18 juin 10

Les portraits d'Henri III en diaporama dans une vidéo postée sur You tube:

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20 juin 10

Remise en question d'un portrait de Charles IX


Portrait dit Charles IXIl existe au musée des Arts et de l'Enfance de Fécamp un portrait représentant selon la tradition le roi Charles IX (ci-contre). L'examen physionomique du portrait nous amène à douter de cette indentification. La comparaison du dessin avec celui de François Clouet représentant le jeune roi ne semble guère probante quant à la ressemblance physique des modèles. Ce qui met en cause le dessin, c'est aussi l'analyse du costume. Le petit garçon a les cheveux relevés comme le veut la mode sous Henri III. Il porte aussi un petit col rabattu qui se rapproche, par son allongement sur les côtés, davantage de la mode des années 1580-1590 que des années 1550-1560.

Existe t-il sous Henri III des jeunes princes dans l'entourage royal qui puissent correspondre au petit garçon représenté ?

Peut-il s'agir du fils illégitime de Charles IX, Charles de Valois. Le prince étant né en 1573, l'identification est possible. Il existe une estampe du dénommé bastard qui n'est pas sans rappeler le dessin au niveau de la physionomie (ci-dessous) :

Charles bastard de FranceIl s'agit d'une composition assez simple, sans grand relief, mais les traits du jeune homme semblent être quasiment les mêmes que ceux du dessin de Fécamp. Si le costume n'avait pas été si différent, nous aurions pu affirmer la liaison entre les deux portraits sans aucun doute possible. On remarquera toutefois sur les deux portraits, la même absence d'épaulettes (aspect caractéristique de la mode Henri III) et la présence de gros boutons sur le pourpoint (idem).

Le portrait présumé de Charles IX du musée de Fécamp représenterait en réalité son fils ? C'est une hypothèse dont on peut considérer la probabilité comme étant importante.

Source : Base Joconde (Fécamp, musée des Arts et de l'Enfance) ; (Vienne, Osterreichische nationalbibliothek)

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Charlotte de France (1516-1524)


Charlotte de France (Minneapolis)Portrait de Charlotte de France par Jean Clouet

Charlotte est la deuxième fille de François Ier. Elle est morte en 1524 à l'âge de sept ans. C'est précisément à cette date que Jean Clouet a réalisé le portrait ci-contre.

La mort de la petite princesse semble avoir beaucoup peiné sa tante. Marguerite d'Angoulême était attachée à elle au point de la faire revivre ultérieurement dans l'un de ses textes. Dans Dialogue en forme de vision nocturne, l'âme de Charlotte lui apparaît et lui raconte son bonheur de vivre dans l'au-delà.

Dans les jours qui avaient précédé sa mort, Marguerite était la seule personne de la famille à veiller à son chevet. La mère de la petite, la reine Claude, était morte deux mois plus tôt, sa grand-mère Louise était malade et son père François était en campagne. On était quelques semaines avant la défaite de Pavie et la capture du roi par les Espagnols.

Une variante de ce tableau existe à Chicago dans une collection particulière.

Source : (Minneapolis, Institute of Arts)

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Madeleine de France (1520-1537)

 


Madeleine, collection privéeMadeleine, musée CondéPortrait de la princesse Madeleine de France dessiné et peint par Jean Clouet vers 1524

Source : Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé) ; The Weiss gallery (collection privée)

Madeleine est la troisième fille du roi François Ier. Elle est représentée vers l'âge de trois ans. Elle tient dans ses mains le hochet caractéristique de cette époque. La pièce en ivoire qui termine l'objet serait une dent de loup, un objet usuel pour permettre aux enfants de faire leurs dents et une sorte d'amulette magique qui les protégerait contre les démons.

Le tableau qui avait disparu depuis la guerre, est récemment réapparu sur le marché de l'art (voir P. Mellen, Jean Clouet, catalogue raisonné, dessins miniatures et peintures, Paris, Flammarion, 1971, qui le mentionne porté disparu).

