15 nov. 15

 

Louise de Lorraine Vaudémont, musée du LouvrePortrait présumé de Louise de Lorraine (?)

Il s'agit d'un portrait assez étrange. La femme représentée porte une coiffe du début des années 1600. Louise de Lorraine étant morte en 1601, il s'agirait donc d'un portrait réalisé à l'extrême fin de sa vie.

En dépit de l'inscription placé en haut du dessin, je suis sceptique quant à l'identité de cette femme. Devenue veuve, Louise de Lorraine avait choisi de porter le deuil et de vivre solitaire. Il me paraît difficile de l'imaginer sans un voile et avec un décolleté si ouvert.

Il faut reconnaître que le visage n'est pas sans rappeler Louise. A côté du précédent portrait, Louise a grossit. Plus de quinze ans séparent les deux portraits. Louise devrait avoir ici près de cinquante ans. Mais je reste sceptique.

Source : Base Joconde (Paris, musée du Louvre)

 

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13 sept. 16

Charles d'Angoulême (1573-1650)


Charles, bâtard de FrancePortrait de Charles bâtard de France

Source de l'image : Vienne, Osterreichische nationalbibliothek

Charles est le fruit des amours illégitimes du roi Charles IX et de Marie Touchet, fille d'un officier de justice de la région d'Orléans.

Le bâtard est né le 28 avril 1573. Orphelin de père un an plus tard, il est placé sous la tutelle de sa grand-mère Catherine de Médicis et de son oncle, le roi Henri III.

Comme le veut la tradition, il est élevé comme un prince de la maison royale. Pendant six ans, il grandit au château d'Amboise aux cotés de sa demi-soeur Marie-Elisabeth de France, d'un an son cadet. Catherine de Médicis et Henri III les visitaient parfois et se prenaient d'affection pour les deux enfants.

Marie-Elisabeth mourut en 1578 à l'âge de 5 ans. L'année suivante, Charles, au sortir de la petite enfance, quand l'âge vient pour les petits garçons de s'habiller comme des adultes, est emmené à Paris, pour vivre aux côtés de sa grand-mère et du roi son oncle. Dans cette famille, où la culture et les arts du spectacle sont des règles de vie, Charles bénéficia d'une excellente éducation.

 La gravure représente le prince vers 1580-1585. 

 

Le prince de Valois, Poggio a CaianoPortrait en pied d'un prince de la dynastie des Valois conservé à la Villa médicéenne de Poggio a Caiano

Source de l'image : Wikimedia Commons (Villa médicéenne de Poggio a Caiano)

L'image a été téléchargée sur Wikimedia Commons en 2012. Le portrait n'est ni identifié, ni daté.

Il représente un jeune homme de la cour, habillé à la mode des années 1580 ; un jeune prince habillé à la mode Henri III ? La comparaison des visages semble étayer l'identification au bâtard d'Angoulême (yeux cernés, nez assez long).

La présence de ce portrait à la Villa médicéenne de Poggio peut s'expliquer par la transmission des collections de Catherine de Médicis à sa petite-fille Christine de Lorraine. Lorsque celle-ci épousa en 1589 le grand-duc de Toscane, Christine emporta avec elle une grande partie des collections de portraits de la reine-mère. La Villa médicéenne de Poggio a Caiano était l'une des résidences d'été des grands-ducs de Toscane et a pu abriter une partie de ces collections.

Charles, bâtard de France, Poggio a CaianoLe prince bâtard connut une faveur croissante à la cour. En grandissant, il montrait un goût certain pour les soirées festives, et une aisance en société qui le faisait apprécier du roi.

Henri III le traitait comme son fils. Il l'estimait au point que Charles rivalisait en faveur avec les deux archifavoris en titre Joyeuse et Epernon. Dans les quinze derniers  mois du règne, le bâtard devint - avec Roger de Bellegarde - le nouveau favori, remplaçant les deux archimignons déchus.

