15 août 07

 

Henri III et Louise de Lorraine, extrait de la tapisserie des Valois 1Portrait de la reine Louise sur la tapisserie des Valois.

Louise est représentée en pied, avec son époux et tenant dans sa main un éventail. Son portrait est la reprise du dessin de la BnF (voir l'article précédent).

Cette représentation du roi et de la reine, seuls sur le premier plan de la tapisserie, est une image quasiment unique. Elle nous offre l'image d'un couple royal uni  et nous renvoie à cette réalité exceptionnelle dans la longue tradition des mariages arrangés : le roi et la reine se vouaient une amitié sincère. Et pourtant, pour Louise, l'union avec Henri III ne fut pas tous les jours, heureuse.

 

 

Henri III et Louise de Lorraine, extrait de la tapisserie des Valois 2Après une fausse couche survenue quelques mois après son mariage, la reine perdit vite l'espoir de mettre au monde un héritier mâle. Ce fut le drame de sa vie. Craignant la séparation, et s'estimant être l'unique responsable de l'infécondité de son couple, elle était sujette à des crises d'abattement que nous pouvons qualifier de dépression.

Après les premiers mois d'amour passionnel, Louise dut également supporter les infidélités de son mari. Mais en dépit de  ses passades, le roi eut un comportement surprenant sinon exemplaire (à comparaison de ses successeurs). Cherchant toujours à ménager l'amour-propre de son épouse, il refusa toujours de se donner une maîtresse officielle et implorait le pardon de la reine lorsque celle-ci était mise au courant de ses écarts. Le roi l'emmenait régulièrement danser dans les bals et visiter les foires pour la sortir de ses torpeurs. Il la réconfortait à chacune de ses périodes mélancoliques et l'entretenait dans son intimité comme aucun autre roi n'avait coutume de le faire.

La tapisserie des Valois, les joutes nautiques de Fontainebleau

Après plusieurs années de remise en question, le couple royal paraissa plus lié que jamais face à l'adversité et aux conséquences politiques de leur stérilité. Profondément dévôt, il se réfugia dans les  secours de la religion et leur union prenait l'apparence d'un sacrifice christique.

Source : Scalarchives et Frances Yates, The Valois tapestries, 1959 (Florence, musée des Offices)

Louise de Lorraine et sa soeur Marguerite, extrait de la tapisserie des ValoisLouise apparaît également sur les tapisseries des Valois, au côté de sa soeur Marguerite. Les deux soeurs se tiennent la main, mais Marguerite est représentée de dos.

Les deux femmes sont représentées à droite de la tapisserie où apparaissent également Catherine de Médicis, Marguerite de Valois et son époux le roi de Navarre.

La tapisserie des Valois, le tournoi Source : Scalarchives et exposition Caterina e Maria de' Medici ; donne al potere 2008-2009(Florence, musée des Offices)

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Louise de Lorraine-Vaudémont, musée du LouvrePortrait de Louise de Lorraine conservé au musée du Louvre et probablement réalisé au début des années 1580

Source : Agence photographique de la Rmn (Paris, musée du Louvre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Louise de Lorraine par Jean RabelPortrait de Louise de Lorraine réalisé et édité par Jean Rabel en 1583

Source : (Cambridge, The Fitzwillliam museum)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

Louise de Lorraine 1581 par Leonard GaultierLouise de Lorraine 17eLe portrait de Rabel existe sous des variantes différentes. Il avait été gravé par Léonard Gaultier deux ans plus tôt, en 1581 (ci-contre à gauche).

Source : (Paris, BnF) ; (Paris, BnF)

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Louise de Lorraine (BnF)Portrait de la reine Louise peint en miniature dans le livre d'heures de Catherine de Médicis qui est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale de France

Où sont passés les portraits peints de Louise de Lorraine ? Si beaucoup d'entre eux ont disparus, il existe heureusement des copies qui permettent de se faire une idée des originaux perdus. 

Le portrait du livre d'heure se retrouve dans s deux premiers portraits présentés ici découlent d'un même modèle. Le premier est une miniature peinte dans le livre d'heures de Catherine de Médicis, le second est une copie assez médiocre du XIXe siècle.

Existe t-il un dessin original ? Les deux copies permettent de s'en faire une idée. Louise de Lorraine porte une robe sans décolleté et des grappes de perles qui tombent au-dessus des oreilles. La fraise qu'elle porte semble rapprocher le tableau des années 1570, mais la coiffure, très moderne, annonce les années 1580.

Louise de Lorraine, copie du XIXe siècle musée Louis-PhilippeLa très mauvaise copie du XIXe est une commande passée par le roi Louis-Philippe pour la décoration de son château d'Eu. Le portrait de la reine Louise disparu existait donc probablement à cette date, à moins que la copie n'ait été réalisée à partir d'une autre copie. Cela expliquerait la médiocrité du tableau. 