Madeleine de France, BloisMadeleine de France, VersaillesPortrait de Madeleine de France par Corneille de Lyon

Madeleine est mariée en 1537 au roi d'Ecosse Jacques V. Elle meurt la même année, à l'âge de 16 ans seulement. Le portrait a probablement été réalisé peu de temps auparavant vers 1536.

Source : Rmn (anciennement à Blois, musée des Beaux-arts1Source : Rmn (Versailles, musée du château)

 


 

Notes

1. Le tableau a été volé et détruit en 1996 (affaire Stéphane Breitwieser ). H. Lebédel-Carbonnel (dir.), Catalogue des peintures du musée du château de Blois. XVe-XVIIIe siècles, Montreuil, Gourcuff Gradenigo, 2008, p. 212.

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11 juil. 10

Problème d'identification sur un portrait du duc d'Orléans


le duc d'Orléans sur un dessin de la BnFDans un colloque qui s'est tenu en 1997 sur le thème de l'art sous le règne d'Henri II, Henri Zerner est intervenu sur l'iconographie du roi et a remis en cause l'identification d'un portrait de la BnF présenté habituellement comme étant le futur Henri II1.

Il s’agit de ce très beau dessin de Clouet dont on trouve une variante au musée Condé à Chantilly (ci-contre).

Selon Zerner, il n'y pas lieu de douter de l'inscription identifiant le personnage placée en haut à droite sur le dessin : "Monsr Dorleans filz du roi François". Le problème est que ce titre peut aussi bien désigner Henri que son frère cadet Charles. A la mort du dauphin François en 1536, Henri alors duc d’Orléans était devenu dauphin et Charles alors duc d’Angoulême était devenu duc d’Orléans. Lequel de ces deux princes, le dessin de la BnF représente t–il ?

Ce qui fait douter Mr Zerner de l’identification traditionnelle, c'est que la ressemblance du jeune homme avec la physionomie d’Henri II n’est pas évidente. Le dessin de la BnF présente un nez busqué qu'on ne retrouve pas sur les autres portraits du roi. De plus, le personnage paraît un peu âgé pour représenter Henri qui cessa d’être duc d’Orléans à l'âge de 17 ans. Pour Zerner le dessin de la BnF représenterait donc Charles d’Orléans.

L’hypothèse est intéressante mais manque de preuves pour être définitivement acceptée.

Folio 99v du livre d'heures de Catherine de MédicisIl existe un document qui permet d’apporter un éclairage primordial sur la question. C’est le folio 99v du livre d’heures de Catherine de Médicis (ci-contre). . On y retrouve le portrait du duc d’Orléans aux côtés de trois autres personnes apparentées à la famille royale. L’identification des ces trois autres personnages peut permettre, au moyen de la déduction, d'identifier le nom de la personne cachée sous ce fameux duc d’Orléans.

Il est aujourd'hui acquis que le personnage central de la miniature soit le dauphin François et que le personnage de droite soit le duc de Savoie Emmanuel-Philibert époux de Marguerite de France. En revanche, le petit garçon représenté au premier plan n’a jamais fait l’objet d’une identification assurée.

Permettez-moi de présenter ici trois hypothèses ; elles sont essentielles quant à la réflexion sur le dessin duc d’Orléans :

Le petit garçon à identifierL’hypothèse traditionnellement admise :

Puisque les personnages représentent les fils et le gendre de François Ier, on a estimé par déduction que le petit garçon représenté au premier plan du folio est Charles d’Orléans. Le problème c'est que le portrait de la miniature ne renvoie à aucun dessin connu de lui. En outre, pourquoi l’avoir représenté enfant alors qu’il existe des portraits de lui plus âgé et que ses frères sont représentés adultes ?

C'est finalement Henri Zerner qui apporte à cette énigme la solution la plus vraisemblable.

