04 déc. 09

Le dauphin François (1518-1536)

 


Le dauphin François est le premier fils de François Ier.  Fils adoré du roi et héritier du trône de France, il existe de nombreux portraits de lui malgré sa mort prématurée. Il meurt en 1536 à l'âge de 18 ans.

 

Le dauphin François, ChantillyLe dauphin François, Koninklijk museumPortrait du dauphin François représenté vers 5-6 ans environ par Jean Clouet

Source des images : Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé) ; Wikimedia (Anvers, Koninklijk museum)

Voir également la copie du musée de Philadelphie (Museum of Art)

 

 

 

 Le dauphin François (collection d'Angleterre)Il existe dans les collections de la reine d'Angleterre un portrait plus âgé du dauphin. L'artiste a repris les traits du modèle précédent mais a changé le costume. A l'âge de 6-7 ans environ, comme la plupart des enfants de son âge, le dauphin abandonne la robe et le béguin pour s'habiller comme un garçon. 

Source : (Royaume-Uni, The Royal collection)

le dauphin et ses frères vers 1534Sur une miniature du musée Condé, le prince est représenté en compagnie de son père et de ses deux petits frères, mais ses traits ne sont pas individualisés.

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

Le dauphin François, ChantillyLe dauphin François, ChantillyPortrait du dauphin François à l'âge adulte

Source : Base Joconde (Chantilly, musée Condé)

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

 

 

 

 

 

François,1517-1536, Dauphin of France, Duke of Brittany 1532_NGAMédaille en bronze représentant le dauphin François

Source : (Washington, National gallery of art)

 

 

 

 

 

 

 

 

Portrait du dauphin, recueil d'ArrasUn portrait présumé du dauphin (ci-contre) existe dans le "recueil d'Arras", un recueil dont l'intérêt est qu'il contient une grand nombre de copies de portraits disparus. C'est le cas de ce portrait de François probablement fait à partir d'un dessin de Clouet aujourd'hui perdu. Si l'identification est juste, on notera la ressemblance frappante du prince avec son frère cadet Henri. 

Source : A. Châtelet, J. Paviot, Visages d'antan : le recueil d'Arras, Lathuile, édition du Gui, 2007

Henri d'Orléans, ses frères et beau-frère dans le livre d'heures de Catherine de Médicis, BnfLe profil de Chantilly a été repris dans le livre d'heures de Catherine de Médicis. Le dauphin François est représenté au centre de la miniature.

François de France, ChantillyLe même profil a inspiré un portrait beaucoup plus tardif de la seconde moitié du XVIe siècle représentant le dauphin à cheval. Il est également à l'origine de l'image stéréotypée du prince dans la gravure au XVIIe siècle.

Source : (Paris, BnF)

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

Le dauphine François, BostonPortraits du dauphin François d'après un original peint par Corneille de Lyon vers 1536

Source des images : Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé) et Corbis (Boston, Isabella Stewart Gardner museum) ; (Philadelphia, Museum of art)

Dauphin Francis, Son of Francis ILe dauphin François, Chantilly Il  devait exister plusieurs portraits du prince peints par Corneille de Lyon ou par son atelier. Dans son catalogue raisonné, Anne Dubois de Groër considère que le tableau du musée de Boston (en haut à droite) est celui qui présente le portrait le plus vraisemblable, celui de Chantilly ayant été fortement retouché1 (en haut à gauche).

Le dauphin François, musée de BrooklynPortrait du dauphin François par Corneille de Lyon, aujourd'hui conservé au musée de Brooklyn

Bien que de facture soignée, Anne Dubois de Groër considère que le tableau n'est pas du peintre2.

Son prototype a donné lieu à plusieurs répliques et copies. Il a notamment servi de modèle au portrait de la galerie des illustres du château de Beauregard (peinte au XVIIe siècle) (format rectangulaire ci-dessous à droite). L'existence de ces copies permet de donner un nom au portrait de Brooklyn qui à défaut d'inscription n'est pas formellement identifié (Son intitulé reste Portrait of a Gentleman with a Medallion).

 

 

Le Dauphin, vente de 2008 chez SothebysPortrait du Dauphin, vente de 2020

Portrait du Dauphin, Beauregard

Sources des images : (New York, The Brooklyn museum) ; Sothebys (Vente du 24 avril 2008 à Londres) ; Wikimedia Common  Art Resource (Chateau de Beauregard) ; Mutualart (Vente du 23 février 2020)

 


 

Notes

1. Anne Dubois de Groër, Corneille La Haye, dit Corneille de Lyon, Arthéna, 1997, p. 136.

2. ibid, p. 237.

Posté par Andelot à 11:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


Charles de France (1522-1545)


Charles était le troisième fils du roi François Ier. A la mort de son aîné le dauphin François, c'est sur lui que le roi reporta son affection. Dans les années 1540, une rivalité importante devait opposer le prince Charles à son frère aîné Henri. Mais Charles mourut prématurément en 1545 à l'âge de 23 ans. Deux ans plus tard, Henri montait sur le trône.