Il fut question d'en faire l'héritier du trône. L'absence de dauphin et la reprise de la guerre autour de la succession royale avaient poussé Catherine de Médicis à proposer cette solution au roi. Il semble que celui-ci ait hésité à faire du bâtard son successeur. Mais Henri III, prince consciencieux et respectueux de la loi, avait finalement rejeté cette idée contraire à la tradition.

La fin du règne approchait et avec lui la fin des Valois. Les évènements s'accélèrent ; Henri III est assassiné par Jacques Clément ; Charles est à son chevet, en larmes, se préparant à redevenir orphelin. Catherine de Médicis était décédée quelques mois plus tôt. Elle lui avait légué toutes ses possessions ; Charles était désormais comte d'Auvergne et l'héritier bâtard d'une dynastie disparue.

 

Le comte d'Auvergne, Musée de l'Ermitage

Portrait au crayon de Charles, comte d'Auvergne dessiné vers 1600 par Benjamin Foulon et conservé au musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg

Source de l'image : Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage

Le prince est représenté à l'âge de 25 ans environ. Il porte un collet monté dans une forme stylistique qui permet de le dater vers 1600, c'est-à-dire peu de temps avant son embastillement.

A la mort d'Henri III (1589), Henri IV avait pris le bâtard d'Angoulême sous sa protection. Charles l'avait reconnu comme roi et s'était battu pour lui aux batailles d'Arques et d'Ivry.

Charles se rangea très tôt dans le rang des grands seigneurs mécontents et participa aux complots de la cour pour évincer Henri IV. C'était un prince qui menait joyeuse vie à la cour, participant aux festivités, mais proche d'une infatigable comploteuse, Henriette d'Entragues, la maîtresse du roi. Elle était sa demi-soeur, fruit de leur mère Marie Touchet et de François de Balzac d'Entragues.

Charles avait un motif de mécontentent : le procès que lui faisait sa tante Marguerite de Valois pour récupérer l'héritage des Valois dont sa mère Catherine l'avait dépossédée au profit de Charles : le comté d'Auvergne

Ayant perdu ses procès, Charles intrigua contre le roi et perdit sa faveur. En 1604, il participa au complot de sa soeur ; fugitif, pourchassé, capturé, jugé et condamné à mort, Charles fut mis à la Bastille où il demeura jusqu'à en 1617.

Le comte d'Auvergne à l'antique, galerie du château de BeauregardIl existe un portrait du prince dans la galerie des illustres du château de Beauregard (ci-contre à droite). Il est représenté avec les autres personnalités du règne d'Henri IV. La curiosité de ce portrait est que le comte d'Auvergne est peint de profil et habillé à l'antique. C'est un témoignage du caractère divertissant et lettré du prince, créateur et producteur de ballets. Charles de Valois avait perpétué à la cour d'Henri IV, la grande tradition des arts festifs des derniers Valois, en digne héritier de Catherine de Médicis et d'Henri III.

Source de l'image : Gettyimage (Château de Beauregard)

 

Charles, duc d'Angouleme (BnF)Représentation de Charles de France, duc d'Angoulême sur une gravure de Crispin de Passe, tirée du fameux manuel d’équitation, d'Antoine Pluvinel, L'Instruction du Roy en l'Exercice de Monter à Cheval

Source de l'image : (Bibliothèque nationale de France)

Le prince bâtard demeura en prison pendant quatorze ans, dans des conditions et un confort dignes d'un prince. Sa tante Diane de France, duchesse d'Angoulême ne ménageait pas ses efforts auprès du roi pour atténuer ses conditions de vie et obtenir sa libération. Elle l'obtint en 1617 du jeune roi Louis XIII, à la chute de Concini et de Marie de Médicis (qui avait des raisons d'en vouloir au demi-frère de l'audacieuse maîtresse de son mari).

A la mort de sa tante en 1619, son unique parente, Charles, dernier représentant des Valois, hérita de ses biens. Charles devient duc d'Angoulême.

 

Charles de Valois duc d'AngoulèmePortrait de Charles de France, duc d'Angoulême dessiné par Daniel Dumonstier et conservé au manoir de Waddesdon

Source : Daniel Lecœur, Daniel Dumonstier (1574-1646), Arthena, 2006 (Waddesdon manor, Royaume-Uni)

Le prince est représenté dans les années 1630.

