01 mai 07

Henri III en dessin


Portrait d'Henri III

Source : Base Joconde (Chantilly, musée Condé) ; (Paris, BnF)

Henri III (musée Condé)Henri III (BnF)



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Henri III, BnFCe dessin d'Henri III par Dumonstier est le dernier pris sur le vif.

A la fin de son règne, Henri III n'a que 38 ans. Sur ce dessin, il paraît plus âgé. Ses traits sont marqués, les poils de barbe paraîssent hirsutes et la calvitie avancée.

Henri III souffrait de maux d'estomac mais surtout de son oeil qui souvent irrité et enflammé, le laissait à moitié borgne. La situation politique du royaume ne devait guère arranger les choses. Son moral et sa santé en subissaient les conséquences.

Source : (Paris, BnF )

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Henri III en gravure

Henri III en 1586Henri III par Thomas de LeuIl existe un très grand nombre de gravure représentant Henri III. Beaucoup ne sont que de médiocres copies du 17e et 18e siècle.

Les gravures qui ont été réalisées sous le règne d'Henri III sont celles qui présentent le plus grand intérêt. Elles représentent souvent le même modèle, habillé du col blanc et du collier de l'ordre du Saint Esprit. Il existe également des portraits où le roi est habillé du costume de l'ordre.

Source : (Paris, Bnf)

 Thomas de Leu est le portraitiste-graveur le plus réputé de son milieu. De 1580 à 1600, il réalise une très grande quantité de portraits des personnalités de la cour de France.

Un article lui est consacré dans la gazette des Beaux-arts (écrit par A. Jouan en 1961).

Estampe d'Henri III dans le registre journal de Pierre de L'Estoile, BnF

Cette gravure très belle d'Henri III est l'un des rares portraits du roi où l'on aperçoit la croix du Saint-Esprit cousue sur son manteau.

Cette gravure se trouvait en tête du registre-journal de Pierre L'Estoile, un notable parisien de l'époque, très connu des historiens pour avoir écrit un journal où il raconte les événements du règne d'Henri III.

Pierre L'Estoile était également un collectionneur qui a amassé un grand nombre de documents imprimés, pamphlets et libelles qui circulaient à Paris. Pierre L'Estoile s'intéressait surtout aux documents de la Ligue qu'il détestait.

Pour tous les passionnés du règne d'Henri III et d'Henri IV, les pièces récoltées par Pierre de L'Estoile sont superbement mises en ligne par la BnF (dans Gallica Anthologie ; accessibles par le mode recherche) . Le recueil est connu sous le nom des belles Figures et Drolleries de la Ligue.

 

 

Source  : Pierre de L'Estoile, Journal pour le règne d'Henri III (1574-1589), Paris, Gallimard, 1943

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La vie de cour sous le règne d'Henri III


Sous le règne d'Henri III, la cour de France reste la première cour d'Europe. La vie au Louvre n'est qu'une succession de bals, de fêtes et de mascarades. Plusieurs fois par semaine, le roi danse en compagnie des dames galantes, de ses amis et des Grands, ducs, barons et de nombreux gentilshommes.

 


 

 

Le mariage du duc de Joyeuse, 1581 (Louvre)Le mariage de Joyeuse, 1581 (Versailles)

Le bal de noce du duc de Joyeuse (1581)

Le mariage du favori du roi, Anne de Joyeuse avec la soeur de la reine, Marguerite, est célébré le 18 septembre 1581, avec un faste qui n'a pas d'équivalent dans le XVIe siècle français.

Deux tableaux illustrent le bal qui a été donné à cette occasion. Le premier se trouve au Louvre, le second au musée de Versailles. Ils sont identiques, mis à part que les traits des personnages sont plus affinés dans le second.

 

Henri III, Catherine de Médicis et Louise de Lorraine, extrait du Bal des noces duc de Joyeuse

Sur cet extrait du tableau du Louvre, on aperçoit assis sous un dais, le roi Henri III, à côté de Catherine de Médicis, et de Louise de Lorraine, et derrière eux, le duc de Guise, le duc de Mayenne et un troisième personnage qui serait le duc d'Aumale.

Les deux mariés Anne de Joyeuse et Marguerite de Lorraine sont représentés au centre du tableau.