Charles de FranceCharles de France, ChantillyPortrait de Charles de France à l'âge de 1 ou 2 ans environ

Charles est le troisième fils de François Ier. Il meurt en 1545 à l'âge de 23 ans.

La peinture est la reproduction exacte du dessin réalisé par Clouet.

Source: Rmn (Chantilly, musée Condé) ; Rmn (Orléans, musée des Beaux-arts)

 

 

 

 

 

Charles de FranceCharles de France (Chantilly)Portrait de Charles par Jean Clouet

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

Source : Base Joconde (Chantilly, musée Condé)

 

 

 

 

 

 

Charles par Corneille de Lyon, galerie des OfficesPortrait de Charles par Corneille de LyonCharles dans le livre d'heures de Catherine de Médicis

Le portrait de Corneille a été repris dans le livre d'heures de Catherine de Médicis. (concernant cette image, voir aussi la catégorie des erreurs).

Source : Corneille de Lyon (Florence, galerie des Offices)

Source : (Paris, Bnf)

 

 

 

 

Portrait d'un prince par Corneille de Lyon, musée BonnatPortrait d'un prince par Corneille de Lyon (Charles d'Orléans ?)

Il s'agit d'un portrait qui représente l'un des trois fils du roi François. Dans le catalogue raisonné de Corneille de Lyon, Anne Dubois de Groër l'identifie au dauphin François au lieu de l'identifier au prince Henri comme cela a été fait par le passé1. Mais la base Rmn ne l'identifie à aucun des deux fils aînés du roi. Elle l'identifie au plus jeune, le prince Charles (peut-être sur la base d'informations du musée Bonnat qui conserve le tableau).

Pour ma part, je ne peux que constater la ressemblance physique entre le portrait du musée Bonnat et celui du musée des Offices (voir plus haut). Charles II d'OrleansLa gravure d'une médaille du XVIe siècle  identifiée au prince Charles (Carolus Angol Dux) et reprenant le portrait du musée Bonnat nous pousse à favoriser cette hypothèse2.

Dans les années 1540, le prince Charles était appelé à jouer un rôle militaire et politique d'importance, ce qui devait le mettre en rivalité profonde avec son frère aîné le dauphin Henri.   

Source : Rmn (Bayonne, musée Bonnat)

Charles d'Orléans Charles d'Orléans Estampes représentant Charles d'Orléans

Source : (Amsterdam, Rijksmuseum)

Source : (Amsterdam, Rijksmuseum)

 

 

 

 

 

 


Notes

1. Anne Dubois de Groër, Corneille La Haye, dit Corneille de Lyon, Arthéna, 1997, p. 135. L'argument que nous donne l'auteur au sujet du tempérament inexpressif du visage nous semble peu sérieux. On y lit en effet que le portrait du tableau correspondrait davantage au caractère taciturne de François et d'Henri qu'à celui de l'enjoué Charles. C'est donner beaucoup trop d'importance à l'essence réflectrice de la peinture d'une part et aux images d'Epinal d'autre part. A ce propos, dans sa récente biographie d'Henri II, Didier Lefur nous invite à nous méfier de l'historiographie traditionnelle qui présente le futur Henri II comme un triste sir.

2. Anne Dubois de Groër en fait mention aussi à la même page.

Posté par Andelot à 17:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

23 déc. 09

Marguerite d'Angoulême (1492-1549)


Marguerite d'Angoulême en 1504Portrait de Marguerite d'Angoulême

Marguerite était la grande soeur du roi François Ier. Elle était aussi son amie, sa confidente, son âme soeur. Bien qu'elle était, jeune femme, d'une grande timidité, elle fut une personnalité très importante de la vie culturelle et politique de la cour de son frère. Ils formaient un couple et malgré leurs divergences de vue croissantes, lui n'a jamais cessé de l'aimer et elle de le vénérer.

La médaille réalisée en 1504 la représente de profil. La jeune fille portraiturée avec précision n'a pas encore treize ans. C'est un bronze à mettre en rapport avec celui qui a été fait de sa mère, la jeune Louise de Savoie et avec celui de son frère.

Source : (Paris, BnF) Pour l'iconographie de Marguerite, voir Cécile Scailliérez, François Ier par Clouet, Rmn, Paris, 1996, p. 84-96

Marguerite vers 1526, musée CondéPortrait de Marguerite vers 1526

Il s'agit d'un portrait qui représente la princesse, veuve de son premier mari, le duc d'Alençon. Elle l'avait épousé à 19 ans en 1509. Charles d'Alençon était un prince de sang, dernier survivant de la branche des Valois-Alençon. Il était l'héritier de la couronne de France (jusqu'à la naissance du dauphin en 1518). Il était présent lors de la désastreuse bataille de Pavie mais ne fut pas fait prisonnier. Il mourut quelques semaines plus tard le 11 avril 1525.

A cette époque, en l'absence du roi prisonnier et de sa mère malade, Marguerite était responsable du royaume de France. Par la suite, elle chercha à libérer son frère et se déplaça personnellement en Espagne pour le retrouver, mais son ambassade auprès de l'empereur avec qui on pensa qu'elle se remarierait, fut un échec.

