01 mai 07

Alexandre Edouard


Henri III enfant, BnFPortrait d'Alexandre Edouard duc d'Angoulême vers 1552

Le futur Henri III est né au château de Fontainebleau en 1551. On lui donne alors comme prénom celui d'Alexandre Edouard.

Il existe plusieurs portraits de lui étant petit. L'un d'entre eux est un dessin du musée Condé qui le représente malade, la tête posée sur un coussin (ci-dessous). Le dessin n'est pas identifié par une inscription, mais les historiens semblent plutôt le reconnaître comme le futur Henri III (Biblio. A.Zvereva).

Source : (Paris, BnF)

Portrait présumé du futur Henri III, musée CondéHenri III enfant, BnFSource : Rmn (Chantilly, musée Condé)

Source : (Paris, BnF)

 

Posté par Andelot à 08:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Le duc d'Orléans (1560)


Portrait du duc d'Orléans (titre de noblesse attribué au futur Henri III en 1560)

Le duc d'Orléans, BerlinLe duc d'Orléans, collection privée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le duc d'Orléans, BnF

Le duc d'Orléans, Rochdale art galleryA l'avènement de Charles IX, à la fin de l'année 1560, Catherine de Médicis demande à François Clouet de réaliser le portrait de ses quatre enfants.

Le cabinet des estampes et dessins de Berlin possède le dessin original représentant le futur Henri III (ci-dessus à gauche) ; une copie se trouve à la BnF (ci-contre). Sa version peinte se retrouve éparpillée dans différentes collections.

Le jeune prince porte le même costume que celui du roi son frère. C'est ce qui explique que les portraits des deux garçons aient parfois été confondus.

Source : Rmn (Berlin, Kupferstichkabinett) ; (Paris, BnF) ; Klei.org (collection privée) ; Bridgeman art library (Rochdale Art Gallery)

Charles IX, Marguerite et HenriExtrait d'un tableau représentant la famille royale, avant le grand voyage qui la conduisit aux frontières du royaume, de 1564 à 1566.

C’est au cours de son passage à Toulouse qu'Alexandre Edouard changea de prénom. On lui fit prendre en mémoire de son père, celui d'Henri.

Il est représenté ici à droite, en compagnie de son frère, le roi Charles et de sa sœur Marguerite. Il a entre onze et treize ans. 

La famille royale vers 1564Source : L. Dimier, Histoire de la peinture de portrait en France au XVIe siècle, G. Van Oest, 1924

Posté par Andelot à 08:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Le duc d'Anjou (1570)


Portrait d'Henri de France duc d'Anjou, réalisé vers 1570

Henri d'Anjou, BnFHenri d'Anjou, musée Condé

Duc d'Anjou en 1566, lieutenant général du royaume en 1567, Henri devient à seize ans, le commandant suprême de l'armée royale. Ce portrait a certainement été fait à l'époque de la troisième guerre de religion (1568-1570), quand le jeune duc s'illustre en remportant sur les protestants les batailles qui firent sa renommée, à Jarnac et à Moncontour. A cause d'une inscription erronée, placée en haut à droite sur le dessin et en bas sur le tableau, on a longtemps cru à tort que le dessin représentait le duc d'Alençon, son frère. Même si les deux frères se ressemblaient, il est impossible de voir dans ce portrait les traits caractéristiques du duc d'Alençon qui possédait un gros nez et un visage plus rempli.

Source : exposition de 2004 (Paris, BnF) ; Rmn (Chantilly, musée Condé)

Henri d'Anjou, BnFPortrait en pied du duc d'Anjou réalisé par François Clouet pour la reine d'Angleterre (vers 1570)

 

Depuis quelques temps, Catherine de Médicis projetait de marier son fils à la reine d'Angleterre, Elisabeth Ière. Ce dessin devait permettre à celle-ci de mieux juger l'allure de son prétendant. L'histoire veut qu'elle n'ait pas trouvé le visage très bien fait. François Clouet qui en est l'auteur, s'est alors justifié d'avoir privilégié dans son dessin, la taille plutôt que le portrait (Biblio. J. Adhémar).

