30 avr. 07

Catherine de Médicis, musée Jacquemart-AndréPortrait de Catherine de Médicis sous le règne d'Henri III

Sous le règne d'Henri III, les portraits de la reine la représentent avec un petit col blanc. L'époque de la fraise est finie. Conformément à la mode en vogue, elle porte un voile non seulement en forme de conque, mais aussi avec une pointe sur le front qui est de plus en plus accentuée1.

Source : Florence Gétreau, Musée Jacquemart-André, peintures et dessins de l'école française, Paris, Institut de France, Michel de Maule, 2011 (Paris, musée Jacquemart-André)

La volonté d'Henri III de gouverner par lui-même amène Catherine à changer ses habitudes de gouvernement. La reine-mère conserve sa place au sein du Conseil royal mais n'a désormais plus le monopole des affaires. La conduite du royaume revient au roi.

Pourtant, Catherine demeure aussi active que sous Charles IX. Elle garde encore une influence importante sur l'action politique du gouvernement. C'est elle qui mène les affaires et qui effectue les déplacements, quand il s'agit de ramener la paix en province.

Si elle a quitté le Louvre pour son hôtel particulier, elle continue de fréquenter la cour du roi lors des soirées mondaines. On la voit toujours au côté d'Henri III, comme en témoignent les deux tableaux ci-dessous.

Henri III et Catherine de Médicis, extrait du bal de noce du duc de JoyeuseLe bal de noce du duc de Joyeuse Le bal de noce du duc de Joyeuse

La reine-mère est assise entre le roi et la reine. Elle est représentée en train de s'adresser au roi. C'est le signe de la place prépondérante qu'elle conserve encore dans les années 1580. Henri de Lorraine, duc de Guise se tient debout derrière elle, avec le duc de Mayenne, son frère, la main appuyée sur sa chaise.

Source : Rmn (Paris, musée du Louvre)



 

Henri III et Catherine de Médicis (extrait)Bal à la cour des Valois

Bal à la cour des Valois

Comme dans le portrait précèdent, Catherine est représentée en train de s'adresser au roi, la main tendue, comme si elle lui donnait un avis. Le duc de Guise se tient toujours derrière elle.

Derrière Catherine (à sa gauche sur le tableau), se tient sa petite-fille Christine de Lorraine. Catherine l'avait prise sous son aile et l'élevait auprès d'elle. A sa mort, elle devait en faire son héritière et lui léguer ses oeuvres d'art.

Source : Rmn (Paris, musée du Louvre)

 

 

 

Catherine de Médicis, royal collectionCatherine de Médicis en costume de reine par Germain Pilon2.

Ce portrait est tout à fait inhabituel puisqu'il représente la reine dans un costume autre que celui de son deuil.

C'est un bronze imposant, commandé sous le règne d'Henri III et probablement exposé dans son hôtel particulier du quartier des Halles à Paris. L'étude de l'inventaire après-décès de la reine montre que Catherine possédait plusieurs bustes de ce type représentant les membres de la famille royale. Ils étaient peut-être exposés dans la grande galerie du palais où tronaient déja les peintures d'apparat de la famille. Ecrin de ses riches collections, l'hôtel parisien de Catherine avait parfois des allures de musée. La reine en faisait la visite à ses visiteurs les plus illustres (princes, ambassadeurs, ...). Il fonctionnait aussi comme un mémorial, une vitrine pour la gloire des Valois.

Le buste n'est pas sans lien avec le projet de monument funéraire que la reine était en train de se faire bâtir à la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France. Pour son gigantesque tombeau, Germain Pilon avait produit un gisant qui représentait la reine en costume de sacre, de la même façon que ce buste.

Source : Royal collection

 


 Notes

1. Si le costume appartient à celui du règne d'Henri III, le  visage reprend le dessin de la BnF de 1560. Sur l'origine et la datation du tableau voir Florence Gétreau, Musée Jacquemart-André, peintures et dessins de l'école française, Paris, Institut de France, Michel de Maule, 2011, p. 60-61.

2. voir l'article écrit sur ce portrait par Jonathan Marsden dans The Burlington Magazine, n°1245, volume CXLVIII, décembre 2006.

Article modifé en juillet 2012

Posté par Andelot à 17:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Les dernières années

Catherine de Médicis (Baltimore)


Portrait de Catherine de Médicis à soixante ans passés

Il s'agit d'un très beau portrait de la reine sexagénaire. Son visage bouffi est marqué par la fatigue. Catherine de Médicis est entrée dans une nouvelle période, la dernière de sa vie.