 

 

Source : Rmn (Paris, musée du Louvre)

Source : Rmn (Versailles, musée du château)

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Bal à la cour d'Henri IIII (Louvre)  Bal à la cour d'Henri III

Cette représentation de la cour d'Henri III n'est pas sans similitude avec les tableaux précédents. On y retrouve les mêmes figures de fantaisies (la dame assise représentée de dos), mais le roi est désormais représenté debout et les musiciens sont placés sur une estrade dans le fond.

Henri III, Christine de Lorraine et Catherine de Médicis, extrait du Bal à la cour d'Henri IIILe tableau était autrefois identifié sous le nom de bal du duc d'Alençon, mais ce dernier est absent du tableau. A cette date, le frère du roi est auprès de sa soupirante anglaise, la reine d'Angleterre. La soeur du roi, Marguerite de Valois est également absente du tableau ; elle se trouve alors à Nérac, à la cour de Navarre.

Le roi, représenté debout à gauche au premier plan, est revêtu du costume en vogue à l'époque : le col, la panse qui transforme le bas du pourpoint en pointe et le boulevart porté sur les hanches.

Pour la datation de la scène, on peut remarquer que le duc de Mayenne, situé derrière le roi, porte le collier de l'ordre du Saint Esprit. Le tableau est donc postérieur à 1582, date d'entrée de Mayenne dans l'ordre.

Le roi, est accompagné du duc de Mayenne, de Christine de Lorraine, sa nièce, de Catherine de Médicis, sa mère et sur le côté, du duc de Guise.

Source : Rmn (Paris, musée du Louvre)


La représentation picturale des bals de la cour est une scène de genre qui se développe sous le règne d'Henri III. Mais contrairement au Bal du duc de Joyeuse et au Bal à la cour des Valois, les personnages représentés dans les autres tableaux existant, sont anonymes.

 

Bal à la cour des Valois (Rennes, musée des Beaux-arts)

 

 

Bal à la cour des Valois (Blois)Source : Rmn (Rennes, musée des Beaux-arts)

Source : Bridgeman art library (Blois, musée des Beaux-arts)

 

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Les "drolleries" de la Ligue


La montée en puissance de la Ligue a fait apparaître un très grand nombre de pamphlets, de libelles et de caricatures haineuses à l'égard d'Henri III. L'assassinat du duc de Guise et du cardinal de Lorraine en décembre 1588 accrut radicalement leur nombre sur le marché des imprimés.

Les plus belles sont celles contenues dans le recueil des drolleries et belles figures de la Ligue, mis en ligne par la BnF (dans Gallica anthologie). Elles illustrent les derniers grands évènements du règne

 

Gravure ligeuse : Les Etats générauxHenri III préside les Etats généraux, encadré des deux futurs "martyrs", le duc de Guise et le cardinal de Lorraine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gravure ligueuse : Anne d'Este devant les corps de ses deux filsLe roi montre à la duchesse de Nemours, mère du duc de Guise (et petite-fille du roi Louis XII), les cadavres de ses fils assassinés.

Sur le fond, les autres membres de la famille de Guise et le cardinal de Bourbon sont emmenés par les gardes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gravure ligueuse : L'arrestation des chefs de la LigueLe roi met en arrestation le cardinal de Bourbon, l'archevêque de Lyon et le prince de Joinville.

Le cardinal de Bourbon était le futur roi Charles X, l'héritier imposé au roi par la Ligue. Pierre d'Epinac était un homme religieux et politique de la Ligue. Le prince de Joinville était le fils du balafré (et donc après l'assassinat de son père le nouveau duc de Guise).

Pour voir les gravures, allez sur Gallica anthologie des collections.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gravure ligeuse : L'incinération des corpsLe roi ordonne de brûler les restes du duc de Guise et du cardinal de Lorraine pour éviter que la Ligue n'en fasse des reliques.

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04 mai 07

Les portraits des princesses de France

Princesse_de_FranceLa famille royale des Valois compte au XVIe siècle une quinzaine de princesses royales. Filles, petites-filles, soeurs, tantes et cousines d'Henri II, celles qui ont atteint leur majorité ont été mariées aux plus grands souverains d'Europe et ont contribué à faire des Valois une véritable famille européenne.

