15 août 07

Marie Stuart BnfPortrait de Marie Stuart étant jeune

Source : ( Paris, BnF)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie Stuart, The royal collectionPortrait de Marie Stuart tenant son alliance dans les mains

La reine d'Ecosse épouse le dauphin François le 24 avril 1558. Le mariage se fait à Notre-Dame de Paris et malgré la guerre, il est suivi par de nombreuses festivités. Pour la France, cette alliance est l'occasion d'étendre son influence sur l'Ecosse et l'Angleterre. Quelques mois plus tard, à la mort de Marie Tudor, Marie Stuart devient reine d'Angleterre, une couronne qui restera fictive jusqu'au traité d'Edimbourg de 1560.

La miniature reprend les traits du dessin de la BnF. Il en existe plusieurs copies dont une dans le livre d'heures de Catherine de Médicis qui représente Marie avec son époux François (voir également la reprise médiocre du château de Beauregard). 

 

Source : (Royaume-Uni, The royal collection)

 

 

 

Marie Stuart, Victoria and Albert museumFrançois II et Marie Stuart, livre d'heures de Catherine de Médicis, BnF

 

Source : (Londres, Victoria and Albert museum)

Source : (Paris, BnF)

 

 

 

 

 

 

 

Clouet_Marie_StuartPortrait de Marie Stuart

La peinture reprend en modèle l'aquarelle de la Royal Collection.

Le costume est beaucoup plus riche et la coiffe plus moderne. Du point de vue iconographique, l'oeuvre est donc logiquement postérieure. Peut-être s'agit-il du portrait de Marie après son accession au trône de France en 1559.

Source : Artnet

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Marie Stuart, BnFPortrait de Marie Stuart en tenue de deuil blanc par François Clouet

Le portraitiste a représenté la reine voilée. L'image est assez connue car il existe encore aujourd'hui plusieurs portraits peints réalisés à partir de ce dessin.

A la mort de son époux, le 5 décembre 1560, la jeune reine de France n'a que 17 ans. Le portrait de la reine voilée aurait pu être réalisé à cette occasion, mais peut-être aussi à la mort de sa mère ou de son beau-père décédés précédemment. L'historienne Alexandra Zvereva en a précisé la genèse. Voir l'article dans Alexandra Zvereva, « La beauté triomphante de la reine endeuillée : les portraits de Marie Stuart », in T. Crépin-Leblond (dir.), Marie Stuart. Un destin français, Paris, RMN, 2008, pp. 73-87

Source : (Paris, BnF)

 

 

  

Marie Stuart, the Wallace collectionCe portrait a été de nombreuses fois recopié, y compris au XIXe siècle, mais beaucoup sont des copies assez fades et sans beaucoup de ressemblance physique avec le dessin original. La plus belle est sans aucun doute celle de la Wallace collection à Londres.

Source des images : (Royaume-Uni, The Royal Collection) ; (Paris, musée Carnavalet) ; (Londres, The Wallace collection) ;  La Gazette Drouot (Pescheteau-Badin, Vente du 6 juin 2014 à Paris) ;  Agence nationale de la RMN (Blois, musée du château) 

 

 

 

 

 

 Marie Stuart, Royal CollectionMarie Stuart, musée Carnavalet Pescheteau-Badin, 2014Marie Stuart, Blois

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Élisabeth d'Autriche (1554-1592)


Généalogie de la famille d'Elisabeth d'AutricheFille de l'empereur Maximilien II d'Autriche, Elisabeth appartient à la famille des Habsbourg de la branche autrichienne. Elle est née d'une union consanguine puisque ses parents sont cousins germains. Sa mère Marie de Habsbourg est la fille de l'empereur Charles Quint, tandis que son père en est le neveu.

Elisabeth aurait pu elle-même établir une union consanguine si elle avait épousé son oncle Philippe II d'Espagne mais celui-ci avait exigé d'épouser sa soeur aînée, l'archiduchesse Anne. Catherine de Médicis sollicitait également pour son fils la main de l'archiduchesse Anne, mais Philippe II avait fait valoir auprès de son impérial cousin que ses droits étaient bien supérieurs à ceux du roi de France. Charles IX se contenta donc de la cadette.