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

Marguerite vers 1527, LiverpoolPortrait de Marguerite vers 1527

Il s'agit d'un portrait qui fait peut-être pendant au célèbre et monumental portrait de François Ier peint par les Clouet vers 1527. Son identification à Marguerite n'a pas toujours fait l'unanimité, car c'est un portrait particulier. Marguerite est notamment habillée à la mode italienne. Ce n'est pas courant dans l'art du portrait en France.

Si la datation - qui reste approximative - est bonne, le portrait représente Marguerite l'année de son mariage avec Henri d'Albret, roi de Navarre, un jeune homme qui a dix ans de moins qu'elle.

Source : Wikimedia (Liverpool, Walker art museum)

 

Marguerite d'Angoulême, repris par Dumonstier, BnFMarguerite d'Angoulême, BnFPortrait de Marguerite (ou Jeanne d'Albret ?)

Le portrait a aussi été identifié à Jeanne d'Albret, la fille de Marguerite née en 1528. Mais le physique semble plus proche de la mère, notamment dans la forme du visage que Jeanne avait plus allongée. Le portrait a été repris par Dumonstier

Source : (Paris, BnF) et (Paris, BnF)

 

 

 

Marguerite d'AngoulêmeMarguerite d'AngoulêmePortrait de Marguerite par Clouet

Il s'agit du dernier portrait de la reine de Navarre. Repris et recopié à de nombreuses reprises, il est devenu au XVIe siècle son portrait officiel.

Source : Rmn et Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

 

 

Marguerite d'Angoulême, reine de NavarreMarguerite d'Angoulême, musée Condé

Il représente Marguerite dans les années 1540. Son sombre costume peut faire penser qu'elle est en deuil de son frère François (mort en 1547). Mais Marguerite avait très tôt adopté une vie quasi monastique. Elle vivait dans le recueillement, après s'être séparée d'un époux bien trop jeune pour elle.

 

 

 

Marguerite dans le livre d'heures de Catherine de MédicisOn retrouve le portrait dans le livre d'heures de Catherine de Médicis. Le miroir qu'elle tient est une allusion à l'une de ses oeuvres, Le miroir de l'âme pécheresse. Marguerite était une femme de lettre. Les poèmes et les nouvelles qu'elle écrivait sont le reflet de ses réflexions sur l'existence humaine et la société. 

Son rang lui permettait de protéger les intellectuels. Ceci explique les nombreuses représentations de la reine dans les ouvrages imprimés ou enluminés de son vivant.

 

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

Source : (Philip Moult Ltd) ; Source : (Paris, BnF)

 

Marguerite dans YsambertLa duchesse d'Alençon dans une scène de dédicaceCertains de ses ouvrages la représente alors qu'elle n'est seulement que duchesse d'Alençon (1509-1525). Mais sur les enluminures, son visage n'est pas toujours individualisé.   

 

Source : (Paris, BnF) (Paris, BnF)

 

 

 

MargueritePlusieurs ouvrages des années 1540 montrent la reine de Navarre dans le même costume sombre et austère que celui porté dans les dessins de Chantilly.

Marguerite d'Angoulême dans La CocheMarguerite d'Angoulême dans La CocheSource : (Paris, BnF)   Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

 

 

Marguerite_de_valois_museumconrellePortrait de Marguerite de Valois dans Les vrais portraits des hommes illustres

Source de l'image : Exposition "An Earthly Paradise : The Art of Living at the French Renaissance Court" (Ithaca, Herbert F. Johnson Museum of Art)

Posté par Andelot à 20:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

06 mars 10

Renée de France (1510-1575)


Renée de France par Jean Clouet (Chantilly)Portrait de Renée de France par Jean Clouet

Renée est la fille du roi Louis XII et de la reine Anne de Bretagne. La princesse n'a que cinq ans lorsque son père meurt. Elle grandit donc à la cour de François Ier sous la protection de la reine Claude sa soeur.

Dans la cadre des guerres d'Italie, elle est mariée en 1528 avec le prince Hercule d'Este, héritier du duché de Ferrare. Quand elle quitte la France, elle a à peine dix-huit.

Jean Clouet a réalisé son portrait quand elle était jeune fille. Il en existe plusieurs copies au musée du Louvre.

Le dessin a également servi de modèle pour la miniature de livre d'heures de Catherine de Médicis. Renée serait représentée au premier plan à droite.

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

Renee de France dans son livre d'heuresIl existait jusqu'à récemment un livre d'heures dans lequel Renée était à plusieurs reprises représentée en orante. Malheureusement, l'ouvrage a été perdu lors d'une exposition réalisée en 1994.

Renée de France

 

Renée

Les images de ce livre que nous avons aujourd'hui, proviennent d'un fac-simile qui avait été commandé au moment de l'exposition par la Biblioteca Estense Universitaria de Modène. Voir le site suivant

 

Dame par Corneille de Lyon (Christies)Portrait dit de Renée de France par Corneille de Lyon (???)