L'Ecosse, la Lorraine, la Navarre, l'Espagne, la Savoie, la Toscane, Ferrare et Parme ont tour à tour accueilli l'une de ces princesses.

La plus célèbre d'entre elles, Marguerite de Valois, plus connue sous le nom de reine Margot a tenu à la cour une place si importante qu'elle méritait d'avoir une galerie de portraits particulière. Elle n'est donc pas comprise dans cette présente catégorie. 

Galerie des princesses de France









Cette catégorie est susceptible de se développer avec l'ajout des portraits de Renée, Charlotte, Madeleine, Marguerite et ... Marguerite, voire de Jeanne et Anne

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Diane de France (1538-1619)


Diane de France, Henri II et Horace Farnèse dans une fresque du château de CaprarolaExtrait d'une fresque représentant le mariage de Diane de France avec le duc de Castro en 1553

Diane est la fille naturelle du roi Henri II et d'une piémontaise nommée Filippa Duci. Elle est née alors que son père n'était encore que dauphin de France. Née six ans avant la naissance de François II, elle est son premier enfant. Légitimée, elle grandit à la cour de France et est élevée comme une princesse de la famille royale.

En 1553, elle épouse à l'âge de quinze ans, un important seigneur italien, Horace Farnèse, duc de Castro, petit-fils du pape Paul III et frère du duc de Parme (il est également l'oncle de l'illustre Alexandre Farnèse). Il est tué la même année lors d'un combat. Le mariage n'aura duré que quelques mois.

La première représentation qu'on a de Diane est cette peinture du palais Farnèse à Caprarola qui la représente au moment de son mariage. Henri II se tient au centre et Horace Farnèse à droite. Derrière le roi, se profile le visage d'une femme qui semble être Catherine de Médicis.

Source : site du photographe Giovanni Rinaldi (Caprarola, Palais Farnèse)

Il existe à ma connaissance plusieurs portraits de Diane de France. Leur identification peuvent être sujet à discussion, car les portraits présentent des physionomies qui ne se ressemblent pas.

 

Diane de France musée du CarnavaletPortrait de Diane de France, duchesse de Montmorency, conservé au musée Carnavalet à Paris

Le premier de ces portraits représente Diane dans le courant des années 1560. Il est identifié par une inscription (Dsse D'ANGOVLESME).

Après quatre années de veuvage, Diane est mariée à François de Montmorency, fils aîné du connétable. Ce mariage la rattache à une importante famille de la cour et un parti très impliqué dans le conflit des guerres de religion.

En 1567, son beau-père décède des suites de ses blessures à la bataille de Saint-Denis. Son époux François devient duc de Montmorency et elle, duchesse de Montmorency. Il est possible que le portrait ait été tiré à cette date.

Bien des années plus tard, alors qu'elle est veuve de son second mari (1579), Henri III son demi-frère, lui accordera le duché d'Angoulême. L'inscription placée en haut du tableau est donc une inscription tardive. Diane n'était pas encore duchesse d'Angoulême lorsque qu'il a été peint.

Diane de France, Kunsthistorisches museumIl est reconnu que Diane était l'enfant d'Henri II qui lui ressemblait le plus. Elle porte entre la paupière et l'arcade sourcilière, un creux marqué qui se retrouve sur le visage de son père. La présence d'une copie de ce portrait dans la galerie de portraits de l'archiduc Ferdinand permet de confirmer l'identification du portrait de Carnavalet à Diane de France. 

Source : (Paris, musée Carnavalet) ; Kulturpool (Kunsthistorisches museum)

 

 

Diane, Krannert art museumPortrait de Diane de France, duchesse de Montmorency conservé au Krannert art museum dans l'Illinois

Il s'agit d'un portrait inédit publié sur un article du Krannert Art Museum en date du 7 mars 2017.

L'identification à Diane de France est manifeste, tant est grande la ressemblance avec le portrait du musée Carnavalet. Bien que les éléments du costumes soient différents, le modèle reste exactement le même ; les traits du visage, la pose, la disposition des ornements.

Le portrait du Krannert Art Museum est plus riche en détail. Le costume est plus somptueux. Il rappelle que Diane était non seulement une fille de France, mais aussi l'épouse de l'un des plus grands seigneurs du royaume.