L’hypothèse d’Henri Zerner :

Charles Emmanuel de SavoiePour lui, le petit garçon serait Charles-Emmanuel de Savoie, le fils unique d’Emmanuel-Philibert et la comparaison physionomique des portraits semble lui donner raison. Il existe à la galeria Sabauda de Turin, un tableau du prince réalisé vers 1570 et qui présente la même tête que le petit garçon du livre d'heures (ci-contre).

La présence du petit prince de Savoie dans le livre d’heures de sa tante n’est pas étonnante. Catherine de Médicis et Marguerite de France étaient particulièrement proches. Catherine n’était pas uniquement la belle-sœur de Marguerite mais aussi son amie intime. Les deux femmes étaient inséparables. On prétend toujours que Catherine de Médicis était une femme de pouvoir qui se mêlait de tout, mais rien n’était plus vrai qu’en ce qui concernait le mariage et la vie conjugale de sa belle-sœur. A sa décharge, Catherine avait un droit de regard en tant que reine et gouvernante de France. La paix en Europe s’était construite sur ce mariage. Du fait des guerres d’Italie encore récentes, les enjeux diplomatiques étaient considérables et Catherine de Médicis attendait la naissance d’un héritier savoyard avec beaucoup d’impatience.

Hélas on ne peut pas s’empêcher de déplorer au regard de l’histoire la présence de Charles-Emmanuel et de son père dans le livre d’heures de Catherine. Quelle ironie du sort pour elle qui a toujours cherché à cultiver l’amitié des princes de Savoie alors que ces derniers n’ont jamais cessé de se moquer des Valois, de les salir et de profiter des guerres de religion pour grignoter des petits bouts du royaume de France. Catherine de Médicis avait beau être clairvoyante, sa vision hyper sacrée de la famille l'avait bien aveuglé quant aux sentiments francophobes de la maison de Savoie.

Tableau explicatif du folio 99vJ’espère que vous me pardonnerez ce petit intermède qui permet de resituer le contexte familial et politique dans lequel le livre d'heures a été conçu ; je reviens donc sur notre dessin et sur l’hypothèse formulée par Henri Zerner à l’occasion du colloque de 1997. Puisque Charles n’est pas le petit garçon représenté au premier plan de la miniature, ce serait lui qui serait représenté à gauche dans les traits de ce fameux Mons Dorleans.

Zerner en conclut donc que le dessin de la BnF représente Charles et non le futur Henri II.

Charles d'Orléans dans le livre d'heuresLa troisième hypothèse :

C’est ici que je me permets d’intervenir. Charles d’Orléans est bien présent dans le livre d’heures de Catherine de Médicis mais sur un autre folio (ci-contre). La base de données de la BnF identifie le personnage représenté au folio 209 comme étant François d'Alençon. Il s'agit en réalité de la reprise d'un portrait de Charles d'Orléans peint par Corneille de Lyon et se trouvant aujourd’hui au musée des Offices.

Charles d’Orléans peut-il être représenté deux fois dans le livre d’heures de Catherine ? On peut en douter. On peut donc considérer que le portrait du duc d’Orléans représente bel et bien le futur Henri II.

Conclusion

Le dessin de la BnF représentant le duc d’Orléans peut aussi bien représenter Henri et Charles, respectivement le deuxième et troisième fils de François Ier. Toutefois au vue des différents personnages représentés dans le livre d’heures de la reine Catherine, l’hypothèse traditionnelle qui voit en lui le futur Henri II reste encore vraisemblable.

Dans le catalogue consacré au Clouet, Alexandra Zvereva avait elle-même repris l'identification traditionnelle. Elle ajoute concernant le livre d’heures de Catherine, qu’en choisissant ce portrait, la reine aurait voulu avoir avec elle l'image de son époux tel qu'il était à l’époque de leur mariage2.