Après avoir passé plus de 10 ans en prison, le prince Charles se montra fidèle au roi. Louis XIII l'employa au siège de La Rochelle où il lui confia l'un des commandements de l'armée royale, honneur réservé aux princes et aux Grands.

 

 

 

 

 

 

Charles duc d'Angoulême par Champaigne, BnfPortrait du duc d'Angoulême, peint vraisemblablement par Philippe de Champaigne au début du règne de Louis XIV

L'image est la photographie en noir et blanc d'un portrait dont le style soigné donne à croire qu'il s'agit d'une oeuvre peinte par Philippe de Champaigne. La précision des détails dans le rendu de la matière étaye cette hypothèse.

La photographie est conservée à la BnF, mais la localisation du tableau n'est pas mentionnée (source de l'image : Bibliothèque nationale de France).

C'est le dernier portrait du prince avant sa mort. Il le représente dans les années 1640, avec un col et une mouche de cette époque.

Charles d'Angoulême est mort à l'âge de 77 ans. Il a traversé les époques pour mourrir sous le règne de Louis XIV. Il a connu le règne de quatre monarques, lui qui aurait pu devenir roi.

Le portrait le représente dans ses fonctions d'homme de guerre. Il porte sur son armure, l'étoffe blanche des commandants militaires.

Charles de Valois

Charles duc d'Angouleme, château de Bussy-rabutin

Charles duc d'Angouleme, Château de Skokloster, SuèdeLe portrait de Champaigne a été reproduit par un grand nombre de graveurs et recopié en peinture.

Il en existe des copies dans les galeries privées dont celle du château de Bussy-Rabutin.

Le dessin original de Philippe de Champaigne (ci-contre à gauche) a été vendu aux enchères.

Source des images : Artnet (Collection privée) ; Base Palissy (Château de Bussy-Rabutin) ; (Château de Skokloster, Suède)

 

Portrait de Charles de Valois, duc d'ACharles par Jean Morin , The Royal Collectionngoulême, gravé par Jean Morin d'après l'oeuvre de Philippe de Champaigne

Source de l'image : (The royal collection, Royaume-Uni)

Le portrait a été réalisé d'après l'oeuvre de Philippe de Champaigne dont Jean Morin était probablement l'élève.

L'image a été reproduite à de nombreuses reprises par les maîtres graveurs du milieu du XVIIe siècle, dont Gilles Rousselet et Pierre Daret (images ci-dessous).

Des tirages de ces oeuvres sont aujourd'hui conservés dans de nombreuses collections institutionnelles ; pour n'en citer que quelques uns : la Bibliothèque nationale de France, le château de Versailles, la Royal Collection du Royaume-Uni.

 Source : (Bibliothèque nationale de France) ; (The Royal collection, Royaume-Uni) ; (Bibliothèque nationale de France) ; (Bibliothèque nationale de France) ; (Bibliothèque nationale de France) ; (Bibliothèque nationale de France)

Charles par Gilles Rousselet, Bnf

Charles par Pierre Daret, The Royal collection

Charles de Valois, Bnf

Charles de Valois, Bnf

 

 

 

 

 

 

 

Charles par Moncornet, BnF

Charles de Valois par Mazot, BnF

 

 

 

 

 

 

 

 

Statue funéraire de Charles d'Angoulême, Hôtel Lamoignon, ParisStatue funéraire de Charles de Valois, duc d'Angoulême conservée à l'hôtel Lamoignon

Source : Wikimedia Commons (Hotel Lamoignon, Paris)

Cette statue funéraire est aujourd'hui conservée dans l'ancien hôtel particulier du prince, situé dans le Marais à Paris. On peut l'y voir dans une petite pièce située à l'entrée, où se trouve également la statue funéraire de Diane de France. Les deux bâtards de la dynastie des Valois, derniers représentants de leur famille sont ainsi réunis de façon symbolique. 