Source : (Champaign, Krannert Art Museum)

 

 

 

Diane de France, musée du LouvreLe portrait suivant représenterait Diane, à une date, plus ou moins proche du portrait précédent (vers 1570).

Là encore, l'anachronisme de l'inscription située au bas du tableau jette un trouble sur l'identité réelle du personnage. L'attribution à Diane peut paraître douteuse, compte tenu de la sobriété du costume, qui appartient davantage à une femme issue de la bourgeoisie.

Par ailleurs, la physionomie du visage est assez différente du portrait précédent. Les sourcils sont plus arqués et le creux au-dessus des paupières est absent.

Source : Agence photographique de la RMN (Paris, musée du Louvre)

 

 

 

Diane de France, BnFLe dernier portrait est un dessin réalisé au début du règne d'Henri III, dans la seconde moitié des années 1570, une époque qui voit le développement de la collerette en éventail comme elle est représentée sur le dessin.

La présence du creux prononcé sous les sourcils marque une ressemblance avec le visage d'Henri II qui permettrait d'accréditer l'identification de ce portrait à Diane de France.

Il existe d'autres dessins de Diane mais l'exactitude de leur identification reste à démontrer.

Source : (Paris, BnF)

 

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Elisabeth de France (1545-1568)


Portrait de la princesse Elisabeth dessiné et peint par François Clouet vers 1550 (miniature et dessin au crayon ci-dessous).

Elisabeth était la fille aînée d'Henri II et de Catherine de Médicis. Elle est née en 1545 sous le règne de son grand-père François Ier. Son père Henri, héritier présomptif du trône de France, n'était encore que le Dauphin. Quelques mois avant la naissance d'Elisabeth, il avait subi à Boulogne-sur-Mer une amère défaite militaire face aux Anglais. Cet évènement avait accentué les tensions avec le roi François. Henri lui succéda deux ans plus tard.

Sur le portrait de Clouet, Elisabeth est représentée à l'âge de cinq ans environ. Le crayon est aujourd'hui conservé au musée Condé à Chantilly1.

La miniature qu'en a tirée le maître est aujourd'hui conservée au château de Windsor dans les collections royales. Elle aurait été envoyée à la cour d'Angleterre à l'occasion des négociations pour le projet d'union entre la petite princesse et le jeune roi d'Edouard VI2. En 1549, Henri II avait mené une brillante campagne militaire pour reprendre Boulogne-sur-Mer aux Anglais. La revanche d'Henri II sur ces derniers avait été totale. Le traité d'Outreau signé l'année suivante consacrait la victoire française. Pour sceller la paix, il fut question de marier le jeune roi d'Angleterre, âgé de douze ans à la petite princesse Elisabeth, âgée de cinq ans. Mais le roi Edouard VI mourut trois ans plus tard en 1553.

Source : The Royal Collection (Royaume-Uni) ; Joconde (Chantilly, musée Condé) 

Elisabeth de France (musée Condé)

Elisabeth de France (collection royale du Royaume-Uni)

 

 

 

Elisabeth de France (BnF)Il existe d'autres dessins de la jeune princesse à la Bibliothèque nationale de France, mais certains d'entre eux ne sont peut-être pas bien identifiés.

Source : (Paris, BnF)

 

 

 

 

Elisabeth de France, musée CondéPortrait de la princesse Elisabeth de France dessiné vers 1558 par François Clouet et aujourd'hui conservé au musée Condé à Chantilly.

Source : Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé)

Le dessin aurait été fait en 1558 à l'occasion du mariage du dauphin François, le frère aîné d'Elisabeth3. Il épousait la reine d'Ecosse Marie Stuart qui avait grandi à la cour de France aux côtés des princes de la maison de France. Marie et Elisabeth avaient même partagé leur chambre pendant l'enfance. Un an plus tard, ce fut au tour d'Elisabeth d'être mariée. Son promis était le roi Philippe II d'Espagne.

Elisabeth n'avait que 14 ans à l'époque. C'était une jeune adolescente ; mais à côté de son époux Philippe, elle paraissait une enfant ; le roi d'Espagne était un homme de 32 ans et s'était déja marié deux fois. Leur union était l'une des principales conséquences du traité du Cateau-Cambrésis qui mettait fin à l'interminable guerre entre la France et l'Espagne.

