Diane et Horace, détail, château de CaprarolaDétail d'une fresque représentant le mariage de Diane de France avec le duc de Castro en 1553, peinte au palais Farnèse de Caprarola en Italie

Diane est la fille naturelle du roi Henri II et d'une piémontaise nommée Filippa Duci. Elle est née quand son père, agé de dix-neuf ans, n'était encore que dauphin de France. Née six ans avant la naissance de François II, elle est son premier enfant. Légitimée, elle grandit à la cour de France et est élevée comme une enfant de la famille royale.

En 1553, à l'âge de quinze ans, on lui fait épouser un important seigneur italien, le duc de Castro, Horace Farnèse, petit-fils du pape Paul III et frère du duc de Parme (il est également l'oncle de l'illustre Alexandre Farnèse). Il est tué la même année lors d'un combat. Le mariage n'aura duré que quelques mois.

La première représentation qu'il existe de Diane est cette peinture de la villa Farnèse qui la représente au moment de son mariage. Henri II se tient au centre et Horace Farnèse à droite. Derrière le groupe, se présentent différents membres de la famille royale (dont la reine Catherine de Médicis) et des membres de la cour.

Source de l'image : Akg-images (Caprarola, Palais Farnèse)

 

Diane de France, musée du CarnavaletPortrait de Diane de France, duchesse de Montmorency, conservé au musée Carnavalet à Paris

Source des images : (Paris, musée Carnavalet) ; Kulturpool (Kunsthistorisches museum) ; Artcurial (vente du 29 septembre 2020 à Paris)

Ce premier portrait représente Diane dans le courant des années 1560. Il est identifié par une inscription (Dsse D'ANGOVLESME).

Après quatre années de veuvage, Diane est mariée à François de Montmorency, fils aîné du connétable. Ce mariage la rattache à une importante famille de la cour et à un parti très impliqué dans le conflit des guerres de religion. Dix ans plus tard, en 1567, son beau-père décède des suites de ses blessures reçues pendant la bataille de Saint-Denis. Son époux François devient alors duc de Montmorency. Il est très probable que le portrait ait été tiré à cette date. Diane serait représentée en tant que nouvelle duchesse de Montomorency.

Bien des années plus tard, alors qu'elle est veuve de son second mari (1579), Henri III son demi-frère, lui accordera le duché d'Angoulême. L'inscription placée en haut du tableau est donc une inscription tardive. Diane n'était pas encore duchesse d'Angoulême lorsque qu'il a été peint.

Vente d'Artcurial, 2020Diane de France, Kunsthistorisches museumLa présence d'une copie identifiée de ce portrait dans la galerie de portraits de l'archiduc Ferdinand permet de confirmer l'identification du portrait de Carnavalet (image -ci-contre à gauche)

Il est écrit par certains auteurs que  Diane était l'enfant d'Henri II qui lui ressemblait le plus. La comparaison des traits présents sur ce portrait semble confirmer cette information. Diane porte entre la paupière et l'arcade sourcilière, un creux marqué qui se retrouve sur le visage de son père.

 

Diane, Krannert art museumPortrait de Diane de France, duchesse de Montmorency peint par François Clouet et conservé au Krannert Art Museum dans l'Illinois

Source de l'image : (Champaign, Krannert Art Museum)

Il s'agit d'un portrait inédit en France, publié dans un article du Krannert Art Museum, une première fois en 2017, puis après restauration, en 2019. L'oeuvre a récemment fait l'objet d'un grand nettoyage qui a rendu à la peinture tout l'éclat de ses couleurs.

L'identification à Diane de France est manifeste, tant est grande la ressemblance avec le portrait du musée Carnavalet. Bien que les éléments du costumes soient différents, le modèle reste exactement le même ; on y retrouve les traits du visage, la direction du regard et la disposition des ornements. En raison de ce même costume, la date de 1555 donnée sur le site du musée n'est pas correcte. La mode affichée par le modèle appartient pleinement aux années 1560.

Le portrait du Krannert Art Museum dépasse en qualité le tableau du musée Carnavalet. Le costume est plus somptueux et présente plus de détails et de couleur. Il rappelle que Diane était non seulement une fille de France, mais aussi l'épouse de l'un des plus grands seigneurs du royaume. Peu de temps après son élévation au titre de duc, François de Montmorency connaît sa plus grande influence au sein du conseil royal. Il est le chef du parti modérateur qui entend mettre un terme à la guerre civile. Proche de son cousin Coligny, il joue un rôle d'importance dans le retour de ce dernier à la cour après la signature de la Paix de Saint-Germain. Le massacre de la Saint-Barthélemy mettra un terme à cette période. La marginalisation croissante de François de Montmorency aboutira à son embastillement. Son épouse donnera  beaucoup d'effort pour soutenir son mari et défendre sa cause, au sein d'une cour devenue hostile.

Diane, Saint-Pétersbourg, musée de l'ErmitageDiane, Chicago, art instituteDeux exemplaires du portrait existe en dessin, l'un aux Etats-Unis, et l'autre en Russie (images -ci-contre). Le premier n'a pas encore trouvé officiellement son identité et le second est identifié à tort à Marguerite de Valois, duchesse de Savoie (sa tante). Il est vrai qu'il existe entre les deux femmes des traits de ressemblance caractéristiques des Valois.

Source des images : (Chicago, Art institute)  ; (Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage)

 

 

 

Il existe d'autres oeuvres identifiées à Diane de France mais l'exactitude de leur identification reste à démontrer.

Diane de France, musée du LouvreLe premier d'entre eux, conservé au musée du Louvre représenterait Diane, à une date, plus ou moins proche du portrait précédent (vers 1570).

Là encore, l'anachronisme de l'inscription située au bas du tableau jette un trouble sur l'identité réelle du modèle. L'attribution à Diane peut paraître douteuse, compte tenu de la sobriété du costume, qui appartient davantage à une femme issue de la bourgeoisie.

Par ailleurs, la physionomie du visage est assez différente du portrait précédent. Les sourcils sont plus arqués et le creux au-dessus des paupières est absent.

Source de l'image : Agence photographique de la RMN (Paris, musée du Louvre)

Diane de France, BnFLe second  portrait est un dessin réalisé au début du règne d'Henri III, dans la seconde moitié des années 1570, une époque qui voit le développement de la collerette en éventail comme elle est représentée sur le dessin.

La présence du creux prononcé sous les sourcils marque une ressemblance avec le visage d'Henri II qui permettrait d'accréditer l'identification de ce portrait à Diane de France.

Source de l'image : (Paris, Bibliothèque nationale de France)

 

 

Diane_priant_hotel_angoulemeStatue funéraire de Diane de France sculptée par Thomas Boudin et aujourd'hui conservée à l'hôtel Lamoignon à Paris

Source de l'image : Plateforme Ouverte du Patrimoine (Paris, hôtel Lamoignon)

La sculpture est une rescapée de la destruction de l'église des Minimes où la duchesse était enterrée.Non loin de là, Diane avait fait construire un hôtel particulier aujourd'hui appelé hôtel Lamoignon.

Le quartier est celui du marais, qui était le quartier chic et aristocratique de Paris à l'époque d'Henri III et Henri IV. L'hôtel existe toujours bien que tronqué d'une partie de ses façades d'origine. Et dans la chapelle aménagée dans la cour d'entrée, a été installé cette oeuvre directement liée à ce bâtiment.

Diane y a vécu les dernières années de sa vie. Elle meurt en 1619. Elle était la dernière des filles d'Henri II.