 à Munich)

Parr la qualité de son rendu pictural, ce tableau est l'un des plus beaux conservé du roi Henri III. C'est un évènement que de tels portraits inédits et d'une telle beauté puissent encore être vendus sur le marché de l'art. 

Le tableau a probablement été peint dans les années 1580. La présence du collier de l'ordre du Saint-Esprit permet de le dater de façon certaine à une date postérieure ou égale à 1578. L'âge du roi peut relativement se deviner au vieillissement des traits ; les tempes commencent à être dégagées, illustrant un début d'alopécie.

Ce tableau est lié au portrait en pied que conserve le Kunsthistorisches museum de Vienne (voir ci-dessous). Le modèle est le même, de sorte que l'on peut voir le portrait du Kunsthistorisches comme le prolongement de celui-ci.

 

Heinrich_III_1585c_KHMPortrait en pied du roi Henri III peint par François Quesnel et aujourd'hui conservé au Kunsthistorisches museum.

Source de l'image : (Vienne, Kunsthistorischesmuseum)

Le portrait en pied est toujours intéressant pour appréhender la mode d'une époque. Malgré le caractère sombre du costume, on devine au niveau du bas ventre, l'énorme panseron qui, à la manière du costume de Polichinelle,  rendait le pourpoint déformé.

La cape très courte cache des manches ballonnées. Sur son coté gauche, est brodée la croix de l'ordre du Saint-Esprit.

Le portrait en pied est un genre qui se développe en France dans la seconde moitié du XVIe siècle et plus particulièrement sous le règne d'Henri III. Si un certain nombre de portraits en pied du roi devait exister,  beaucoup d'entre eux ont disparu du fait des destructions et des autodafés organisés par la Ligue. Dès l'assassinat du duc de Guise, les portraits du roi ont été publiquement détruits. Parmi ceux-ci, a été éliminé le portrait en pied conservé dans la galerie de portraits du palais parisien de la reine-Catherine.

La plupart des portraits en pied qui existent aujourd'hui ne sont que des copies souvent tardives. Un portrait en pied d'Henri III datée du XVIIe siècle existe par exemple au château d'Azay-le-rideau (portrait ci-dessous à droite) ; le roi est rhabillé à la mode de l'époque, le col est plus développé. Plus intéressant est l'exemplaire du musée des Beaux-arts de Troyes qui reprend avec quelques modifications au niveau du col, celui du musée du Kunsthistorischesmuseum (ci-dessous, au milieu).

Henri III, localisation inconnue Henri III, TroyesHenri III, Chambord

Source des images (de gauche à droite) : Akg images (Paris, Musée du Louvre ?)) ; Henri IV et la reconstruction du royaume, colloque, Pau, 1989 (Troyes, musée des Beaux-arts) ; Base Palissy (Azay-le-rideau, collection du château)

 


 

Article modifié en octobre 2016.

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1580


Henri IIIHenri III par Rabel

Voici deux petites gravures intéressantes pour appréhender l'image d'Henri III. Les deux portraits découlent d'un même modèle. Ils représentent le roi vers 1580. Celui de gauche est daté, celui de droite ne doit guère être plus tardif.

L'image présentée est celle d'un roi qui a échangé la fraise contre un petit col blanc. C'est une iconographie de transition. La plupart des portraits suivants représenteront désormais le roi de cette manière. A l'époque des guerres de religion, le col blanc est signe de simplicité et de gravité. Tandis que les courtisans se pavanent en portant la fraise, les religieux, les hommes de science, les hommes de lettres et les officiers portent le col blanc.

Comme le rappellent les historiens de l'art ce type de portrait est une image officielle, c'est-à-dire que c'est l'image que le roi veut qu'on ait de lui, celle d'un roi administrateur, d'un chef d'état.

Source : (Paris, BnF)  et J. Boucher, La cour d'Henri III, Rennes, Ouest France, 1986

Voir également « Thomas de Leu et le portrait français de la fin du XVIe siècle»,, in Gazette de beaux-arts, octobre 1961 et Alexandra Zvereva, « Il n’y a rien qui touche guères le cœur des simples personnes que les effigies de leurs princes et seigneurs ” : la genèse du portrait de Henri III », in Isabelle de Conihout, Jean-François Maillard et Guy Poirier (dir.), Henri III mécène des arts, des sciences et des lettres, Paris, PUPS, 2006, pp. 56-65.

 

Henri III (Offices de Florence)Miniature du roi peinte vers 1580

Ce portrait peut être rapproché des gravures précédentes. Leur ressemblance permet de penser qu'ils découlent certainement d'un même modèle.

