15 juil. 17

Claude de France (1499-1524)


Fille aînée du roi Louis XII et d'Anne de Bretagne, Claude de France est une princesse de France née en 1499. En épousant son cousin, François d'Angoulême, appelé à devenir en 1515, le roi François Ier, elle assure la continuité dynastique de la monarchie. Elle contribue à cette continuité en donnant le jour à sept enfants, qu'elle met au monde en l'espace d'une dizaine d'année. Elle meurt en 1524, à l'âge de 25 ans seulement. Sa mort précoce explique la rareté de ses portraits.

Claude de France représentée dans son livre d'heures, The Fitzwilliam museumReprésentation enluminée de Claude de France, enfant, dans son livre d'heures, aujourd'hui conservé au musée de l'université de Cambridge

La scène la représente sur un prie-Dieu, encadrée de saint Claude, sainte Anne et de la vierge Marie enfant.

Le livre d'heures de Claude de France a été réalisé entre 1505 et 1510. Il s'agit d'un cadeau d'Anne de Bretagne à sa fille unique. Pour l'historienne Elizabeth L'Estrange, il marque la volonté d'une mère soucieuse de transmettre à sa fille les valeurs religieuses que sont les siennes1.

Le même ouvrage contient une autre enluminure mettant en scène Claude de France, mais quasi semblable à la première (les deux saints ont interverti leur place, et Claude est agenouillée devant la vierge Marie et sa mère).

Source : (Cambridge, The Fitzwilliam museum)

 

Claude de France dans un scène de dédicace, BnFReprésentation enluminée de Claude de France dans la scène de dédicace d'un livre commémorant les funérailles de sa mère Anne de Bretagne

Il s'agit d'un livre commandé par le roi Louis XII pour mettre par écrit le récit des célébrations solennelles qui furent organisées à la mort de la reine Anne. L'ouvrage est destiné à diffuser auprès des princes de la chrétienté le déroulement de ses funérailles et leur magnificence royale2.

La scène de dédicace met la princesse Claude à l'honneur, lui dédiant une place qui aurait pu être celle de son père. Elle fait rappeler à la jeune fille le poids de l'immense héritage qui est le sien ; Claude n'est pas seulement une fille de France, elle est aussi l'héritière du duché de Bretagne, dont elle est désormais la duchesse.

Anne de Bretagne meurt en 1514. Claude est représentée vers l'âge de treize ans environ ; elle deviendra reine de France l'année suivante.

Source : (Paris, Bibliothèque nationale de France)

Fiançailles de Claude de France et de François d'Angoulême, BnFReprésentation enluminée de Claude de France dans les chroniques de Louis XII

La scène représente ses fiançailles avec son cousin François, le 21 mai 1506. De part et d'autre des fiancés, se tiennent leurs mères respectives, Anne de Bretagne et Louise de Savoie3.

Les visages ne sont pas individualisés, pas plus qu'il n'y a de réalisme dans la taille des personnages.

Source : (Paris, Bibliothèque nationale de France)

 

Le sacre de Claude, BLReprésentation enluminée de Claude de France dans Le Sacre, couronnement et entrée de Madame Claude Royne de France

Il s'agit d'un ouvrage enluminé vers 1517 dédié à la reine Claude.

L'ouvrage conservé à la British Library a probablement été peint par Jean Coene IV, le même enlumineur qui a peint l'ouvrage sur les funérailles de la reine Claude conservé à la Bibliothèque nationale de France. Tout comme celui-ci, les traits des personnages ne sont pas individualisés. A défaut de portrait, les représentations enluminées de la reine ne rendent pas compte de son physionomie.

Le livre contient plusieurs enluminures consacrées à la reine dont l'une représente la cérémonie du sacre. La reine assise sous un dais, face à l'autel et entourée de sa cour est déjà couronnée.

Source : (Londres, British Library)

 

 

 

Claude de France dans un scène de dédicace, Bibliothèque de l'ArsenalReprésentation de la reine Claude dans la scène de dédicace du Roman de Palamon et Arcita, écrit par Anne de Graville vers 1521

Anne de Graville était une femme de lettres, auteur de plusieurs oeuvres littéraires et poétiques. Tombée dans l'oubli, Anne de Graville était très connue de ses contemporains. Issue d'une famille proche de la cour, elle était une dame d'honneur de la reine Claude, et devint après la mort de sa maîtresse une intime de Marguerite de Navarre4.

La scène la représente en train d'offrir son ouvrage à la reine, qui le lui aurait commandé.

L'image est tiré d'un exemplaire du roman conservé à la bibliothèque de l'Arsenal (il en existe aujourd'hui six copies manuscrites4).