Source : (Paris, BnF) ; Base Joconde (Eu, musée Louis-Philippe)

 

Louise de Lorraine, FlorencePortrait de la reine Louise peint en miniature et conservé à la galerie des Offices de Florence

Il s'agit d'une très belle image de la reine avec une grande collerette à godrons plats, ouverte devant la gorge. L'image représente la reine dans les années 1580.

Louise de Lorraine (collection privée)Louise de Lorraine, copie du XIXe siècle, VersaillesPlusieurs images proches de la miniature montrent qu'il existe un modèle aujourd'hui perdu. La première est une peinture tardive du XIXe siècle, aujourd'hui entreposée dans les réserves du château de Versailles. La seconde est une copie d'époque comme on en trouve dans les collections privées et les galeries de portraits. 

Louise de Lorraine par Léonard Gaultier (Louvre)Louise de Lorraine par Leonard Gaultier (BnF)L'image se retrouve sous forme d'estampe. Le graveur Léonard Gaultier en a réalisées plusieurs qui ont été éditées en pleine époque de la Ligue ; les deux gravures présentées ci-contre sont datées de 1588, année où la reine se retrouva prisonnière de la rebellion parisienne.

L'image de gauche se retrouve dans plusieurs collections institutionnelles (Osterreischiche Nationalbibliothek ; Bibliothèque nationale de France ; centre de recherche du château de Versailles).

Louise de Lorraine en médaillon (BnF)Source : ? (Florence, musée des Offices) ; C. Constans, Musée national du château de Versailles, 3 vol, Paris, RMN, 1986  (Versailles, musée du château) ; Millon et associés (collection privée) ; (Paris, BnF) ; Agence photographique de la Rmn (Paris, musée du Louvre) ; (Paris, BnF)

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Louise de Lorraine-Vaudémont, Kusnthistorisches museumPortrait en pied de la reine Louise

Il s'agit d'un très beau tableau, malheureusement très abîmé. L'oeuvre n'est peut-être pas un original, mais reste très intéressante pour la recherche iconographique.

La reine est habillée selon la mode des années 1580. Elle porte sous sa robe un vertugadin et ses manches ont triplé de volume.

Source : (Vienne, Kunsthistorisches museum)

 

La reine est-elle en tenue de deuil ? Quid du mouchoir?

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Louise de Lorraine apparaît dans les deux tableaux qui représentent la cour des Valois.

Les noces du duc de JoyeuseDans le Bal de noces du duc de Joyeuse, elle est assise sur la gauche de la reine-mère. Sa soeur Marguerite de Lorraine-Vaudémont est représentée au centre du tableau avec son époux.

Source : Marilena Ferrari (Paris, musée du Louvre)

 

Henri III, Catherine de Médicis et Louise de Lorraine, extrait du Bal des noces du duc de Joyeuse

 

 














Bal à la cour d'Henri IIIDans le Bal à la cour des Valois, Louise serait représentée en train de danser une ronde avec des membres de la cour.

 

 

Louise de Lorraine dansant, détail du Bal à la cour d'Henri IIIElle se tiendrait face au spectateur, le visage tourné vers lui. Comme le veut la mode dans les années 1580, elle porte une robe rouge à vertugadin (c'est-à-dire une robe qui est artificiellement arrondie en volume) et à corps piqué (qui lui donne une taille de guêpe). La collerette est largement ouverte sur la poitrine et les manches sont à crevés et ballonnées.

Le personnage qu'elle tient par la main droite serait le duc de Joyeuse.

Source : Marilena Ferrari (Paris, musée du Louvre)

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30 mai 09

Éléonore d'Autriche (1498–1558)


Ferdinand, Charles, Eleonore, Isabelle, Marie et CatherinePortrait de la fratrie Habsbourg

Éléonore d'Autriche appartient à la puissante famille des Habsbourg qui règne sur le duché d'Autriche. Elle-même est la fille de Philippe le beau souverain des Pays-Bas et de Jeanne d'Espagne héritière des royaumes de Castille et d'Aragon.

Elle grandit aux Pays-Bas avec son frère, le futur empereur Charles Quint.

Le tableau la représente avec ses soeurs cadettes mais la scène qui les représente ensemble n'est pas réaliste. Eléonore ne connaissait pas le petit Ferdinand et la petite Catherine qui étaient élevés en Espagne.

Source : Oronoz (Tolède, Musée de Santa cruz)

Eléonore, Charles et Isabelle (Kunsthistorishes museum)Portrait d'Eléonore, de son frère Charles et de sa soeur Isabelle

Le portrait a été tiré en 1502. Eléonore est représentée à l'âge de 4 ans, Charles 2 ans et Isabelle 1 an. Privés de leur parents, les petits ont grandi sous la tutelle de leur tante Marguerite (l'ex petite fiancée du roi Charles VIII). Ils furent élevés dans une culture de langue française héritée du défunt empire bourguignon.

Source : (Vienne, Kunsthistorisches museum)

Eléonore par Jan GossaertPortrait d'Eléonore par Jean Gossaert en 1516

Jusqu'à ses 18 ans, Eléonore vit aux Pays-Bas. En 1517, son frère Charles quitte leur pays natal pour prendre possession de ses royaumes d'Espagne. Il embarque avec lui sa soeur qu'il souhaite faire épouser au roi du Portugal Manuel Ier.