L'hôtel Lamoignon constitue l'un des rares et beaux vestiges de la vie princière sous Henri III. Il a été construit dans ce quartier considéré comme neuf et rupin à l'époque, par Diane de France. Commencé sous Henri III, le chantier s'est arrêté à cause de la Ligue ; fidèle conseillère de son frère, Diane avait été contrainte de s'exiler de Paris. Les travaux reprirent avec le retour d'Henri IV. A la mort de la duchesse en 1619, l'hôtel passa par héritage à son neveu.

Diane et Charles furent enterrés dans l'église du couvent des Minimes situé à proximité de leur hôtel. L'église a été détruite au XVIIIe siècle, mais les sculptures funéraires ont été sauvées.

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19 nov. 16

La généalogie des derniers Valois


Note du 23 novembre 2012 : je tente de passer régulièrement pour corriger les liens défaillants (qui est du à l'hébergeur d'images). Dernière mise à jour : le 19/11/2016

 

 

Les derniers Valois

 

Genealogie des Derniers ValoisDepuis François Ier à Marie-Elisabeth de France.

La maison royale des Valois s'est éteinte en 1589 à la mort du roi Henri III. 

Ses deux dernières représentantes sont Marguerite de Valois, reine de Navarre, décédée en 1615 et Diane de France, duchesse d'Angoulême, décédée en 1619.

Lien direct pour voir les détails de l'arbre (ou clic droit sur l'image, puis sur ouvrir le lien)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les descendants des derniers Valois

 

Genealogie des Derniers ValoisCet arbre représente l'ensemble des enfants et des petits-enfants issus du couple Henri II et Catherine de Médicis.

Il permet de comprendre les liens qui lient la monarchie française avec ses voisins espagnols et lorrains. Après son extinction, la maison des Valois continue de survivre à travers eux et à travers les personnalités issues des branches illégitimes (maison bâtarde d'Angoulême et de Saint-Rémy). L'arbre ne prend pas en compte les autres branches illégitimes issues de la maison des Valois comme celle de Longueville.

Lien direct pour voir les détails de l'arbre (ou clic droit sur l'image, puis sur ouvrir le lien)

Concernant la famille de Saint-Rémy voir P. VAN KERREBROUCK, Les Valois, Villeneuve d'Ascq, 1990

 

 

Les derniers Valois et

leurs cousins (prétendants au trône de France à la mort d'Henri III)

 

Arbre des descendants des Valois-OrléansIl s'agit d'un arbre représentant les descendants des Valois à partir de la branche des Valois-Orléans (issue de Louis d'Orléans, frère cadet de Charles VI).

Il a l'intérêt de présenter les cousins des derniers Valois et permet de comprendre la légitimité des prétentions de la maison de Guise sur la couronne de France à la mort du roi Henri III.

Aux Etats généraux de 1593, plusieurs personnalités avaient revendiqué le trône de France en tant que descendants des Valois ; parmi elles, le duc de Savoie, le duc de Guise (fils du balafré), le duc de Mayenne et le duc de Nemours.

Cet arbre vient en complément du précédent. Le roi d'Espagne avait également revendiqué le trône de France pour sa fille Isabelle, et le duc de Lorraine pour son fils le marquis de Pont. De là s'en étaient suivies des alliances politiques et des rivalités qui fragilisèrent le mouvement ligueur et permirent à Henri IV de s'imposer définitivement.

Lien direct pour voir les détails de l'arbre

 

 

 

La maison royale de Bourbon

 

Maison de BourbonDescendants en ligne directe du roi Saint Louis, les membres de la maison de Bourbon ont le statut de princes de sang. Ils siègent derrière la famille royale au sein des cérémonies officielles, religieuses et politiques. Ce sont des personnages qui ont joué un rôle important durant les guerres de religion, et certains d'entre eux comme les rois de Navarre et les princes de Condé, n'ont pas toujours laissé aux Valois un souvenir agréable.

Pourtant, il est bon de rappeler que pour la famille royale, les Bourbons ne sont pas seulement des cousins et des rivaux, mais aussi des amis.

