01 mai 07

Alexandre Edouard


Henri III enfant, BnFPortrait d'Alexandre Edouard duc d'Angoulême vers 1552

Le futur Henri III est né au château de Fontainebleau en 1551. On lui donne alors comme prénom celui d'Alexandre Edouard.

Il existe plusieurs portraits de lui étant petit. L'un d'entre eux est un dessin du musée Condé qui le représente malade, la tête posée sur un coussin (ci-dessous). Le dessin n'est pas identifié par une inscription, mais les historiens semblent plutôt le reconnaître comme le futur Henri III (Biblio. A.Zvereva).

Source : (Paris, BnF)

Portrait présumé du futur Henri III, musée CondéHenri III enfant, BnFSource : Rmn (Chantilly, musée Condé)

Source : (Paris, BnF)

 

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Le duc d'Orléans (1560)


Portrait du duc d'Orléans (titre de noblesse attribué au futur Henri III en 1560)

Le duc d'Orléans, BerlinLe duc d'Orléans, collection privée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le duc d'Orléans, BnF

Le duc d'Orléans, Rochdale art galleryA l'avènement de Charles IX, à la fin de l'année 1560, Catherine de Médicis demande à François Clouet de réaliser le portrait de ses quatre enfants.

Le cabinet des estampes et dessins de Berlin possède le dessin original représentant le futur Henri III (ci-dessus à gauche) ; une copie se trouve à la BnF (ci-contre). Sa version peinte se retrouve éparpillée dans différentes collections.

Le jeune prince porte le même costume que celui du roi son frère. C'est ce qui explique que les portraits des deux garçons aient parfois été confondus.

Source : Rmn (Berlin, Kupferstichkabinett) ; (Paris, BnF) ; Klei.org (collection privée) ; Bridgeman art library (Rochdale Art Gallery)

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Charles IX, Marguerite et HenriExtrait d'un tableau représentant la famille royale, avant le grand voyage qui la conduisit aux frontières du royaume, de 1564 à 1566.

C’est au cours de son passage à Toulouse qu'Alexandre Edouard changea de prénom. On lui fit prendre en mémoire de son père, celui d'Henri.

Il est représenté ici à droite, en compagnie de son frère, le roi Charles et de sa sœur Marguerite. Il a entre onze et treize ans. 

La famille royale vers 1564Source : L. Dimier, Histoire de la peinture de portrait en France au XVIe siècle, G. Van Oest, 1924

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Le duc d'Anjou (1570)


Portrait d'Henri de France duc d'Anjou, réalisé vers 1570

Henri d'Anjou, BnFHenri d'Anjou, musée Condé

Duc d'Anjou en 1566, lieutenant général du royaume en 1567, Henri devient à seize ans, le commandant suprême de l'armée royale. Ce portrait a certainement été fait à l'époque de la troisième guerre de religion (1568-1570), quand le jeune duc s'illustre en remportant sur les protestants les batailles qui firent sa renommée, à Jarnac et à Moncontour. A cause d'une inscription erronée, placée en haut à droite sur le dessin et en bas sur le tableau, on a longtemps cru à tort que le dessin représentait le duc d'Alençon, son frère. Même si les deux frères se ressemblaient, il est impossible de voir dans ce portrait les traits caractéristiques du duc d'Alençon qui possédait un gros nez et un visage plus rempli.

Source : exposition de 2004 (Paris, BnF) ; Rmn (Chantilly, musée Condé)

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Henri d'Anjou, BnFPortrait en pied du duc d'Anjou réalisé par François Clouet pour la reine d'Angleterre (vers 1570)

Depuis quelques temps, Catherine de Médicis projetait de marier son fils à la reine d'Angleterre, Elisabeth Ière. Ce dessin devait permettre à celle-ci de mieux juger l'allure de son prétendant. L'histoire veut qu'elle n'ait pas trouvé le visage très bien fait. François Clouet qui en est l'auteur, s'est alors justifié d'avoir privilégié dans son dessin, la taille plutôt que le portrait (Biblio. J. Adhémar).