 

Si la reine Elisabeth avait des réticences pour se marier, Anjou en avait également à son égard. D’une part, Elisabeth était de confession protestante et d’autre part, elle avait 18 ans de plus que lui.

Le mariage ne se fit pas, mais le futur Henri III et Elisabeth devinrent plus tard alliés contre l'Espagne.

Source : (BnF) 

Henri d'Anjou, musée CondéPortrait du duc d'Anjou de la première moitié des années 1570

Ce tableau semble plus tardif que le précédent portrait du musée Condé. Anjou porte sur celui-ci une pilosité plus développée.

Peut-être est-ce un tableau fait vers 1572. A 20 ans, le duc d'Anjou est déjà considéré comme une personnalité politique importante de la cour. Il se forme déjà contre lui un groupe d'opposant qui conteste son ascension.

Le roi est lui-même jaloux des lauriers de son frère cadet. Leur entente est mauvaise et pour les séparer, leur mère Catherine songe à installer Anjou sur un trône européen.

Source : Base Joconde (Chantilly, musée Condé)

 

 

 

Henri III, musée de MetzPortrait du duc d'Anjou par Limosin

Le portrait est d'une très grande qualité.

Une ancienne attribution l'identifiait au roi Charles IX. C'est évidemment une erreur.

Il représente le futur Henri III tel qu'il apparaît vers 1572-1573 au moment du massacre de la Saint-Bartélemy et du siège de La Rochelle, à moins qu'il ne s'agisse d'une représentation faite à son avènement sur le trône polonais, sinon du trône français1 ?

Source : musée de Blois (Metz, musée de la Cour d'Or)

 

 

 

 

 

Henri d'anjouPortrait du duc d'Anjou

Il existe plusieurs portraits du duc d'Anjou dans les collections européennes. Les trois qui sont présentées ci-contre et ci-dessous, résultent d'un seul et même modèle qui, curieusement, diffère du dessin de la BnF et des deux peintures de Chantilly.

L'identification de ces portraits reste à confirmer, mais il est plus aisé d'y reconnaître les traits du duc d'Anjou que ceux du roi Charles que les sites d'où ils sont tirés ont proposé. Si le costume appartient clairement à la fin du règne de Charles IX, le duc d'Anjou se distingue de son frère par le port d'une moustache et d'une barbe plus jeune.

 

La fraiHenri par PassarottisHenri d'Anjou, Victoria and Albert museume est représentée plus large que sur les portraits de Chantilly, preuve qu'il s'agit bien de portraits postérieurs.

Comme pour le portrait en émail de Limosin, rien ne s'oppose à ce qu'ils représentent Henri devenu roi.

Source : Polo museale fiorentino (Florence, museo Stibbert)

Source : Albert and Victoria museum

Source : Repro-tableaux (Londres, collection privée)

 

Henri d'Anjou, livre d'heures de Catherine de MédicisPortrait du duc d'Anjou, réalisé vers 1572 dans le livre d'Heures de Catherine de Médicis.

 

Henri est revêtu du manteau royal qu'il porte en tant que prince de la maison de France. Il porte la couronne ducale.

 

Source : (Paris, BnF)

 

 

 

 


Notes :

1. C'est d'ailleurs l'hypothèse formulée par Pierre-Gilles Girault à l'occasion de l'exposition Fêtes et crimes à la renaissance : la cour d'Henri III, Paris, Somogy, 2010, p. 85 (exposition qui a eu le mérite de sortir le portrait de l'ombre où il était).

Article modifié en juillet 2017

Posté par Andelot à 09:43 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

Le roi de Pologne

 


Henri roi de PologneReprésentation du roi de Pologne sur une estampe

Le duc d'Anjou est occupé d'assiéger La Rochelle quand il apprend le 28 mai 1573 qu'il a été élu roi de Pologne.

L'estampe le représente partant pour la Pologne à cheval entouré de ses pages.

Source : Gallica (Paris, BnF)

 

 

Trois personnages en train de danser, extrait de la tapisserie des ValoisL'ambassade extraordinaire envoyée par les Polonais est accueillie à Paris le 19 août 1573. Il s'ensuit des festivités réalisées avec le faste caractéristique de la cour des Valois.