Portrait dit de Renée de France (Versailles)Il existe à Versailles une réplique de médiocre qualité d'un portrait dit de Renée de France peint par Corneille de Lyon (image de gauche). Anne Dubois de Groer rappelle dans son catalogue raisonné du peintre l'incertitude qui entoure l'identification du tableau. Récemment, l'original est réapparu comme par enchantement sur le marché de l'art (image de droite). Le portrait est magnifique mais la comparaison entre le physique de la dame peinte par Corneille et celui de Renée dans le dessin de Clouet entretient un sérieux doute. Il n'est pas aisé de reconnaître les traits de la princesse. En outre, comment Renée aurait-elle pu se faire portraiturer par Corneille de Lyon sachant qu'elle a quitté la France dès 1528 et que la présence du peintre n'est pas attestée à cette date ?

Renée de France (bibliothèque protestante)Source : Christies   

Source : Base Joconde (Versailles, musée du château)

La problématique est la même pour un portrait de la bibliothèque protestante de Paris dont le style se rapproche beaucoup de celui de Corneille.

Source : Sylvie Le Clech, François Ier, Tallandier, 2006

Pour combler le manque iconographique, il ne nous reste plus qu'à nous tourner ailleurs. En dépit de la longévité de la duchesse de Ferrare, sa galerie iconographique s'arrête ici. Sa présence en Italie, l'originalité de ses convictions religieuses, son rôle politique à la cour de Charles IX après son retour en France en 1560 et ses liens de parenté avec les derniers Valois (dont elle est la tante) et avec les Guise (dont elle est pour certains la grand-mère), ne peuvent que nous encourager à croire qu'il existe encore d'autres portraits de Renée de France. A suivre.

Posté par Andelot à 21:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

01 mai 10

Louis de France (1549-1550)


Le prince Louis et ses deux soeurs Jeanne et Victoire dans le livre d'heures de Catherine de Médicis, BnFLouis de France est le deuxième fils de Henri II et de Catherine de Médicis. Né en février 1549, il meurt prématurément en octobre 1550. S'il existait des portraits originaux du jeune prince, aucun semble nous être parvenu (voir Les Clouet de Catherine de Médicis par Zvereva).

La seule image qui reste de lui serait une miniature du livre d'heures de Catherine de Médicis.  La base de données de la BnF nous indique que le petit garçon aux mains jointes représente le futur Charles IX, mais on peut supposer qu'il s'agit plutôt du prince Louis. Catherine de Médicis a voulu avoir dans son livre d'heures, le portrait de tous ses enfants, or Charles IX est déjà représenté sur un autre folio. De plus, le jeune prince est ici représenté avec deux autres enfants de la reine morts en bas âge. L'artiste qui a peint le livre d'heures vers 1573 aurait donc regroupé sur une seule page les enfants de la reine morts prématurément

Source : (Paris, Bnf)

 

 

 

Posté par Andelot à 10:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


20 juin 10

Remise en question d'un portrait de Charles IX


Portrait dit Charles IXIl existe au musée des Arts et de l'Enfance de Fécamp un portrait représentant selon la tradition le roi Charles IX (ci-contre). L'examen physionomique du portrait nous amène à douter de cette indentification. La comparaison du dessin avec celui de François Clouet représentant le jeune roi ne semble guère probante quant à la ressemblance physique des modèles. Ce qui met en cause le dessin, c'est aussi l'analyse du costume. Le petit garçon a les cheveux relevés comme le veut la mode sous Henri III. Il porte aussi un petit col rabattu qui se rapproche, par son allongement sur les côtés, davantage de la mode des années 1580-1590 que des années 1550-1560.

Existe t-il sous Henri III des jeunes princes dans l'entourage royal qui puissent correspondre au petit garçon représenté ?

Peut-il s'agir du fils illégitime de Charles IX, Charles de Valois. Le prince étant né en 1573, l'identification est possible. Il existe une estampe du dénommé bastard qui n'est pas sans rappeler le dessin au niveau de la physionomie (ci-dessous) :

Charles bastard de FranceIl s'agit d'une composition assez simple, sans grand relief, mais les traits du jeune homme semblent être quasiment les mêmes que ceux du dessin de Fécamp. Si le costume n'avait pas été si différent, nous aurions pu affirmer la liaison entre les deux portraits sans aucun doute possible. On remarquera toutefois sur les deux portraits, la même absence d'épaulettes (aspect caractéristique de la mode Henri III) et la présence de gros boutons sur le pourpoint (idem).

Le portrait présumé de Charles IX du musée de Fécamp représenterait en réalité son fils ? C'est une hypothèse dont on peut considérer la probabilité comme étant importante.

Source : Base Joconde (Fécamp, musée des Arts et de l'Enfance) ; (Vienne, Osterreichische nationalbibliothek)

Posté par Andelot à 02:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Charlotte de France (1516-1524)


Charlotte de France (Minneapolis)Portrait de Charlotte de France par Jean Clouet

Charlotte est la deuxième fille de François Ier. Elle est morte en 1524 à l'âge de sept ans. C'est précisément à cette date que Jean Clouet a réalisé le portrait ci-contre.