C'est enfin un portrait qui doit être mis en relation avec le portrait équestre de la Menil collection dont l'existence apporte un argument supplémentaire à l'identification traditionnelle.


Notes

1. Hervé Oursel et Julia Fritsch (dir.), Henri II et les arts : Actes du colloque international, École du Louvre et Musée national de la Renaissance-Écouen, 1997, La Documentation Française, 2003, p. 22.

2. Alexandra Zvereva, Les Clouet de Catherine de Médicis. Chefs-d'œuvre graphiques du musée Condé, Paris, Somogy éditions d'art, 2002, p. 60.

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23 sept. 10

Marguerite de France (1523-1574)


Marguerite de France, ChantillyPortrait de Marguerite de France vers 1527

Marguerite est la dernière enfant de François Ier et de Claude de France. Elle n'a pas connu sa mère qui est morte peu de temps après sa naissance.

Son éducation s'est faite à la cour du roi François sous l'influence de sa tante Marguerite. De cette parenté, elle garda un goût pour les Lettres et un esprit humaniste.

De tous les enfants de François Ier, c'est celle qui vécut le plus longtemps. On a donc beaucoup de portraits d'elle, et ce d'autant plus qu'elle était aimée du roi son père et du roi son frère. Jean Clouet l'a représenté ici vers l'âge de quatre ou cinq ans.

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

cambridgeIl existe un portrait de Corneille de Lyon représentant une jeune fille dont les traits ne sont pas sans rappeler la princesse Marguerite. Elle porte un costume semblable à celui que porte à la même époque Catherine de Médicis (qui était pour Marguerite à la fois une belle-soeur et une amie proche). Je m'avance beaucoup en proposant ce portrait comme étant celui de Marguerite. Anne Dubois de Groer qui l'a relevé dans son catalogue raisonné l'a laissé sans identification1. La jeune fille devait avoir une douzaine d'années quand ce tableau a été peint en 1536, ce qui correspond à l'âge du modèle.

Source : (Cambridge, The fogg art museum)

 

Marguerite vers 1545Marguerite vers 1542Portrait de Marguerite vers 1542 et 1545

Marguerite est représentée vers l'âge de 18 et 22 ans. Si la princesse fit plusieurs fois l'objet de négociations matrimoniales, elle refusa toujours de faire alliance avec un petit parti. Fille et soeur de rois, elle avait la volonté de n'épouser qu'un souverain ou un fils de roi. L'exigence de ses revendications la laissa célibataire pendant de nombreuses années.

Source : Rmn et Rmn (Chantilly, musée Condé)

Marguerite de France (Rijkmuseum)Estampe représentant Marguerite de France (ci-contre) 

Source : (Amsterdam, Rijkmuseum)

 

 


Notes

1. Anne Dubois de Groer, Corneille La Haye, dit Corneille de Lyon, Arthéna, 1997, p. 264.

Article modifié en octobre 2011

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Marguerite duchesse de Berry d'après Corneille de Lyon (Chantilly)

 Portrait présumé de Marguerite d'après Corneille de Lyon

D'après Anne Dubois de Groer, ce portrait n'est pas un original ; ce qui explique que son identification à Marguerite n'est pas évidente1. Il existe un portrait équivalent au château de Versailles.

Le portrait a probalement été réalisé au début du règne d'Henri II. Faute de trouver un époux de son rang en Europe, la soeur du roi vit à la cour de France. Pour l'entretien de son rang et de sa maison, Henri II lui a donné en jouissance le duché de Berry.

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

 

Marguerite de France (Chantilly)Portrait de Marguerite par François Clouet vers 1550

La pose solennelle donnée par le portraitiste à son modèle et la beauté du costume que laisse transparaître l'esquisse fait de ce dessin un très beau portrait de la duchesse de Berry. Un autre dessin de Chantilly semble s'apparenter avec lui (image ci-dessous).

Marguerite de FranceA 25 ans passés, Marguerite est par son esprit et son affabilité une figure appréciée de la cour de France et de la famille royale.