La tapisserie des Offices offre une image de la fête donnée le 14 septembre à l'occasion de l'entrée officielle du roi de Pologne dans la ville de Paris. La scène se déroule dans le jardin des Tuileries où la cour et les Polonais se sont regroupés pour assister à un spectacle organisé par la reine-mère.

Extrait de la tapisserie des ValoisLe fait que le siège royal soit vide peut nous faire penser que Charles IX fait partie des personnalités en train de danser. Dans ce cas, les deux autres personnages masculins qui l'accompagnent au milieu de la cour ne peuvent être que ses frères. Le danseur le plus à droite serait alors le roi de Pologne (le traitement de son visage est semblable à celui qu'il a dans la tapisserie suivante).

Source : Wikimédia (Florence, musée des Offices)

Le voyage du roi de Pologne, extrait de la tapisserie des Valois, musée des OfficesSur la tapisserie du Voyage, le roi de Pologne est clairement identifiable au centre de la composition. La scène représente son départ pour la Pologne. Il est précédé des Polonais et suivi d'un immense cortège composé des membres de sa maison et de celles de ses proches qui l'accompagnent à la frontière. La cour quitte Paris le 28 septembre 1573 et n'arrive à Nancy que le 16 novembre. Le 2 décembre, le roi de Pologne fait ses adieux a sa mère.

Source : Scala (Florence, musée des Offices)

 

Le roi de Pologne sur la fresque peinte au Vatican par Vasari A la même époque, Vasari peint le visage du futur Henri III sur les murs du palais du Vatican. Anjou est représenté au parlement de Paris assis entre ses frères Alençon et Charles. Il s'agit de la fresque murale qui commémore le massacre de la Saint-Barthélemy.

Source : Scala (Rome, palais du Vatican)

 

 

 

 

Posté par Andelot à 10:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Le voyage en Italie (1574)


Henri III à VeniseExtrait du tableau qui représente l'accueil triomphal réservé à Henri III par les Vénitiens le 18 juillet 1574

Quand il apprend la nouvelle de la mort de son frère en juin 1574, Henri III se trouve toujours dans son royaume de Pologne. Pour lui, il ne peut avoir d'hésitation, il doit rejoindre la France au plus vite.

S'il choisit de faire le voyage de retour par l'Italie, c'est que lors de sa venue en Pologne, la traversée par l'Allemagne s'était assez mal passée (à cause de l'indignation et la colère suscitées chez les protestants allemands par le massacre de la Saint-Barthélemy).

Le séjour italien va durer deux mois pendant lesquels les cérémonies vont se succéder les unes après les autres. La plus importante et la plus grandiose est sans commune mesure celle que lui offrent les Vénitiens le 18 juillet 1574.

Henri à VeniseDe ce passage vénitien, il subsiste plusieurs tableaux dont celui qui orne encore le palais des doges. Il représente l'accueil fait par le doge Mocenigo le 18 juillet (ci-contre).

Le roi est accompagné des plus grands princes italiens : son oncle le duc de Savoie, son cousin, le duc de Ferrare et son principal conseiller politique Louis de Gonzague, frère du duc de Mantoue.

La foule se presse autour du défilé ; un grand nombre de Vénitiens, clergé, notables et membres des corporations, sont venus apercevoir le roi en gondole. La ville s'est donnée les moyens pour recevoir le roi avec faste. Son entrée à bord du Bucentaure est saluée par des salves d'artillerie et parmi les innombrables décorations, un arc de triomphe éphémère a été dressé sur son passage.

Henri IIICopie d’un portrait d'Henri III réalisé par le Tintoret

Source : Conihout (et al.), Henri III mécène des arts, des sciences et des lettres, Paris, PUPS, 2006

Le passage à Venise a été l'occasion pour Henri III de rencontrer les grands peintres de cette époque dont le vieux Titien et Le Tintoret.

Sur son costume noir le roi porte une médaille, probablement celle de l’ordre de Saint Michel.

