02 juin 07

Marguerite (1600)Portrait de Marguerite de Valois vers 1600 sur une enluminure qui illustre un hymne écrit pour sa personne.

Contrairement au portrait précédent, la reine est représentée avec une immense collerette qui s'ouvre depuis le nombril et monte haut derrière la tête. Autour du cou, elle porte un collier à plusieurs rangs comme en portait Marie de Médicis à l'époque.

LeuGaultier














Contemporains d'Henri IV sous le règne duquel ils se sont illustrés, Thomas de Leu et Léonard Gaultier sont à l'origine d'une image très répandue de la reine Marguerite. Leur deux gravures sont quasiment identiques (outre l'inversement de l'image et le fait qu'elles soient toutes les deux signées, la différence se perçoit dans quelques détails de la représentation physique et du costume).

Source : (Paris, BnF) et (Vienne, Osterreichische Nationalbibliothek)

Marguerite, estampe d'interprétationMarguerite, estampe d'interprétationMarguerite, estampe d'interprétationLes deux gravures auront une très importante postérité aux siècles suivants. Malheureusement, les estampes d'interprétation qui vont découler de ce modèle laissent très souvent à désirer :

Les artistes ne cherchent pas à reproduire fidélement les traits physiques de la reine. 

Marguerite de ValoisMarguerite de Valois, collection particulièreIls associent de manière anachronique un type de costume que la reine a porté en son vieil âge, à un visage jeune et romantique.

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Couronnement de Marie de MédicisMarguerite de Valois mise en scène dans une gravure de Léonard Gaultier représentant le couronnement de Marie de Médicis à Saint-Denis en 1610.

A son retour à Paris, Marguerite se fit construire un très bel hôtel sur un terrain situé face au Louvre, de l'autre côté de la Seine. Réconciliée avec son ancien mari, elle rendait régulièrement visite à la famille royale et entretenait avec sa nouvelle épouse des relations très amicales. Marie de Médicis était rassurée de voir qu'elle s'était prise d'affection pour le petit dauphin, le futur Louis XIII dont elle avait fait son héritier.

A l'occasion de la grande cérémonie observée au couronnement de Marie de Médicis, l'ancienne reine Marguerite est présente au premier plan. On la voit représentée sur la gravure (à droite), derrière la petite princesse Elisabeth.

Source : Gallica (Paris, BnF)

détail RubensMarguerite de Valois représentée par Rubens dans le Couronnement de Marie de Médicis à Saint-Denis vers 1624

Le couronnement de Marie de Médicis en 1610, musée du Louvre

L'image est anachronique parce que Rubens qui la peinte treize ans après les faits, n'a pas forcément respecté les costumes de l'époque. En revanche, le célèbre peintre n'a pas lésiné à représenter l'obésité de la reine, preuve que sa corpulence avait marqué les esprits et que dix ans après sa mort on s'en souvenait encore.

Au lendemain du couronnement de Marie de Médicis, le roi meurt assassiné par Ravaillac. La reine Marguerite devait lui survivre cinq ans. Pendant ces dernières années, elle fut pour la régente, une alliée et pour le dauphin, une amie. Elle meurt en 1615 en son hôtel parisien.

Source : Rmn (Paris, musée du Louvre)

 

Effigie de Marguerite en 1615L'effigie funéraire de Marguerite de Valois en 1615

Cette gravure exceptionnelle présente dans les collections du musée Czartoryski de Cracovie représente la veillée funéraire autour de l'effigie de la reine.

On y voit à ses pieds, le petit roi Louis XIII tenant une chandelle, rendant un dernier hommage à la princesse des fleurs de lys.

La scène se passe à l'hôtel de la reine, alors ouvert au public ; "il y a une presse aussi grande qu'à un ballet", témoigne le poète François de Malherbe1.

Ce type de représentation en gravure des obsèques princières n'est pas étonnante pour les années 1610. Il en existe de sembables pour les enterrements d'Henri IV et du duc Charles III de Lorraine2.

 Source : (Cracovie, musée Czartoryski)

Effigie de Marguerite de Valois Louis XIII Le peuple


Notes

1. Eliane Viennot, Marguerite de Valois, "La reine Margot", Plon Tempus, 2005, p. 304.

2 Voir les très belles gravures reproduites dans Philippe Martin (sous la dir.), La pompe funèbre de Charles III, 1608, Editions Serpenoise, Metz, 2008.

Article modifié en septembre 2012

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21 août 09

Modeste composition iconographique sur le roi Henri IV.

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