Source : Rmn et  Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

 

Marguerite de France (vendu chez Christies en 2011)Marguerite de France (Chantilly)Portrait de Marguerite par François Clouet vers 1555

Ce très beau portrait est le dernier représentant Marguerite en costume de cour, avant son départ de France. A 30 ans passés, elle n'est toujours pas mariée.

Le portrait peint n'est réapparu qu'en 2011, en vente, chez Christies.

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé) et Christies

Marguerite représentée sur la miniature du livre d'heures de Catherine de Médicis

Le portrait a servi de modèle pour la miniature (ci-contre) représentant les filles et épouses de François Ier dans le livre d'heures de Catherine de Médicis. Marguerite y est la seule personne à placer son regard vers le lecteur (à l'époque de la réalisation de cette miniature dans les années 1570, elle est l'une des rares figures représentées à être encore vivante).

Source : (Paris, BnF)

 

Marguerite de France en Minerve (Wallace collection)

Représentation allégorique de Marguerite en Minerve vers 1555

Cette très belle plaque en émail rappelle que Marguerite était une femme lettrée, protectrice des écrivains.

Les poètes de la Pléiade comme Ronsard et Du Bellay l'ont célébré comme étant la nouvelle Pallas (ou Minerve). Comme son père autrefois, elle est représentée sous les traits de la déesse. Elle est la divinité qui défend l'art des lettres contre les diatribes des sectaires ignorants.

Marguerite de France passe également pour avoir été sympathisante des idées de la réforme protestante.

Source : Wga (Londres, Wallace collection)

 

 


 Notes

1. Anne Dubois de Groer, Corneille La Haye, dit Corneille de Lyon, Arthéna, 1997, p. 213. 

Article modifié en octobre 2011

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25 sept. 10

Marguerite de France en deuil blanc 2 (Londres)Marguerite de France en deuil blanc 1 (Londres)Deux portraits de Marguerite en deuil blanc par François Clouet en 1559

Ironie du sort pour Marguerite, c'est à quelques jours de son mariage avec le prince de Savoie Emmanuel-Philibert, en juin 1559, que le roi Henri II fut mortellement blessé au cours du fameux tournoi des Tournelles. Au seuil de sa mort, craignant que le prince savoyard ne se dérobe à ses engagements, le roi obligea la tenue immédiate du mariage. Les enjeux géopolitiques de cette alliance étaient considérables. La cérémonie a donc lieu, .. dans les pleurs. La reine Catherine qui avait tant désiré et attendu ce moment, était tombée malade sous le coup de l'émotion de l'accident de son mari. Elle n'assiste même pas au mariage. Le roi meurt dans la nuit même. 

Marguerite en deuil blanc (Turin)Le portrait représente Marguerite arborant pour son frère le deuil blanc. Il s'agit du dernier portrait avant le départ de la princesse pour la Savoie.

Parce qu'il était impossible pour Marguerite de quitter la France sans avoir participé au deuil de la cour et encore moins en abandonnant son amie Catherine et ses enfants dans une situation aussi malheureuse, son départ pour la Savoie fut plusieurs fois reporté. Catherine de Médicis avait également obtenu le report du départ de la reine d'Espagne à laquelle elle était aussi attachée. 

Marguerite ne quitta la France qu'au mois de décembre 1559. Elle se rendit à Nice le temps de retrouver la santé, car les nouvelles de France qui lui parvenaient au sujet de la crise religieuse et des évenements d'Amboise l'affectaient beaucoup.

Source : (Londres, The British museum) et idem

Source : Corbis (Turin, Galerie Sabauda) 

Marguerite de France (Kunsthistorisches museum)

Marguerite de FrancePortraits de la duchesse de Savoie d'après un original perdu

Les deux tableaux représentent la duchesse dans un portrait probablement fait en Savoie (le portrait original est inconnu mais il subsiste sous forme de copies dont une très belle gravure1).