La mort de la petite princesse semble avoir beaucoup peiné sa tante. Marguerite d'Angoulême était attachée à elle au point de la faire revivre ultérieurement dans l'un de ses textes. Dans Dialogue en forme de vision nocturne, l'âme de Charlotte lui apparaît et lui raconte son bonheur de vivre dans l'au-delà.

Dans les jours qui avaient précédé sa mort, Marguerite était la seule personne de la famille à veiller à son chevet. La mère de la petite, la reine Claude, était morte deux mois plus tôt, sa grand-mère Louise était malade et son père François était en campagne. On était quelques semaines avant la défaite de Pavie et la capture du roi par les Espagnols.

Une variante de ce tableau existe à Chicago dans une collection particulière.

Source : (Minneapolis, Institute of Arts)

Posté par Andelot à 14:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Madeleine de France (1520-1537)


Madeleine, collection privéeMadeleine, musée CondéPortrait de la princesse Madeleine de France dessiné et peint par Jean Clouet vers 1524.

Source des images : Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé) ; The Weiss Gallery (collection privée)

Madeleine est la troisième fille du roi François Ier et de la reine Claude. Sur ce portrait de la main de Clouet, elle est représentée vers l'âge de trois ans1.

Dans la version peinte, la princesse tient dans ses mains le hochet à dent de loup, caractéristique de cette époque. Après avoir « disparu » pendant la Seconde Guerre mondiale, le tableau est récemment apparu sur le marché de l'art2.

 

Madeleine_of_France_Weiss_GalleryPortrait de Madeleine de France peint par Corneille de Lyon vers 1536.

Source de l'image : The Weiss Gallery (collection privée)

Ce très beau portrait de la princesse Madeleine est récemment apparu sur le marché de l'art. Il surpasse en qualité tous les autres autres portraits connus de la princesse. La finesse de son réalisme permet de l'attribuer au talent de Corneille lui-même.

Le portrait a été réalisé vers 1536. Il rappelle par le costume, celui de Catherine de Médicis, conservé au Polesden Lacey, ou encore celui du Fogg art museum que j'avais proposé d'identifier à la princesse Marguerite. A cause de la ressemblance physique des deux princesses, l'identification de ces portraits nécessite d'être confirmée. La confusion entre les deux dernières filles de François Ier reste possible3.

Madeleine_Valois_Versaillesv2Portraits de Madeleine de France, reine d'Écosse, peints d'après Corneille de Lyon vers 1537

Source des images : Agence photographique de la Rmn (Versailles, musée du château)  ;  Agence photographique de la Rmn (anciennement à Blois, musée des Beaux-arts4)

Madeleine de France, BloisLe 1er janvier 1537, Madeleine est mariée au roi Jacques V d'Écosse. Elle meurt la même année peu de temps après son arrivée en Écosse. Elle n'avait que seize ans seulement.

Le portrait original a probablement été réalisé avant son départ de la cour de France. Contrairement au portrait précédent, Madeleine est habillée dans l'habit traditionnel des dames de France avec des revers de manche doublés de fourrure. Selon l'auteur de la Weiss Gallery, la présence d'hermine soulignerait le caractère royal du modèle et donc le fait que Madeleine est dans ce portrait représentée en tant que reine.

04_Madeleine_et_Claude_saint-Denis_Rmn_v1 - CopieMadeleine_livre_Heures_BnFC'est ce portrait qui est pris comme modèle dans le livre d'heures de Catherine de Médicis. Madeleine y est représentée en haut à droite, derrière la reine Claude qu'elle n'a jamais connue (image de gauche ci-contre).

L'effigie de Madeleine se trouve également à la basilique Saint-Denis. Elle est représentée à genoux en position de priante à un emplacement privilégié du tombeau de François Ier et de Claude de France ; la sculpture de la princesse est installée dans l'axe central derrière les effigies de ses parents (image de droite ci-contre).

Source des images : Wikimedia (Paris, Bibliothèque nationale de France) ; Regards des Monuments nationaux (Saint-Denis, basilique)

 

Article modifié le 05/04/2020 


Notes

1. Sur les portraits au crayon de Madeleine d'après Jean Clouet, voir Alexandra Zvereva, « ... Louise de Savoie et les recueils de portraits au crayon », in P. Brioist (et al.), Louise de Savoie (1476-1531), Tours, Presses universitaires François-Rabelais, 2015, p. 183-204.

2. Il est mentionné comme porté disparu dans P. Mellen, Jean Clouet, catalogue raisonné, dessins miniatures et peintures, Paris, Flammarion, 1971. En 2007, il est mis en vente par la Weiss Gallery.

3. L'identification à Madeleine n'est pas soutenue par l'historienne Alexandra Zvereva qui semble y voir plutôt sa soeur Marguerite (voir la notice sur le site de la Weiss Gallery).