 

Elisabeth d'Autriche

Portrait d'Elisabeth d'Autriche (image ci-contre)

Le portrait représente Elisabeth dans une mode qui est peut-être autrichienne ; la coiffure en ratepenade est carrée au lieu d'être arrondie ; sa mère Marie porte le même type de coiffure sur le portrait qui est conservée d'elle à la BnF (la comparaison des dessins est d'ailleurs intéressante pour saisir la ressemblance qui existe entre la mère et sa fille).

Le dessin est peut-être un portrait réalisé avant la venue d'Elisabeth en France. Il serait donc antérieur au fameux portrait réalisé par François Clouet en 1571.  

L'inscription située au bas du dessin est inexacte, comme souvent dans le cas d'une inscription postérieure à l'oeuvre ; elle présente le modèle comme étant Elisabeth de France, reine d'Espagne.

Le mariage entre le roi de France et la fille cadette de l'empereur se fait le 26 novembre 1570, à Mézières (dans les Ardennes). Lui, a 20 ans, elle en a 16. Ils font leur joyeuse entrée à Paris en mars 1571. 

Elisabeth d'Autriche (Aguttes)Elisabeth d'AutricheElisabeth d'autricheSource : L. Dimier, Histoire de la peinture de portrait en France au XVIe siècle, G. Van Oest, 1924 (localisation actuelle ?) ; alaintruong.com (collection privée) ; artvalue.com (collection privée) ; alaintruong.com (collection privée)

 

Charles IX et Elisabeth d'Autriche dans le livre d'heures de Catherine de Médicis, BnFPortrait de Charles IX et d'Elisabeth d'Autriche dans le livre d'heures de Catherine de Médicis

Le portrait de la reine Elisabeth dans la miniature reprend le modèle du portrait précédent. La reine porte le même costume (on retrouve sur sa poitrine la même croix en sautoir)

Charles IX et Elisabeth eurent une fille, Marie-Elisabeth, née le 27 octobre 1572.

Source : (Paris, BnF)

 

 

 

Elisabrth_AutrichejpgPortrait en pied de la reine Elisabeth d'Autriche, édité par l'imprimeur anversois Hans Liefrinck

La reine de France est représentée dans cette estampe d'origine flamande dans un costume de la cour impériale. 

Source de l'image : (Londres, British museum) ; (Amsterdamn, Rijksmuseum)

 


Article modifié en octobre 2012, avril 2018

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Elisabeth d'Autriche (1554-1592), Paris BnFPortrait d'Élisabeth dessiné par François Clouet vers 1571

Source de l'image : (Paris, Bibliothèque nationale de France)

François Clouet a réalisé le portrait de la reine vers 1571-1572. Plusieurs peintures en ont été tirées. Celle que possède aujourd'hui le Louvre est la plus connue (ci-dessous à droite).

Le portrait de Clouet présente une vision plus idéalisée que les portraits de l'article précédent. Les historiens de l'art (voir E. Jollet) ont montré que malgré le réalisme des détails, l'artiste avait tendance à représenter un visage enjolivé des personnages qu'il portraiturait.

Elisabeth_Louvre_v1Elisabeth d'Autriche, musée Condé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elisabeth d'Autriche, Versailles Source des images : Agence photographique de la RMN (Chantilly, musée Condé) ; Agence photographique de la RMN (Paris, musée du Louvre) ; C. Constans, Musée national du château de Versailles, 3 vol., Paris, RMN, 1986  (Versailles, musée du château)

 

 

 

 

 

Elisabeth_of_Austria_Queen_of_France_by_Jooris_van_der_Straaten__1570s_wikimediaPortrait en pied d'Elisabeth d'Autriche peint par Jooris van der Straaten en 1573.

Il s'agit d'un très beau portrait d'apparat où la reine porte à la place des épaulettes de larges revers de manche en fourrure comme les dames en portaient du temps du roi François Ier, vêtement qui n'était plus à la mode sous Charles IX, hormis chez les vieilles dames ou comme vêtement d'apparat dans les cérémonies officielles.

Elisabeth von ÖsterreichSource des images : Wikimedia (Madrid, monastère Descalzas) ; Kleio.org (localisation inconnue)


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Elisabeth d'Autriche, musée du LouvrePortrait de la reine Elisabeth conservé au musée du Louvre

Source de l'image : Agence photographique de la Rmn (Paris, musée du Louvre)

Ce tableau serait le pendant d'un portrait du roi Charles présentant la même ambiance avec un fond et un costume assez sombre. Les deux portraits sont aujourd'hui séparés ; celui de la reine appartient au Louvre (sans être présenté au public) alors que celui de Charles IX est exposé au musée de la Légion d'honneur à Paris.