Malgré son âge avancé, Catherine continue de voyager à travers le royaume pour maintenir la paix.

En 1585, elle court après le duc de Guise qui tente de soulever la France catholique. Elle le poursuit de ville en ville dans l'est du royaume, mais le duc de Guise la fuit et la mène par le bout du nez.

En 1586, on la voit encore en train de courir, mais cette fois, c'est après le roi de Navarre. Lui aussi l'a fait tourner en bourrique. Elle attend plusieurs semaines avant de le rencontrer et manque à plusieurs reprises de se faire enlever par les protestants. Lors des négociations de Saint-Brice, la reine-mère aura beau faire remarquer à son gendre, son âge avancé et se plaindre de ne jamais connaître le repos, le futur Henri IV lui répondra que c'est justement cette activité qui la maintient en vie.

Catherine (Florence)Catherine (BnF)

 

Ce portrait est reproduit dans le livre d'heures de la reine (ci-contre à gauche). On le retrouve également sur un tableau conservé à Florence (ci-contre à droite).

Source : (Baltimore, The Walters art museum)

Source : (Paris, BnF)

Source : Polo museale (Florence)

 


Article modifié en août 2012

Posté par Andelot à 17:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Catherine par DumonstierDernier portrait de Catherine de Médicis, avant sa mort le 5 janvier 1589

Ce dessin est le dernier portrait officiel de Catherine de Médicis. Il sert de modèle
aux portrait peints placés ci-dessous.

A 69 ans, Catherine décide d'affronter personnellement l'insurrection parisienne. Elle se rend à pied au bas de la barricade qui lui barre la route. Les révoltés veulent l'empêcher de se rendre à l'hôtel de Guise, mais la reine n'a pas froid aux yeux ; elle hausse le ton et impose sa volonté. Devant cette femme remplie de volonté qui a fait plier tant de rudes militaires, devant cet esprit exceptionnel qui a su dominer toutes les passions, les insurgés finissent par céder et lui ouvrir le passage. La voici qui se fraie un chemin à travers les barricades... au milieu du peuple.

Pour Catherine, c'est une déchéance. Elle avait connu sous le règne de son époux, une monarchie autoritaire nimbée d'un éclat sans pareil, admirée de toutes les cours d'Europe. Après la mort d'Henri, elle avait tenté de maintenir cet éclat. Mais la-voici maintenant qui monte sur les barricades et qui marche.. à pied, entourée d'une foule inamicale,...

Catherine de Medicis (musée du Louvre)

La journée des barricades est l'un des derniers grands moments historiques vécus par Catherine. Elle suit ensuite la cour à Blois où souffrante, elle s'alite. L'assassinat du duc de Guise ne fait que hâter sa mort..

La mise à mort du duc de Guise entraîne surtout une immense vague de haine contre le dernier Valois. La rupture avec le peuple est totale. La reine Catherine n'aura pas de funérailles dignes de son rang.

Lorsque les prêcheurs annoncent sa mort au peuple, ils ne savent pas s'ils doivent la louer ou la blamer. N'a t-elle pas pactisé par le passé avec les protestants ? Du côté protestant, on est moins hésitant ; n'est-elle pas responsable de la Saint-Barthélemy ?

Son combat pour la paix sera finalement vite oubliée. Son mausolée, laissé à l'abandon, sera détruit au XVIIe siècle..

Caterina de' Medici (Florence)Catherine (Le Mans)Catherine (Florence)Catherine (Louvre)Source : (Paris, BnF) ;  Source : (Paris, musée du Louvre)

Source : Rmn (Paris, musée du Louvre) ; Source : Polo museale fiorentinoSource : Art Bridgeman (Le Mans, musée de Tesse) ; Source :  Scala archives (Villa Medicis)

Catherine 1588Katharina (Kunsthistorisches)Katharina (Kunsthistorisches)Source : (Kunsthistorisches museum) ; (Kunsthistorisches museum) ; (BnF)

 


Article modifié en août 2012

Posté par Andelot à 17:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La confusion Charles IX-Louis XIII


Voici deux exemples qui illustrent les pièges de l'interprétation des costumes.

Charles_LouisSur le site de l'Agence photographique de la RMN, on trouve ce très joli dessin, réalisé par Tavarone Lazzaro. La légende indique qu'il s'agit d'une audience du jeune roi Charles IX. Or les costumes portés par les personnages sont d'époque Louis XIII. Les hauts-de-chausses, les chapeaux et les fraises à confusion sont typiques des années 1610. Ces vêtements n'existaient pas sous cette forme au temps de Charles IX.