 

 

 

 

Marguerite de France (BnF)On peut faire le rapprochement de ces tableaux avec un dessin de la BnF identifié à tort à Marguerite de Parme (image ci-contre).

Epouse d'un prince officiellement allié à la France, Marguerite se fit remarquer par son amabilité et ses interventions pour tenter d'apaiser les tensions dans le nord de la péninsule italienne. Elle sut maintenir son époux pourtant tout dévoué à l'Espagne, dans une amitié - très fragile - avec la France.

Souce : Arcadja2 ; (Vienne, Kunsthistorisches museum) ; (Paris, BnF) 

 

Ritratto di Margherita di ValoisPortrait de Marguerite peint au XVIIe siècle et conservé au palais ducal de Venaria Reale près de Turin.

Le portrait est une copie du portrait peint vers 1560-1565 et aujourd'hui perdu. Il représente la duchesse de Savoie en pied. Sa présence dans le palais ducal de Turin rappelle la place et l'importance de cette princesse de France dans la généalogie des princes de la Maison de Savoie qui devinrent au XIXe siècle rois d'Italie.

Turin, place forte française depuis la campagne menée par François Ier en 1536 faisait partie de la dot de Marguerite. La capitale du Piémont devait être rendue au duc de Savoie, à la condition que Marguerite mît au monde un héritier mâle. Ce fut le cas en 1562 avec la naissance de Charles-Emmanuel. Quelques temps plus tard, les soldats Français évacuèrent effectivement la place et Turin devint la capitale du duché, au détriment de Chambéry.

Marguerite se faisait beaucoup de soucis pour son pays natal, meurtri par les guerres de religion. Plus tard, Charles-Emmanuel, son fils tant désiré devint duc de Savoie à la mort de son père (1580). Il n'eut toutefois aucun scrupule pour agrandir son état au détriment du royaume de France. Henri IV et Louis XIII durent mener à plusieurs reprises des campagnes contre son état pour étouffer ses ambitions.

A cause du style, j'éprouve quelques réserves quant à la datation donnée au portrait (XVIIe ou XIXe ?).

Source : Wikimedia commons (Venaria Reale, palais ducale)

 


Notes

1. Dana Bentley-Cranch, « L'iconographie de Marguerite de France », in Culture et pouvoir au temps de l'humanisme et de la Renaissance. Actes du Congrès Marguerite de Savoie, Paris, Slatkine, 1978, p. 243-256. Voir également Alexandra Zvereva, Les Clouet de Catherine de Médicis : chefs-d’œuvre graphiques du musée Condé, Paris,  Somogy, 2002, p. 114.

2. L'oeuvre a été vendue aux enchères sous une autre identification. Par comparaison avec le portrait du Kunsthistorisches museum et avec la gravure précédemment citée, l'erreur paraissait évidente.. 

Article modifié en février 2014

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02 févr. 11

Quelques exemples sur le marché de l'art


Portrait de Téligny autrefois identifié à Charles IXLe marché de l'art n'échappe pas aux erreurs d'identification. Il suffit qu'un homme soit peint à la mode de Charles IX pour qu'il soit aussitôt identifié au roi. C'est le cas de ce très beau portrait (ci-contre) présenté pour être celui du jeune souverain. L'existence d'une copie dans les collections autrichiennes (ci-dessous) nous permet de proposer une identification plus certaine : Charles de Téligny.

Téligny, Kunsthistorisches museumTéligny était le gendre de l'amiral de Coligny. A l'issue de la troisième guerre de religion, il était employé par son beau-père pour négocier la paix avec la couronne. Téligny faisait partie de ces protestants qui poussaient Coligny à faire confiance au roi et à monter à la cour. Il fut massacré durant la Saint-Barthélemy. 