Elisabeth porte toujours la coiffe à la ratopenado, typique de l'époque, mais nouveauté par rapport au modèle des portraits précédents, elle porte une toque, agrémentée de plumes et de pièces d'orfèvrerie.

Le tableau représente la reine à l'époque du massacre de la Saint-Bartélemy. Selon le témoignage de Brantôme, Elisabeth était une catholique fervente, assez discrète et empreinte d'une grande douceur. Face aux violences perprétées contre les huguenots durant la fameuse semaine sanglante, elle n'avait pu qu'exprimer un sentiment d'horreur.

Elisabeth d'Autriche, ChicagoIl existe une réplique quasi similaire (ci-contre). La coiffe change seulement.

Source de l'image : (Chicago, The art institute)

 

 

 

 

 

 

Elisabeth d'Autriche, château de NelahozevesUn très joli portrait en pied représente la reine vers 1573 environ (on peut le dater à l'observation des formes de la fraise et de la coiffure). La reine porte une robe noire à crevé, avec un voile de gaze disposé en conque et descendant le long du buste et de la robe. Dans sa main gauche, elle tient un mouchoir.

Source : royaltyguide (Château de Nelahozeves, République tchèque)

Elisabeth d'Autriche, musée des OfficesLa figure du tableau a été repris dans la miniature des Offices.

Source : ? (Florence, musée des Offices)

 

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Elisabeth d'Autriche (BnF)Dessin d'Elisabeth en veuve

Le 30 mai 1574, le roi Charles IX meurt d'une pleurésie. Après seulement trois années de mariage, Elisabeth devient veuve. Elle n'a que 19 ans.

Le portrait réalisé à l'occasion de cet évènement la représente en tenue de deuil noir.

Son père Maximilien espérait que le nouveau roi Henri III allait la prendre comme épouse. Il lui en fit directement la demande lorsque ce dernier traversa l'Autriche et passa par Vienne durant l'été 1574, mais le nouveau roi de France refusa l'offre.

Elisabeth, devenue reine douairière, demeura en France pendant un an et demi, puis retourna dans son pays natal, laissant sa fille à la cour de France.

Source : (Paris, BnF)

 

Elisabeth d 'AutricheElisabeth par Thomas de LeuLe dessin a été transposé en peinture, mais celle-ci est perdue. Il en reste une copie (représentée en noir et blanc ci-contre à droite) qui reprend le dessin en agrandissant le cadre et en omettant le voile de la reine.

Le dessin a également servi de modèle à une gravure de Thomas de Leu (ci-contre à gauche).

Source : Kleio.org ; (The Fitzwilliam museum)

 

Elisabeth (Cleveland art museum)Dessin du musée de Cleveland

Le dessin n'est pas identifié sur le site du musée, mais le visage est assez reconnaissable.

Le costume est plus étonnant. A l'observation des formes de la fraise, on peut dater le portrait des années 1580, soit bien après après le départ de la reine de la cour de France. Peut-être s'agit-il d'une réplique rhabillée à la mode du temps.

Elisabeth_GranthommeSource (Cleveland, Museum of Art), Base Joconde (Pau, musée national du château)

 

 

 

 

 

Elisabeth d'Autriche (Kunsthistorisches museum)Portrait du Kunsthistorisches museum

Elisabeth est représentée dans le courant des années 1580, chez elle, en Autriche. La reine de France ne s'est jamais remariée et a conservé son deuil toute sa vie.

Elle meurt à 37 ans à Vienne dans un couvent qu'elle avait fondé et dans lequel elle s'était retirée.