Si la reine Elisabeth avait des réticences pour se marier, Anjou en avait également à son égard. D’une part, Elisabeth était de confession protestante et d’autre part, elle avait 18 ans de plus que lui.

Le mariage ne se fit pas, mais le futur Henri III et Elisabeth devinrent plus tard alliés contre l'Espagne.

Source : (BnF) 

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Henri d'Anjou, musée CondéPortrait du duc d'Anjou de la première moitié des années 1570

Ce tableau semble plus tardif que le précédent portrait du musée Condé. Anjou porte sur celui-ci une pilosité plus développée.

Peut-être est-ce un tableau fait vers 1572. A 20 ans, le duc d'Anjou est déjà considéré comme une personnalité politique importante de la cour. Il se forme déjà contre lui un groupe d'opposant qui conteste son ascension.

Le roi est lui-même jaloux des lauriers de son frère cadet. Leur entente est mauvaise et pour les séparer, leur mère Catherine songe à installer Anjou sur un trône européen.

Source : Base Joconde (Chantilly, musée Condé)

 

 

 

Henri III, musée de MetzPortrait du duc d'Anjou par Limosin

Le portrait est d'une très grande qualité.

Une ancienne attribution l'identifiait au roi Charles IX. C'est évidemment une erreur.

Il représente le futur Henri III tel qu'il apparaît vers 1572-1573 au moment du massacre de la Saint-Bartélemy et du siège de La Rochelle, à moins qu'il ne s'agisse d'une représentation faite à son avènement sur le trône polonais, sinon du trône français1 ?

Source : musée de Blois (Metz, musée de la Cour d'Or)

 

 

 

 

 

Henri d'anjouPortrait du duc d'Anjou

Il existe plusieurs portraits du duc d'Anjou dans les collections européennes. Les trois qui sont présentées ci-contre et ci-dessous, résultent d'un seul et même modèle qui, curieusement, diffère du dessin de la BnF et des deux peintures de Chantilly.

L'identification de ces portraits reste à confirmer, mais il est plus aisé d'y reconnaître les traits du duc d'Anjou que ceux du roi Charles que les sites d'où ils sont tirés ont proposé. Si le costume appartient clairement à la fin du règne de Charles IX, le duc d'Anjou se distingue de son frère par le port d'une moustache et d'une barbe plus jeune.

 

La fraiHenri par PassarottisHenri d'Anjou, Victoria and Albert museume est représentée plus large que sur les portraits de Chantilly, preuve qu'il s'agit bien de portraits postérieurs.

Comme pour le portrait en émail de Limosin, rien ne s'oppose à ce qu'ils représentent Henri devenu roi.

Source : Polo museale fiorentino (Florence, museo Stibbert)

Source : Albert and Victoria museum

Source : Repro-tableaux (Londres, collection privée)

 


Notes :

1. C'est d'ailleurs l'hypothèse formulée par Pierre-Gilles Girault à l'occasion de l'exposition Fêtes et crimes à la renaissance : la cour d'Henri III, Paris, Somogy, 2010, p. 85 (exposition qui a eu le mérite de sortir le portrait de l'ombre où il était).

Article modifié en juillet 2012.

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Henri d'Anjou, livre d'heures de Catherine de MédicisPortrait du duc d'Anjou, réalisé vers 1572 dans le livre d'Heures de Catherine de Médicis.

Henri est revêtu du manteau royal qu'il porte en tant que prince de la maison de France. Il porte la couronne ducale.

Source : (Paris, BnF)

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Le roi de Pologne

 


Henri roi de PologneReprésentation du roi de Pologne sur une estampe

Le duc d'Anjou est occupé d'assiéger La Rochelle quand il apprend le 28 mai 1573 qu'il a été élu roi de Pologne.