Le mariage fut célébré à Paris durant le mois de juin 1559. Il se fit par procuration car le roi d'Espagne avait refusé de se déplacer. Philippe II gardait une grande méfiance envers les Français, grands ennemis des Espagnols depuis plusieurs décennies. C'est le duc d'Albe, l'un des Grands d'Espagne qui le remplaça à Paris pendant les cérémonies protocolaires. Après trois ans de règne, Philippe II  n'avait toujours pas mis les pieds en Espagne ; il résidait dans le nord de l'Europe, supervisant depuis Bruxelles les opérations militaires et diplomatiques contre la France. Son mariage avec la fille de son ennemi, et l'instauration d'une paix durable en Europe allait lui pemettre de rentrer chez lui. Il n'est pas exagéré de dire que la paix du Cateau-Cambrésis est l'un des plus importants évènements de l'histoire - géopolitique - de l'Europe à la Renaissance. C'est pour cette nouvelle page d'histoire européenne, qu'Elisabeth reçut en retour le surnom d'Isabel de La Paz (Isabelle de la paix).

Elisabeth de Valois (Christie's)Le dessin de Clouet a fait l'objet d'une peinture qui a été récemment mis en vente chez Christie's (ci-contre à droite).

La peinture est inédite. Sa réapparition sur le marché de l'art, quatre ans après la vente, dans la même maison, du portrait de la duchesse de Berry par Clouet, montre qu'il existe encore des portraits inconnus des derniers Valois et qu'on peut s'attendre encore à de belles découvertes dans les années à venir.

L'historienne Alexandra Zvereva mentionne que peu de temps après la conclusion du traité de paix, Henri II avait fait parvenir à son futur gendre, le portrait d'Elisabeth, dans une peinture réalisée d'après le dessin de Clouet4. Peut-être y a t-il un lien entre ce portrait envoyé à Philippe II et ce tableau vendu chez Christie's ?!

Source : (Christie's, vente du 3 juin 2015 à New York)

C'est au cours des festivités organisées pour le mariage d'Elisabeth que le roi Henri II fut mortellement blessé par accident. Après cet évènement dramatique, la petite princesse resta encore plusieurs mois à la cour de France. Catherine de Médicis prétextait qu'Elisabeth n'était pas nubile pour garder auprès d'elle sa fille préférée. La petite reine d'Espagne ne quitta la cour de France qu'en novembre. La séparation avec sa mère et la reine d'Ecosse se fit avec des pleurs déchirants.


1. Une copie existe à Chantilly mais elle date du XVIIIe siècle1. Alexandra ZVEREVA, Portraits dessinés de la cour des Valois. Les Clouet de Catherine de Médicis, Arthena, Paris, 2011, p. 300.

2. Ibid.

3. Ibid., p. 301.

4. Ibid.

Mise à jour de l'article le 30 août 2015.

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Isabella von Valois (Kunsthistorisches museum)Portrait d'Elisabeth de France, reine d'Espagne peint vers 1560 par le peintre espagnol Alonso Sánchez Coello et aujourd'hui conservé au Kunsthistorisches museum.

Source : (Vienne, Kunsthistorisches museum)

Il s'agit du premier portrait officiel de la princesse Elisabeth en tant que reine d'Espagne. Il a été réalisé par Coello, le peintre officiel de Philippe II, probablement après l'arrivée de la reine à la cour en 1560.

C'est un portrait exceptionnel car il représente une princesse française dans un cadrage en pied. C'est un format de représentation plutôt rare en France à cette époque. De fait, grâce à l'expatriation de la princesse Elisabeth et à ses peintres espagnols, nous avons d'elle plusieurs portraits de grande taille. Ce n'est pas le cas de ses soeurs restés en France, qui n'ont pour cette époque que des portraits en buste. 

