04 mai 07

Diane de France (1538-1619)


Diane de France, Henri II et Horace Farnèse dans une fresque du château de CaprarolaExtrait d'une fresque représentant le mariage de Diane de France avec le duc de Castro en 1553

Diane est la fille naturelle du roi Henri II et d'une piémontaise nommée Filippa Duci. Elle est née alors que son père n'était encore que dauphin de France. Née six ans avant la naissance de François II, elle est son premier enfant. Légitimée, elle grandit à la cour de France et est élevée comme une princesse de la famille royale.

En 1553, elle épouse à l'âge de quinze ans, un important seigneur italien, Horace Farnèse, duc de Castro, petit-fils du pape Paul III et frère du duc de Parme (il est également l'oncle de l'illustre Alexandre Farnèse). Il est tué la même année lors d'un combat. Le mariage n'aura duré que quelques mois.

La première représentation qu'on a de Diane est cette peinture du palais Farnèse à Caprarola qui la représente au moment de son mariage. Henri II se tient au centre et Horace Farnèse à droite. Derrière le roi, se profile le visage d'une femme qui semble être Catherine de Médicis.

Source : site du photographe Giovanni Rinaldi (Caprarola, Palais Farnèse)

Il existe à ma connaissance plusieurs portraits de Diane de France. Leur identification peuvent être sujet à discussion, car les portraits présentent des physionomies qui ne se ressemblent pas.

 

Diane de France musée du CarnavaletPortrait de Diane de France, duchesse de Montmorency, conservé au musée Carnavalet à Paris

Le premier de ces portraits représente Diane dans le courant des années 1560. Il est identifié par une inscription (Dsse D'ANGOVLESME).

Après quatre années de veuvage, Diane est mariée à François de Montmorency, fils aîné du connétable. Ce mariage la rattache à une importante famille de la cour et un parti très impliqué dans le conflit des guerres de religion.

En 1567, son beau-père décède des suites de ses blessures à la bataille de Saint-Denis. Son époux François devient duc de Montmorency et elle, duchesse de Montmorency. Il est possible que le portrait ait été tiré à cette date.

Bien des années plus tard, alors qu'elle est veuve de son second mari (1579), Henri III son demi-frère, lui accordera le duché d'Angoulême. L'inscription placée en haut du tableau est donc une inscription tardive. Diane n'était pas encore duchesse d'Angoulême lorsque qu'il a été peint.

Diane de France, Kunsthistorisches museumIl est reconnu que Diane était l'enfant d'Henri II qui lui ressemblait le plus. Elle porte entre la paupière et l'arcade sourcilière, un creux marqué qui se retrouve sur le visage de son père. La présence d'une copie de ce portrait dans la galerie de portraits de l'archiduc Ferdinand permet de confirmer l'identification du portrait de Carnavalet à Diane de France. 

Source : (Paris, musée Carnavalet) ; Kulturpool (Kunsthistorisches museum)

 

 

Diane, Krannert art museumPortrait de Diane de France, duchesse de Montmorency conservé au Krannert art museum dans l'Illinois

Il s'agit d'un portrait inédit publié sur un article du Krannert Art Museum en date du 7 mars 2017.

L'identification à Diane de France est manifeste, tant est grande la ressemblance avec le portrait du musée Carnavalet. Bien que les éléments du costumes soient différents, le modèle reste exactement le même ; les traits du visage, la pose, la disposition des ornements.

Le portrait du Krannert Art Museum est plus riche en détail. Le costume est plus somptueux. Il rappelle que Diane était non seulement une fille de France, mais aussi l'épouse de l'un des plus grands seigneurs du royaume.

Source : (Champaign, Krannert Art Museum)

 

 

 

Diane de France, musée du LouvreLe portrait suivant représenterait Diane, à une date, plus ou moins proche du portrait précédent (vers 1570).

Là encore, l'anachronisme de l'inscription située au bas du tableau jette un trouble sur l'identité réelle du personnage. L'attribution à Diane peut paraître douteuse, compte tenu de la sobriété du costume, qui appartient davantage à une femme issue de la bourgeoisie.

Par ailleurs, la physionomie du visage est assez différente du portrait précédent. Les sourcils sont plus arqués et le creux au-dessus des paupières est absent.

Source : Agence photographique de la RMN (Paris, musée du Louvre)

 

 

 

Diane de France, BnFLe dernier portrait est un dessin réalisé au début du règne d'Henri III, dans la seconde moitié des années 1570, une époque qui voit le développement de la collerette en éventail comme elle est représentée sur le dessin.

La présence du creux prononcé sous les sourcils marque une ressemblance avec le visage d'Henri II qui permettrait d'accréditer l'identification de ce portrait à Diane de France.

Il existe d'autres dessins de Diane mais l'exactitude de leur identification reste à démontrer.

Source : (Paris, BnF)

 

Posté par Andelot à 07:37 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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