Source : (Vienne, Kunsthistorisches museum)

 

 

 

 

 

 

 

Article modifié le 12/04/2013

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Louise de Lorraine-Vaudémont (1553-1601)


Fille du comte de Vaudémont, la reine Louise appartient à une famille princière étrangère, la maison ducale de Lorraine (bien que sous influence française, la Lorraine est à l'époque un pays indépendant). Alors que son rang modeste ne la prédisposait pas à devenir reine de France, c'est elle que le jeune roi Henri III choisit pour partager son trône. Plutôt que de faire un mariage qui soit avantageux pour le royaume, le roi a préféré prendre une épouse qui soit à son goût. Louise lui avait laissé une bonne impression lorsqu'il la rencontra à la cour de Nancy à l'automne 1573 ; ce mariage basé sur les sentiments est exceptionnel dans l'histoire moderne de la couronne de France !

La reine Louise de Lorraine-Vaudémont par Jean Rabel, BnFPortrait de la reine Louise dessiné vers 1575 et aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale de France

Source : Gallica (Paris, Bibliothèque nationale de France)

Autrefois attribué à Jean Rabel1, ce dessin est le premier portrait de la reine Louise. Il a probablement été réalisé à l'occasion de son avènement comme épouse du roi de France ; la reine a 22 ans. Ses noces ont lieu le 15 février 1575 ; deux jours plus tôt, le roi était sacré à Reims.

Louise est revêtue du costume caractéristique de la cour de France, c'est l'époque du décolleté et de l'épanouissement des collerettes godronnées. La reine porte la coiffure en raquette selon le goût des années 1570.

C'est le plus beau des dessins qui existe de la reine aujourd'hui. Mais il en existe deux autres dans les collections de la Bnf :

  

 

Louise de Lorraine, BnFCe deuxième dessin présente la reine habillée d'une collerette plus ouverte et plus moderne (les godrons sont étalés en longueur à l'horizontale comme un éventail) ; pour cette raison, il est probablement postérieur au crayon précédent.

Toutefois, la qualité n'est pas du même niveau que le premier; les traits ne sont pas aussi bien tirés.

Louise de Lorraine, BnFLe troisième crayon représente la reine revêtue d'une collerette fermée autour du cou dans un style qui est celui du milieu des années 1570. La coiffure annonce en revanche l'élévation capillaire des années 1580. L'identification à la reine Louise reste à confirmer, car les portraits peints qui existent aujourd'hui dans diverses collections semblent prendre exclusivement le second dessin comme modèle.

Source des images : Gallica (Paris, Bibliothèque nationale de France) ; Gallica (Paris, Bibliothèque nationale de France)

 

Louise de Lorraine

Portrait de Louise de Lorraine conservé à Houston aux Etats-Unis

C'est l'un des plus beaux portraits peints de la reine Louise. Il semble reprendre le deuxième dessin vu précédemment, bien que l'orientation des godrons de la collerette est celle du premier dessin. 

Ce qui est exceptionnel dans ce tableau c'est le cadre élargi à la robe, laissant apparaître les détails luxueux de ses broderies.

Le reine porte un costume qui marque le point de départ de la mode de la cour d'Henri III : coiffure en raquette, forme arrondie des godrons, épaulettes massives garnies de noeuds de papillon, forme volumineuse des manches et de la robe (mais dans une proportion encore mesurée à l'égard de la mode les années suivantes).

L'histoire de ce portrait reste à faire.

Source de l'image : Googleartproject (Houston, museum of Fine Arts) 

Decourt_entourage_Louise_de_Lorraine_Christies_mai_2020Louise, Gemahlin des Heinrich III_kunstLouise de Lorraine Pologne

Le portrait de gauche a disparu pendant la Seconde Guerre mondiale. L'image est tirée d'une photographie prise avant le conflit. Il rappelle le portrait du musée de Houston, mais il s'en distingue fortement par la collerette qui est beaucoup plus moderne. Son modèle semble être le deuxième dessin de la BnF.
Il s'en trouve une copie de moins bonne qualité dans les collections impériales des Habsbourg (image du milieu) ; elle est tirée d'une galerie de portraits. Un portrait en pied a récemment été mis eux enchères par Christie's.

Louise de lorraine (muzeum Czartoryskich)Le portrait suivant offre une toute autre version. Le costume est complètement différent. La reine porte une robe rouge avec des manches en gigot parsemé de crevés. Sa collerette est recouverte d'un grand voile en conque.