La robe que la reine arbore appartient encore à la mode française ; cela se remarque par la présence et la forme du décolleté, le port d'une guimpe sur la poitrine et la forme arrondie des petites épaulettes. La reine était venue en Espagne avec sa propre garde-robe et s'il faut en croire l'embarras des Espagnols, elle était très impressionnante. Le transfert vers l'Espagne de tous ses coffres, malles et bagages et ceux de sa suite s'avéra des plus compliqués à organiser, en particulier lorsqu'il fallut traverser les Pyrénées enneigés. Plusieurs équipages tombèrent dans un précipice. 

Sur le costume français de la reine d'Espagne, je recommande l'article de Sylvène Édouard, Le costume d’Élisabeth de Valois, reine d’Espagne, vers 1560, Paris, Cour de France.fr, 2012 (http://cour-de-france.fr/article2178.html). Article mis en ligne le 1er janvier 2012.

 

Elisabeth par Moro (collection privée)Portrait de la reine Elisabeth peint vers 1560 par Antonio Moro et aujourd'hui conservé dans une collection particulière.

Source : Oronoz Fotografos (Madrid, collection Varez Fisa)

Le portrait aurait été fait peu de temps après l'arrivée de la princesse en Espagne. Son auteur est le peintre flamand Antonio Moro qui avait été introduit à la cour par le cardinal de Granvelle et qui avait suivi le roi dans son voyage de retour en Espagne.

Sur ce portrait, la nouvelle reine est représentée revêtue d'un costume espagnol. La comparaison avec le portrait précédent permet de bien saisir les différences vestimentaires : le décolleté carré et les épaulettes rondes à la française ont disparu ; à la place, la reine d'Espagne porte de grandes manches pendantes, caractéristiques de la mode espagnole.

Ce portrait montre que malgré sa garde-robe française, la reine s'est également adaptée à la mode de son nouveau pays. Il confirme également la richesse vestimentaire de la jeune princesse. Le déploiement de luxe de la maison de la reine avait d'ailleurs surpris l'austère cour d'Espagne. Il se raconte qu'Elisabeth ne portait jamais deux fois la même robe.

De tous les portraits de la reine, c'est celui de Moro qui a eu le plus de postérité. Il a été recopié à de multiples reprises et à commencer par son propre élève, Alonso Sanchez Coello (ci-dessous).

Elisabeth par Coello - collection privée Portrait de la reine Elisabeth peint par Coello d'après l'oeuvre d'Antonio Moro.

Source : Musée Bilbao (Madrid, collection Varez Fisa)

Les portraits de Moro et de Coello sont très proches, au point que pendant longtemps ils ont été confondus. De façon plus générale, l'attribution des portraits espagnols pour cette époque est une source de désaccords entre historiens de l'art, tant les oeuvres se ressemblent de prime abord. C'est pour cette raison que certains portraits de la reine Elisabeth peuvent être attribués à des artistes différents selon les livres.

En 2012, les deux portraits ont fait l'objet d'une exposition au musée Bilbao ; leur juxtaposition a permis de lever le doute, d'observer leurs différences et d'apprécier la supériorité du maître flamand.

Aujourd'hui, il existe des copies de l'oeuvre de Moro un peu partout. Le musée du Louvre possède d'ailleurs l'une de ces répliques (ci-dessous).

Elisabeth (musée du Louvre)Portrait de la reine Elisabeth conservé au musée du Louvre.

Source : Agence photographique de la RMN (Paris, musée du Louvre)

Le portrait que possède le Louvre serait peut-être un reste de la collection royale. Il a pu être envoyé par l'Espagne à Catherine de Médicis. L'échange de portraits entre les différentes cours d'Europe était monnaie courante au XVIe siècle. La reine Catherine en faisait une importante utilisation pour entretenir ses réseaux. 

Un portrait similaire à celui du Louvre existe à la galerie des offices de Florence (ci-dessous à gauche). Peut-être est-ce un cadeau adressé à la cour du grand-duc de Toscane.

Source : Bridgeman (Florence, galerie des Offices)

 

Elisabeth (galerie des Offices de Florence)Le portrait de Moro a été très diffusé au XVIe siècle. Il a ensuite été recopié à de nombreuses reprises et il en existe un si grand nombre de copies, qu'aujourd'hui, on en vend encore des répliques dans les ventes aux enchères de façon regulière.
La moitié des tableaux que je vous présente ci-dessous ont été vendus chez Christie's ou Sotheby's. Beaucoup d'entre eux sont de qualité médiocre. Le rendu est parfois si plat que le visage n'a plus grand chose à voir avec les traits d'Elisabeth (deuxième ligne de portraits ci-dessous). Et de fait, l'identification du portrait s'est perdue avec le temps. Certains d'entre eux sont encore accompagnés d'une fausse identification, d'autres sont qualifiés d'anonyme.