Source : (Paris, Bibliothèque nationale de France)


1.  Elizabeth L'Estrange, "Le mécénat d'Anne de Bretagne", dans Patronnes et mécènes en France à la Renaissance, Publications de l'Université de Saint-Etienne, 2007 p. 192-193.

2. Elizabeth A. R Brown, Cynthia Jane Brown, Jean-Luc Deuffic, Michaël Jones, etc. Les funérailles d'une reine : Anne de Bretagne (1514) / "Qu'il mecte ma povre ame en celeste lumiere", Brepols, 2013.

3. Anne-Marie, François Ier imaginaire, symbolique et politique à l'aube de la Renaissance française, Paris, Macula, 1987, p. 53-56.

4. http://siefar.org/dictionnaire/fr/Anne_Malet_de_Graville

 

 Article posté initialement le 05 décembre 2007

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18 juil. 17


Claude_de_France_LouvrePortrait de la royne Claude conservé au musée du Louvre

Source : Agence photographique de la RMN

Les seuls portraits existants de la reine Claude sont des reproductions d'un dessin original de Jean Clouet aujourd'hui disparu.

Bien que très dépouillé, le portrait conservé par le musée du Louvre, est le plus intéressant au regard de la vraisemblance.

Les autres copies, réparties dans différentes collections, sont d'un intérêt très inégal (ci-dessous).

Le modèle représenté est toujours le même ; la reine porte une robe en décolleté, ouverte sur une guimpe et une coiffe nouée sous le menton, enserrant le visage, dans une configuration typique des années 1510.

 

 

Claude, musée du Louvre 3Claude, musée du Louvre 2Claude, CNUMClaude,
ChantillySource des images (de gauche à droite) : Base Joconde (Chantilly, Musée Condé) ; (Paris, Conservatoire numérique des arts et métiers) ; Agence photographique de la Rmn (Paris, musée du Louvre) ; Rmn (Paris, musée du Louvre) (Ashmolean museum) ; (Ashmolean museum) ; (Osterreichische Nationalbibliothek)

Claude, Osterreichische NationalbibliothekClaude, Ashmolean museumClaude, Ashmolean museum 2
 

 

 

 

 

Claude de France entourée des princesses de France dans le livre d'heures de Catherine de MédicisLe portrait a servi de modèle à plusieurs reproductions du XVIe siècle.

On le retrouve dans une miniature du livre d'heures de Catherine de Médicis représentant la reine Claude au centre d'un portrait de famille composé de ses filles (Louise, Madeleine et Marguerite), de sa soeur cadette, Renée (en bas à droite) et d'Eléonore de Habsbourg.

L'image est très artificielle, car les visages représentés appartiennent des époques différentes. Mais en plaçant la reine en situation dominante, c'est le modèle matriarcal incarnée par Claude qui est mis à l'honneur, et proposé en modèle par Catherine de Médicis.

Source : (Paris, BnF)

 

Claude, musée du LouvreClaude, Kunsthistorisches museum

Claude, musée des Offices

Le portrait a servi de modèle pour différentes peintures aujourd'hui réparties dans différentes collections européennes :

Le musée des Offices de Florence conserve une belle miniature de la reine Claude, peinte dans les années 1570 (première image à gauche) ; le Kunsthistorisches museum détient un portrait de qualité médiocre mais qui s'intégrait dans une galerie de portraits (comme il était courant d'aménager dans les demeures nobiliaires du XVIe siècle) ; le musée du Louvre conserve un petit portrait en pied qui représente la reine dans une robe fleurdelysée.

Source : ? (Florence, musée des Offices) ; Kulturpool (Kunsthistorisches museum) ; Agence photographique de la RMN (Musée du Louvre)

Claude, musée du Louvre

Représentation de Claude de France sur le retable de Sainte Chapelle réalisé en émail par Léonard Limousin en 1553

Le médaillon dans lequel est représentée la reine fait partie de la décoration d'un retable destiné à la Sainte Chapelle.

La reine est placée face à son mari dans un médaillon distinct. Leur représentation en priant font pendants à deux autres médaillons illustrant Henri II et Catherine de Médicis. Le retable inscrit le nouveau couple royal dans la continuité de celui incarné trente ans plus tôt par Claude et François de Valois.

Source : Agence photographique de la RMN (Paris, musée du Louvre)

 

Claude, gisantGisant de Claude de France sculpté par François Carmoy et Pierre Bontemps pour le tombeau commandé par Henri II à la basilique Saint-Denis

En mémoire de ses parents, le roi Henri II fit ériger à la basilique Saint-Denis un tombeau monumental dans lequel le roi François et la reine Claude sont représentés de façon très réaliste.