Cet arbre généalogique a en effet l'intérêt de rappeler l'existence de la branche cadette, celle de Montpensier qui a toujours été fidèle à la couronne. Si le mariage entre Marguerite de Valois et Henri de Bourbon (le futur roi Henri IV) a fortifié les liens entre les deux familles, une forte amitié existait déjà auparavant entre Catherine de Médicis, la duchesse de Montpensier et le prince de La Roche-sur-Yon. 

Lien direct pour voir les détails de l'arbre (ou clic droit sur l'image, puis sur ouvrir le lien)

 

Boubon protestants et catholiquesLa maison de Bourbon est souvent présentée comme étant protestante au XVIe siècle : c'est une image à relativiser. Le deuxième arbre des Bourbons que je présente ci-contre, reprend le précédent mais en indiquant par des cadres de couleur, les personnes qui sont de confession protestante (cadre violet) et celles qui sont des catholiques militants, voir des ultras-catholiques (cadre jaune).

Ceux qui n'ont aucun cadre de couleur sont ceux qui sont restés catholiques. Ils forment la majeure partie de la famille au XVIe siècle. Quelques uns se sont illustrés par leur hostilité contre les protestants ; c'est le cas de la duchesse de Guise, matriarche du clan Guisard et le duc de Montpensier qui devait durement ressentir le passage à la Réforme de certaines de ses filles.

Lien direct pour voir les détails de l'arbre (ou clic droit sur l'image, puis sur ouvrir le lien)


 

 

 

La maison ducale de Lorraine et de Guise

Généalogie de la maison de Lorraine et de Guise

Les membres de la maison de Lorraine ont joué un rôle très important à la cour des Valois. Cet arbre permet de resituer qui est qui.

Cet arbre doit être refait ultérieurement (en 2017 ?).

 

 

 

 

La maison impériale des Habsbourg (du XVe au XVIIIe siècle)

 

Habsbourg

Il n'y a quasiment pas une génération sans que les Habsbourg n'offrent une fille à marier au roi de France : Marguerite, Eléonore, Elisabeth, Anne, Marie-Thérèse. On y trouve également Jeanne, mère de Marie de Médicis.

Lien direct vers l'arbre

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15 juil. 17

Claude de France (1499-1524)


Fille aînée du roi Louis XII et d'Anne de Bretagne, Claude de France est une princesse de France née en 1499. En épousant son cousin, François d'Angoulême, appelé à devenir en 1515, le roi François Ier, elle assure la continuité dynastique de la monarchie. Elle contribue à cette continuité en donnant le jour à sept enfants, qu'elle met au monde en l'espace d'une dizaine d'année. Elle meurt en 1524, à l'âge de 25 ans seulement. Sa mort précoce explique la rareté de ses portraits.

Claude de France représentée dans son livre d'heures, The Fitzwilliam museumReprésentation enluminée de Claude de France, enfant, dans son livre d'heures, aujourd'hui conservé au musée de l'université de Cambridge

La scène la représente sur un prie-Dieu, encadrée de saint Claude, sainte Anne et de la vierge Marie enfant.

Le livre d'heures de Claude de France a été réalisé entre 1505 et 1510. Il s'agit d'un cadeau d'Anne de Bretagne à sa fille unique. Pour l'historienne Elizabeth L'Estrange, il marque la volonté d'une mère soucieuse de transmettre à sa fille les valeurs religieuses que sont les siennes1.

Le même ouvrage contient une autre enluminure mettant en scène Claude de France, mais quasi semblable à la première (les deux saints ont interverti leur place, et Claude est agenouillée devant la vierge Marie et sa mère).

Source : (Cambridge, The Fitzwilliam museum)

 

Claude de France dans un scène de dédicace, BnFReprésentation enluminée de Claude de France dans la scène de dédicace d'un livre commémorant les funérailles de sa mère Anne de Bretagne

Il s'agit d'un livre commandé par le roi Louis XII pour mettre par écrit le récit des célébrations solennelles qui furent organisées à la mort de la reine Anne. L'ouvrage est destiné à diffuser auprès des princes de la chrétienté le déroulement de ses funérailles et leur magnificence royale2.