La présence du collier de l'ordre du Saint Esprit confirme une datation postérieure à 1578.

Par ailleurs, la mode veut qu'au fur et à mesure des années, les pointes du col s'écartent de plus en plus. Le col s'élargit au point que dans le courant des années 1600, il s'étend au-dessus des épaules. Ce n'est pas le cas dans ce portrait où les rabats du col sont très étroits.
 

Source : Polo museale florentino (Florence, musée des Offices)

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La période austère


Henri III par Quesnel, musée du LouvrePortrait d'Henri III peint par François Quesnel et aujourd'hui conservé au musée du Louvre

Source : Agence photographique de la Rmn (Paris, musée du Louvre)

Ce portrait représente le roi dans la dernière partie de son règne, soit vers 1585. Henri III a maintenant la trentaine passée. Son chapeau est désormais placé au sommet du front pour cacher une calvitie de plus en plus importante.

Le roi arbore le ruban bleu au bout duquel pend la croix de l'ordre du Saint-Esprit.

Ce portrait illustre le style austère adopté par le roi dans les dernières années de son règne. Le chapeau, le manteau et le pourpoint sont complètement noirs. Hormis celui du chapeau, aucun bijou ne vient égayer la face grave du roi.

Devant l'absence d'héritier mâle et la montée de l'obscurantisme religieux (la Ligue), Henri III sombre dans une période de remise en question qui le conduit à mener une vie de dévotion très intense. Les années 1580 constituent également en France le début de la Contre-réforme catholique, marquée par la quête d'une spiritualité intérieure.

 

Henri III, musée NarodowePortrait d'Henri III peint par Etienne Dumonstier et aujourd'hui conservé au musée Narodowe de Poznan1

Source : Château royal de Blois (Poznan, muzeum Narodowe)

La diffusion de l'image du roi dans les années 1580 est à l'origine d'une production très importante de portraits.

Je vous en propose une gamme ci-dessous. Certains d'entre eux sont des copies tardives d'époque Henri IV ou Louis XIII. Ils sont reproduits de château en château dans les galeries de portraits. Il faut alors les prendre pour ce qu'ils sont, à savoir des interprétations parfois fort éloignées du modèle initial (la copie d'une copie).

Ces reproductions sont si nombreuses qu'il s'en vend de temps en temps dans les maisons de vente aux enchères.

 

 Henri III (Christies, 2003) Henri III (musée Condé) Henri III (château de Versailles) Henri III (château d'Azay-le-rideau) Henri III (musée de Tesse) Henri III (musée Carnavalet) Henri III (Millon et associés)Henri III (Tajan)Henri III (château de Beauregard)Henri III (musée Condé)

Henri III (origine inconnue)Henri III (Vasari Auction)

 

 

 

 

Henri III (Drouot)Henri III de France (Château du Wavel à Cracovie)

 

 

b

 

 

Henri III (palais Pitti)

 

 

 

 

 

 

Source (1ère ligne) : Christie's (vente du 2 avril 2003 à New York) ; Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé) ; Agence photographique de la Rmn (Versailles, musée du château) ; Base palissy (Château d'Azay-le-Rideau) ; Bridgeman art (Le Mans, musée de Tessé)

Source (2e ligne) : (Paris, musée Carnavalet) ; Millon et associés ; Invaluable.com (Tajan, vente du 26 juin 2013 à Paris) ; site web pesonnel de Pascale Olivaux (Château de Beauregard) ; Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé)

Source (3e ligne) :  Artnet (?) ; (Vasari auction, vente du 15 mars 2014 à Bordeaux) ; (Drouot) ; Wikimedia commons (Cracovie, Château du Wavel)

Henri III (Bnf)Henri III (Metropolitan museum)Il existe encore d'autres portraits de ce type, mais sous forme de miniature, comme celle conservée à la galerie des Offices de Florence (ci-dessus à gauche), ou celle insérée dans le livre d'heures de Catherine de Médicis (ci-contre).

Source :  (Florence, palais Pitti) ; (Paris, BnF) ; (New York, Metropolitan museum of art)

 


Notes

 1. Pour l'attribution du portrait et celui traditionnellement attribué à Quesnel voir la notice rédigée par Alexandra Zvereva in Fêtes et crimes à la Renaissance : La cour d'Henri III, Paris, Somogy, 2010, p. 82.

Article modifié en 2010

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Henri III en dessin


Portrait d'Henri III

Source : Base Joconde (Chantilly, musée Condé) ; (Paris, BnF)

Henri III (musée Condé)Henri III (BnF)



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Henri III, BnFCe dessin d'Henri III par Dumonstier est le dernier pris sur le vif.