4. Le tableau a été volé et détruit en 1996 (affaire Stéphane Breitwieser). H. Lebédel-Carbonnel (dir.), Catalogue des peintures du musée du château de Blois. XVe-XVIIIe siècles, Montreuil, Gourcuff Gradenigo, 2008, p. 212.

Posté par Andelot à 18:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

11 juil. 10

Problème d'identification sur un portrait du duc d'Orléans


le duc d'Orléans sur un dessin de la BnFDans un colloque qui s'est tenu en 1997 sur le thème de l'art sous le règne d'Henri II, Henri Zerner est intervenu sur l'iconographie du roi et a remis en cause l'identification d'un portrait de la BnF présenté habituellement comme étant le futur Henri II1.

Il s’agit de ce très beau dessin de Clouet dont on trouve une variante au musée Condé à Chantilly (ci-contre).

Selon Zerner, il n'y pas lieu de douter de l'inscription identifiant le personnage placée en haut à droite sur le dessin : "Monsr Dorleans filz du roi François". Le problème est que ce titre peut aussi bien désigner Henri que son frère cadet Charles. A la mort du dauphin François en 1536, Henri alors duc d’Orléans était devenu dauphin et Charles alors duc d’Angoulême était devenu duc d’Orléans. Lequel de ces deux princes, le dessin de la BnF représente t–il ?

Ce qui fait douter Mr Zerner de l’identification traditionnelle, c'est que la ressemblance du jeune homme avec la physionomie d’Henri II n’est pas évidente. Le dessin de la BnF présente un nez busqué qu'on ne retrouve pas sur les autres portraits du roi. De plus, le personnage paraît un peu âgé pour représenter Henri qui cessa d’être duc d’Orléans à l'âge de 17 ans. Pour Zerner le dessin de la BnF représenterait donc Charles d’Orléans.

L’hypothèse est intéressante mais manque de preuves pour être définitivement acceptée.

Folio 99v du livre d'heures de Catherine de MédicisIl existe un document qui permet d’apporter un éclairage primordial sur la question. C’est le folio 99v du livre d’heures de Catherine de Médicis (ci-contre). . On y retrouve le portrait du duc d’Orléans aux côtés de trois autres personnes apparentées à la famille royale. L’identification des ces trois autres personnages peut permettre, au moyen de la déduction, d'identifier le nom de la personne cachée sous ce fameux duc d’Orléans.

Il est aujourd'hui acquis que le personnage central de la miniature soit le dauphin François et que le personnage de droite soit le duc de Savoie Emmanuel-Philibert époux de Marguerite de France. En revanche, le petit garçon représenté au premier plan n’a jamais fait l’objet d’une identification assurée.

Permettez-moi de présenter ici trois hypothèses ; elles sont essentielles quant à la réflexion sur le dessin duc d’Orléans :

Le petit garçon à identifierL’hypothèse traditionnellement admise :

Puisque les personnages représentent les fils et le gendre de François Ier, on a estimé par déduction que le petit garçon représenté au premier plan du folio est Charles d’Orléans. Le problème c'est que le portrait de la miniature ne renvoie à aucun dessin connu de lui. En outre, pourquoi l’avoir représenté enfant alors qu’il existe des portraits de lui plus âgé et que ses frères sont représentés adultes ?

C'est finalement Henri Zerner qui apporte à cette énigme la solution la plus vraisemblable.

L’hypothèse d’Henri Zerner :

Charles Emmanuel de SavoiePour lui, le petit garçon serait Charles-Emmanuel de Savoie, le fils unique d’Emmanuel-Philibert et la comparaison physionomique des portraits semble lui donner raison. Il existe à la galeria Sabauda de Turin, un tableau du prince réalisé vers 1570 et qui présente la même tête que le petit garçon du livre d'heures (ci-contre).

La présence du petit prince de Savoie dans le livre d’heures de sa tante n’est pas étonnante. Catherine de Médicis et Marguerite de France étaient particulièrement proches. Catherine n’était pas uniquement la belle-sœur de Marguerite mais aussi son amie intime. Les deux femmes étaient inséparables. On prétend toujours que Catherine de Médicis était une femme de pouvoir qui se mêlait de tout, mais rien n’était plus vrai qu’en ce qui concernait le mariage et la vie conjugale de sa belle-sœur. A sa décharge, Catherine avait un droit de regard en tant que reine et gouvernante de France. La paix en Europe s’était construite sur ce mariage. Du fait des guerres d’Italie encore récentes, les enjeux diplomatiques étaient considérables et Catherine de Médicis attendait la naissance d’un héritier savoyard avec beaucoup d’impatience.

Hélas on ne peut pas s’empêcher de déplorer au regard de l’histoire la présence de Charles-Emmanuel et de son père dans le livre d’heures de Catherine. Quelle ironie du sort pour elle qui a toujours cherché à cultiver l’amitié des princes de Savoie alors que ces derniers n’ont jamais cessé de se moquer des Valois, de les salir et de profiter des guerres de religion pour grignoter des petits bouts du royaume de France. Catherine de Médicis avait beau être clairvoyante, sa vision hyper sacrée de la famille l'avait bien aveuglé quant aux sentiments francophobes de la maison de Savoie.