Claude, gisantClaude, gisantIl s'agit de transis représentant le couple royal de façon cadavérique. La reine Claude, allongée à côté de son époux est représentée nue, et la face émaciée.

Francois-1-Claude-de-FranceLa statue de la reine placée au sommet du tombeau, plus classique dans les formes, est moins intéressante. Claude est représentée en orant, les mains jointes, agenouillée derrière un prie-Dieu. Elle est accompagnée de sa famille, époux, fils et fille. Son visage est moins individualisé que le transi.

La différence de traitement entre les deux statues s'explique par les complications subies par le chantier d'édification du tombeau. Plusieurs sculpteurs se sont succédés pour terminer la décoration de l'édifice et à la mort du roi Henri II, le tombeau n'était pas terminé.

Source des images : Akg-images ; Akg-images AGORHA

 

 

Article initialement posté en décembre 2007

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26 févr. 18

Claude de France (1547-1575)


Claude de France, duchesse de Lorraine, musée BonnatPortrait de Claude de France, dessiné par François Clouet en 1559 et aujourd'hui conservé au musée Bonnat de Bayonne

Source de l'image : Agence photographique de la RMN (Bayonne, musée Bonnat)

Claude de France est la deuxième fille d'Henri II et de Catherine de Médicis. Elle est leur troisième enfant (après le dauphin François et la princesse Elisabeth). Elle naît en 1547, quelques mois après l'avènement de son père au trône de France.

Pour l'historienne Alexandra Zvereva1, ce dessin a été réalisé en 1559, à l'occasion du mariage de la princesse avec le duc Charles III de Lorraine. Claude de France n'est alors âgée que de douze ans.

Ce mariage s'inscrit dans la volonté politique du roi Henri II de s'attacher le duché souverain de Lorraine à une époque où les frontières du royaume sont bouleversées par les négociations du Cateau-Cambrésis. Le duc Charles, âgé de 15 ans, était depuis quelques années, un otage de la cour de France. Il vivait à la cour comme compagnon d'enfance du dauphin François, tandis qu'Henri II maintenait la Lorraine sous son influence. 

L'avènement du Dauphin François comme roi de France quelques mois après le mariage permit au jeune souverain lorrain de revenir dans son duché et d'en prendre possession, avec Claude à ses côtés et son beau-frère, le roi de France.

Claude de France, BnFPrincesse d'un tempérament discret, Claude de France est restée relativement peu connue. La raison  principale est qu'elle disparaît assez jeune, à l'âge de 27 ans. A la naissance de son premier fils en 1563, Claude n'a que 15 ans seulement. Elle met ensuite au monde une dizaine d'enfants et meurt en couches.

La bibliothèque nationale de France conserve un autre portrait de la princesse Claude (ci-contre).

Source de l'image : (Paris, Bibliothèque nationale de France)

 

Claude_de France_alte_pinakothekv2Portrait de Claude de France, duchesse de Lorraine, peint par François Clouet et aujourd'hui conservé à l'Alte Pinakothek de Munich 

Source de l'image : Sammlung  (Munich, Alte Pinakothek)

Il s'agit d'un très beau portrait peint vers 1565-1570, et probablement commandé par la reine Catherine de Médicis (le dessin original n'est pas connu).

Claude de France entretenait des rapports très étroits avec sa mère. Régulièrement, elle se déplaçait pour lui rendre visite, partageant sa vie entre la cour de France et celle de Nancy.

Claude est ainsi présente au mariage de sa soeur Marguerite en 1572 ; Marguerite raconte dans ses mémoires comment les pleurs de sa soeur l'avaient inquiété à quelques heures du massacre de la Saint-Barthélémy. Quelques semaines auparavant, alors qu'elle n'était encore que sur le chemin de Paris, Claude était tombée vivement malade. Partie à la rencontre de sa fille, Catherine de Médicis était restée auprès d'elle durant la rémission de sa maladie ; c'est un choix étonnant quand on sait qu'à ce moment précis de l'Histoire, les tensions politiques suscitées par les préparatifs du mariage sont au plus fort dans la capitale. Il montre combien Catherine de Médicis était attachée à (certains de) ses enfants.

Charles III et Claude de France dans le livre d'heures de Catherine de Médicis, BnFParfois, c'est la reine-mère elle-même qui se déplaçait à la cour de Lorraine. C'était l'occasion pour elle de voir sa fille, mais aussi ses petits-enfants (elle s'y trouve ainsi en 1560, 1564, 1569 et 1573).