 

 

 

 

 

Henri III par Domenico ZenoniPortrait d'Henri III par Domenico Zenoni

Il s'agit d'un portrait gravé réalisé en Italie par un artiste venitien. Le portrait en lui-même n'est pas sensationnel. Il retranscrit assez mal le physique du roi. C'est pourtant le tout premier du roi imprimé et diffusé. Il en existe des reprises qui donnent du roi une image très infidèle de son physique (ci-dessous).

A propos de ce portrait voir Anna Bettoni, « Les coronationi de Pietro Buccio et le passage du roi en Vénétie; 1574 », in Isabelle de Conihout, Jean-François Maillard et Guy Poirier (dir.), Henri III mécène des arts, des sciences et des lettres, Paris, PUPS, 2006, pp. 110-120

Henri III

Source : (Paris, BnF)

Henri IIIHenri IIISource : Osterreichische Nationalbibliothek

Source : Scala

Posté par Andelot à 11:15 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


L’avènement au trône de France (1574)


Portrait équestre d'avènement d'Henri III vers 1574-1575Portrait équestre du roi Henri III, probablement réalisé à son avènement vers 1574.

Après plusieurs mois d'absence, Henri III est de retour en France. Il a traversé les Alpes et a rejoint la cour venue à sa rencontre. Ce tableau de petite taille se rapporte probablement à cette période.

Le mur en ruine évoque sans doute l'état de misère dans lequel se trouve le royaume, après plusieurs années de guerre civile. Le roi apparaît devant le mur comme celui qui va le redresser. A l'avènement d'Henri III, la France se trouve être encore en plein conflit ; le roi a pardonné à son frère François et à son beau-frère le roi de Navarre qui avaient comploté contre lui durant son absence, mais les protestants continuent de résister dans de nombreuses régions.

Pour abattre ses ennemis, Henri III opta d'emblée pour une politique de fermeté. Il tenta de soumettre les protestants du Languedoc et du Dauphiné en lançant une grande offensive militaire. Mais ce fut un échec ; il n'y avait pas assez d'argent dans les caisses de l'Etat pour soutenir l'effort de guerre. Dès le commencement, son règne s'annonçait difficile.

 Henri IIILa datation que je propose pour ce portrait repose sur le costume et la physionomie du roi. La toque est placée haute sur la tête et les godrons de la fraise sont évasés sur les extrémités comme sur le dernier portrait officiel de Charles IX. Henri III porte ainsi un costume qui appartient davantage à la mode de cour de son prédécesseur.

La physionomie juvénile du roi renforce la datation proposée. Son visage est exactement le même que celui des portraits du début du règne (voir article suivant). La richesse du collet quadrillé de perles, est la marque d'un moment important. En ce milieu des années 1570, il n'y a que l'avènement du roi qui puisse lui donner l'occasion de se faire représenter ainsi.

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

Henri III par Dupré (XVIIe)Médaille réalisée par Duprè d'après une oeuvre de Germain Pilon réalisée pour l'avènement d'Henri III sur le trône de France

Ce portrait fait apparaître le changement de mode qui s'opère au tout début du règne d'Henri III. La toque disparaît derrière la tête, la plume qui l'orne est déplacée au centre dans l'axe du visage et la fraise s'élargit.

Dans l'histoire du costume, ce portrait montre la transition entre deux modes, celle de la cour de Charles IX et celle de son successeur Henri III.

Source : Collection Zeurg 

 

Article modifié en octobre 2012

Posté par Andelot à 11:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Henri III vers 1575-1578 (Kunsthistorisches museum)Portrait représentant Henri III au début de son règne, d'après Jean Decourt1

Le roi porte encore ce collier chargé de perles, à trois rangs, si caractéristique des années 1570, mais selon la mode du temps, la toque disparaît à l'arrière de la tête, derrière une coiffure relevée en hauteur au-dessus du front. L'ancienne mode de la longue moustache effilée n'est plus de mise, le roi porte un léger bouc et une barbe de trois jours.

Au niveau du costume, il porte par-dessus le pourpoint (ici invisible), un collet clair, simple et uni, dépourvu de galons d'or (voir ici, le portrait de François d'Anjou qui est revêtu du même costume).