Source : Wikimédia ( Massachusetts, Worcester Art Museum)

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Fons vitae (1518-1520)Fons vitae

Le mariage d'Eléonore avec le roi du Portugal a lieu en 1518. Elle épouse un homme d'un âge avancé, déjà marié deux fois et père de plusieurs enfants.

Le tableau peint vers 1518 représente le roi Manuel et son épouse. Certains y voient Marie d'Aragon la deuxième épouse décédée en 1517, tandis que d'autres y voient Eléonore. De chaque côté sont représentés les enfants issus du second mariage du roi.

Bibli. : Annemarie Jordan et Kathleen Wilson-Chevalier,  «L’épreuve du mécénat: « Alienor d’Austriche », une reine de France effacée ?», dans Patronnes et mécènes en France à la Renaissance (sous la direction de WILSON-CHEVALIER), Saint-Etienne, Publications de l'Université de Saint-Etienne, 2007

Source : Oronoz et Wikimedia  (Porto, Santa Casa da Misericordia)   

 

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François Ier et EléonorePortrait de François Ier et d'Eléonore

Après trois années de mariage et huit années de veuvage, Eléonore est mariée par son frère au roi François.

Leur mariage est l'aboutissement de la Paix des dames conclue pour l'établissement d'une paix durable entre Charles Quint et la France et pour obtenir la libération des deux petits princes français retenus en Espagne comme otage depuis plusieurs années.

Le tableau reflète une interprétation plutôt satirique du nouveau couple royal.

Source : (Royaume-Uni, The royal collection)

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Eleonore d'Autriche, Royal collectionPortrait d'Eléonore d'Autriche par Joos Van Cleve

La reine Eléonore arrive en France en 1530. Elle est accompagnée de ses deux beaux-fils François et Henri. L'échange sur la Bidassoa est particulièrement tendu. Depuis que François Ier a manqué à sa parole, les Espagnols se méfient des Français. Le duc de Montmorency et le cardinal de Tournon attendent la reine et les anciens otages de l'autre côté de la frontière. Ils sont venus avec une rançon d'un million.

Le roi les attends à Bordeaux. Son mariage avec Eléonore a lieu quelques semaines plus tard. L'année suivante, la reine est sacrée à Saint-Denis.

Source : (The royal collection)

 

 

Eleonore d'Autriche, KunsthistorischesLe peintre hollandais Joos Van Cleve l'a représenté avec une coiffure et un costume de type ibérique qu'elle a en principe cessé de porter en s'installant à la cour de France.

Il en existe des copies et des variantes.

Source : (Vienne, Kunsthistorisches museum)

Eléonore d'Autriche Eléonore d'Autriche, musée Condé Eléonore d'Autriche, château de Gaasbeek

Source : Corbis (?) ; Rmn (Chantilly, musée Condé) ; Oronoz (Gaasbeek, musée du château)

 

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La reine dessinée par Jean Clouet vers 1540, musée Condé La reine dessinée par Jean Clouet vers 1531, musée Condé Portrait d'Eléonore d'Autriche par Jean Clouet

Le portraitiste français a représenté la reine à son arrivée en France. Elle est encore habillée à la mode de son pays.

Le second portrait la représente dix ans plus tard environ. Elle est coiffée à la mode française.

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

la reine représentée par Limosin en 1536Portrait d'Eléonore d'Autriche par Léonard Limosin

Eléonore fut une reine délaissée. François Ier la considérait comme la soeur de son ennemi. Il n'avait accepté ce mariage que pour l'établissement de la paix. La placidité de son épouse et la banalité de son physique ne pouvait que l'amener à entretenir d'autres femmes.

Eléonore fut toujours traitée avec la dignité de son rang mais pendant les dix-sept ans de son séjour à la cour de France, elle fut une reine très isolée.

Elle n'eut pas d'enfants de cette union et François Ier ne chercha pas spécialement à en avoir, ayant déjà eu sept enfants de son premier mariage.

Source : Rmn (Ecouen, musée national de la Renaissance)

Elénore à la messe avec la famille royale, extrait d'une gravureSecundus liber tres missas continet

Il s'agit d'une gravure qui représente la participation de la famille royale à la messe. Face au roi se tiennent agenouillées les filles et la soeur du roi. Eléonore est représentée en haut de l'image en position dominante. Elle se distingue par son costume.

Source : Atlas de la Renaissance, Brepols, 1993 (Vienne, Osterreiche Nationalbibliothek)

Bibli. : Annemarie Jordan et Kathleen Wilson-Chevalier,  «L’épreuve du mécénat: « Alienor d’Austriche », une reine de France effacée ?», dans Patronnes et mécènes en France à la Renaissance (sous la direction de WILSON-CHEVALIER), Saint-Etienne, Publications de l'Université de Saint-Etienne, 2007

 

 

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