L'estampe le représente partant pour la Pologne à cheval entouré de ses pages.

Source : Gallica (Paris, BnF)

 

 

Trois personnages en train de danser, extrait de la tapisserie des ValoisL'ambassade extraordinaire envoyée par les Polonais est accueillie à Paris le 19 août 1573. Il s'ensuit des festivités réalisées avec le faste caractéristique de la cour des Valois.

La tapisserie des Offices offre une image de la fête donnée le 14 septembre à l'occasion de l'entrée officielle du roi de Pologne dans la ville de Paris. La scène se déroule dans le jardin des Tuileries où la cour et les Polonais se sont regroupés pour assister à un spectacle organisé par la reine-mère.

Extrait de la tapisserie des ValoisLe fait que le siège royal soit vide peut nous faire penser que Charles IX fait partie des personnalités en train de danser. Dans ce cas, les deux autres personnages masculins qui l'accompagnent au milieu de la cour ne peuvent être que ses frères. Le danseur le plus à droite serait alors le roi de Pologne (le traitement de son visage est semblable à celui qu'il a dans la tapisserie suivante).

Source : Wikimédia (Florence, musée des Offices)

Le voyage du roi de Pologne, extrait de la tapisserie des Valois, musée des OfficesSur la tapisserie du Voyage, le roi de Pologne est clairement identifiable au centre de la composition. La scène représente son départ pour la Pologne. Il est précédé des Polonais et suivi d'un immense cortège composé des membres de sa maison et de celles de ses proches qui l'accompagnent à la frontière. La cour quitte Paris le 28 septembre 1573 et n'arrive à Nancy que le 16 novembre. Le 2 décembre, le roi de Pologne fait ses adieux a sa mère.

Source : Scala (Florence, musée des Offices)

 

Le roi de Pologne sur la fresque peinte au Vatican par Vasari A la même époque, Vasari peint le visage du futur Henri III sur les murs du palais du Vatican. Anjou est représenté au parlement de Paris assis entre ses frères Alençon et Charles. Il s'agit de la fresque murale qui commémore le massacre de la Saint-Barthélemy.

Source : Scala (Rome, palais du Vatican)

 

 

 

 

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Le voyage en Italie (1574)


Henri III à VeniseExtrait du tableau qui représente l'accueil triomphal réservé à Henri III par les Vénitiens le 18 juillet 1574

Quand il apprend la nouvelle de la mort de son frère en juin 1574, Henri III se trouve toujours dans son royaume de Pologne. Pour lui, il ne peut avoir d'hésitation, il doit rejoindre la France au plus vite.

S'il choisit de faire le voyage de retour par l'Italie, c'est que lors de sa venue en Pologne, la traversée par l'Allemagne s'était assez mal passée (à cause de l'indignation et la colère suscitées chez les protestants allemands par le massacre de la Saint-Barthélemy).

Le séjour italien va durer deux mois pendant lesquels les cérémonies vont se succéder les unes après les autres. La plus importante et la plus grandiose est sans commune mesure celle que lui offrent les Vénitiens le 18 juillet 1574.

Henri à VeniseDe ce passage vénitien, il subsiste plusieurs tableaux dont celui qui orne encore le palais des doges. Il représente l'accueil fait par le doge Mocenigo le 18 juillet (ci-contre).

Le roi est accompagné des plus grands princes italiens : son oncle le duc de Savoie, son cousin, le duc de Ferrare et son principal conseiller politique Louis de Gonzague, frère du duc de Mantoue.

La foule se presse autour du défilé ; un grand nombre de Vénitiens, clergé, notables et membres des corporations, sont venus apercevoir le roi en gondole. La ville s'est donnée les moyens pour recevoir le roi avec faste. Son entrée à bord du Bucentaure est saluée par des salves d'artillerie et parmi les innombrables décorations, un arc de triomphe éphémère a été dressé sur son passage.