Le portrait présente des points communs avec plusieurs autres portraits du roi ; parmi eux, les portraits du roi présents sur la tapisserie des Valois qui se trouvent aujourd'hui à Florence (voir ci-dessous).

Sur une petite peinture (ci-dessous à droite), le roi est représenté en pied, en compagnie de sa mère, de son épouse Louise, et de leurs prédécesseurs, Charles et Elisabeth ; un portrait de groupe intéressant qui apporte un complément visuel sur la façon dont le roi est habillé.

Henri III PiasaHenri III Lyon

Catherine, ses deux fils rois et brusSource : (Vienne, Kunsthistorisches museum) Piasa2 ; Pierre-Gilles Girault et Mathieu Mercier (dir.), Fêtes & Crimes à la Renaissance. La cour d'Henri III, Somogy éditions d'art, 2010, p. 83 ; The Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg project

 
 

eu de la quitaine

Portrait d'Henri III sur l'une des tapisseries des Valois, aujourd'hui conservées au musée des Offices, à Florence

Source : Akh-images et  Scala archives (Florence, musée des Offices)

Le roi est revêtu d'un costume à l'antique (la cuirasse et les bottines des empereurs romains). Tel un nouveau César, le pied à l'étrier, Henri III s'apprête à parader devant ses sujets. Peut-être va t-il participer au jeu de la quintaine, représenté sur le fond de la tapisserie.

Le portrait utilisé pour le visage du roi est celui fixé par le peintre Jean Decourt au début du règne (voir les portraits ci-dessus). Outre les traits du visage, on y retrouve les mêmes formes et agencements de la fraise et de la coiffure.

Avec ses jambes musclées et sa pause martiale, le roi dégage une image virile qui tranche avec les portraits fraisés et les représentations austères que laissera plus tard le peintre François Quesnel. Contrairement à ses deux frères aînés, tous les deux passionnés par la chasse, Henri III n'était pas un sportif. A la vie en pleine nature, le roi préférait la vie de cour et la vie urbaine.

Le jeu de la quintaine, tapisserie des Valois, musée des OfficesEn revanche, le costume romain porté  par le roi accrédite le goût des Valois pour le travestissement ; comme le faisait son père Henri II, Henri III entretient une cour festive, où alternent carnavals, mascarades, et bals masqués.

A ce titre, les huit pièces de la tapisserie des Valois aujourd'hui conservées à Florence, constituent un témoignage exceptionnel de la vie sous Henri III. Probablement commandée à l'intention de Catherine de Médicis, elles illustrent la diversité des jeux à la cour et la magnificence inculquée par la reine-mère à ses enfants dans la tradition du néo-platonisme médicéen : faire danser et jouer la noblesse de France pour lui faire oublier les querelles religieuses, impressionner les sujets pour revivifier leur confiance au roi, purifier les esprits par le Beau pour nettoyer les traumatismes et les horreurs de la guerre.

 

Henri III et Louise de Lorraine-Vaudémont, extrait de la tapisserie des ValoisPortrait du roi et de la reine Louise de Lorraine sur l'une des tapisseries des Valois, conservées au musée des Offices, à Florence

Source : F.Yates, op.cit. et Scala archives (Florence, musée des Offices)

Le roi et la reine sont représentés sur un fond représentant le spectacle nautique qui avait eu lieu à Fontainebleau en 1564.

Le portrait du roi reprend avec moins de détail, le visage peint par Jean Decourt (voir ci-dessus).

Les joutes nautiques de Fontainebleau dans la tapisserie des Valois (musée des Offices)

 

 

 

 

 

 

 

 


Notes

1. Sur l'origine de ce portrait, voir Pierre-Gilles Girault et Mathieu Mercier (dir.), Fêtes & Crimes à la Renaissance. La cour d'Henri III, Somogy éditions d'art, 2010, p. 83.

 2. Le portrait est présenté sur le site comme étant le portrait présumé d'un gentilhomme d'Henri IV, mais je ne m'avance pas beaucoup en proposant l'identification à Henri III, vu la ressemblance avec le portrait du Kunsthistorischesmuseum, que ce soit au niveau du costume et de la physionomie.