L'oeuvre de Clouet conservée à Munich a servi de modèle au portrait du livre d'heures de Catherine (ci-contre).

Claude y est représentée avec son époux, le duc Charles. La miniature a été peinte vers 1573 quelques temps avant la mort de la duchesse. Sa mort prématurée survenue le 21 février 1575 provoqua chez la reine Catherine une profonde affliction (au point qu'elle adressa des reproches au roi Henri III sur l'indifférence du traitement de ce drame au sein de la cour). Après la mort de son épouse, le duc Charles III continua de rendre visite à sa belle-mère de façon régulière. Sa fille Christine était elévée à la cour de France et lui même touchait une pension de la part d'Henri III. Quelques années plus tard, les tensions déclenchées par la Ligue finirent par le brouiller avec lui.

Claude_de France__KhE2Claude de FranceLe portrait de à Munich a également fait l'objet de plusieurs copies dont l'une se trouve au musée de Versailles (ci-contre, image de gauche).  

Source des images : Agence photographique de la RMN (Versailles, musée national du château), (Vienne, Kunsthistorisches museum)

 

 

 

Claude de France, musée des OfficesPortrait en pied de Claude de France conservé au musée des Offices de Florence

Source de l'image : Polo museale fiorentino (Florence, musée des Offices)

Ce portrait magnifique, grandeur nature, représente la duchesse Claude dans un costume de cour particulièrement clinquant. Compte tenu de la rareté des portraits en pied dans l'art français du XVIe siècle, il constitue une perle pour l'iconographie des derniers Valois.

Claude porte un costume qui peut être daté de la seconde moitié des années 1570. Peut-être est-ce un portrait commandé par Catherine de Médicis, au lendemain de la mort de sa fille (1575).

Il faut s'imaginer que la reine Catherine possédait dans sa superbe galerie de son hôtel parisien aujourd'hui détruit, tous les portraits de ses enfants dans un style aussi semblable.

L'historienne de l'art Alexandra Zvereva propose de dater les portraits de cette galerie, entre 1576 et 15782. Peut-être faut-il chercher là, la genèse de ce très beau portrait de Claude de France.

Claude de France dans le livre d'heures de Catherine de Médicis, BnFComment expliquer la présence de ce tableau à Florence ? Peut-être fait-il partie des biens que Christine de Lorraine, petite-fille de Catherine de Médicis avait reçue en héritage. La fille de Claude, devenue grande-duchesse de Toscane avait emporté avec elle une partie des trésors de sa grand-mère. Il semble évident que de cet héritage, Christine était parvenue à récupérer plusieurs portraits de sa mère.

En plus du grand tableau, le musée des Offices conserve également un portrait de Claude sous forme de miniature (en émail). Le modèle reste le même, et a inspiré une (autre) miniature qui se trouve dans le livre d'heures de la reine (image ci-contre) ; le livre d'heures de Catherine de Médicis contient donc deux portraits de la duchesse Claude.

Ce portrait est finalement très important dans l'iconographie de la duchesse Claude car c'est celui qui sera sans cesse recopié après sa mort.

Source de l'image du livre d'heures: (Paris, Bibliothèque nationale de France)

 


Première édition de cet article le 04 mai 2007.

1. Alexandra ZVEREVA, Portraits dessinés de la cour des Valois. Les Clouet de Catherine de Médicis, Arthena, Paris, 2011, p. 301. Alexandra Zvereva mentionne l'existence d'un autre portrait conservé au Musée de Basse-Saxe de Hanovre. Pour ma part, je me demande s'il ne faudrait pas plutôt y voir le portrait de sa fille Christine. Le type de coiffure et les traits du visage que Christine partageait avec sa mère, me font penser à cette possible identification.

2. Alexandra ZVEREVA, La galerie de portraits de l’hôtel de la Reine (hôtel de Soissons), in Bulletin monumental, tome 166-1, 2008, p. 33-41 (en ligne sur Persée)

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Claude de France, portrait posthume, musée des OfficesPortrait posthume de Claude de France conservé au musée des Offices de Florence

Source de l'image : Kunst für alle (Florence, musée des Offices)

Il est difficile de reconnaître dans ce portrait le visage de la duchesse de Lorraine. L'interprétation maladroite du costume confère au tableau une certaine dissonance que vient renforcer le caractère baroque du décor ; c'est un portrait posthume, peint au XVIIe siècle. Son approximation est assez symptomatique des portraits que les descendants de Claude ont commandés longtemps après sa mort.