 Elisabeth (Christies - 2000, New York)Elisabeth (Fitzwilliam Museum)Elisabeth (Sothebys - 2005)Elisabeth (Christie's - 2011)Elisabeth (Leeds Museums and Art Galleries) Elisabeth (Christie's - 2001)

Elisabeth (Christie's - 2003)Elisabeth (Museo Lázaro Galdiano)

Elisabeth (Sotheby's - 2015)Elisabeth (musée des beaux-arts de Nantes)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elisabeth (Sothebys - 2001)Source (1ère ligne) : Christie's (vente du 19 octobre 2000 à New York) ; (Cambridge, Fitzwilliam Museum) ; Sotheby's (vente du 27 janvier 2005 à New York) ; Christie's (vente du 8 juin 2011 à New York)Bridgeman (Leeds, museums and art galleries)

Source (2nde ligne) : Christie's (vente du 31 octobre 2001 à Londres) ; Christie's (vente du 6 mars 2003 à Londres sans identification) ; CeR.es (Museo Lázaro Galdiano) ; Sotheby's (vente du 4 juin 2015 à New York) ; Base Joconde (Nantes, musée des beaux-arts ; sans identification)

Source (image ci-contre) : Sotheby's (vente du 30 octobre 2001 à New York sous le titre de duchess of Medina)

 

  Elisabeth par Pierre Noveliers - Christie's (2000)Elisabeth - musée LichtensteinPour intégrer l'oeuvre de Moro dans des galeries de portraits, l'image a été modernisée ou recadrée par des copistes du XVIIe siècle. C'est le cas des portraits ci-contre. Dans le premier, la reine a été représentée en pied, dans le second, le fond du décor a été modifié pour intégrer un paysage.

Source : Christie's (vente du 19 avril 2000 à Londres) ; Liechentenstein (The Princely collection) ; Bridgeman (Leeds, museums and art galleries)

 


 Mise à jour de l'article le 31 août 2015

 

 

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Elisabeth de FrancePortrait d'Elisabeth de France attribué à Sofonisba Anguissola, et conservé au musée du Prado.

ZOOM du portrait sur le site du Prado

Sofonisba Anguissola était une artiste italienne qui avait été invitée par la cour d'Espagne pour servir la nouvelle reine. Elle avait débarqué en Espagne à la même époque qu'Elisabeth et avait été rattachée à sa maison comme dame d'honneur. Leur jeune âge et leur gout commun pour les arts les rapprochèrent ; Sofonisba devint une intime de la reine. Elle lui l'apprenait l'art de dessiner et passait des heures en sa compagnie.

Sofonisba a réalisé plusieurs portraits de la reine d'Espagne mais très peu nous sont parvenus à cause des incendies qui ont ravagé les palais royaux d'Espagne aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Sur ce portrait la reine est revêtue d'un costume espagnol : elle porte une robe un corselet austère de couleur sombre avec de grandes manches pendantes.

miniature de Philippe II Lorsqu'Elisabeth est arrivée en Espagne, elle était accompagnée d'un personnel français et des vêtements de son pays d'origine. Mais petit à petit, Philippe II est parvenu restreindre cette suite, à l'espagnoliser et à faire adopter à son épouse la mode de sa cour. Pour Phillippe II, il fallait qu'Elisabeth n'apparaisse plus comme une fille de France, mais comme la reine d'Espagne.

Elisabeth KHMLa comparaison entre les deux portraits, celui du Prado et celui du Kunsthistorisches museum illustre bien les différences existant entre les deux modes. Sur le portrait, la reine tient dans sa main droite le portrait en miniature de son époux.

Il existe de ce portrait plusieurs répliques.

Source : (Madrid, musée du Prado)

Source : (Vienne Kunsthistorisches museum) 

 

 

Musée de tolédePortrait d'Elisabeth de France, reine d'Espagne conservé au musée d'art de Toledo aux Etats-Unis.