La scène de dédicace met la princesse Claude à l'honneur, lui dédiant une place qui aurait pu être celle de son père. Elle fait rappeler à la jeune fille le poids de l'immense héritage qui est le sien ; Claude n'est pas seulement une fille de France, elle est aussi l'héritière du duché de Bretagne, dont elle est désormais la duchesse.

Anne de Bretagne meurt en 1514. Claude est représentée vers l'âge de treize ans environ ; elle deviendra reine de France l'année suivante.

Source : (Paris, Bibliothèque nationale de France)

Fiançailles de Claude de France et de François d'Angoulême, BnFReprésentation enluminée de Claude de France dans les chroniques de Louis XII

La scène représente ses fiançailles avec son cousin François, le 21 mai 1506. De part et d'autre des fiancés, se tiennent leurs mères respectives, Anne de Bretagne et Louise de Savoie3.

Les visages ne sont pas individualisés, pas plus qu'il n'y a de réalisme dans la taille des personnages.

Source : (Paris, Bibliothèque nationale de France)

 

Le sacre de Claude, BLReprésentation enluminée de Claude de France dans Le Sacre, couronnement et entrée de Madame Claude Royne de France

Il s'agit d'un ouvrage enluminé vers 1517 dédié à la reine Claude.

L'ouvrage conservé à la British Library a probablement été peint par Jean Coene IV, le même enlumineur qui a peint l'ouvrage sur les funérailles de la reine Claude conservé à la Bibliothèque nationale de France. Tout comme celui-ci, les traits des personnages ne sont pas individualisés. A défaut de portrait, les représentations enluminées de la reine ne rendent pas compte de son physionomie.

Le livre contient plusieurs enluminures consacrées à la reine dont l'une représente la cérémonie du sacre. La reine assise sous un dais, face à l'autel et entourée de sa cour est déjà couronnée.

Source : (Londres, British Library)

 

 

 

Claude de France dans un scène de dédicace, Bibliothèque de l'ArsenalReprésentation de la reine Claude dans la scène de dédicace du Roman de Palamon et Arcita, écrit par Anne de Graville vers 1521

Anne de Graville était une femme de lettres, auteur de plusieurs oeuvres littéraires et poétiques. Tombée dans l'oubli, Anne de Graville était très connue de ses contemporains. Issue d'une famille proche de la cour, elle était une dame d'honneur de la reine Claude, et devint après la mort de sa maîtresse une intime de Marguerite de Navarre4.

La scène la représente en train d'offrir son ouvrage à la reine, qui le lui aurait commandé.

L'image est tiré d'un exemplaire du roman conservé à la bibliothèque de l'Arsenal (il en existe aujourd'hui six copies manuscrites4).

Source : (Paris, Bibliothèque nationale de France)


1.  Elizabeth L'Estrange, "Le mécénat d'Anne de Bretagne", dans Patronnes et mécènes en France à la Renaissance, Publications de l'Université de Saint-Etienne, 2007 p. 192-193.

2. Elizabeth A. R Brown, Cynthia Jane Brown, Jean-Luc Deuffic, Michaël Jones, etc. Les funérailles d'une reine : Anne de Bretagne (1514) / "Qu'il mecte ma povre ame en celeste lumiere", Brepols, 2013.

3. Anne-Marie, François Ier imaginaire, symbolique et politique à l'aube de la Renaissance française, Paris, Macula, 1987, p. 53-56.

4. http://siefar.org/dictionnaire/fr/Anne_Malet_de_Graville

 

 Article posté initialement le 05 décembre 2007

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18 juil. 17


Claude, musée du LouvrePortrait de la royne Claude conservé au musée du Louvre

Source : Agence photographique de la RMN

Les seuls portraits existants de la reine Claude sont des reproductions d'un dessin original de Jean Clouet aujourd'hui disparu.

Bien que très dépouillé, le portrait conservé par le musée du Louvre, est le plus intéressant au regard de la vraisemblance.

Les autres copies, réparties dans différentes collections, sont d'un intérêt très inégal (ci-dessous).

Le modèle représenté est toujours le même ; la reine porte une robe en décolleté, ouverte sur une guimpe et une coiffe nouée sous le menton, enserrant le visage, dans une configuration typique des années 1510.