A la fin de son règne, Henri III n'a que 38 ans. Sur ce dessin, il paraît plus âgé. Ses traits sont marqués, les poils de barbe paraîssent hirsutes et la calvitie avancée.

Henri III souffrait de maux d'estomac mais surtout de son oeil qui souvent irrité et enflammé, le laissait à moitié borgne. La situation politique du royaume ne devait guère arranger les choses. Son moral et sa santé en subissaient les conséquences.

Source : (Paris, BnF )

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Henri III en gravure

Henri III en 1586Henri III par Thomas de LeuIl existe un très grand nombre de gravure représentant Henri III. Beaucoup ne sont que de médiocres copies du 17e et 18e siècle.

Les gravures qui ont été réalisées sous le règne d'Henri III sont celles qui présentent le plus grand intérêt. Elles représentent souvent le même modèle, habillé du col blanc et du collier de l'ordre du Saint Esprit. Il existe également des portraits où le roi est habillé du costume de l'ordre.

Source : (Paris, Bnf)

 Thomas de Leu est le portraitiste-graveur le plus réputé de son milieu. De 1580 à 1600, il réalise une très grande quantité de portraits des personnalités de la cour de France.

Un article lui est consacré dans la gazette des Beaux-arts (écrit par A. Jouan en 1961).

Estampe d'Henri III dans le registre journal de Pierre de L'Estoile, BnF

Cette gravure très belle d'Henri III est l'un des rares portraits du roi où l'on aperçoit la croix du Saint-Esprit cousue sur son manteau.

Cette gravure se trouvait en tête du registre-journal de Pierre L'Estoile, un notable parisien de l'époque, très connu des historiens pour avoir écrit un journal où il raconte les événements du règne d'Henri III.

Pierre L'Estoile était également un collectionneur qui a amassé un grand nombre de documents imprimés, pamphlets et libelles qui circulaient à Paris. Pierre L'Estoile s'intéressait surtout aux documents de la Ligue qu'il détestait.

Pour tous les passionnés du règne d'Henri III et d'Henri IV, les pièces récoltées par Pierre de L'Estoile sont superbement mises en ligne par la BnF (dans Gallica Anthologie ; accessibles par le mode recherche) . Le recueil est connu sous le nom des belles Figures et Drolleries de la Ligue.

 

 

Source  : Pierre de L'Estoile, Journal pour le règne d'Henri III (1574-1589), Paris, Gallimard, 1943

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La vie de cour sous le règne d'Henri III


Sous le règne d'Henri III, la cour de France reste la première cour d'Europe. La vie au Louvre n'est qu'une succession de bals, de fêtes et de mascarades. Plusieurs fois par semaine, le roi danse en compagnie des dames galantes, de ses amis et des Grands, ducs, barons et de nombreux gentilshommes.

 


 

 

Le mariage du duc de Joyeuse, 1581 (Louvre)Le mariage de Joyeuse, 1581 (Versailles)

Le bal de noce du duc de Joyeuse (1581)

Le mariage du favori du roi, Anne de Joyeuse avec la soeur de la reine, Marguerite, est célébré le 18 septembre 1581, avec un faste qui n'a pas d'équivalent dans le XVIe siècle français.

Deux tableaux illustrent le bal qui a été donné à cette occasion. Le premier se trouve au Louvre, le second au musée de Versailles. Ils sont identiques, mis à part que les traits des personnages sont plus affinés dans le second.

 

Henri III, Catherine de Médicis et Louise de Lorraine, extrait du Bal des noces duc de Joyeuse

Sur cet extrait du tableau du Louvre, on aperçoit assis sous un dais, le roi Henri III, à côté de Catherine de Médicis, et de Louise de Lorraine, et derrière eux, le duc de Guise, le duc de Mayenne et un troisième personnage qui serait le duc d'Aumale.

Les deux mariés Anne de Joyeuse et Marguerite de Lorraine sont représentés au centre du tableau.

 

 

Source : Rmn (Paris, musée du Louvre)

Source : Rmn (Versailles, musée du château)

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Bal à la cour d'Henri IIII (Louvre)  Bal à la cour d'Henri III

Cette représentation de la cour d'Henri III n'est pas sans similitude avec les tableaux précédents. On y retrouve les mêmes figures de fantaisies (la dame assise représentée de dos), mais le roi est désormais représenté debout et les musiciens sont placés sur une estrade dans le fond.