 

Article modifié en octobre 2016

Posté par Andelot à 16:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La grande fraise


Henri III vers 1578, musée des OfficesMiniature du roi Henri III réalisée vers 1578 et conservée au palais Pitti de Florence.

Ce très beau portrait représente le roi à une époque où le raffinement de la mode atteint son paroxysme : les cheveux sont relevés au-dessus du front après avoir été ondoyés et frisés ; la toque, placée à l'arrière de la tête, est agrémentée de plumes et d'aigrettes ; les oreilles sont décorés des pendants de perle et le visage est posé sur une grande fraise, présenté aux courtisans comme sur un plateau de fruits.

Cette image du roi fraisé a depuis toujours alimenté sa légende, celle d'un roi maniéré, indolent et débauché régnant sur une cour violente et dégénérée ; associer les excès de la mode à cette image était pourtant une erreur, car la mode d'Henri III était la même que celle de la cour d'Angleterre. Les courtisans d'Elisabeth Ière étaient habillés de la même façon.

Henri III d'après Jean RabelPar ailleurs, il faut rappeler que les excentricités de la cour d'Henri III n'ont rien à envier aux tendances extravagantes de la cour de Louis XIII (avec ses pourpoints fleuris et ses grands cols de dentelle) et de celle de Louis XIV (avec ses grappes de rubans et ses grandes perruques bouclées).

Cette image négative d'Henri III et de sa cour tire son origine des moqueries du peuple peu habitué à de tels caprices vestimentaires. Les pamphlets et libelles écrits contre le roi jouèrent un grand rôle dans son impopularité. Ils explosèrent en grand nombre à la fin de son règne et contribuèrent à sa chute.

La miniature des Offices peut être mise en relation avec une estampe gravée d'après Jean Rabel (image à droite)

Source : ? (Florence, palais Pitti) et (Paris, BnF)

Henri III (Varsovie)

Henri III

Il existe d'autres portraits d'Henri III avec ce type de fraise, mais la plupart sont postérieurs à la miniature. On le devine à la façon dont le chapeau est placé sur la tête et aux traits plus marqués de la physionomie royale.

Par ailleurs, la présence du cordon de l'ordre du Saint Esprit sur les portraits permet de les dater après 1578, année de création de cette institution. C'est le cas, du premier portrait à gauche, mais non celui à droite qui reprend le costume peint par Jean Decourt avec le grand collier de perles.

Source : Wikimédia (Varsovie, musée Narodowe) la petite abeille est le logo de la Bridgeman Art Library

Source : E. Bourassin, Pour comprendre le siècle de la Renaissance, Paris, Tallandier, 1990

 

Henri IIIHenri III, New YorkHenri III a souvent dérouté ses contemporains pour ses excentricités. En bon carnavaleux, il n’avait pas peur dans les bals costumés de se déguiser en femme. Voici deux portraits singuliers. Le premier à gauche (d'origine inconnu) le représente avec un très grand collier de perle et des boutons de pourpoint en joaillerie. Le deuxième encore plus extravagant le représente avec une collerette ouverte comme en portent les femmes.

Des portraits du XVIe siècle ?

Source : ... (?)

Source : (New York, The Metropolitan Museum of art) 

 

Henri III par François Quesnel (Hampel)Portrait du roi Henri III peint par François Quesnel et réapparu récemment dans une vente aux enchères.

Source de l'image : Wikimedia commons (Hampel, vente du 11 avril 2013 à Munich)

Parr la qualité de son rendu pictural, ce tableau est l'un des plus beaux conservé du roi Henri III. C'est un évènement que de tels portraits inédits et d'une telle beauté puissent encore être vendus sur le marché de l'art. 

Le tableau a probablement été peint dans les années 1580. La présence du collier de l'ordre du Saint-Esprit permet de le dater de façon certaine à une date postérieure ou égale à 1578. L'âge du roi peut relativement se deviner au vieillissement des traits ; les tempes commencent à être dégagées, illustrant un début d'alopécie.

Ce tableau est lié au portrait en pied que conserve le Kunsthistorisches museum de Vienne (voir ci-dessous). Le modèle est le même, de sorte que l'on peut voir le portrait du Kunsthistorisches comme le prolongement de celui-ci.

