05 déc. 07
Claude de France (1499-1524)
Fille aînée du roi Louis XII et d'Anne de Bretagne, Claude de France, née en 1499, assure la continuité dynastique de la monarchie en épousant très jeune son cousin, François d'Angoulême, qui devient en 1515, le roi François Ier. Elle est la mère de sept enfants, qu'elle met au monde en l'espace d'une dizaine d'année et meurt en 1524, à l'âge de 25 ans seulement. Sa mort précoce explique la rareté infinie de ses portraits.
Représentation enluminée de Claude de France, enfant, dans son livre d'heures
La scène la représente sur un prie-Dieu, encadrée de saint Claude, sainte Anne et de la vierge Marie enfant.
Le livre d'heures de Claude de France a été réalisé entre 1505 et 1510. Il s'agit d'un cadeau d'Anne de Bretagne à sa fille unique. Pour Elizabeth L'Estrange, il marque le souci d'une mère soucieuse de transmettre à sa fille les valeurs religieuses que sont les siennes.
Le même ouvrage contient une autre enluminure mettant en scène Claude de France, mais quasi semblable à la première.
(biblio : Elizabeth L'Estrange, "Le mécénat d'Anne de Bretagne", dans Patronnes et mécènes en France à la Renaissance, Publications de l'Université de Saint-Etienne, 2007 p. 192-193)
Source : (Cambridge, The Fitzwilliam museum)
Claude de France dans une scène de dédicace d'un livre sur la mort de sa mère Anne de Bretagne
Anne de Bretagne meurt en 1514. Claude est donc représentée vers l'âge de treize ans environ (elle devait devenir reine de France l'année suivante).
C'est une scène un peu particulière car je ne pense pas qu'il soit courant qu'une fille aussi jeune soit le personnage central d'une scène de dédicace. L'image illustre au moins l'importance de son rang. Claude était à la fois une fille de France et à la fois la duchesse de Bretagne.
On retrouve également Claude dans les chroniques de Louis XII. La scène représente son mariage avec son cousin François, le 8 mai 1514. De part et d'autre des mariés, se tiennent leurs mères respectives, Anne de Bretagne (sensée être décédée) et Louise de Savoie.
Les portraits de Claude de France sont quasi inexistants. Pour ma part, je ne connais que celui-ci qui soit intéressant (encore qu'il s'agit peut-être d'une reprise).
Est-ce le seul portrait de la reine qui ait été tiré ?
Source : Rmn (Paris, musée du Louvre)
Le musée du Louvre en possède deux copies (XVIe siècle).
Le dessin du Louvre semble avoir été le modèle de référence, puisqu'on le retrouve quelques décennies plus tard, recopié dans une des miniatures du livre d'heures de Catherine de Médicis. La reine Claude est représentée au centre, entourée de ses trois filles et de sa petite soeur cadette, Renée (en bas à droite).
Le dessin du Louvre semble avoir été également repris dans une petite miniature peinte dans les années 1570.
Source : ? (Florence, musée des Offices)
30 mai 09
Éléonore d'Autriche (1498–1558)
Portrait de la fratrie Habsbourg
Éléonore d'Autriche appartient à la puissante famille des Habsbourg qui règne sur le duché d'Autriche. Elle-même est la fille de Philippe le beau souverain des Pays-Bas et de Jeanne d'Espagne héritière des royaumes de Castille et d'Aragon.
Elle grandit aux Pays-Bas avec son frère, le futur empereur Charles Quint.
Le tableau la représente avec ses soeurs cadettes mais la scène qui les représente ensemble n'est pas réaliste. Eléonore ne connaissait pas le petit Ferdinand et la petite Catherine qui étaient élevés en Espagne.
Source : Oronoz (Tolède, Musée de Santa cruz)
Portrait d'Eléonore, de son frère Charles et de sa soeur Isabelle
Le portrait a été tiré en 1502. Eléonore est représentée à l'âge de 4 ans, Charles 2 ans et Isabelle 1 an. Privés de leur parents, les petits ont grandi sous la tutelle de leur tante Marguerite (l'ex petite fiancée du roi Charles VIII). Ils furent élevés dans une culture de langue française héritée du défunt empire bourguignon.
Source : (Vienne, Kunsthistorisches museum)
Il s'agit d'un tableau représentant la famille royale du Portugal agenouillée en prière.
En 1517, Charles Quint quitte les Pays-Bas pour prendre possession de ses royaumes d'Espagne. Il embarque avec lui sa soeur qu'il souhaite faire épouser au roi du Portugal Manuel Ier.
Leur mariage a lieu en 1518. Eléonore devient reine du Portugal. Elle épouse un homme d'un âge avancé, déjà marié deux fois et père de plusieurs enfants.