Il s'agit donc vraisemblablement d'une audience du jeune Louis XIII à moins que Tavarone Lazzaro ait vraiment cherché à représenter Charles IX mais sans tenir compte du costume. Nombreux sont les artistes à ne pas tenir compte du costume et à faire dans l'anachronisme. Rubens fait la même chose lorsqu'il peint le couronnement de Marie de Médicis.   

Voici un autre exemple :

Louis_XIII_et_GastonIl s'agit de deux gouaches issues d'une série, représentant d'une part un enfant roi et d'autre part son frère. Sur la base RMN, la légende indique : Le Costume en France au temps des Valois avec une datation remontant au 4e quart 16e siècle. On pourrait donc penser qu'il s'agit de Charles IX et de son frère Anjou.

Et bien, c'est une erreur ! La légende est fausse. Il s'agit non pas de personnages du temps des Valois mais du temps de Louis XIII, plus précisément vers 1610. Les deux dessins représentent en réalité, Louis XIII et son frère. Pourquoi ?

  • Le costume ! Les autres gouaches du recueil représentent des femmes avec des collerettes et des vertugadins typiques de la régence Marie de Médicis. Voir ici.
  • La croix de l'ordre du Saint-Esprit que l'enfant roi porte sur la gouache. Louis XIII est bien le premier enfant roi à le porter (l'ordre apparaît en 1578).

Posté par Andelot à 23:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Catherine de Medicis en clarissePortrait de Catherine de Médicis en clarisse

Il s'agit d'une miniature du livre d'heures de la reine. L'époque est à la Contre-Réforme : les années 1580 marquent chez les catholiques français l'amorce d'un renouvellement spirituel très important. Dans tout le royaume, les confréries de dévotion et les communautés monastiques se multiplient. De nouvelles formes de ferveur font leur apparition.

Pour paraître revêtue de cette façon sur son livre d'heures, on peut se demander si, à la fin de sa vie, Catherine de Médicis avait noué des liens avec l'ordre des clarisses ? Un rapprochement semblable se retrouve chez l'infante Isabelle la petite-fille de Catherine de Médicis. Après la mort de l'archiduc Albert, elle avait rejoint l'ordre des clarisses. Un tableau la représente en tenue de religieuse ; il s'agit de la même tenue que celle portée par Catherine sur la miniature.

Son visage, celui d'une très vieille femme, semble reprendre le modèle de la peinture de Baltimore. La miniature a probablement été peinte à la fin des années 1580, dans les derniers mois de la vie de la reine.

Source : (Paris, BnF)


Article modifié en août 2012

Posté par Andelot à 23:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


01 mai 07

Les portraits d'Henri III (1551-1589)

 

Henri IIIHenri III est l’avant-dernier fils d’Henri II et de Catherine de Médicis. Il est celui qu’on appelle le dernier Valois, car il est le dernier roi de cette famille à avoir régné sur la France.

Son règne marque à la fois l’apogée des splendeurs de la cour de France sous la Renaissance, mais également l’apogée des violences religieuses, dans le cadre des guerres de religion. Alors qu'il assiégeait la capitale, Paris, Henri III meurt assassiné par un moine fanatique.

Honni par un peuple fanatisé, l’image de ce roi a considérablement été déformée. Le but de cette galerie est de faire oublier cet cliché ancien d'Henri III qui le représente souvent avec mépris comme un être efféminé aux fraises burlesques. Il s'agit de montrer l'évolution de sa physionomie, de son style et de sa personnalité et de saisir le passage d’un roi original, soigneux de sa personne, à un roi dévot et sobre.

Témoignage d'un roi trop longtemps méconnu et méprisé !     

Galerie de portraits d'Henri III

Posté par Andelot à 08:14 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

Alexandre Edouard


Henri III enfant, BnFPortrait d'Alexandre Edouard duc d'Angoulême vers 1552

Le futur Henri III est né au château de Fontainebleau en 1551. On lui donne alors comme prénom celui d'Alexandre Edouard.

Il existe plusieurs portraits de lui étant petit. L'un d'entre eux est un dessin du musée Condé qui le représente malade, la tête posée sur un coussin (ci-dessous). Le dessin n'est pas identifié par une inscription, mais les historiens semblent plutôt le reconnaître comme le futur Henri III (Biblio. A.Zvereva).