Tableau explicatif du folio 99vJ’espère que vous me pardonnerez ce petit intermède qui permet de resituer le contexte familial et politique dans lequel le livre d'heures a été conçu ; je reviens donc sur notre dessin et sur l’hypothèse formulée par Henri Zerner à l’occasion du colloque de 1997. Puisque Charles n’est pas le petit garçon représenté au premier plan de la miniature, ce serait lui qui serait représenté à gauche dans les traits de ce fameux Mons Dorleans.

Zerner en conclut donc que le dessin de la BnF représente Charles et non le futur Henri II.

Charles d'Orléans dans le livre d'heuresLa troisième hypothèse :

C’est ici que je me permets d’intervenir. Charles d’Orléans est bien présent dans le livre d’heures de Catherine de Médicis mais sur un autre folio (ci-contre). La base de données de la BnF identifie le personnage représenté au folio 209 comme étant François d'Alençon. Il s'agit en réalité de la reprise d'un portrait de Charles d'Orléans peint par Corneille de Lyon et se trouvant aujourd’hui au musée des Offices.

Charles d’Orléans peut-il être représenté deux fois dans le livre d’heures de Catherine ? On peut en douter. On peut donc considérer que le portrait du duc d’Orléans représente bel et bien le futur Henri II.

Conclusion

Le dessin de la BnF représentant le duc d’Orléans peut aussi bien représenter Henri et Charles, respectivement le deuxième et troisième fils de François Ier. Toutefois au vue des différents personnages représentés dans le livre d’heures de la reine Catherine, l’hypothèse traditionnelle qui voit en lui le futur Henri II reste encore vraisemblable.

Dans le catalogue consacré au Clouet, Alexandra Zvereva avait elle-même repris l'identification traditionnelle. Elle ajoute concernant le livre d’heures de Catherine, qu’en choisissant ce portrait, la reine aurait voulu avoir avec elle l'image de son époux tel qu'il était à l’époque de leur mariage2.

C'est enfin un portrait qui doit être mis en relation avec le portrait équestre de la Menil collection dont l'existence apporte un argument supplémentaire à l'identification traditionnelle.


Notes

1. Hervé Oursel et Julia Fritsch (dir.), Henri II et les arts : Actes du colloque international, École du Louvre et Musée national de la Renaissance-Écouen, 1997, La Documentation Française, 2003, p. 22.

2. Alexandra Zvereva, Les Clouet de Catherine de Médicis. Chefs-d'œuvre graphiques du musée Condé, Paris, Somogy éditions d'art, 2002, p. 60.

Posté par Andelot à 13:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

23 sept. 10

Marguerite de France (1523-1574)


Marguerite de France, ChantillyPortrait de Marguerite de France vers 1527

Marguerite est la dernière enfant de François Ier et de Claude de France. Elle n'a pas connu sa mère qui est morte peu de temps après sa naissance.

Son éducation s'est faite à la cour du roi François sous l'influence de sa tante Marguerite. De cette parenté, elle garda un goût pour les Lettres et un esprit humaniste.

De tous les enfants de François Ier, c'est celle qui vécut le plus longtemps. On a donc beaucoup de portraits d'elle, et ce d'autant plus qu'elle était aimée du roi son père et du roi son frère. Jean Clouet l'a représenté ici vers l'âge de quatre ou cinq ans.

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

cambridgeIl existe un portrait de Corneille de Lyon représentant une jeune fille dont les traits ne sont pas sans rappeler la princesse Marguerite. Elle porte un costume semblable à celui que porte à la même époque Catherine de Médicis (qui était pour Marguerite à la fois une belle-soeur et une amie proche). Je m'avance beaucoup en proposant ce portrait comme étant celui de Marguerite. Anne Dubois de Groer qui l'a relevé dans son catalogue raisonné l'a laissé sans identification1. La jeune fille devait avoir une douzaine d'années quand ce tableau a été peint en 1536, ce qui correspond à l'âge du modèle.

Source : (Cambridge (EU), The fogg art museum)

 

Marguerite vers 1545Marguerite vers 1542Portrait de Marguerite vers 1542 et 1545

Marguerite est représentée vers l'âge de 18 et 22 ans. Si la princesse fit plusieurs fois l'objet de négociations matrimoniales, elle refusa toujours de faire alliance avec un petit parti. Fille et soeur de rois, elle avait la volonté de n'épouser qu'un souverain ou un fils de roi. L'exigence de ses revendications la laissa célibataire pendant de nombreuses années.

Source : Rmn et Rmn (Chantilly, musée Condé)

Marguerite de France (Rijkmuseum)Estampe représentant Marguerite de France (ci-contre) 

Source : (Amsterdam, Rijkmuseum)

 

 

 

 

 

Marguerite duchesse de Berry d'après Corneille de Lyon (Chantilly)

 Portrait présumé de Marguerite d'après Corneille de Lyon

D'après Anne Dubois de Groer, ce portrait n'est pas un original ; ce qui explique que son identification à Marguerite n'est pas évidente2. Il existe un portrait équivalent au château de Versailles.

