30 avr. 07
Les portraits de Catherine de Médicis (1519-1589)
Reine de France, régente, mère de trois rois de France, mère d'une reine d'Espagne et d'une reine de Navarre, Catherine de Médicis est l'une des figures les plus emblématiques du XVIe siècle.
Intelligente, ouverte d'esprit et fine politique, Catherine a dirigé la France pendant une quinzaine d'année et a contribué à donner à sa cour un éclat international. Son plus grand combat fut le maintien de l'Etat contre les formes subversives de la rebellion et de la guerre civile.
Si cette galerie iconographique permet de montrer que Catherine de Médicis ne fut pas seulement la veuve noire que le siècle romantique a transmis, il s'agit principalement de reconnaître à travers elle, les différentes étapes d'une vie passionnée, longue de 70 ans.
La dauphine
Portrait de Catherine de Médicis à l'âge de 17 ans environ, réalisé par Corneille de Lyon
Catherine de Médicis est née à Florence d'un père italien et d'une mère française qu'elle n'a pas connu.
En 1533, elle est mariée au deuxième fils du roi de France, Henri duc d'Orléans. Elle n'a alors que 14 ans.
En 1536, à l'occasion d'un séjour de la cour dans la ville de Lyon, le peintre hollandais Corneille de Lyon a réalisé l'un de ses premiers portraits.
Il fait écho aux témoignages d'époque sur le manque de grâce physique de la dauphine. Catherine avait de la corpulence. Peu habituée aux manières françaises de la cour, elle avait du mal à attirer l'attention de son mari le duc d'Orléans, plus préoccupé par les formes mûres de Diane de Poitiers.
Une réplique de moindre qualité :
Source : Rmn (Versailles, musée national)
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
Le portrait de Corneille de Lyon a été repris par Santi di Tito dans les années 1580 :
Source : Rmn (Florence, galerie des Offices), voir l'exposition Caterina e Maria de'Medici : donne al potere (2008-2009)
Portrait inédit de Catherine de Médicis, réalisé dans les années 1540
Ce portrait a été mis en ligne dans la base de la RMN, sous le titre de dame inconnue. L'identification de ce portrait à la dauphine reste donc à confirmer. Personnellement, je trouve qu'il ne fait aucun doute qu'il sagisse de Catherine de Médicis. La dame inconnue possède les même yeux, les mêmes sourcils, la même forme du visage, le même nez et la même bouche que les portraits directement antérieurs et postérieurs de Catherine.
Ce portrait est très intéressant car il illustre mieux que les portraits précédents, le physique ingrat de la dauphine.
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
Cet autre dessin représente également Catherine de Médicis jeune fille mais le portrait est assez idéalisé et le costume a été retouché dans les années 1560. Un dessinateur lui a rajouté une encolure avec collerette et une coiffure moderne avec des boucles.
Ce portrait représente-il vraiment Catherine de Médicis ?
La reine de France (1547)
Portrait de Catherine de Medicis, d'après un dessin de François Clouet
A la mort de François Ier en 1547, Catherine de Médicis devient reine de France, fonction pour laquelle elle n'était pas prédisposée.
A cette occasion, François Clouet, portraitiste officiel du roi, a certainement réalisé son portrait, mais malheureusement ce portrait ne nous est parvenu que par des copies.
Sur le dessin, Catherine porte ce que les Anglais appellent le French hood, une sorte de coiffe que les dames de la cour portaient dans la première moitié du XVIe siècle. Ses épaules sont recouvertes d'une gorgerette constellée de perles et de bijoux (la collerette ne fera son apparition que vingt ans plus tard).
Source : (Paris, Conservatoire national des arts et métiers)
Source : ? (Paris, Bnf)
Le dessin de Clouet a du faire l'objet de nombreux portraits peints, mais très peu d'entre eux nous sont parvenus.
Source : Rmn (Versailles, musée du château)
On le retrouve également sous forme d'émail, tel ce petit portrait, mal reproduit ici, inséré dans un décor de style bien Renaissance.
Source : Ivan Cloulas, Diane de Poitiers, 1997
Portrait de Catherine de Médicis
Il s'agit d'un très beau portrait de la reine, vraisemblablement dessiné par François Clouet.
Source : (Londres, British museum)
Il a fait l'objet d'une copie assez pâle.