Source : (Paris, BnF)

Portrait présumé du futur Henri III, musée CondéHenri III enfant, BnFSource : Rmn (Chantilly, musée Condé)

Source : (Paris, BnF)

 

Posté par Andelot à 08:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Le duc d'Orléans (1560)


Portrait du duc d'Orléans (titre de noblesse attribué au futur Henri III en 1560)

Le duc d'Orléans, BerlinLe duc d'Orléans, collection privée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le duc d'Orléans, BnF

Le duc d'Orléans, Rochdale art galleryA l'avènement de Charles IX, à la fin de l'année 1560, Catherine de Médicis demande à François Clouet de réaliser le portrait de ses quatre enfants.

Le cabinet des estampes et dessins de Berlin possède le dessin original représentant le futur Henri III (ci-dessus à gauche) ; une copie se trouve à la BnF (ci-contre). Sa version peinte se retrouve éparpillée dans différentes collections.

Le jeune prince porte le même costume que celui du roi son frère. C'est ce qui explique que les portraits des deux garçons aient parfois été confondus.

Source : Rmn (Berlin, Kupferstichkabinett) ; (Paris, BnF) ; Klei.org (collection privée) ; Bridgeman art library (Rochdale Art Gallery)

Charles IX, Marguerite et HenriExtrait d'un tableau représentant la famille royale, avant le grand voyage qui la conduisit aux frontières du royaume, de 1564 à 1566.

C’est au cours de son passage à Toulouse qu'Alexandre Edouard changea de prénom. On lui fit prendre en mémoire de son père, celui d'Henri.

Il est représenté ici à droite, en compagnie de son frère, le roi Charles et de sa sœur Marguerite. Il a entre onze et treize ans. 

La famille royale vers 1564Source : L. Dimier, Histoire de la peinture de portrait en France au XVIe siècle, G. Van Oest, 1924

Posté par Andelot à 08:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Le duc d'Anjou (1570)


Portrait d'Henri de France duc d'Anjou, réalisé vers 1570

Henri d'Anjou, BnFHenri d'Anjou, musée Condé

Duc d'Anjou en 1566, lieutenant général du royaume en 1567, Henri devient à seize ans, le commandant suprême de l'armée royale. Ce portrait a certainement été fait à l'époque de la troisième guerre de religion (1568-1570), quand le jeune duc s'illustre en remportant sur les protestants les batailles qui firent sa renommée, à Jarnac et à Moncontour. A cause d'une inscription erronée, placée en haut à droite sur le dessin et en bas sur le tableau, on a longtemps cru à tort que le dessin représentait le duc d'Alençon, son frère. Même si les deux frères se ressemblaient, il est impossible de voir dans ce portrait les traits caractéristiques du duc d'Alençon qui possédait un gros nez et un visage plus rempli.

Source : exposition de 2004 (Paris, BnF) ; Rmn (Chantilly, musée Condé)

Henri d'Anjou, BnFPortrait en pied du duc d'Anjou réalisé par François Clouet pour la reine d'Angleterre (vers 1570)

 

Depuis quelques temps, Catherine de Médicis projetait de marier son fils à la reine d'Angleterre, Elisabeth Ière. Ce dessin devait permettre à celle-ci de mieux juger l'allure de son prétendant. L'histoire veut qu'elle n'ait pas trouvé le visage très bien fait. François Clouet qui en est l'auteur, s'est alors justifié d'avoir privilégié dans son dessin, la taille plutôt que le portrait (Biblio. J. Adhémar).

 

Si la reine Elisabeth avait des réticences pour se marier, Anjou en avait également à son égard. D’une part, Elisabeth était de confession protestante et d’autre part, elle avait 18 ans de plus que lui.

Le mariage ne se fit pas, mais le futur Henri III et Elisabeth devinrent plus tard alliés contre l'Espagne.

Source : (BnF) 

Henri d'Anjou, musée CondéPortrait du duc d'Anjou de la première moitié des années 1570

Ce tableau semble plus tardif que le précédent portrait du musée Condé. Anjou porte sur celui-ci une pilosité plus développée.

Peut-être est-ce un tableau fait vers 1572. A 20 ans, le duc d'Anjou est déjà considéré comme une personnalité politique importante de la cour. Il se forme déjà contre lui un groupe d'opposant qui conteste son ascension.

Le roi est lui-même jaloux des lauriers de son frère cadet. Leur entente est mauvaise et pour les séparer, leur mère Catherine songe à installer Anjou sur un trône européen.

Source : Base Joconde (Chantilly, musée Condé)

 

 

 

Henri III, musée de MetzPortrait du duc d'Anjou par Limosin

Le portrait est d'une très grande qualité.

Une ancienne attribution l'identifiait au roi Charles IX. C'est évidemment une erreur.

Il représente le futur Henri III tel qu'il apparaît vers 1572-1573 au moment du massacre de la Saint-Bartélemy et du siège de La Rochelle, à moins qu'il ne s'agisse d'une représentation faite à son avènement sur le trône polonais, sinon du trône français1 ?