Source : (The Toledo museum of art)

La reine est habillée dans un costume espagnol, c'est la raison pour laquelle, il est difficile de voir dans ce portrait, une oeuvre de François Clouet comme il est traditionnellement identifié dans les catalogues1.

D'autant qu'au vu de la taille de la fraise, le costume appartient clairement à la mode des années 1560. Il n'est pas sans rappeler le costume peint par Anguissola dans le portrait du Prado, tandis que l'ostentatoire croix espagnole rappelle celle que la reine porte sur le portrait de Moro.

 

 

 

 

Elisabeth de France (château de Versailles)Elisabeth de France, fille de Henri II et Catherine de MédicisLa peinture de Toledo peut être rapprochée de deux portraits conservés en France, l'un au Louvre, l'autre à Versailles (ci-dessous). Le costume, le cadrage et la pose sont les mêmes.

Source : Agence photographique de la Rmn (Paris, musée du Louvre) ; Agence photographique de la Rmn (Versailles, chateau)

 

 

 

Elisabeth par Juan Pantoja de la CruzPortrait d'Elisabeth de France, reine d'Espagne, peint en 1605 par Pentoja de la Cruz d'après une peinture originale de Sofonisba Anguissola, et aujourd'hui conservé au musée du Prado.

Sur ce portrait, la reine Elisabeth porte une robe austère propre à la mode espagnole.

Catherine de Médicis entretenait une relation épistolaire très régulière avec sa fille. Depuis la France, elle se tenait très au courant de sa vie quotidienne ; ses petites maladies, les querelles de ses filles d'honneur, ses relations avec le roi la faisaient souvent réagir.

Les deux femmes ne se revirent qu'une seule fois. Ce fut en 1565, lors de l'entrevue de Bayonne. Au moment des retrouvailles, Catherine et sa fille n'avaient pu retenir leurs larmes. Sous le regard des deux cours royales et des deux armées assemblées sous un climat caniculaire le long de la Bidossoa, leur étreinte fut longue. Toutefois, dans les jours qui suivirent Catherine allait constater et regretter au cours des négociations et des festivités combien sa fille était maintenant devenue "espagnole".

Source : Wikimedia commons (Madrid, musée du Prado) ;

Philippe II et Elisabeth dans le livre d'heures de Catherine de Médicis, BnFLe portrait du Prado a servi de modèle pour le portrait peint en miniature dans le livre d'heures de Catherine de Médicis aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale de France (ci-contre) ; Elisabeth y est représentée en buste avec son époux, le roi d'Espagne, tous les deux, les mains jointes et la tête couronnée.

Il s'agit d'un portrait posthume peint dans les années 1570 à l'usage privée de la reine Catherine. Avec son vêtement de couleur bleue parsemé de fleur de lys d'or, Elisabeth apparaît moins comme une reine d'Espagne que comme une fille de France (ci-contre).

Le couple royal espagnol avait eu deux filles : Isabelle Claire Eugenie et Catherine Michelle.

Source (Paris, BnF) ;


 

1. Voir la notice de description sur le site du musée http://classes.toledomuseum.org:8080/emuseum/

Mise à jour du 30 juillet 2015

 

 

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Claude de France (1547-1575)


Claude de France, duchesse de Lorraine, musée Bonnat

Portrait de Claude de France étant jeune

Claude de France est la deuxième fille d'Henri II et de Catherine de Médicis. Elle est leur troisième enfant (elle vient juste après François et Elisabeth). Elle naît l'année même de l'avènement de son père.

Princesse d'un tempérament discret et attentionnée à l'égard de son entourage, Claude est restée relativement peu connue. Mariée en 1559 au duc Charles III de Lorraine, elle partageait sa vie entre la cour de France et celle de Nancy.

A son mariage, elle n'était âgée que de 12 ans. A la naissance de son premier fils en 1563, elle n'a que 15 ans. Elle met ensuite au monde une dizaine d'enfants et meurt à l'âge de 27 ans seulement.

Source : Rmn (Bayonne, musée Bonnat)

 

Claude de France, BnFPortrait de Claude enfant

Source : (Paris, BnF)

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