 

Heinrich_III_1585c_KHMPortrait en pied du roi Henri III peint par François Quesnel et aujourd'hui conservé au Kunsthistorisches museum.

Source de l'image : (Vienne, Kunsthistorischesmuseum)

Le portrait en pied est toujours intéressant pour appréhender la mode d'une époque. Malgré le caractère sombre du costume, on devine au niveau du bas ventre, l'énorme panseron qui, à la manière du costume de Polichinelle,  rendait le pourpoint déformé.

La cape très courte cache des manches ballonnées. Sur son coté gauche, est brodée la croix de l'ordre du Saint-Esprit.

Le portrait en pied est un genre qui se développe en France dans la seconde moitié du XVIe siècle et plus particulièrement sous le règne d'Henri III. Si un certain nombre de portraits en pied du roi devait exister,  beaucoup d'entre eux ont disparu du fait des destructions et des autodafés organisés par la Ligue. Dès l'assassinat du duc de Guise, les portraits du roi ont été publiquement détruits. Parmi ceux-ci, a été éliminé le portrait en pied conservé dans la galerie de portraits du palais parisien de la reine-Catherine.

La plupart des portraits en pied qui existent aujourd'hui ne sont que des copies souvent tardives. Un portrait en pied d'Henri III datée du XVIIe siècle existe par exemple au château d'Azay-le-rideau (portrait ci-dessous à droite) ; le roi est rhabillé à la mode de l'époque, le col est plus développé. Plus intéressant est l'exemplaire du musée des Beaux-arts de Troyes qui reprend avec quelques modifications au niveau du col, celui du musée du Kunsthistorischesmuseum (ci-dessous, au milieu).

Henri III, localisation inconnue Henri III, TroyesHenri III, Chambord

Source des images (de gauche à droite) : Akg images (Paris, Musée du Louvre ?)) ; Henri IV et la reconstruction du royaume, colloque, Pau, 1989 (Troyes, musée des Beaux-arts) ; Base Palissy (Azay-le-rideau, collection du château)

 


 

Article modifié en octobre 2016.

Posté par Andelot à 20:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

1580


Henri IIIHenri III par Rabel

Voici deux petites gravures intéressantes pour appréhender l'image d'Henri III. Les deux portraits découlent d'un même modèle. Ils représentent le roi vers 1580. Celui de gauche est daté, celui de droite ne doit guère être plus tardif.

L'image présentée est celle d'un roi qui a échangé la fraise contre un petit col blanc. C'est une iconographie de transition. La plupart des portraits suivants représenteront désormais le roi de cette manière. A l'époque des guerres de religion, le col blanc est signe de simplicité et de gravité. Tandis que les courtisans se pavanent en portant la fraise, les religieux, les hommes de science, les hommes de lettres et les officiers portent le col blanc.

Comme le rappellent les historiens de l'art ce type de portrait est une image officielle, c'est-à-dire que c'est l'image que le roi veut qu'on ait de lui, celle d'un roi administrateur, d'un chef d'état.

Source : (Paris, BnF)  et J. Boucher, La cour d'Henri III, Rennes, Ouest France, 1986

Voir également « Thomas de Leu et le portrait français de la fin du XVIe siècle»,, in Gazette de beaux-arts, octobre 1961 et Alexandra Zvereva, « Il n’y a rien qui touche guères le cœur des simples personnes que les effigies de leurs princes et seigneurs ” : la genèse du portrait de Henri III », in Isabelle de Conihout, Jean-François Maillard et Guy Poirier (dir.), Henri III mécène des arts, des sciences et des lettres, Paris, PUPS, 2006, pp. 56-65.

 

Henri III (Offices de Florence)Miniature du roi peinte vers 1580

Ce portrait peut être rapproché des gravures précédentes. Leur ressemblance permet de penser qu'ils découlent certainement d'un même modèle.

La présence du collier de l'ordre du Saint Esprit confirme une datation postérieure à 1578.

Par ailleurs, la mode veut qu'au fur et à mesure des années, les pointes du col s'écartent de plus en plus. Le col s'élargit au point que dans le courant des années 1600, il s'étend au-dessus des épaules. Ce n'est pas le cas dans ce portrait où les rabats du col sont très étroits.
 