Source : musée de Blois (Metz, musée de la Cour d'Or)

 

 

 

 

 

Henri d'anjouPortrait du duc d'Anjou

Il existe plusieurs portraits du duc d'Anjou dans les collections européennes. Les trois qui sont présentées ci-contre et ci-dessous, résultent d'un seul et même modèle qui, curieusement, diffère du dessin de la BnF et des deux peintures de Chantilly.

L'identification de ces portraits reste à confirmer, mais il est plus aisé d'y reconnaître les traits du duc d'Anjou que ceux du roi Charles que les sites d'où ils sont tirés ont proposé. Si le costume appartient clairement à la fin du règne de Charles IX, le duc d'Anjou se distingue de son frère par le port d'une moustache et d'une barbe plus jeune.

 

La fraiHenri par PassarottisHenri d'Anjou, Victoria and Albert museume est représentée plus large que sur les portraits de Chantilly, preuve qu'il s'agit bien de portraits postérieurs.

Comme pour le portrait en émail de Limosin, rien ne s'oppose à ce qu'ils représentent Henri devenu roi.

Source : Polo museale fiorentino (Florence, museo Stibbert)

Source : Albert and Victoria museum

Source : Repro-tableaux (Londres, collection privée)

 

Henri d'Anjou, livre d'heures de Catherine de MédicisPortrait du duc d'Anjou, réalisé vers 1572 dans le livre d'Heures de Catherine de Médicis.

 

Henri est revêtu du manteau royal qu'il porte en tant que prince de la maison de France. Il porte la couronne ducale.

 

Source : (Paris, BnF)

 

 

 

 


Notes :

1. C'est d'ailleurs l'hypothèse formulée par Pierre-Gilles Girault à l'occasion de l'exposition Fêtes et crimes à la renaissance : la cour d'Henri III, Paris, Somogy, 2010, p. 85 (exposition qui a eu le mérite de sortir le portrait de l'ombre où il était).

Article modifié en juillet 2017

Posté par Andelot à 09:43 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

Le roi de Pologne

 


Henri roi de PologneReprésentation du roi de Pologne sur une estampe

Le duc d'Anjou est occupé d'assiéger La Rochelle quand il apprend le 28 mai 1573 qu'il a été élu roi de Pologne.

L'estampe le représente partant pour la Pologne à cheval entouré de ses pages.

Source : Gallica (Paris, BnF)

 

 

Trois personnages en train de danser, extrait de la tapisserie des ValoisL'ambassade extraordinaire envoyée par les Polonais est accueillie à Paris le 19 août 1573. Il s'ensuit des festivités réalisées avec le faste caractéristique de la cour des Valois.

La tapisserie des Offices offre une image de la fête donnée le 14 septembre à l'occasion de l'entrée officielle du roi de Pologne dans la ville de Paris. La scène se déroule dans le jardin des Tuileries où la cour et les Polonais se sont regroupés pour assister à un spectacle organisé par la reine-mère.

Extrait de la tapisserie des ValoisLe fait que le siège royal soit vide peut nous faire penser que Charles IX fait partie des personnalités en train de danser. Dans ce cas, les deux autres personnages masculins qui l'accompagnent au milieu de la cour ne peuvent être que ses frères. Le danseur le plus à droite serait alors le roi de Pologne (le traitement de son visage est semblable à celui qu'il a dans la tapisserie suivante).

Source : Wikimédia (Florence, musée des Offices)

Le voyage du roi de Pologne, extrait de la tapisserie des Valois, musée des OfficesSur la tapisserie du Voyage, le roi de Pologne est clairement identifiable au centre de la composition. La scène représente son départ pour la Pologne. Il est précédé des Polonais et suivi d'un immense cortège composé des membres de sa maison et de celles de ses proches qui l'accompagnent à la frontière. La cour quitte Paris le 28 septembre 1573 et n'arrive à Nancy que le 16 novembre. Le 2 décembre, le roi de Pologne fait ses adieux a sa mère.

Source : Scala (Florence, musée des Offices)

 

Le roi de Pologne sur la fresque peinte au Vatican par Vasari A la même époque, Vasari peint le visage du futur Henri III sur les murs du palais du Vatican. Anjou est représenté au parlement de Paris assis entre ses frères Alençon et Charles. Il s'agit de la fresque murale qui commémore le massacre de la Saint-Barthélemy.

Source : Scala (Rome, palais du Vatican)

 

 

 

 

Posté par Andelot à 10:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]