Source des images : (Vienne, Kunsthistorischesmuseum) ;  Wikimedia commons (Catalogue of paintings removed from Poland by the German occupation authorities during the years 1939-1945. 1, Foreign paintings, Ministry of Culture and Art, Warsaw 1950) ; (Christie's, vente online du 13-29 mai) ; (Cracovie, muzeum Czartoryskich) ; (Vienne, Kunsthistorischesmuseum)

 

 

 

 

PHenri III et Louise de Lorraine, extrait de la tapisserie des Valois 1ortrait de la reine Louise sur la tapisserie des Valois.

Louise est représentée en pied, avec son époux et tenant dans sa main un éventail. Son portrait est la reprise du dessin de la BnF (voir l'article précédent).

Cette représentation du roi et de la reine, seuls sur le premier plan de la tapisserie, est une image quasiment unique. Elle nous offre l'image d'un couple royal uni  et nous renvoie à cette réalité exceptionnelle dans la longue tradition des mariages arrangés : le roi et la reine se vouaient une amitié sincère. Et pourtant, pour Louise, l'union avec Henri III ne fut pas tous les jours, heureuse.

 

 

 

Henri III et Louise de Lorraine, extrait de la tapisserie des Valois 2Après une fausse couche survenue quelques mois après son mariage, la reine perdit vite l'espoir de mettre au monde un héritier mâle. Ce fut le drame de sa vie. Craignant la séparation, et s'estimant être l'unique responsable de l'infécondité de son couple, elle était sujette à des crises d'abattement que nous pouvons qualifier de dépression.

Après les premiers mois d'amour passionnel, Louise dut également supporter les infidélités de son mari. Mais en dépit de  ses passades, le roi eut un comportement surprenant sinon exemplaire (à comparaison de ses successeurs). Cherchant toujours à ménager l'amour-propre de son épouse, il refusa toujours de se donner une maîtresse officielle et implorait le pardon de la reine lorsque celle-ci était mise au courant de ses écarts. Le roi l'emmenait régulièrement danser dans les bals et visiter les foires pour la sortir de ses torpeurs. Il la réconfortait à chacune de ses périodes mélancoliques et l'entretenait dans son intimité comme aucun autre roi n'avait coutume de le faire.

La tapisserie des Valois, les joutes nautiques de Fontainebleau

Après plusieurs années de remise en question, le couple royal paraissa plus lié que jamais face à l'adversité et aux conséquences politiques de leur stérilité. Profondément dévôt, il se réfugia dans les  secours de la religion et leur union prenait l'apparence d'un sacrifice christique.

Source : Scalarchives et Frances Yates, The Valois tapestries, 1959 (Florence, musée des Offices)

 

Louise de Lorraine et sa soeur Marguerite, extrait de la tapisserie des ValoisLouise apparaît également sur les tapisseries des Valois, au côté de sa soeur Marguerite. Les deux soeurs se tiennent la main, mais Marguerite est représentée de dos.

Les deux femmes sont représentées à droite de la tapisserie où apparaissent également Catherine de Médicis, Marguerite de Valois et son époux le roi de Navarre.

La tapisserie des Valois, le tournoi Source : Scalarchives et exposition Caterina e Maria de' Medici ; donne al potere 2008-2009(Florence, musée des Offices)

 

 

 

 Louise de Lorraine-Vaudémont, musée du LouvrePortrait de Louise de Lorraine conservé au musée du Louvre et probablement réalisé au début des années 1580

Source : Agence photographique de la Rmn (Paris, musée du Louvre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Louise de Lorraine par Jean RabelPortrait de Louise de Lorraine réalisé et édité par Jean Rabel en 1583

Source : (Cambridge, The Fitzwillliam museum)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

Louise de Lorraine 1581 par Leonard GaultierLouise de Lorraine 17eLe portrait de Rabel existe sous des variantes différentes. Il avait été gravé par Léonard Gaultier deux ans plus tôt, en 1581 (ci-contre à gauche).

Source : (Paris, BnF) ; (Paris, BnF)

 

 

 


Notes

1. L'attribution à Jean Rabel a récemment été remise en cause par Marianne Grivel. Voir Marianne GRIVEL, « "Au sieur Rabel, parangon de la pourtraicture”. Nouvelles recherches sur les peintres-graveurs français de la fin du XVIe siècle : l’exemple de Jean Rabel », in H. Zerner et M. Bayard (dir.), Renaissance en France, renaissance française ?, Paris, 2009, p. 248-249.