Henri IIICopie d’un portrait d'Henri III réalisé par le Tintoret

Source : Conihout (et al.), Henri III mécène des arts, des sciences et des lettres, Paris, PUPS, 2006

Le passage à Venise a été l'occasion pour Henri III de rencontrer les grands peintres de cette époque dont le vieux Titien et Le Tintoret.

Sur son costume noir le roi porte une médaille, probablement celle de l’ordre de Saint Michel.

 

 

 

 

 

Henri III par Domenico ZenoniPortrait d'Henri III par Domenico Zenoni

Il s'agit d'un portrait gravé réalisé en Italie par un artiste venitien. Le portrait en lui-même n'est pas sensationnel. Il retranscrit assez mal le physique du roi. C'est pourtant le tout premier du roi imprimé et diffusé. Il en existe des reprises qui donnent du roi une image très infidèle de son physique (ci-dessous).

A propos de ce portrait voir Anna Bettoni, « Les coronationi de Pietro Buccio et le passage du roi en Vénétie; 1574 », in Isabelle de Conihout, Jean-François Maillard et Guy Poirier (dir.), Henri III mécène des arts, des sciences et des lettres, Paris, PUPS, 2006, pp. 110-120

Henri III

Source : (Paris, BnF)

Henri IIIHenri IIISource : Osterreichische Nationalbibliothek

Source : Scala

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L’avènement


Portrait équestre d'avènement d'Henri III vers 1574-1575Portrait équestre du roi Henri III, probablement réalisé à son avènement vers 1574.

Après plusieurs mois d'absence, Henri III est de retour en France. Il a traversé les Alpes et a rejoint la cour venue à sa rencontre. Ce tableau de petite taille se rapporte probablement à cette période.

Le mur en ruine évoque sans doute l'état de misère dans lequel se trouve le royaume, après plusieurs années de guerre civile. Le roi apparaît devant le mur comme celui qui va le redresser. A l'avènement d'Henri III, la France se trouve être encore en plein conflit ; le roi a pardonné à son frère François et à son beau-frère le roi de Navarre qui avaient comploté contre lui durant son absence, mais les protestants continuent de résister dans de nombreuses régions.

Pour abattre ses ennemis, Henri III opta d'emblée pour une politique de fermeté. Il tenta de soumettre les protestants du Languedoc et du Dauphiné en lançant une grande offensive militaire. Mais ce fut un échec ; il n'y avait pas assez d'argent dans les caisses de l'Etat pour soutenir l'effort de guerre. Dès le commencement, son règne s'annonçait difficile.

 Henri IIILa datation que je propose pour ce portrait repose sur le costume et la physionomie du roi. La toque est placée haute sur la tête et les godrons de la fraise sont évasés sur les extrémités comme sur le dernier portrait officiel de Charles IX. Henri III porte ainsi un costume qui appartient davantage à la mode de cour de son prédécesseur.

La physionomie juvénile du roi renforce la datation proposée. Son visage est exactement le même que celui des portraits du début du règne (voir article suivant). La richesse du collet constellé de perles, est le signe d'un moment important. En ce milieu des années 1570, il n'y a que l'avènement du roi qui puisse lui donner l'occasion de se faire représenter ainsi.

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

Henri III par Dupré (XVIIe)Médaille réalisée par Duprè d'après une oeuvre de Germain Pilon réalisée pour l'avènement d'Henri III sur le trône de France

Ce portrait fait apparaître le changement de mode qui s'opère au tout début du règne d'Henri III. La toque disparaît derrière la tête, la plume qui l'orne est déplacée au centre dans l'axe du visage et la fraise s'élargit.

Dans l'histoire du costume, ce portrait montre la transition entre deux modes, celle de la cour de Charles IX et celle de son successeur Henri III.

Source : Collection Zeurg 

 

Article modifié en octobre 2012

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