Source : Rmn (Chantilly, musée Condé)
Une miniature de Catherine de Medicis de très belle qualité existe au Victoria and Albert Museum. Le portrait très bien réalisé semble provenir du modèle de Clouet. Sa tête repose sur une petite fraise (ou ruché) et les épaules sont voilées par la guimpe de la robe. Elle tient dans ses mains un petit éventail.
Source : ? (Londres, Victoria and Albert museum)
Portrait en pied de Catherine de Medicis peint vers 1600
Il s'agit peut-être d'un portrait fait d'après un original de François Clouet. Le costume correspond bien aux années 1550 et le visage aux portraits présentés ci-dessus. Quid de l'origine de ce portrait ?
Source : exposition Caterina e Maria de' Medici : Donne al potere (Florence, musée des Offices)
Fresque représentant le mariage d'Henri II et de Catherine de Medicis
Il s'agit d'une oeuvre peinte par Vasari dans la seconde moitié des années 1550. Catherine de Medicis est représentée habillée avec un costume de ces années et non comme elle était à l'époque-même de son mariage.
Source : Musei dei Ragazzi di Firenze (Florence, Palais Vecchio)
La veuve Catherine
Portrait de Catherine de Médicis réalisé vers 1560
Le 10 juillet 1559, Henri II meurt après avoir été blessé au cours d'un tournoi. Catherine de Médicis devient veuve et revêt les marques vestimentaires traditionnelles du deuil : le voile et la couleur noire. Heurtée par la mort d'un mari qu'elle aimait, elle decide de ne plus jamais les quitter.
Ce dessin qui marque l'une des étapes majeures de la vie de la reine est très important, car c'est celui qui va servir de modèle à la réalisation de son nouveau portrait officiel.
Il est à noter qu'il existe plusieurs autres dessins de ce type.
Source : Rmn (Paris, BnF)
Source : (Saint Petersbourg, musée de l'Ermitage)
A la même époque, Antoine Caron dessine le portrait du couple royal. Il s'agit d'une ébauche pour la réalisation d'une tapisserie. Le dessin est remarquable. Son objet consiste à immortaliser l'alliance matrimoniale de la reine avec Henri II et de légitimer sa présence au sein de la famille royale (voir un commentaire intéressant sur le site du Louvre).
Les portraits du couple royal Henri II-Catherine de Médicis sont inexistants. Comme le dessin de Caron, ils sont généralement posthumes (voir le portrait d'Anet).
Source: Rmn (Paris, musée du Louvre)
Portrait de Catherine de Médicis peint par François Clouet
A l'avènement de Charles IX, son fils de dix ans, Catherine de Médicis prend le contrôle du gouvernement et se fait nommer régente de France.
Son portrait officiel, peint par François Clouet, est rapidement recopié et diffusé aux quatre coins du royaume de France et d'Europe.
Source : Bridgeman art Library (Paris, musée Carnavalet)
Source : Rmn (Chantilly musée Condé)
Source : ? (Château de Chaumont sur Loire)
Catherine de Médicis en prière devant son oratoire
Il s'agit d'une très jolie petite scène, réalisée en émail sur un triptyque en cuir qui contient d'autres plaques historiées en émail.
Source : Rmn (Ecouen, musée de la Renaissance)
Portraits de Catherine de Médicis et de ses enfants vers 1564
Après un an de guerre civile (1562-1563), Catherine de Médicis entend rétablir la paix et l'autorité royale. En 1564, elle organise dans les jardins du château de Fontainebleau une magnifique fête au cours de laquelle ses enfants se mettent en scène dans un spectacle qui célèbre la victoire de la paix et de la prospérité. Couronnés par des feux d'artifice et encadrés par des figures de fantaisie, le petit roi, sa soeur et ses frères se présentent comme l'espoir d'un pays en quête de réconciliation.
Les grandioses fêtes de Fontainebleau marquent l'ouverture du grand tour de France que la famille royale entreprend pour ramener la paix dans les coins les plus reculés du pays. Catherine espère renforcer le lien qui unit le roi à ses sujets.
Ce tableau est comme une synthèse de la politique de la reine-mère : montrer aux français, les petits princes des fleurs de lys, garant de la paix du pays et de son bonheur.
Source : L. Dimier, Histoire de la peinture de portrait en France au XVIe siècle, G. Van Oest, 1924