 Article modifié en septembre 2012, mars 2020 

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Louise de Lorraine (BnF)Portrait de la reine Louise peint en miniature dans le livre d'heures de Catherine de Médicis qui est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale de France

Où sont passés les portraits peints de Louise de Lorraine ? Si beaucoup d'entre eux ont disparus, il existe heureusement des copies qui permettent de se faire une idée des originaux perdus. 

Le premier est une miniature peinte dans le livre d'heures de Catherine de Médicis, le second est une copie assez médiocre du XIXe siècle.

Existe t-il un dessin original ? Les deux copies permettent de s'en faire une idée. Louise de Lorraine porte une robe sans décolleté et des grappes de perles qui tombent au-dessus des oreilles. La fraise qu'elle porte semble rapprocher le tableau des années 1570, mais la coiffure, très moderne, annonce les années 1580.

Louise_EuLa très mauvaise copie du XIXe est une commande passée par le roi Louis-Philippe pour la décoration de son château d'Eu. Le portrait de la reine Louise disparu existait donc probablement à cette date, à moins que la copie n'ait été réalisée à partir d'une autre copie. Cela expliquerait la médiocrité du tableau. 

Source : (Paris, BnF) ; Base Joconde (Eu, musée Louis-Philippe)

 

 

Louise de Lorraine, FlorencePortrait de la reine Louise peint en miniature et conservé à la galerie des Offices de Florence

Source des images : Florence, musée des Offices

Il s'agit d'une très belle image de la reine avec une grande collerette à godrons plats, ouverte devant la gorge. L'image représente la reine dans les années 1580.

Louise de Lorraine millon et associé avril 2007Louise de Lorraine, copie du XIXe siècle, VersaillesPlusieurs images proches de la miniature montrent qu'il existe un modèle aujourd'hui perdu. La première est une peinture tardive du XIXe siècle, aujourd'hui entreposée dans les réserves du château de Versailles. La seconde est une copie d'époque comme on en trouve dans les collections privées et les galeries de portraits. 

Source des images : C. Constans, Musée national du château de Versailles, 3 vol, Paris, RMN, 1986  (Versailles, musée du château) ; Millon et associés (collection privée)

Louise de Lorraine par Léonard Gaultier (Louvre)Louise de Lorraine par Leonard Gaultier (BnF)L'image se retrouve sous forme d'estampe. Le graveur Léonard Gaultier en a réalisées plusieurs qui ont été éditées en pleine époque de la Ligue ; les deux gravures présentées ci-contre sont datées de 1588, année où la reine se retrouva prisonnière de la rebellion parisienne.

L'image de gauche se retrouve dans plusieurs collections institutionnelles (Osterreischiche Nationalbibliothek ; Bibliothèque nationale de France ; centre de recherche du château de Versailles).

Louise de Lorraine en médaillon (BnF)Source  des images : (Paris, BnF) ; Agence photographique de la Rmn (Paris, musée du Louvre) ; (Paris, BnF)

 

 

 

 

 

 

 

 

Louise de Lorraine-Vaudémont, Kusnthistorisches museumPortrait en pied de la reine Louise

Il s'agit d'un très beau tableau, malheureusement très abîmé. L'oeuvre n'est peut-être pas un original, mais reste très intéressante pour la recherche iconographique.

La reine est habillée selon la mode des années 1580. Elle porte sous sa robe un vertugadin et ses manches ont triplé de volume.

Source : (Vienne, Kunsthistorisches museum)

 

 

 

 

 


 

Louise de Lorraine apparaît dans les deux tableaux qui représentent la cour des Valois.

Henri III, Catherine de Médicis et Louise de Lorraine, extrait du Bal des noces du duc de JoyeuseDLes noces du duc de Joyeuseans le Bal de noces du duc de Joyeuse, elle est assise sur la gauche de la reine-mère. Sa soeur Marguerite de Lorraine-Vaudémont est représentée au centre du tableau avec son époux.

Source : Marilena Ferrari (Paris, musée du Louvre)

 

 Bal à la cour d'Henri IIILouise de Lorraine dansant, détail du Bal à la cour d'Henri IIIDans le Bal à la cour des Valois, Louise serait représentée en train de danser une ronde avec des membres de la cour.