Décédée à 27 ans, la duchesse de Lorraine a peu connu ses enfants. Sept survivront à l'âge adulte et entretiendront le souvenir de leur mère par la commande de portraits. Cela explique qu'il existe pour Claude un grand nombre de portraits posthumes.

Pour les princes lorrains il s'agit de rappeler leur ascendance illustre. Par leur mère, ils sont apparentés à la maison de France. Cette parenté royale poussera d'ailleurs le duc Charles à manoeuvrer pour imposer son fils Henri, comme roi de France, à la mort d'Henri III (1589).

Claude de France, MunichClaude de France, musée des OfficesBeaucoup de ces portraits semblent être des copies ou des reprises du portrait en pied des Offices où la duchesse Claude porte une belle rouge à vertugadin (voir l'article précédent). Ce sont généralement des imitations assez pâles, dans lesquelles il est difficile de reconnaître les traits de Claude. Le costume lui-même est une réinterprétation (plutôt maladroite comme dans le premier tableau ci-dessus). Dans les exemples ci-contre, l'artiste a  toutefois respecté les élements propres à la mode des années 1570, comme la guimpe, la fraise de forme évasée et la coiffure en ratapenade.

Source des images : Alinari (Florence, musée des Offices), Sammlung (Munich, Alte Pinakothek)

 

Carlo III duca di Lorena e Claudia di Francia, UffiziPortrait du couple ducal Charles III et Claude peint au XVIIe siècle

Source de l'image : Polomuseale (Florence, musée des Offices)

La duchesse Claude est souvent représentée en compagnie des membres de sa famille, de son époux ou de ses enfants. 

Sur ce double portrait, l'image de Claude est figée dans une représentation éternellement juvénile, tandis que l'époux qui l'accompagne est représenté, d'après un portrait peint vers 1600, quand il avait une soixantaine d'années. Le duc Charles ne s'était jamais remarié, et décéda en 1608, trente trois ans après son épouse. 

 

L'Institution du rosaire, musée lorrainPortrait de la famille ducale dans L'institution du rosaire, oeuvre peinte en 1597 et conservé au musée lorrain de Nancy1

Source de l'image : (Nancy, musée lorrain)

Il s'agit d'une peinture de 3 mètres de haut, commandée par le duc Charles III pour l'église des Minimes de Nancy. Elle témoigne de l'engagement du prince lorrain dans la Réforme catholique. Charles III fait partie des princes catholiques de cette fin de siècle qui favorisent les nouvelles formes d'expression de piété religieuse comme l'a été le rosaire.

L'originalité de ce tableau est que la scène religieuse s'accompagne d'une série de beaux portraits des membres de la famille ducale. Le couple ducal est placé au centre de la composition et de part et d'autres, sont représentés leurs enfants, ainsi que le pape Pie V et sainte Catherine de Sienne, connus pour leur engagement en faveur du rosaire.

Derrière la duchesse Claude, sont représentée quatre de ses filles. Le tableau a été peint 20 ans après sa mort, Claude est donc représentée avec des enfants qu'elle n'a pas eu le temps de voir grandir. De gauche à droite : Christine grande duchesse de Toscane (30 ans), Catherine, future abbesse de Remiremont (22 ans), Antoinette, future duchesse de Juliers (27 ans), et Elisabeth, duchesse de Bavière (21 ans).

Portraits de la famille ducale avec Pie V et Sainte Catherine, musée lorrain

 

 

 

 

 

Claude de France, musée du PradoGalerie de portraits des princesses de la maison ducale de Lorraine, peinte en 1599, sur deux toiles conservées au musée du Prado

Source de l'image : (Madrid, Musée du Prado)

La duchesse Claude figure en seconde place, dans un costume rouge qui est le même que le tableau en pied des Offices.

Elle se tient derrière sa belle-mère, Christine de Danemark, une autre figure historique de la famille en tant que nièce de Charles Quint et femme de caractère. Celle-ci avait été régente du duché de Lorraine durant la minorité de son fils Charles ; jusqu'à l'intervention française de 1552.  C'est pour briser l'influence impériale exercée par Christine, qu'Henri II était venu en Lorraine et avait pris le contrôle de l'enfant. Lorsque cette galerie de portraits est peinte, elle aussi était décédée depuis longtemps.

Derrière Claude, sont représentées ses filles, chacune habillées dans des robes différentes, dans le style de la fin du siècle.

Princesses de la maison de Lorraine, musée du Prado

 

 

 

 

 

 


Première édition de cet article le 04 mai 2007.

1. J.THUILLIER et C. PETRY (dir.), L’art en Lorraine au temps de Jacques Callot, Paris, Rmn, 1992, p. 356.

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