Source : Polo museale florentino (Florence, musée des Offices)

Posté par Andelot à 20:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La période austère


Henri III par Quesnel, musée du LouvrePortrait d'Henri III peint par François Quesnel et aujourd'hui conservé au musée du Louvre

Source : Agence photographique de la Rmn (Paris, musée du Louvre)

Ce portrait représente le roi dans la dernière partie de son règne, soit vers 1585. Henri III a maintenant la trentaine passée. Son chapeau est désormais placé au sommet du front pour cacher une calvitie de plus en plus importante.

Le roi arbore le ruban bleu au bout duquel pend la croix de l'ordre du Saint-Esprit.

Ce portrait illustre le style austère adopté par le roi dans les dernières années de son règne. Le chapeau, le manteau et le pourpoint sont complètement noirs. Hormis celui du chapeau, aucun bijou ne vient égayer la face grave du roi.

Devant l'absence d'héritier mâle et la montée de l'obscurantisme religieux (la Ligue), Henri III sombre dans une période de remise en question qui le conduit à mener une vie de dévotion très intense. Les années 1580 constituent également en France le début de la Contre-réforme catholique, marquée par la quête d'une spiritualité intérieure.

 

Henri III, musée NarodowePortrait d'Henri III peint par Etienne Dumonstier et aujourd'hui conservé au musée Narodowe de Poznan1

Source : Château royal de Blois (Poznan, muzeum Narodowe)

La diffusion de l'image du roi dans les années 1580 est à l'origine d'une production très importante de portraits.

Je vous en propose une gamme ci-dessous. Certains d'entre eux sont des copies tardives d'époque Henri IV ou Louis XIII. Ils sont reproduits de château en château dans les galeries de portraits. Il faut alors les prendre pour ce qu'ils sont, à savoir des interprétations parfois fort éloignées du modèle initial (la copie d'une copie).

Ces reproductions sont si nombreuses qu'il s'en vend de temps en temps dans les maisons de vente aux enchères.

 

 Henri III (Christies, 2003) Henri III (musée Condé) Henri III (château de Versailles) Henri III (château d'Azay-le-rideau) Henri III (musée de Tesse) Henri III (musée Carnavalet) Henri III (Millon et associés)Henri III (Tajan)Henri III (château de Beauregard)Henri III (musée Condé)

Henri III (origine inconnue)Henri III (Vasari Auction)

 

 

 

 

Henri III (Drouot)Henri III de France (Château du Wavel à Cracovie)

 

 

b

 

 

Henri III (palais Pitti)

 

 

 

 

 

 

Source (1ère ligne) : Christie's (vente du 2 avril 2003 à New York) ; Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé) ; Agence photographique de la Rmn (Versailles, musée du château) ; Base palissy (Château d'Azay-le-Rideau) ; Bridgeman art (Le Mans, musée de Tessé)

Source (2e ligne) : (Paris, musée Carnavalet) ; Millon et associés ; Invaluable.com (Tajan, vente du 26 juin 2013 à Paris) ; site web pesonnel de Pascale Olivaux (Château de Beauregard) ; Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé)

Source (3e ligne) :  Artnet (?) ; (Vasari auction, vente du 15 mars 2014 à Bordeaux) ; (Drouot) ; Wikimedia commons (Cracovie, Château du Wavel)

Henri III (Bnf)Henri III (Metropolitan museum)Il existe encore d'autres portraits de ce type, mais sous forme de miniature, comme celle conservée à la galerie des Offices de Florence (ci-dessus à gauche), ou celle insérée dans le livre d'heures de Catherine de Médicis (ci-contre).

Source :  (Florence, palais Pitti) ; (Paris, BnF) ; (New York, Metropolitan museum of art)

 


Notes

 1. Pour l'attribution du portrait et celui traditionnellement attribué à Quesnel voir la notice rédigée par Alexandra Zvereva in Fêtes et crimes à la Renaissance : La cour d'Henri III, Paris, Somogy, 2010, p. 82.

Article modifié en 2010

Posté par Andelot à 21:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]