Elle se tiendrait face au spectateur, le visage tourné vers lui. Comme le veut la mode dans les années 1580, elle porte une robe rouge à vertugadin (c'est-à-dire une robe qui est artificiellement arrondie en volume) et à corps piqué (qui lui donne une taille de guêpe). La collerette est largement ouverte sur la poitrine et les manches sont à crevés et ballonnées.

Le personnage qu'elle tient par la main droite serait le duc de Joyeuse, son beau-frère.

Source : Marilena Ferrari (Paris, musée du Louvre)

 


 

 

Louise de Lorraine (the Royal Collection)Portrait de la reine douairière Louise de Lorraine gravé par Léonard Gaultier

Source de l'image : The Royal Collection (Royaume-Uni)

Il s'agit de la dernière image de la reine Louise. Elle est représentée avec une coiffe de veuvage.

C'est une estampe qui se retrouve dans beaucoup de collections publiques (Centre de recherche du château de Versailles , The Royal Collection, Bibliothèque nationale de France, Osterreischiche Nationalbibliothek).

Elle a été reprise par Thomas De Leu mais avec beaucoup moins de précision (The Royal collection, The Fitzwilliam museum, Bibliothèque nationale de FranceOsterreischiche Nationalbibliothek)


 

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13 sept. 07

Le montage des portraits au XIXe siècle


Voici un exemple qui montre qu'il faut prendre avec beaucoup de prudence les portraits historiques du XIXe siècle.

Portrait dit du cardinal de LorraineIl s'agit d'un tableau appartenant à la galerie historique du château d'Eu, commandée par le roi Louis-Philippe (voir la notice sur la base Joconde). Le personnage est censé représenter le cardinal de Lorraine (celui assassiné à Blois en 1588 sur l'ordre d'Henri III). Mais en regardant l'habit, on constate que le personnage ne porte pas le costume pourpre des cardinaux.

En réalité, l'artiste a représenté le duc de Mayenne, le frère du cardinal en question. Il a peut-etre pris en modèle un portrait de Mayenne comme en possède le musée de Versailles, et pour lui donner un caractère ecclésiastique, il a simplement rajouté sur sa tête une calotte pourpre.

Manquait-il un modèle à l'artiste ? c'est possible. Il existe pourtant un très beau portrait du cardinal de Lorraine à l'hôtel de Soubise à Paris.

Il existe également au château de Blois un tableau où sont représentés les trois frères Guise (ci-dessous) : Charles duc de Mayenne, Henri duc de Guise et Louis cardinal de Lorraine. L'artiste a donc repris les traits de celui qui se trouve à gauche pour représenter celui qui se trouve à droite. Curieux, non ?

Les Guise

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14 sept. 07

La remise en question d'un prétendu portrait de Jeanne d'Albret


Prortrait dit de Jeanne d'AlbretIl existe au musée Condé à Chantilly un portrait de Jeanne d'Albret, reine de Navarre dont l'identification mérite d'être réétudiée.

Le portrait représente une dame probablement mariée, âgée de 35 à 45 ans. C'est une femme d'un important lignage appartenant vraisemblablement à la cour de France. La coiffure appartient aux années 1560 mais la collerette appartient davantage à la première moitié des années 1570.

Or cette description peut difficilement désigner la reine de Navarre.

 * En 1570, Jeanne d'Albret est veuve depuis huit ans. Ses portraits la représentent en noir portant le voile et le chaperon noir, ce qui n'est pas le cas ici.

 * Deuxièmement, la femme représentée ici est assez loin d'être la protestante puritaine que fut Jeanne d'Albret. Le portrait représente davantage une femme de la cour habillée à la mode du temps.

 * comparaison du portrait de la dame avec un portrait de JeanneTroisièmement, le portrait ne ressemble pas à Jeanne d'Albret. La dame n'a ni son nez prédominant, ni ses petits sourcils droits et rectilignes. Son visage est moins allongé que celui de Jeanne d'Albret.

Du costume au visage, je ne vois rien qui puisse être rapproché du portrait de Chantilly.

 

 

 Deux portraits de la reine Jeanne

 

Diane de FranceAlors qui est donc cette dame ? Je propose de donner un nom : Diane de France, fille illégitime de Henri II.

Sur un portrait plus tardif, datée d'environ 1577, Diane est représentée avec des traits assez semblables à ceux de la dame de Chantilly, mais en plus accentués.

Il reste à confirmer la chose.

 

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