Le portrait a probalement été réalisé au début du règne d'Henri II. Faute de trouver un époux de son rang en Europe, la soeur du roi vit à la cour de France. Pour l'entretien de son rang et de sa maison, Henri II lui a donné en jouissance le duché de Berry.

Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

 

Marguerite de France (Chantilly)Portrait de Marguerite par François Clouet vers 1550

La pose solennelle donnée par le portraitiste à son modèle et la beauté du costume que laisse transparaître l'esquisse fait de ce dessin un très beau portrait de la duchesse de Berry. Un autre dessin de Chantilly semble s'apparenter avec lui (image ci-dessous).

Marguerite de FranceA 25 ans passés, Marguerite est par son esprit et son affabilité une figure appréciée de la cour de France et de la famille royale.

Source : Rmn et  Rmn (Chantilly, musée Condé)

 

 

 

Marguerite de FranceclouetPortrait de Marguerite de Berry dessiné par François Clouet vers 1555

Marguerite de France (Chantilly)Ce très beau portrait est le dernier représentant Marguerite en costume de cour, avant son départ de France. Le portrait peint du dessin n'est réapparu qu'en 2011, en vente chez Christie's. La princesse est tout de blanc vêtue.

A 30 ans passés, la fille de France n'est toujours pas mariée. Peut-être, le portrait est-il tiré pour doper la cote de la princesse et augmenter le nombre des prétendants.

Peut-être, le portrait est-il tiré à l'occasion des préparatifs de son mariage avec le prince de Savoie qui a lieu en 1559. L'idée avait germé les années précédentes, mais du fait de la guerre, elle était prématurée.

Marguerite_ChristiesPar ailleurs, la princesse exigeait d'être mariée à un roi. Emmanuel-Philibert n'était que duc et dépossédé de ses états par la France. Mais ça, c'était avant la défaite française de 1557. La proposition de mariage s'inscrit dans les négociations du Traité du Cateau-Cambrésis qui visait la création d'un nouvel état à cheval sur les Alpes comprenant la Savoie et le Piémont. C'était la résurgence du duché de Savoie, avant son annexion à la France par François Ier.

 

En 2012 une variante du tableau, est apparue en vente dans la même maison (ci-contre).

Source des images : Agence photographique de la Rmn (Chantilly, musée Condé) ; Christie's (Vente du 1er novembre 2011 à Amsterdam) ; Akg (Christie's, vendu le 1er avril 2012 à Londres)

Marguerite_Turin_Brmarguerite_TurinLe portrait de Clouet a servi de modèles à deux miniatures d'un livre d'heures ayant appartenu à la princesse. L'ouvrage est aujourd'hui conservé à Turin. L'une de ces miniatures la représentent avec le dragon de Sainte Marguerite d'Antioche.

 

 

 

 

Le portraitMarguerite a servi de modèle pour la miniature (ci-contre à droite) représentant les filles et épouses de François Ier dans le livre d'heures de Catherine de Médicis. Marguerite y est la seule personne à placer son regard vers le lecteur (à l'époque de la réalisation de cette miniature dans les années 1570, elle est l'une des rares figures représentées à être encore vivante).

Source des images : Le lys et la soie : ... (Turin, Biblioteca Reale) ; Compte instragram du musée royal de Turin (Turin, Biblioteca Reale) ; Wikimedia (Bibliothèque nationale de France)

 

Marguerite, détail de CaprarolaMarguerite apparaît également sur une fresque du château de Caprarola représentant les noces de sa nièce Diane avec Horace Farnèse en 1553. Elle est representée derrière la mariée, à gauche du groupe central (représentée en couleur sur l'image ci-contre). Sont également représentés son frère Henri II et la reine Catherine.

Source de l'image (détail de la fresque) : Akg-images (Caprarola, Palais Farnèse)

 

Marguerite_Walace_collectionReprésentation allégorique de Marguerite en Minerve vers 1555 sur une plaque en émail réalisé par Jean de Court

Ce très bel ouvrage en émail rappelle que la princesse Marguerite était une femme lettrée, protectrice des écrivains.

Les poètes de la Pléiade comme Ronsard et Du Bellay ont célébré Marguerite comme étant la nouvelle Pallas (ou Minerve), la déesse de la sagesse, protectrice des arts et des sciences. Comme son père autrefois (manuscrit de la Bibliothèque nationale de France), elle est représentée sous les traits d'une divinité de la mythologie grecque. Marguerite est la personnalité qui défend l'art des Lettres contre les sectaires ignorants.

Marguerite de France passe également pour avoir été sympathisante des idées de la réforme protestante. 

Source de l'image : (Londres, Wallace collection)

 

 

 


Notes

1. Anne Dubois de Groer, Corneille La Haye, dit Corneille de Lyon, Arthéna, 1997, p. 264.

2. Ibid, p. 213. 

Article modifié en octobre 2011

Posté par Andelot à 22:34 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :