Diane de France, Henri II et Horace Farnèse dans une fresque du château de CaprarolaExtrait d'une fresque représentant le mariage de Diane de France avec le duc de Castro en 1553

Diane est la fille naturelle du roi Henri II et d'une piémontaise nommée Filippa Duci. Elle est née alors que son père n'était encore que dauphin de France. Née six ans avant la naissance de François II, elle est son premier enfant. Légitimée, elle grandit à la cour de France et est élevée comme une princesse de la famille royale.

En 1553, elle épouse à l'âge de quinze ans, un important seigneur italien, Horace Farnèse, duc de Castro, petit-fils du pape Paul III et frère du duc de Parme (il est également l'oncle de l'illustre Alexandre Farnèse). Il est tué la même année lors d'un combat. Le mariage n'aura duré que quelques mois.

La première représentation qu'on a de Diane est cette peinture du palais Farnèse à Caprarola qui la représente au moment de son mariage. Henri II se tient au centre et Horace Farnèse à droite. Derrière le roi, se profile le visage d'une femme qui semble être Catherine de Médicis.

Source : site du photographe Giovanni Rinaldi (Caprarola, Palais Farnèse)

Il existe à ma connaissance trois portraits vraisemblables de Diane de France. Leur identification peuvent être sujet à discussion, car les trois portraits présentent des physionomies qui ne se ressemblent pas.

 

Diane de France musée du CarnavaletLe premier de ces trois portraits représente Diane dans le courant des années 1560. Il est identifié par une inscription (Dsse D'ANGOVLESME).

Après quatre années de veuvage, Diane a été mariée à François de Montmorency, fils aîné du connétable. De 1567 (date de décès de son beau-père) à 1579 (date de décès de son époux), elle est la duchesse de Montmorency.

Bien des années plus tard, alors qu'elle est veuve de son second mari, Henri III son demi-frère, lui accordera le duché d'Angoulême. L'inscription placée en haut du tableau est donc une inscription tardive. Diane n'était pas encore duchesse d'Angoulême lorsque qu'il a été peint.

Il est reconnu que Diane était l'enfant d'Henri II qui lui ressemblait le plus. Elle porte entre la paupière et l'arcade sourcilière, un creux marqué qui se retrouve sur le visage de son père. C'est ce qui fait qu'il s'agit d'un des portraits les plus sûrs de la princesse. On en retrouve d'ailleurs une copie dans la galerie de portraits de l'archiduc Ferdinand.

Source : (Paris, musée Carnavalet)

Diane de France, musée du LouvreLe portrait suivant représente Diane, à une date, plus ou moins proche du portrait précédent (vers 1570).

Là encore, l'anachronisme de l'inscription située au bas du tableau jette un trouble sur l'identité réelle du personnage. L'attribution à Diane peut paraître douteuse, compte tenu de la sobriété du costume, qui fait assez bourgeois.

Par ailleurs, la physionomie du visage est assez différente du portrait précédent. Les sourcils sont plus arqués et le creux au-dessus des paupières est absent. Faut-il mettre cette différence physique sur le compte du peintre ?

Source : Rmn (Paris, musée du Louvre)

 

 

 

Diane de France, BnFLe troisième portrait est un dessin réalisé au début du règne d'Henri III, dans la seconde moitié des années 1570, une époque qui voit le développement de la collerette en éventail comme elle est représentée sur le dessin.

La présence du creux prononcé sous les sourcils marque une ressemblance frappante avec le visage d'Henri II qui permet d'accréditer l'identification du portrait à Diane de France.

Il existe d'autres dessins de Diane mais l'exactitude de leur identification reste à démontrer.

Source : (Paris, BnF)