02 juin 07

Couronnement de Marie de MédicisMarguerite de Valois mise en scène dans une gravure de Léonard Gaultier représentant le couronnement de Marie de Médicis à Saint-Denis en 1610.

A son retour à Paris, Marguerite se fit construire un très bel hôtel sur un terrain situé face au Louvre, de l'autre côté de la Seine. Réconciliée avec son ancien mari, elle rendait régulièrement visite à la famille royale et entretenait avec sa nouvelle épouse des relations très amicales. Marie de Médicis était rassurée de voir qu'elle s'était prise d'affection pour le petit dauphin, le futur Louis XIII dont elle avait fait son héritier.

A l'occasion de la grande cérémonie observée au couronnement de Marie de Médicis, l'ancienne reine Marguerite est présente au premier plan. On la voit représentée sur la gravure (à droite), derrière la petite princesse Elisabeth.

Source : Gallica (Paris, BnF)

détail RubensMarguerite de Valois représentée par Rubens dans le Couronnement de Marie de Médicis à Saint-Denis vers 1624

Le couronnement de Marie de Médicis en 1610, musée du Louvre

L'image est anachronique parce que Rubens qui la peinte treize ans après les faits, n'a pas forcément respecté les costumes de l'époque. En revanche, le célèbre peintre n'a pas lésiné à représenter l'obésité de la reine, preuve que sa corpulence avait marqué les esprits et que dix ans après sa mort on s'en souvenait encore.

Au lendemain du couronnement de Marie de Médicis, le roi meurt assassiné par Ravaillac. La reine Marguerite devait lui survivre cinq ans. Pendant ces dernières années, elle fut pour la régente, une alliée et pour le dauphin, une amie. Elle meurt en 1615 en son hôtel parisien.

Source : Rmn (Paris, musée du Louvre)

 

Effigie de Marguerite en 1615L'effigie funéraire de Marguerite de Valois en 1615

Cette gravure exceptionnelle présente dans les collections du musée Czartoryski de Cracovie représente la veillée funéraire autour de l'effigie de la reine.

On y voit à ses pieds, le petit roi Louis XIII tenant une chandelle, rendant un dernier hommage à la princesse des fleurs de lys.

La scène se passe à l'hôtel de la reine, alors ouvert au public ; "il y a une presse aussi grande qu'à un ballet", témoigne le poète François de Malherbe1.

Ce type de représentation en gravure des obsèques princières n'est pas étonnante pour les années 1610. Il en existe de sembables pour les enterrements d'Henri IV et du duc Charles III de Lorraine2.

 Source : (Cracovie, musée Czartoryski)

Effigie de Marguerite de Valois Louis XIII Le peuple


Notes

1. Eliane Viennot, Marguerite de Valois, "La reine Margot", Plon Tempus, 2005, p. 304.

2 Voir les très belles gravures reproduites dans Philippe Martin (sous la dir.), La pompe funèbre de Charles III, 1608, Editions Serpenoise, Metz, 2008.

Article modifié en septembre 2012

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08 juin 07

Les portraits de Henri II (1519-1559)

prévu pour septembre-octobre 2007

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Les portraits de François II (1544-1560)

prévu pour septembre-octobre 2007

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28 juin 07

Les portraits de Charles IX (1550-1574)

 

Charles IXRoi de France à l'âge de 10 ans, Charles IX a eu le malheur de devenir le souverain d'un royaume en déliquescence, pris en otage et mis en ruine par les factieux et les fanatiques. Les guerres de religion étaient inévitables et le pauvre enfant n'y pouvait rien, pas plus qu'il ne pouvait empêcher les atrocités commises durant la nuit du 24 août 1572 et les jours suivants.

Dans le sujet qui nous concerne, le fait que Charles IX soit devenu roi très jeune est une chance, car il existe de lui des portraits à toutes les étapes de sa vie. Cette galerie de portraits permet de le voir évoluer, grandir, prendre de la barbe et vieillir prématurément.

Galerie de portraits de Charles IX

 

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01 juil. 07

Le duc d'Orléans


Charles-Maximilien, musée CondéCharles-Maximilien, musée des OfficesPortraits de Charles-Maximilien réalisés vers 1551 et 1552

Charles-Maximilien est le troisième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis.

Ce sont les inscriptions sur les dessins qui permettent d'identifier les portraits. Il peut s'agir d'une erreur mais on dit que c'est Catherine de Médicis elle-même ou l'un de ses secrétaires qui annotaient les dessins. La reine les commandait pour s'assurer de la bonne santé de ses enfants (pour plus de détail, voir A. Zvereva, Les Clouet de Catherine de Médicis, Somogy, 2002).