Source : Artvalue (Drouot/juin 2000)

Source : (Vienne, Kunsthistorisches museum)

Portrait du duc de Nemours, autrefois identifié à Charles IXLe portrait suivant (ci-contre) a également été transmis par le passé comme représentant le jeune roi Charles. 

Il est encore plus facile de corriger l'erreur d'identification, car les collections publiques possèdent plusieurs exemplaires de ce portrait. Le British museum en possède même le dessin original. Il s'agit de Jacques de Savoie, duc de Nemours.

Le duc de Nemours était un prince de la maison de Savoie et un parent de la famille royale. Fortement lié aux Guise, il combattait dans le camp catholique pendant les guerres civiles. Il nous est surtout connu pour la réputation de son charme et le couple glamour qu'il forma avec Anne d'Este.

Portraits de Jacques de Savoie, duc de NemoursSource : Artvalue (Palais Dorotheum/mars 2001)

Source : (Londres, British museum) ; Rmn (Chantilly, musée Condé) ; Rmn (Chantilly, musée Condé)

b

Portrait équestre du duc de NemoursJe profite de l'évocation de l'iconographie de ce personnage pour mentionner l'erreur dans l'identification d'un petit portrait équestre exposé aujourd'hui au musée Condé (ci-contre). Je l'avais moi-même présenté sur ce blog comme étant le duc d'Anjou (je l'ai retiré depuis), mais Alexandra Zvereva l'a - avec raison - identifié au duc de Nemours1. A y regarder de près2, le visage du portrait équestre reprend les traits de Nemours dans son tableau de Chantilly (ci-dessus).

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

Portrait du duc de Guise, autrefois identifié au roi Henri IIJe terminerai cet article par mentionner ce portrait présumé du roi Henri II (ci-contre). Là encore, il en existe plusieurs portraits semblables qui permettent de corriger avec évidence son identification.

Le portrait représente en réalité l'un des plus importants familiers du roi : François de Lorraine, duc de Guise.

François de Lorraine était le premier époux d'Anne d'Este. Il fut un des piliers de la cour au commencement des guerres de religion. Du fait de sa célébrité et de la grandeur de sa maison, de nombreuses copies ont été faites de ses portraits. Il ne serait pas étonnant qu'elles aient eu parfois la valeur d'icône du fait de la réputation du prince après son assassinat par un protestant en 1563. Son image ne doit pas être confondue avec celle de son fils, Henri de Guise lui aussi assassiné et lui aussi entouré d'un aura de prestige.

Portraits de François de GuiseSource : Artvalue : (Tajan/décembre 2003)

Source : (Paris, BnF) ; (Vienne, Kunsthistorisches museum) ; (Vienne, Kunsthistorisches museum)

bbb


Notes

1. Musée Condé, Les miniatures du musée Condé à Chantilly, Portraits des maisons royales et impériales de France et d’Europe, Paris, Somogy, 2007, p. 210. Il me semble avoir aperçu sur un site de vente d'oeuvres d'art, un tableau semblable représentant le duc de Guise, François, premier époux d'Anne d'Este. Il reprenait les traits du dessin de la BnF (ci-desus). Je regrette de ne pas en avoir pris la référence.

2. Ce qui nous est impossible de faire avec la petite reproduction photographique ici présentée.

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24 sept. 15

Louise de Lorraine (the Royal Collection)Portrait de la reine douairière Louise de Lorraine gravé par Léonard Gaultier

Il s'agit de la dernière image de la reine Louise. Elle est représentée avec une coiffe de veuvage.

C'est une estampe qui se retrouve dans beaucoup de collections publiques (Centre de recherche du château de Versailles , The Royal Collection, Bibliothèque nationale de France, Osterreischiche Nationalbibliothek).

Elle a été reprise par Thomas De Leu mais avec beaucoup moins de précision (The Royal collection, The Fitzwilliam museum, Bibliothèque nationale de FranceOsterreischiche Nationalbibliothek)

Source : The Royal Collection (Royaume-Uni)

 

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