Henri III, Christine de Lorraine et Catherine de Médicis, extrait du Bal à la cour d'Henri IIILe tableau était autrefois identifié sous le nom de bal du duc d'Alençon, mais ce dernier est absent du tableau. A cette date, le frère du roi est auprès de sa soupirante anglaise, la reine d'Angleterre. La soeur du roi, Marguerite de Valois est également absente du tableau ; elle se trouve alors à Nérac, à la cour de Navarre.

Le roi, représenté debout à gauche au premier plan, est revêtu du costume en vogue à l'époque : le col, la panse qui transforme le bas du pourpoint en pointe et le boulevart porté sur les hanches.

Pour la datation de la scène, on peut remarquer que le duc de Mayenne, situé derrière le roi, porte le collier de l'ordre du Saint Esprit. Le tableau est donc postérieur à 1582, date d'entrée de Mayenne dans l'ordre.

Le roi, est accompagné du duc de Mayenne, de Christine de Lorraine, sa nièce, de Catherine de Médicis, sa mère et sur le côté, du duc de Guise.

Source : Rmn (Paris, musée du Louvre)


La représentation picturale des bals de la cour est une scène de genre qui se développe sous le règne d'Henri III. Mais contrairement au Bal du duc de Joyeuse et au Bal à la cour des Valois, les personnages représentés dans les autres tableaux existant, sont anonymes.

 

Bal à la cour des Valois (Rennes, musée des Beaux-arts)

 

 

Bal à la cour des Valois (Blois)Source : Rmn (Rennes, musée des Beaux-arts)

Source : Bridgeman art library (Blois, musée des Beaux-arts)

 

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Les "drolleries" de la Ligue


La montée en puissance de la Ligue a fait apparaître un très grand nombre de pamphlets, de libelles et de caricatures haineuses à l'égard d'Henri III. L'assassinat du duc de Guise et du cardinal de Lorraine en décembre 1588 accrut radicalement leur nombre sur le marché des imprimés.

Les plus belles sont celles contenues dans le recueil des drolleries et belles figures de la Ligue, mis en ligne par la BnF (dans Gallica anthologie). Elles illustrent les derniers grands évènements du règne

 

Gravure ligeuse : Les Etats générauxHenri III préside les Etats généraux, encadré des deux futurs "martyrs", le duc de Guise et le cardinal de Lorraine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gravure ligueuse : Anne d'Este devant les corps de ses deux filsLe roi montre à la duchesse de Nemours, mère du duc de Guise (et petite-fille du roi Louis XII), les cadavres de ses fils assassinés.

Sur le fond, les autres membres de la famille de Guise et le cardinal de Bourbon sont emmenés par les gardes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gravure ligueuse : L'arrestation des chefs de la LigueLe roi met en arrestation le cardinal de Bourbon, l'archevêque de Lyon et le prince de Joinville.

Le cardinal de Bourbon était le futur roi Charles X, l'héritier imposé au roi par la Ligue. Pierre d'Epinac était un homme religieux et politique de la Ligue. Le prince de Joinville était le fils du balafré (et donc après l'assassinat de son père le nouveau duc de Guise).

Pour voir les gravures, allez sur Gallica anthologie des collections.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gravure ligeuse : L'incinération des corpsLe roi ordonne de brûler les restes du duc de Guise et du cardinal de Lorraine pour éviter que la Ligue n'en fasse des reliques.

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01 juin 07

L'ordre du Saint Esprit

 


Henri III présidant la cérémonie de l'ordre du Saint-EspritHenri III présidant la cérémonie de l'ordre du Saint-Esprit fondé par le roi en 1578

L'enluminure représente la première cérémonie de l'ordre. Elle illustre la réception de Louis de Gonzague, duc de Nevers (l'une des grandes figures du règne d'Henri III).

 

Sur la droite, on observe la présence du cardinal de Bourbon (futur Charles X), le cardinal de Guise (futur martyr de la Ligue). Le haut dignitaire qui tient le livre est Hurault de Cheverny, futur chancelier.

D'après la RMN, la miniature date de 1587 (ce qui ne serait pas étonnant vu la position du chapeau royal).

Source : ? (Chantilly, musée Condé)

Le trésor de l'ordre se trouve aujourd'hui au musée du Louvre. Il contient des exemplaires de colliers de l'ordre, des manteaux et la masse d'arme, tels qu'ils sont quasiment représentés sur cette enluminure.

 

 

Henri IIIL'enluminure représente également le roi dans la tenue de l'ordre, mais la qualité n'est pas à la hauteur de la précédente. Les proportions du personnage ne sont pas très respectées.

Contrairement à la précédente enluminure, ce portrait est contemporain à la fondation de l'ordre en 1578 (ce qui se voit avec l'emplacement du chapeau caché derrière les cheveux).

Source : ? (Paris, BnF)

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