Source : Moreau-Nélaton, Le portrait ... (Florence, musée des Offices)  ; Rmn (Chantilly, musée Condé)

Le petit prince au chat, musée CondéIl existe à Chantilly un tableau qui offre une image similaire au dessin de Chantilly. Le portrait n'est pas identifié, mais on pense qu'il s'agit aussi du petit prince Charles.

Comme sur le précèdent portrait, l'enfant porte sur la tête le béguin et la toque, et autour du cou un collier. Mais tandis que sur le dessin, il tient dans ses mains des fleurs et une raquette, évocation du jeu de paume qui faisait fureur à l'époque, sur la peinture, l'enfant joue avec un petit chat.

Source : Base Rmn (Chantilly, musée Condé)

   

Charles IX, British museumPortrait de Charles-Maximilien

Ce portrait n'est guère plus tardif que les précédents. On retrouve le petit prince avec la toque et le béguin. Il porte un col blanc rabattu sur un col de fourrure.

Il en existe une copie de seconde main à la BnF.

Source : (Londres, British museum)

Charles-Maximilien, BnFPortrait de Charles-Maximilien

C'est un dessin beaucoup plus tardif puisque le jeune prince ne porte plus son béguin. Il a quitté sa petite enfance.

Source : (Paris, BnF)

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L'enfant roi (1560)

 


Charles IX par François Clouet (BnF)

Portrait officiel du roi Charles IX à son avènement en 1560.

Le petit duc d'Orléans succède à son frère François comme roi de France le 5 décembre 1560. Il n'a que 10 ans seulement et pourtant il est maintenant l'un des plus grands princes de la Chrétienté. 

Son avènement est évidemment l'occasion pour François Clouet de lui tirer un nouveau portrait (ci-contre).

Le roi étant mineur, le gouvernement est confié à un conseil de régence. Il est dominé par la reine-mère Catherine de Médicis, personnalité politique en vogue depuis qu'elle a pris la tête du parti de la tolérance. La reine-mère entend maintenir le royaume en paix et multiplie les tractations pour raccommoder un pays en train de se déchirer pour des querelles politico-religieuses.

Source : (Paris, BnF) 

Charles IX (Vienne, Kunsthistorisches museum)Pour diffuser l'image du roi, un très grand nombre de portraits ont été peints. Le plus beau conservé aujourd'hui est celui du Kunsthistorisches museum à Vienne (ci-contre). Il reprend avec plus de détails le dessin aujourd'hui conservé à la BnF (ci-dessous).

Source : (Vienne, Kunsthistorisches museum)

Ce portrait va servir de modèle à un très grand nombre de copies de plus ou moins bonne qualité. Il n'est pas impossible que certaines d'entre elles soient du XVIIe siècle. En voici quelques unes qui sont aujourd'hui dispersées dans le monde entier :

  

 

 

 

 

Charles IX (The Metropolitan museum of art)Charles IX (musée Condé)Source : (New York, The Metropolitan museum of art)

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

 

 

 

 

Charles IX (musée des Beaux-arts d'Angers)Charles IX (The royal collection)Charles IX (musée du château de Versailles)Source : Scalarchives (Versailles, musée du château)

Source : (Royaume-Uni, The royal collection)

Source : Base Joconde (Angers, musée des Beaux-arts)

 

Charles IXCharles IXSource (?)

Source (Brescia, Pinacoteca Civica)

Source : The Bridgeman Art Libray (collection privée)

Charles IX (collection privée)

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Charles IXPortrait de Charles IX dont la récente apparition sur le marché de l'art permet de remettre en cause l'identité d'un tableau du musée Condé  de Chantilly traditionnellement identifié à François II.

Le tableau a été vendu chez Christie's en 2009. Il a pour modèle l'oeuvre de François Clouet. Il se différencie du beau portrait de Vienne (ci-dessus dans l'article précédent) par la couleur de son fond bleu, le cadrage qui est plus large et un rendu du détail moins important. Néanmoins, l'enfant roi reste particulièrement reconnaissable.

Ce n'est pas le cas du portrait conservé à Chantilly (ci-dessous à gauche) où la carnation est si faiblement rendu qu'on ne reconnaît pas d'emblée les traits de Charles IX. Cette insuffisance du portrait de Chantilly explique pourquoi pendant longtemps on y a vu les traits de François II ; à tort. La similitude de ce tableau avec le tableau vendu chez Christie's est flagrante (fond bleu, costume, etc.).

Voir l'article consacré à ce tableau que j'ai retiré de la galerie de François II, depuis.