 

 

Claude, musée du Louvre 3Claude, musée du Louvre 2Claude, CNUMClaude,
ChantillySource des images (de gauche à droite) : Base Joconde (Chantilly, Musée Condé) ; (Paris, Conservatoire numérique des arts et métiers) ; Agence photographique de la Rmn (Paris, musée du Louvre) ; Rmn (Paris, musée du Louvre) (Ashmolean museum) ; (Ashmolean museum) ; (Osterreichische Nationalbibliothek)

Claude, Osterreichische NationalbibliothekClaude, Ashmolean museumClaude, Ashmolean museum 2
 

 

 

 

 

Claude de France entourée des princesses de France dans le livre d'heures de Catherine de MédicisLe portrait a servi de modèle à plusieurs reproductions du XVIe siècle.

On le retrouve dans une miniature du livre d'heures de Catherine de Médicis représentant la reine Claude au centre d'un portrait de famille composé de ses filles (Louise, Madeleine et Marguerite), de sa soeur cadette, Renée (en bas à droite) et d'Eléonore de Habsbourg.

L'image est très artificielle, car les visages représentés appartiennent des époques différentes. Mais en plaçant la reine en situation dominante, c'est le modèle matriarcal incarnée par Claude qui est mis à l'honneur, et proposé en modèle par Catherine de Médicis.

Source : (Paris, BnF)

 

Claude, musée du LouvreClaude, Kunsthistorisches museum

Claude, musée des Offices

Le portrait a servi de modèle pour différentes peintures aujourd'hui réparties dans différentes collections européennes :

Le musée des Offices de Florence conserve une belle miniature de la reine Claude, peinte dans les années 1570 (première image à gauche) ; le Kunsthistorisches museum détient un portrait de qualité médiocre mais qui s'intégrait dans une galerie de portraits (comme il était courant d'aménager dans les demeures nobiliaires du XVIe siècle) ; le musée du Louvre conserve un petit portrait en pied qui représente la reine dans une robe fleurdelysée.

Source : ? (Florence, musée des Offices) ; Kulturpool (Kunsthistorisches museum) ; Agence photographique de la RMN (Musée du Louvre)

Claude, musée du Louvre

Représentation de Claude de France sur le retable de Sainte Chapelle réalisé en émail par Léonard Limousin en 1553

Le médaillon dans lequel est représentée la reine fait partie de la décoration d'un retable destiné à la Sainte Chapelle.

La reine est placée face à son mari dans un médaillon distinct. Leur représentation en priant font pendants à deux autres médaillons illustrant Henri II et Catherine de Médicis. Le retable inscrit le nouveau couple royal dans la continuité de celui incarné trente ans plus tôt par Claude et François de Valois.

Source : Agence photographique de la RMN (Paris, musée du Louvre)

 

Claude, gisantGisant de Claude de France sculpté par François Carmoy et Pierre Bontemps pour le tombeau commandé par Henri II à la basilique Saint-Denis

En mémoire de ses parents, le roi Henri II fit ériger à la basilique Saint-Denis un tombeau monumental dans lequel le roi François et la reine Claude sont représentés de façon très réaliste.

Claude, gisantClaude, gisantIl s'agit de transis représentant le couple royal de façon cadavérique. La reine Claude, allongée à côté de son époux est représentée nue, et la face émaciée.

Francois-1-Claude-de-FranceLa statue de la reine placée au sommet du tombeau, plus classique dans les formes, est moins intéressante. Claude est représentée en orant, les mains jointes, agenouillée derrière un prie-Dieu. Elle est accompagnée de sa famille, époux, fils et fille. Son visage est moins individualisé que le transi.

La différence de traitement entre les deux statues s'explique par les complications subies par le chantier d'édification du tombeau. Plusieurs sculpteurs se sont succédés pour terminer la décoration de l'édifice et à la mort du roi Henri II, le tombeau n'était pas terminé.

Source des images : Akg-images ; Akg-images AGORHA

 

 

Article initialement posté en décembre 2007

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