Le tableau peint vers 1518 représente Manuel et son épouse. Certains y voient Marie d'Aragon la deuxième épouse décédée en 1517, tandis que d'autres y voient Eléonore. De chaque côté sont représentés les enfants issus du second mariage du roi.
Bibli. : Annemarie Jordan et Kathleen Wilson-Chevalier, «L’épreuve du mécénat: « Alienor d’Austriche », une reine de France effacée ?», dans Patronnes et mécènes en France à la Renaissance (sous la direction de WILSON-CHEVALIER), Saint-Etienne, Publications de l'Université de Saint-Etienne, 2007
Source : Oronoz (Porto, Santa Casa da Misericordia)
Portrait de François Ier et d'Eléonore
Après trois années de mariage et huit années de veuvage, Eléonore est mariée par son frère au roi François.
Leur mariage est l'aboutissement de la Paix des dames conclue pour l'établissement d'une paix durable entre Charles Quint et la France et pour obtenir la libération des deux petits princes français retenus en Espagne comme otage depuis plusieurs années.
Le tableau reflète une interprétation plutôt satirique du nouveau couple royal.
Source : (Royaume-Uni, The royal collection)
Portrait d'Eléonore d'Autriche par Joos Van Cleve
La reine Eléonore arrive en France en 1530. Elle est accompagnée de ses deux beaux-fils François et Henri. L'échange sur la Bidassoa est particulièrement tendu. Depuis que François Ier a manqué à sa parole, les Espagnols se méfient des Français. Le duc de Montmorency et le cardinal de Tournon attendent la reine et les anciens otages de l'autre côté de la frontière. Ils sont venus avec une rançon d'un million.
Le roi les attends à Bordeaux. Son mariage avec Eléonore a lieu quelques semaines plus tard. L'année suivante, la reine est sacrée à Saint-Denis.
Le peintre hollandais Joos Van Cleve l'a représenté avec une coiffure et un costume de type ibérique qu'elle a en principe cessé de porter en s'installant à la cour de France.
Il en existe des copies et des variantes.
Source : (The royal collection)
Source : (Vienne, Kunsthistorisches museum)
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Source : Corbis (?)
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
Source : Oronoz (Gaasbeek, musée du château)
Portrait d'Eléonore d'Autriche par Jean Clouet
Le portraitiste français a représenté la reine à son arrivée en France. Elle est encore habillée de la mode de son pays.
Le second portrait la représente dix ans plus tard environ. Elle est coiffée à la mode française.
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
Portrait d'Eléonore d'Autriche par Léonard Limosin
Eléonore fut une reine délaissée. François Ier la considérait comme la soeur de son ennemi. Il n'avait accepté ce mariage que pour l'établissement de la paix. La placidité de son épouse et la banalité de son physique ne pouvait que l'amener à entretenir d'autres femmes.
Eléonore fut toujours traitée avec la dignité de son rang mais pendant les dix-sept ans de son séjour à la cour de France, elle fut une reine très isolée.
Elle n'eut pas d'enfants de cette union et François Ier ne chercha pas spécialement à en avoir, ayant déjà eu sept enfants de son premier mariage.
Source : Rmn (Ecouen, musée national de la Renaissance)
Secundus liber tres missas continet
Il s'agit d'une gravure qui représente la participation de la famille royale à la messe. Face au roi, à droite de la gravure, se tiennent agenouillées les filles et la soeur du roi. Eléonore est représentée en haut de l'image en position dominante. Elle se distingue par son costume.
Source : Atlas de la Renaissance, Brepols, 1993 (Vienne, Osterreiche Nationalbibliothek)
Bibli. : Annemarie Jordan et Kathleen Wilson-Chevalier, «L’épreuve du mécénat: « Alienor d’Austriche », une reine de France effacée ?», dans Patronnes et mécènes en France à la Renaissance (sous la direction de WILSON-CHEVALIER), Saint-Etienne, Publications de l'Université de Saint-Etienne, 2007
Portrait d'Eléonore par François Clouet vers 1547
A la mort de François Ier en 1547, Eléonore quitte la cour pour rejoindre son pays natal.
Le portraitiste l'a représenté une dernière fois. Elle porte la tenue de deuil blanc, traditionnellement portée en France pour la mort du roi.
Le dessin a servi de modèle pour la miniature de livre d'heures de Catherine de Médicis. Eléonore est représentée au fond à gauche derrière ses belles-filles et la première épouse de son mari.
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
Portrait d'Eléonore par Antonio Moro
C'est aux Pays-Bas qu'Eléonore passe ses dernières années. Elle vit aux côtés de sa soeur la gouvernante Marie de Hongrie.
En 1556, a lieu la fameuse abdication de Charles Quint. L'empereur fait ses adieux à la Flandre et décide de finir ses jours dans un monastère en Espagne. Il emmène avec lui ses deux soeurs. Eléonore d'Autriche y meurt en 1558.
Source : Oronoz (Madrid, monastère Descalzas)
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