Charles IX (Chantilly, musée Condé) Portrait de Charles IX, autrefois identifié à François II (Chantilly, musée Condé)Par la couleur bleu du fond, un autre portrait de Chantilly peut se rattacher à cette série (portrait ci-contre à droite). Il représente Charles IX dans un cadrage élargi à la taille, la main au côté. La faiblesse de la carnation le rapproche de l'autre portrait de Chantilly.

A travers ces exemples, il est intéressant de voir combien les collections privées peuvent être enrichissantes pour comprendre les collections publiques et par la même occasion l'iconographie, l'art et les études historiques en général.

Source : Christie's

Source : Rmn et Rmn (Chantilly, musée Condé)

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1_famille_royalePortrait du roi et de sa famille vers 1564.

Le roi est représenté au centre de sa fratrie, sa mère, la reine le tenant dans ses bras. Le tableau a été réalisé dans le contexte des guerres de religion. La première guerre vient de s'achever (1563), le roi a été déclaré majeur mais Catherine de Médicis continue de gouverner en son nom (voir le commentaire du tableau dans la partie Catherine de Médicis).

Du point de vue, du costume, ce tableau est également très intéressant. Le costume du roi n'est guère différent des précèdents, sauf que la fraise déborde du col. Ce tableau est riche a bien des égards. D'une part, il est rare d'avoir des portraits en pied. C'est un genre qui est apparu tardivement en France. Deuxièmement, c'est un portrait de groupe, ce qui constitue une véritable exception. C'est d'ailleurs à ma connaissance, le seul portrait de groupe de la famille royale qui existe pour les derniers Valois

Source (L. Dimier, Histoire de la peinture de portrait en France au XVIe siècle, G. Van Oest, 1924)

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CharlesPortrait de Charles IX vers 1564

Source : (Paris, BnF)

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L'étape de Moulins


Charles ErmitagePortrait de Charles IX sur un très beau dessin réalisé par François Clouet et conservé aujourd'hui au musée de l'Ermitage en Russie

Le portrait est daté de 1566, ce qui correspond assez bien au costume et à l'âge du modèle (16 ans). Charles IX porte une toque emplumée, une fraise et le collier de l'ordre de Saint-Michel.

En 1566, le roi est à Moulins, terminus du grand voyage. Il va y rester pendant plusieurs mois, le temps pour son conseil de préparer plusieurs grandes réformes. Le royaume continue d'être en paix.

A la même époque la Flandre est en proie à la crise religieuse, et les violences iconoclastes vont attiser de nouveau les passions et relancer une nouvelle guerre de religion.

Source : (Saint Petersbourg, musée de l'Ermitage)

 

 

Charles IX, BnFLa BnF possède une réplique du dessin de Clouet. Le cadrage est resserré sur le visage et le roi porte des petits poils de barbe plus développés.

Source : (Paris, BnF)

 

 

 

 

 

 

 

Le dessin de l'Ermitage va servir à diffuser une nouvelle série de portraits officiels :

Charles IX, fondation BembergPortrait en pied de Charles IX conservé à la fondation Bemberg à Toulouse

La fondation Bemberg a la chance de posséder le portrait peint du dessin conservé à Saint-Petersbourg. 

Pour mettre en scène le personnage et rendre le tableau plus vivant, le peintre a fait apparaître les mains du personnage, derrière un rebord peint en trompe-l'oeil. C'est une tradition de représentation qui prend ses sources dans le grand portrait de François Ier du Louvre.

Source : (Toulouse, Fondation Bemberg)

Charles IX, musée CondéIl existe au musée Condé une variante de moins bonne qualité (la carnation est moins bien rendue). On remarquera aussi que ni le collier, ni les motif du costume ne sont identiques aux deux tableaux.

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

Charles IX, Kunsthistorishes museumPortrait en pied de Charles IX conservé au Kunsthistorisches museum

Il s'agit d'un très grand et beau tableau, de taille grandeur nature. Il présente une grande richesse dans les détails du costume. On remarquera ici la grosseur des hauts-de-chausses qui atteignent leur taille maximale dans la seconde moitié des années 1560.

La mauvaise qualité de la reproduction photographique a l'avantage de nous permettre de distinguer les différentes interventions faites sur le tableau. Le visage n'a pas le même traitement que le costume. Il s'agit probablement de deux peintres différents qui y ont travaillé. Il était fréquent pour un artiste de faire réaliser son tableau par plusieurs de ses élèves (Biblio. E.Jollet).

Source : Wikimedia (Vienne, Kunsthistorisches museum) 

Charles IX, musée CondéCharles IX, musée du LouvreIl existe deux répliques du grand tableau de Vienne. Leur qualité inférieure s'explique par leur petite taille. Ces deux tableaux ne dépassent pas les 30 cm.

Source : Rmn (Paris, musée du Louvre)

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

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